DIVISION
Oü BRANCHES DIVERSES DES SCIENCES OCCULTES.
Nous avons déjà dit que les magiciens et les sorciers se proposaient non-seulement des enchantements, mais encore l’évocation des démons, les divinations et les prédictions de l’avenir, les métamorphoses, etc. Les divers moyens qu’ils mettaient en ccuvre pour parvenir à tous ces résultats, constituaient les diverses branches de la magie ou des sciences occultes que je vais énumérer, en couservant l’ordre alphabétique.
Aéromancte.
C’est ainsi qu’on nommait les divinations par le moyen de l’air, lesquelles avaient lieu tant par l'observation des météores et des unages pseudomurphiques, ou qui affectent une foule de formes, que parce qu’ils appelaient l’aspect heureux ou malheureux des planètes. Saint-Thomas (i) a recueilli ces diverses sortes de magie, de même que l’eucer, Bodin, Delrio, Vossius, etc.
Alectoromancie.
On opérait cette divination en décrivant sur la terre un cercle qu’on divisait en vingt-quatre parties, dans chacune desquelles on plaçait une lettre de l’alphabet et au-dessus un grain de blé. Celé fait, on mettait un coq au milieu de ce
( i ) Summ. 2. Oural. 95. Wierus, etc. Les quatre élément» «ont, dit-on . peuplé* d'esprits appelé* sylphes, gnome* , nymphe*, salainnndre*. tes gnome* .«ont les défuoot qui logent du us la terre cl qui «ont des esprit* tfès-œaUuisanl». L'eau e«t le «éjoer île* nymphes, comme le feu est celui des salamandre*. \ l’égard de» sylphes, qui soot répandus dans l'air, ne nom les plus jolies et les plu* aimables créature» du iqgude. Ou assure qu'on peut aisément lier commerce tureueux.it une certaine condition, qui, & la vérité, no convient pus ii tout le monde; c'est ifèlro excessivement chaste.
Sorciers . 3
i6 . DIVISION , OU BRANCHES DIVERSE»
cercle, et l'on prenait note par ordre des lettres que couvraient les grains de blé, c’est-à dire au fur et à mesure que le coq mangeait; ils en tiraient ensuite des prédictions. Voici la manière dont Zonare raconte celle qui précéda l’avènement de Théodose à l’empire : ce furent Sibanius et Jamblique qui cherchèrent le nom du successeur de Valens. Ils prononcèrent donc des paroles mystérieuses, et examinèrent quelles seraient les premières lettres découvertes par un jeune coq qu’ils avaient fait jeûner. •
La première fut le thêta, la seconde, Y epsilon, la troisième l’omicron, la quatrième le delta, d’où ils jugèrent que le nom du successeur commencerait par Théod. Sur cela l'empereur Valens fit mourir plusieurs de ceux qui pouvaient aspirer à l'empire, et dont le nom commençait par Théod, comme Thêodestes, Thèodule, Théodore, Tliéodote; mais il oublia Théodose qui lui succéda, et qui reçut le nom de Grand.
Les magicieos attribuaient au chant du coq le pouvoir de faire disparaître le sabbat, parce que, d’après Lancre, ce chant imprime la terreur aux démons et aux lions.
Àleuromancie.
Divination qui se pratiquait avec de la farine, et qu’on nomme aussi alphitomancie.
Alomancie .
Divination par le sel, que les anciens regardaient comme sacré. L’on sait qu’ils sanctifiaient leurs tables en y plaçant les statues des dieux et des salières, l’oubli de cette précaution était, pour eux, un présage de grands malheurs qui devaient arriver également à ceux qui s’endormaient avant qu’on eût retiré les salières de dessus la table. Chez les chrétiens, le sel est regardé comme le symbole de la sagesse, et bien des gens sont encore imbus de ce préjugé, que c’est un signe de mal* heur que de ienverser une salière. Pour moi je n’en vois pas d’autre que celui d’être forcé de s’eu passer quand on en a besoin.
Amniomancie.
La plupart des avocats romains, pour réussir dans le barreau et gagaer les causes qu’ils plaidaient, achetaient à chers deniers la membrane ou sac dü| l’amnios que quelques enfants ont sur la tête eu naissant, et qu’on nomme coiffe. Us avaient la persuasion que cette coiffe jouissait de cette heureuse propriété. C’est de cette superstition que dérive celte épithète, il
DES SCIENCES OCCULTES. fj
est né coiffé , que l'on donne à ceux qui prospèrent constamment dans leurs affaires. Dans le midi de la France et en Espagne, presque tous les paysans croient que la peau du serpent porte bonheur ; aussi, quand ils en trouvent, ils la portent sur eux ou l’affublent à leur chapeau. On croit également que la corde des pendus porte bonheur, ce qui a fait dire à Scaliger, que ceux qui out recours aux cordes de pendus, mériteraient bien qu’elles servissent à leur supplice. En France, lorsque quelqu’un est heureux au jeu ou daus ses entreprises, on dit qu’il a de la corde dépendu sur lui.
Anthropomancie.
Cette horrible divination avait lieu par l’examen des entrailles d’un homme mort. Chez les Grecs et les Romains , des empereurs, des rois, etc., ont froidement égorgé des hommes et des enfants, dans Cette coupable et fallacieuse espérance.
Apantomancie.
Divination par les objets qu’on rencontre. Les uns redoutent les corbeaux, les chats noirs et les poules blanches; les Indiens rentrent soudain chez eux s’ils aperçoivent un serpent sur leur route; l’un des plus habiles astronomes, Tychq- Brahé, regardait comme uu mauvais présage, lorsqu’il sortait de sa maison, la rencontre d’un lièvre ou d’une vieille femme, et, d’après cette, superstition, il s’empressait de rentrer chez lui. Dans quelques parties de la France, on craint également la rencontre d’un lièvre, mais à coup sûr ce ne sont point les chasseurs; les paysans croient être certains qu’ils leur arrivera quelque malheur, si en se levant ils rencontrent une femme, tête nue, etc.
Arithmomancie.
Prédiction de l’avenir au moyen des nombres, nous en donnerons ailleurs des exemples.
Astragalomancie.
Cette divination se pratiquait au moyen d’osselets, sur lesquels on traçait des lettres de l’alphabet.
Astrologie j udiciaire.
Art trompeur qui avait poussé jadis de si profondes raciues dans l’esprit humain, que ni l’expérience, ni la fausseté de ses prédictions, ni les progrès des lumières, n’ont pu l’extirper epcore complètement d'un petit nombre de contrées du globe-