‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 21 sur 173 · POUVOIR DE L*IHAGINAT10N DANS LES RÊVES · texte numérisé non relu

POUVOIR DE L*IHAGINAT10N DANS LES RÊVES

Le Cauchemar.

Nous allons retracer le portrait qu’en a tracé Darwin.

Ainsi galopant sur son coursier nocturne, au travers

des brouillards, au-dessus des étaDgs, des lacs et des marais, le malicieux cauchemar cherche une jeune fille en proie au délire de l’amour, et plongée dans un sommeil accablant ; il descend et s’assied en grimaçant sur sa poitrine. Elle voudrait marcher, courir, nager, voler, se traîner ; le démon hideux pèse sur son sein ; il se dresse, se balance, roule ses yeux de gorgone dans leur orbite sanglante; U prête l’oreille à ses ac* cents plaintifs, et jouit de ses souffrances.

De l’ulilité des songes.

' La théorie des facultés de l’âme deviendra une véritable science lorsque tes faits sur lesquels elle repose, observés avec exactitude, auront été enregistrés et classés avec soin. En effet, le Dr Abercombie, dans ses recherches sur [intelligence, cite plusieurs faits extraordinaires dont il garantit la réalité. En voici un qu’il fait entrer dans la classe des songes qui réveillent des séries d'idées endormies.

Un de mes amis, dit-il, caissier dans une des principales maisons de banque de Glascow, était occupé à faire des paiements, lorsqu’une personne vint présenter un billet de six livres sterling; comme il avait beaucoup d’autres paiements à faire, en ce moment , il oublia Enregistrer celui-ci. A. la fin de l'année, huit ou neuf mois aorès, il ne put établir la balance de ses comptes ; il avait beatrfaire, il y avait toujours un déficit de six livres sterling. Après plusieurs jours de recherches, le caissier vit en songe le porteur du billet de ces six livres, en réclamant à haute voix le montant. Mon ami se réveilla avec l’espoir que ce songe l’avait mis sur la voie de son déficit; il examina ses écritures, et reconnut qu’il ne l’avait pas porté en compte.

Le Dr Abercombie raconte deux autres songes qu’il rapporte à la classe de ceux dans lesquels un sentiment vif de l’âme prend corps sous une image qui correspond à un fait extérieur simultané. — Un prêtre d’un village voisin, à Edimbourg, passait la nuit dans une auberge ; là, il songea que le feu prenait à sa maison et que l’un de ses enfants y courait danger de mort. Aussitôt il se lève, se hâte de voler vers son

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village, et arrive à temps pour sauver un de ses fils en bas âge que, dans le désordre de l’incendie, on avait laissé au milieu des flammes. Voici le second fait : un bourgeois d'Edimbourg était affecté d’une hernie crurale. Deux chirurgiens distingués qui le soignaient, devaient faire l’opération dans quelques jours. La femme du patient songea que le mal avait disparu et que l’opération projetée devenait inutile; en effet, en examinant le matin le siège de la douleur, le malade fut surpris de voir qu’il n’avait plus aucune trace de cette affection morbifique. Il est cependant bon d’ajouter que ces sortes de guérisons sont très-rares, et qu’il n’y a aucune vraisemblance que la maladie se résolve ainsi, sans le secours de l’art.

Onomotomancie.

Prédiction de l’avenir d'après le nom propre des personnes.

Ornithomancie.

Divinatiou par le chant et le vol des oiseaux.

Onychomancie.

Cette divination se pratiquait en frottant d’huile l’ongle d’un jeune garçon ; l’on chauffait ensuite cet ongle au moyen des fumigations faites avec certains mélanges mystérieux. Le jeune garçon exposait ensuite cet ongle au soleil, et l’ou^tyait alors se peindre sur l’ongle l’événement que l’on voulait connaître.

. Pêgomuncie.

