ORACLES EN SONGES
Oracles par billets cachetés.
; Ceux qui voulaient consulter ainsi l’oracle, déposaient sur l’autel un billet cacheté, contenant leur demande. On fermait ensuite le temple, ou bien l’on remettait ce billet aux prêtres qui devaient dormir dessus et recevoir en songe la réponse, fournie on s’en doute bien, les prêtres ne moquaient pas de décacheter adroitement ces billets, probablement par les mêmes, procédés dont on s’est servi de nos jours dans le Car binet .Noir ; U ne leur était pas alors difficile de répondre. A la rigueur,, ils pouvaient même, sans ouvrir le billet, s’informer adroitement des motifs qui amenaient le consultant an temple, et lai répondre.
Oracles en sotiàes.
Le plus célèbre de ces oracles était celui de Trophonius; avant de descendre dans son antre, l’on restait un nombre de jours déterminé dans une espèce de petite chapelle, nommée de la Bonne forjiutie ou du Don génie; pendant tout ce temps, on se lavait souvent daqs le fleuve Hirciuas, l’on s’abstenait d’eaux chaudes, l’on sacrifiait àTrophonius, à toute sa famille, à Apollon, à Jupiter roi, à Saturne , à Junou, à une Cérès- I’.urope, nourrice de Trophonius, et l’on ne se nourrissait que des chairs des sacrifices. Après avoir été consulter les entrailles de ces victimes pour reconnaître si Trophonius consentait à ce que l’on desceudît dans son antre, celles. qui décidaient ce consentement était d’un bélier qu’ou immolait eu dernier lieu. Si elles étaieut favorables, le consultant était conduit la nuit au fleuve Hircinas, où deux enfants de douze à treize ans lui frottaient tout le corps avec de l’huile; on le conduisait ensuite à la source du fleuve, pu il buvait deux eaux différentes : i° celles du Létlié, qui était censées jouir de la propriété d’éloigner ou mieux d’effacef de votre esprit toutes les pensées profanes; 2° celles de Mnémosyne, qui était douées Je là propriété dé graver dans fa mémoire ce que l’on devait voir dans l’ahtre sacré. Après cela l’on était conduit devant là àtaéue de Trophonius, à laquelle on adressait ses prières, et ipf-èà avoir été revêtu d’une robe de liü et de bandelettes sacrées, l’on était conduit à l’riiaclé, qui élalf sur une mona^vne, djfefi une enceinte de piètres blanches, sur laquelle s’ée v aient «es obélisques d’airain, et au milieu de laquelle était rue caverne taillée de la main des hommes et ayant la figure
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d’un four, dans laquelle on voyait un trou étroit où l’on descendait par de petites échelles; arrivé au fond, l’on trouvait une autre caverne dont l’entrée était assez étroite. L’on se couchait à terre, et l'on prenait dans chaque main des compositions de tniel que l’ou avait apportées ; l’on mettait les pieds dans l’ouverture de la petite caverne, et l’on se sentait emporté aussitôt au dedans avec beaucoup de force et de vitesse. C’est là que l’avenir se déclarait, mais non pas à tous d’une même manière. Les uns voyaient, les autres entendaient. Vous sortiez de l’antre, couché par terre, comme vous y étiez entré et les pieds les premiers. L’on vous plaçait aussitôt dans la chaire de Mnémosyne, et l’on vous demandait ce que vous aviez vu ou entendu ; l’on vous conduisait ensuite dans la chapelle du Bon génie, encore tout étourdi et hors de vous; vous repreniez vos sens peu à peu. Tout me porte à croire que l’air extrêmement rare dans ces cavernes, peut-être même quelque dégagement de gaz acide carbonique, agissaient beaucoup sur le physique et le moral des profanes. Dans cet antre était une autre entrée secrète qui aboutissait au temple, par laquelle les prêtres pénétraient. Ce qui le prouve d’une manière évidente, c’est qu’un espion qui y était descendu par ordre de Démétrius afin de s’assurer s’il n’y aurait rien à piller, y fut mis à mort, et sou corps fut trouvé loin de là, sans être sorti par l’ouverture de l’antre sacré.
Le séjour que faisaient faire les prêtres aux profanes, les expiations, les sacrifices pour savoir si Trophonius voulait vous admettre dans son antre, etc., étaient des moyens plus ou moins longs pour étudier le degré de crédulité et de superstition de l’adepte, qu’ils admettaient ensuite ou faisaient rejeter par le dieu, suivant qu’il était ou non disposé à donner tête baissée dans tes fourberies des prêtres.
Des Sybilles.
L’existence des sybilles remonte à la plus haute antiquité ; les Grecs donnaient ce nom à toutes les femmes qui se croyaient inspirées d’up esprit prophétique. Bekker pense, avec plus de raison, que c’étaient des femmes plus instruites que les autres, qui faisaient les fonctions de prétresses : Varron, saint Augustin, Lactance, etc., en ont comnÉé dix :
DES STB TELES; S7
La sybille Persiqne (1). La sybiilé Cnmane (5).
Libyque (l).
Delphique.
Çumée (3).
Erythrée (4).
Hel 1 espon tiaque (6) de Samos.
Phrygienne (7).
Tihurtine (8).
îî ij&i des auteurs qui y ont ajouté les suivantes : t° La» sybille Colop /ionienne , nommée aussi Lampusia; elle était fiile de Calchas.
2° La sybille Cussandre, fille du roi Priam, atix prédictions de laquelle le destin voulait qu’on n’ajoutât pas Foi.
.J* La sybille Epirote.
4° La sybille Thessalienne, nommée Manto.
5° La sybille. Carmenta, mère d’Evandre.
f>° Fauna, femme et sœur de Faunus, roi d’ttalie.
L’on en comptait d’autres encore, mais elles étaient en bien mèins grande réputation que Us dix premières. Il est cependant deux auteurs qui ont soutenu qu’il n’y avait eu que trois sybilles : celle de Cumes, de Delphes et d’Erythrée ; il y en a même qui n’en ont admis qu’une, qui était cette dernière, qui, d'après saint xlugustin, prophétisait du temps de Roxnulus.
Ce fut la sybille de Cumes, en Èolide, qui apporta à Tar-
3uin l’ancien les neuf livres d’oracles sÿbillins ^desquels elle emanda un prix si élevé que le roi la crut Folle. La sybille en jeta trois au feu et demanda le même prix des six autres ; Tarquin ayant refusé, elle en brûla encore trois autres et exigea toujours le même prix des trois qui restaient. Le roi sapris consulta les augures, qui lui conseillèrent d’acheter les trois livres au,p,rix exigé. Il fut aussitôt nommé deux patriciens pour garder ces précieux livres, qui étaient consultés
l'eit celle f|ui, dam des vers sybillins supposés, so dit bru de !Xoé.
(s) Elle a été nommée par Euripide dans le prologue de sa tragédie qui n pour litre
(3) Elle prenait son nom de son séjour à Cames en Italie : c’est celle dont Marin», Piton , Virgile, etc., ont parié. Ce dernier la représente qommn une folle qui écrirait Set vers sué dès feuilles d'arbres qui devenaient la proie des vent*.
(I) C'eSl celle qtli prédit la prlsode Troie.
(5) Originaire (le Cames dans l'Eolide; on la nommait aotsi Amalthéc , Demophile, on fi trop hile .
(6) Elle était née dans la campagne do Troie. Elle 0 prophétisé du temps de Solon et de Cyrui.
(y) Elle rendait ses réponses à Ancvre.
(3J Elle avait ses autels et un culte à Tivoli.