‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 30 sur 173 · DES AUGURES, AUSPICES ET ARUSPICES · texte numérisé non relu

DES AUGURES, AUSPICES ET ARUSPICES

Cicéron a dévoilé les causes de l’institution des augures; d’après son témoignage ( i ), qui à coup sûr paraîtra irrécusable, les augures ont été inventés par la politique pour les employer à propos et d’une manière avantageuse à la république et par suite à ses chefs et aux princes romains. Tite- Live partageait sur ce point l’opinion de Cicéron. Quelle apparence y a-t-il, dit cet historien, d’examiner scrupuleusement si les poules ont bon appétit, ou si elles sortent lentement de leurs cages? de remarquer attentivement le chant des oiseaux? Ce sont de bagatelles; mais c’est en ne méprisant pas ces bagatelles, que nos ancêtres ont rendu la république glorieuse et florissante. C’est sur le même fondement que Caton l’ancien disait qu’il était étonné qu’un augure n’éclatât pas de rire en voyant un de ses collègues. Cela démontre que la plupart des grands de Borne savaient à quoi s’en tenir sur les présages des augures.; mais ils convenaient en même temps de tout l’avantage qu’ils pouvaient eu attendre en les faisant rendre de manière à influer puissamment sur l’esprit de U multitude. Aussi la dignité augurale fut longtemps le partage des seuls patriciens, jusqu'à la loi proposée par les tribuns Q. etC. Ogulnius et P. Decius Mus, laquelle ajoutait cinq augures à l'ancien nombre, qui durent être constamment plébéiens. Quoique la manière d’observer les augures eût été réduite en préceptes (r), il n’en est pas moins certain qn’on s’en écartait, ou qu’on les expliquait souvent snivant les intérêts de l'Etat et, parfois, d’après des iutéréts personnels. Il y avait cependaut des sénateurs en proie à la superstitiomnopulaire. ™

Les éclairs et les tonnerres étaient d’nne grande influence, qnand on consultait les augures. Aussitôt que la détoimatiou avait lieu, l’aruspice regardait le ciel et le côté duquel venait le bruit. Si c’était de sa gauche, qui était la droite des dieux, l’augure était favurable. Il faut ajouter à cela que le nombre

(>) L'on assure cependant que, elle?, les ancien» peuple», l'institution de» augure» avait pour but de connaître , par le» entrailles de» animaux, la qualité de» viande», de l'air, da l’eau, etc.

h) Ce» préceptes étaient recueilli» dans des livres nommés Lilrri fulminates , fulauralet.

ÉtHES f’ANTAStÎQtlES. 5g

jWiir dés Coups de tonnerre était un très-bon augure, et ie nombre impair un signe de malheur. L’on sait aussi que les comices se séparaient sans rien faire, pour peu qu’il tonnât. Si la victime criait, si elle tombait du côté où elle ne devait pas tomber, ou si elle s’enfuyait de l’autel, les augures étaient des plus sinistres. On donnait spécialement les noms:

i° D'auspice, à l'inspection des oiseaux, s’ils étaient seuls on en troupe, de quel côté ils allaient, s’ils montaient ou descendaient; s’ils tournaient, etc.

a° D’augure, aux prédictions tirées de leur chant; si l’oiseau chantait de suite et avec force ; s’il n’était point interrompu ; si ce chant n’offrait rien d’extraordinaire, etc.

3° D’aruspice, à l'examen des mouvements des victimes, de leurs gémissements, de leur résistance, de leur chute, et surtout des entrailles. Chez les Gaulois, la science augurale était horrible, attendu que non-seulement ils examinaient ainsi les entrailles des hommes, qu’ils égorgeaient pour cela, mais qu’ils faisaient combattre les prisonniers de guerre les uus contre les autres, et les contraignaient à s’entre-tuer, pour observer l’air et la contenance des mourants, et prédire ainsi l’avenir, etc.

Êtres fantastiques.