Pansanias dit que cette divination se pratiquait en faisant flotter un miroir, attaché à une petite corde, sur les eaux de la fontaine de Patras, pour connaître l’événement d’une maladie. Si la fontaine représentait un cadavre, cela présageait la mort du malade; si elle offrait au contraire une personne vivante, c’était signe de guérison.

Physiognomonie.

Ce sont les moyens propres à établir le caractère et les passions des hommes, d’après l’inspection des diverses parties du corps et de la figure. Ce dernier examen rentre dans les curieuses recherches de Lavater.

Pyromancie.

Divination par les formes et les mouvements de la flamme.

kabdomanctk:

Rabdomancic.

Divination par la baguette.

Cet usage date dé temps immémorial. Les rabdomanciens l’étendent à la baguette d’Aaron. D’après Y Exode, les magiciens de Pharaon se servaient aussi- de baguettes. Strabon raconte que les brachmanes de Perse y recouraient : suivant Hérodote, les Scythes devinaient également avec des baguettes de saule. Chez les Mains la rabdomancie était aussi fort usitée. Les femmes coupaient des verges bien droites avec des enchantements secrets, et, dans certains temps marqués fort exactement, par les mouvements de ces verges, elles prédisaient l’avenir. Tacite dit que les Allemands recouraient à cette sorte de divination au moyen de petites baguettes divisées en plusieurs parties, sur lesquelles ils faisaient des marques particulières. En France, on trouve encore des partisans de ce genre de divination, qu’on nomme sourciers, parce qu’ils assurent qu’au moyen d’une baguette de coudrier ils découvrent les sources d’eau. L’un des plus célèbres est un nommé Bleton,

3ui avait acquis une grande réputation en ce genre, dans le ernier siècle, et dont Toilvenel s’est rendu le panégyriste dans les deux volumes iu-8° qu’il a eu la faiblesse de publier sur les effets de la baguette divinatoire. Ce médecin, d’ailleurs fort instruit, a entassé dans son ouvrage une foule de raisonne* ments que les progrès des Sciènces physiques ont entièrement réfutés, et que nous nous serions d’ailleurs bien gardé de combattre, puisque dans son enthousiasme, il n’a pas craintdedire:

« Je dois prévenir les lecteurs incrédules, de quelque temps qu'ils soient, que toutes les objections, les censures, les raisonnements, les discussions, ne pourront ébranler ma croyance; qu’il faudrait pour cela des faits contradictoires, recueillis en aussi grand nombre et avec autant d’exactitude que les miens. » N*en déplaise à M. Touvenel, les faits négatifs pour lui répondre sont, je crois, assez nombreux. Ce Bleton prétendait, lorsqu’il était snr nne source, éprouver une foule de sensations diverses ; et d’après le récit de ce charlatan , M. Touvenel a décrit de bonne foi l’état normal et pathologique de cet individu, avant, pendant et après ses opérations. Nous croyons devoir en faire grâce aux lecteurs ; nous nous bornerons donc à leur faire connaître la manière de reconnaître les sources par la Baguettè. Nous allons laisser parler *M. Totivehel. • * -

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Après une convalescence de trois mois, n’observe-t-on pas tous les jours la même chose sur les autres hommes, à l’égard des facultés physiques ou intellectuelles, spéciales ou communes, dont ils sont doués, et que les maladies interceptent ou détruisent pour un temps limité ou pour toujours?

