TALISMANS OD PRÉSERVATIFS CONTRE LA MAGIE, ETC
Quoique l’on connaisse plusieurs sortes de talismans, cependant on donnait plus particulièrement ce nom à des pièces de métal fondues et gravées sous certains aspects de planètes. On attribue leur invention à un Egyptien, connu sous le nom de Jacchis , qui vivait sous le règne de Sennyès. Il en est qui l’attribuent à Nécéplos, également roi d'Egypte, postérieur à Sennyès, lequel vivait cependant plus de deux cents ans avant Salomon.
Les talismans possédaient un grand nombre de vertus; les principales étaieut de donner la connaissance de l'avenir, de guérir ou de se garantir des maladies, de se préserver du mauvais air, des insectes, des enchantements et d’inspirer des passions (i). Albert, surnommé le Grand, a distingué les talismans purs astrologiques de ceux où il entre de la magie. La vertu des talismans a été soutenue par la plupart des philosophes platoniciens, et par uu grand nombre d’auteurs, surtout par les alchimistes. Pline même n’est pas éloigné d’y croire. Dans son livre xxxix, il dit que le jaspe verdâtre est un talisman que tous les peuples d’Orient portent, et que l’opinion çommune était que Milon de Crotone devait ses victoires à la pierre alectorienne qu'il portait dans les combats. Elien assure que les soldats égyptiens, pour être plus courageux à la guerre, portaient sur eux les figures de scarabés. L'on sait aussi qu’on attachait au cou des rois d'Egypte un talisman propre à les préserver de commettre la moindre injustice. Périclès même, au rapport de Plutarque, en portait un à son cou; on en pendait au cou des enfants, pour les préserver des maléfices. L’on sait aussi que les triomphateuts romains portaient sur eux de petites boîtes que Paracelse a nommées Boîtes aux influences. Ces boîtes contenaient les préservatifs qu’ils croyaient les plus propres et lés plus puissants contre l’envie et ses effets. Naudé raconte que les habitants de Naples étaient affligés d'une grande quantité de sangsues, dont Virgile les délivra en jetant uDe sangsue d’or dans un puits. Ou lit aussi dans les Amusements impériaux , que Vir-
(i) Nous avons déjà parlé de cette fumtnc dont Charlemagne «'était ai fortement épris, à cause de l'anneau qn'elle portail tous la langue. Nous noua borueron* donc à ajouter que uint Jérôme raconte qn un jeune homme étant amouren* , «e rendit A Memphis pour y acquérir des connaissances magiques t h «on retour il pinça sous la porte de la demoiselle qu'il aimait nn talisman sur lequel il avait gravé des parole} Cf des figure» mystérieuse* qui rendirent cette fille éprise d’une passion effrénée.
Digiti;
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gile fit Une mouche d’airain, laquelle resta pendant huit ans attachée à une des portes de Naples, et que pendant tout ce temps la ville fut garantie des mouches. Appollonins de Thyane fit également un talisman pour délivrer les habitants d’Antioche des moucherons qui les dévoraient. Pour cela, il fit faire une procession à cheval; les cavaliers portaient des images de plomb représentant Mars; ils portaient aussi une épée et un bouclier attachés mystérieusement et uniformément, et tous criaient en même temps et à plusieurs reprises : Que la ville soit exempte de moucherons! Un autre astrologue fit aussi une figure métallique, sous les aspects les plus convenables, pour chasser les mouches, et y grava mystérieusement les caractères les plus forts. Jules Scaliger raconte qu’il n'eut pas plutôt exposé cette figure sur sa fenêtre, qu'une mouche s’y posa et fit ses ordures dessus.
Alexandre Trallien parle d’un talisman contre la colique, qui est un anneau de fer à huit angles, sur lequel doivent être gravés ces mots : Fuis, fuis, malheureuse bête, fallouette te cherche. Cette gravure devait être exécutée au 17 ou au ai de la lune.
A Constantinople, l’on voyait un serpent d’airain qui y fut placé pour faire fuir les bêtes venimeuses.
Outre les talismans en métal, consistant en petites figures en bagues (1), on en connaissait d’autres en pierres précieuses et même de toute antre matière. Certaines paroles mystérieusement prononcées étaient un talisman contre quelques accidents. Ainsi, dans la campagne, l’on trouve encore des paysans qui se vantent de savoir charmer ou arrêter les effets du feu par ces paroles, suivies de six Pater et six Ave Maria . Feu , perds ta chaleur, comme Judas perdit sa couleur en trahis sant notre Seigneur, pour trente deniers ou environ. Seigneur! Seigneur! D’autres, pour se préserver du mal de dents, portent dans lenr sein une dent de cheval, d’une mule ou d’un âne, morts. D’autres, pour être heureux, portent de la peau de serpent, de la corde de pendu, etc. Enfin, l’on regardait aussi comme talisman, certains noms portés mystérieusement snr soi. C’est aiusi que Serenus Sammonicus, précepteur du jeune Gordien , ordonne, pour se délivrer de la fièvre, de porter, suspendu au cou, le nom abruca%ibra, entouré d’une toile de lia, d’en tirer chaque jour une lettre en commençant
( 1 ) De poi jour» on fabrique encore des bagues et des chaînes auxquelles on attribue des vertus spécifiques contre fil uil(jraiue, les maux de nerfs, etc.