De temps immémorial, le vulgaire a cru à l’existence de plusieurs êtres fantastiques qui revêtaient à volonté des formes étrangères, et possédaient les uns des pouvoirs surnaturels, et les autres étaient doués du génie du mal. De ce nombre sont ces fées que l'imagination des poètes a peintes de si brillantes couleurs, le drac, les loups-garous, les vampires, etc. L’imagination des poètes, des romanciers, des peintres et même des historiens, a donné à ces êtres fantastiques les formes les plus bizarres et les plus extravagantes. Il nous suffira de citer les récits des assemblées diaboliques nommées sabbat. Qui n’a lu les ravissantes ballades de Goethe et de Burger? Les plus célèbres de ces romances ou ballades sont : la Lénore de Burger, et les Amants de Corinthe , de Goethe. Nous citerons également l’auteur du Moine, ouvrage où le merveilleux, résultant des superstitions populaires, est employé avec un rare bonheur. Dryden, dans sa Reine des Fées ; Shakespeare, dans le Songe dune nuit délé; Goëtbe dans son. Faust; Cazotte, dans sou Diable amoureux; Nodier, dans son Trilby, et Victor Hugo, fl «tus la Ronde du Sabbat , ont prouvé, bien mieux que nos rai»

Ço des W&yu FOLLETS»

sonnemeutî, que les dieux ç|u pagauisme mis en scène, commç. agents surnaturels, n’ont plus de pouvoir sur notre imaginai tion : c’est une mythologie de théâtre, et voi|à tout. £jou# allons faire connaître la plupart de ces êtres fautastiques, à, l’existence desquels on croit encore.

Des esprits follets , Lutins, Lamis, Lémures, Dracs, etc.

Il n’est personne dont l’enfance n’ait été bercée des conte# de lutins, farfadets, esprits follets, etç. A peine commencet-on à bégayer quelques mots, que les nourrices s’empressent de faire counaître à jeurs nourrissons les faits merveilleux des magiciens et sorciers, des fées, etc., auxquels elles croient de la meilleure foi du monde- Lu plupart des enfants écoutent avec avidité ces récits surprenants : c'est ainsi que, par succession, s’accrédite cette croyance. Ajoutez à cela uue foule 4# petits livres enrichis des histoires de ces êtres fantastique^ que les bous villageois lisent dans les soirées d’hiver à leur famille et à leurs voisins, qui ne perdent pas un seul mot de ces lectures, et qui, par cela même que ces merveilles sonf imprimées, croient qu’elles ne sauraient être révoquées en doute. \

L’on donne géuéralement les noms d’esprits follcts,de lutins, de farfadets, de dracs, etc., à des esprits capricieux, inquiets, se repdaut invisibles à volonté, et revêtant toutes sortes de formes; le plus souvent malfaisants, et trouvant du plaisir à faire du mal, surtout les farfadets. Les meilleurs d’entre eux se plaisent à faire des malices et des mystifications aux bon? eues: ce sont les lutius. Il eu est cependant qui prennent quelque-, fois certaines gens en, amitié, et leur reudeut de bons services. Lu effet, (es laboureurs et les bergers soutiennent qu’il est des esprits follets qui soignent les bestiaux pour soulager les valets, et font une partie de leur ouvrage, ruais qui, pour se divertir, leur distribuent au$sj, de temps eu temps, des coups dp fouet, dont ils rient fortement. Dans le Languedoc, l’on donne encore le nom de draç et de follet, à ces prétendus esprits. Gervais de Tillebery dit que les dracs prennent, fa fouine humaine à volonté, et qu'ils vont ainsi aux marchés sans crainte d’étre reconnus. 11$ font leur demeure au foxuî des rivières, où ils tâchent d’attirer les femmes et les enfants par l'appât d'une bague ou d’un gobelet d’or, qu’ils font nager sur l’eau. Jl ajoute qu'ils recherchent surtout les nourrice# pour leurs çnfapts. L opinion commune est aussi qp’ils restent

DES ESPE1TS Où GENIES DES MONTAGNES.1

dans les vieilles maisons inhabitées, ou dans quelques parties reculées des maisons habitées, et qu’ils font de là leurs excursions dans le voisinage : ce qu’ils nomment treva ■ Aussi, n’estil point de contrée qui n’ait quelque maison réputée pour avoir servi d’asile aux dracs ou aux follets.