Quant à la baguette, de laquelle Eleton ne fait usage,' comme je l’ai déjà dit, que pour faire voir aux assistants qu’il est sur une source, et non pour l’apprendre lui-même, il ne s’en sert pas comme tous les gens à baguette (car il parait qu’il y a des Sourciers et Bagueltiers de plus d’une sorte, de talent bien différent). Il ne la serre ni ne l’échauffe entre ses' mains, et il ne s’en tient pas comme les autres à la préférence d’un jeune rameau de coudrier récemment cueilli, fourchu et plein de sève. Il place horizontalement sur ses doigts index, une baguette quelconque qu’on lui présente ou qu’il trouve sur son chemin, n’importe de quel bois (excepté le sureau, de tons ceux que j'ai éprouvés), fraîche ou sèche indistinctement, non fourchue , mais simplement un peu courbe. Si elle est droite, elle ne fait que se soulever un peat aux extrémités, par de petits sauts, en faisant effort sur les deux doigts, mais elle ne tourne pas. Pour peu quelle soit, courbe, elle tourne sur son axe, plus ou moins rapidement et plus on moins de temps, selon la quantité et la force de l’eau. J’ai compté depuis trente à trente-cinq tours par minute, juqu’à quatre-vingts et plus. Sur ce compte, et par l’habitude que j’avais de juger et les degrés de la convulsion et l’altération du pouls, je pouvais deviuer à peu près le volume des sources, et je l'ai fait quelquefois d’une manière assea juste. Je ne prétends pas cependant que ces moyens soient infaillibles, quoiqu’ils servent de règle au sourcier pour faire entreprendre des fouilles.

La marche suivant le cours de la source est plus favorable que la station, au mouvement de la baguette; mais il a lieu néanmoins dans l'un et l’autre cas, si la source est suffisamment forte. Lorsqu’elle est très-petite, la baguette reste immobile, ou ne fait que se balancer en exécutant des espèces d’oscillations irrégulières, quoique la commotion à la poitrine et le tremblement des extrémités se fassent sentir, mais très-faiblement. J’ai remarqué une proportion constante entre les mouvements convulsifs du corps et le mouvement de rotation de la baguette, quoiqu’ils soient certainement bien indépendants l’ua de l’autre. C’est aussi une chose très-digue de re->

4è baguette divinatoire aux états-unis;

marque que la position de l’homme sur la source et la direction de l’écoulement de cette source relativement à tel ou tel point cardinal de la terre, ne changent rien ni aut sensations ni au mouvement.

Mais ce quil y a sans contredit de plus remarquable dans le fait dé là baguette, ce sont les deux phénomènes suivants : te premier est que Bleton peut faire tourner cette baguette 4 Sans qu’il l’ait ni vue ni touchée, snr les doigts d’un autre comme sur les siens, lorsqu’il les touche ou les approche^ en se plaçant sur la source; ce qui n’arrive jamais sans cela. Il est vrai que ce mouvement est beaucoup moins fort et moins durable snr d’autres doigts que sur les siens, et qn?il y a aussi a cet égard de grandes différences entre les différents sujets que j’ai va soumettre à cette épreuvé. On verra pair la suite des raisons plausibles de ces différences^ tenant à la constitution physique plus ou moins mobile de chaqne individu.

• L’autre phénomène, bien plus étonnant encore, c’est que si Bleton, après, avoir fait aller sa baguette sur le trajét de la source, suivant son mouvement naturel de rotation, qui est d’arrière en avant, vient à s’en éloigner en suivant une ligne horizontale, inclinée ou verticale quelconque et dans tons les sens, la baguette, qui cesse de tourner dès l’instant que cet homme a quitté la source, éprouve à une distance déterminée et invariable, un mouvement de rotation dans un sens contraire au premier, mais ne fait qu’un seul tour. Ce mouvement rétrograde, qui ne manque jamais lorque la source est assez forte pour produire le mouvement direct* est pour Bléton, outre l'intensité et la durée de la sensation qui, suivant lai, ne le trompe guère, l’indication de la profondeur, en estimant cette dernière par l’espace qu'il a parcouru depuis la fin du mouvement direct de la baguette, jusqu’au commencement du mouvement rétrograde.

Baguette divinatoire aux Etats-Unis.

La baguette employée aux Etats-Unis est formée d’une fourche de bois de coudrier principalement, tenue les mains en supination. Le devin, cette fourchette en main, marche légèrement et sans secousse. Arrivé sur nue source ou sur un minerai caché dans la terre, la pointe dé la fourchette s’incline et se met perpendiculairement à la surface du sol. Ce mouvement paraît avoir lieu principalement chez les per-

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