Il est aisé de voir, par cet exposé, que les bons dracs ou esprits follets sont les dieux lares ou pénates des Romains, et , que les mauvais sont les lémures. Les lares étaient les mâne^ des gens de bien qui, après leur mort, gouvernaient paisiblement et en bon ordre la famille de-leurs descendauts, tandis que les lémures étaient les mânes de ceux qui, par leurs crimes, ayant mérité d’étre punis après leur mort, s’en vengeaient en tourmentant les vivants. C’est d’après cela que N. Marcellus l dit que les lémures sont larvœ nocturnœ et terrificationes imagina m et bestiarum, et que saint Jérôme ajoute que la nature des larves ou lémures, est terrere parvulos, et in qttgulis garrirç , ienebrosis.

Des esprits ou génies des montagnes et des Servants.

Il y a peu de pays qui soient autant sous l’empire de la superstition que l’Rcosse. Il suffit de lire les ouvrages de Walter-Scott pour en être convaincu. Indépendamment de leur Dame Blanche, les montagnards ont l’esprit ou le génie des montagnes : cet être mystérieux et terrible excite les tempêtes au sommet de$ rochers ; il lui arrive même parfois de parler au milieu des plus terribles tourbillons à ceux qui se , permettent de poursuivre et d’attaruer les chamois de leurs , glaciers.

Les Servants, quoique invisibles, rendent tous les services de la domesticité, ils ne diffèrent en rien des esprits follets.

La Divinité des montagnes ne diffère presque en rien des génies ; on l’invoqqe en Ecosse sous le nom de Zemcbock. Voici l’une de ces invocations tirée de Walter-Scott, Harold l’indomptable, poème eu six chants; c’est la sorcière Jutta qui parle.

— O toi qui es assis sur ton trône de rocher, vois lTïsthonien et le Finlandais, fidèles à tou culte, aiguiser leur glaive vengeur destiné à inonder tes autels du sang odieux des chrétiens ; écoute-moi, divinité des montagnes, écoute moi, puissant Zernebock : .

Roi des forêts, tes merveilles ont étonné jadis cette roche aride; mille tribus y ont chanté des louanges, et sur cette

Sorciers. ü

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pierre où les druides ont gravé des caractères mystérieux, lé sang des victimes a coulé par torrents! aujourd’hui, c’est une femme seule qui vient y répandre quelques gouttes du sien , écoute-là, Zernebock, et sois docile à sa voix.

Silence! il vient... Le vent glacé de la nuit gémit dans le ravin. La lune s’obscurcit et s'entoure de nuages ; mes cheveux hérissés, le frisson qui me saisit, annoncent que le Dieu approche.. . Ceux qui oseront le regarder seront fra ppés de mort. . . Arrête! je tombe à genoux et je nie couvre d’un voile : 6 toi qui planes sur la tempête, toi qui ébranles la colline et brises le chêne, Zernebock épargne-moi.

— Fille de la poussière, dit la voix retentissante, le sol de la vallée tremble, et le rocher massif s’ébranle sur sa base, etc.

Des farfadets.

Les farfadets ont beaucoup d’analogie avec les lutins et les esprits follets. Comme eux, ils sont invisibles et se plaisent à faire presque toujours du mai à l’espèce humaine. Ils revêtent, aussi les formes les plus bizarres que l’on puisse concevoir, afin de contenter leurs goûts, leurs caprices, et venir à bout de leurs projets. M. Berbiguier, dans un ouvrage en trois volumes in- 8, sur les farfadets, s’est attaché à exposer toutes leurs ruses, leurs malices, les formes qu'ils prennent, etc. Cet auteur leur attribue tous les maux dont l'espèce humaine est affligée; les crimes qui se commettent, te désordre des saisons, etc., et une page de et ccetera. Croirait-on qu’au dix-neuvième siècle il existe encore des cerveaux creux ou, si l'on veut, des monomanes qui osent imprimer, en trois volumes, un tissu d’absurdités, d’inepties et de sottises, pour ne pas dire plus , qui fait oublier celles qui ont été débitées dans les temps de barbarie et d’ignorance. Cependant, un tel ouvrage a paru en 1821,

frâce à M. Berbiguier; mais pour mieux faire connaître toute aberration de ses idées, qu’il voudrait propager, nous allons en extraire quelques pages.

COÜtl INFERNALE , PRINCES ET GRANDS DIGNITAIRES.

Iîelzébuth, chef suprême.

Satan, prince détrôné.

Enrinoine, prince de la mort.

Moloch, prince du pays des larmes.

Fluton, prince du feu.

Pan, prince des incubes.

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