‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 32 sur 173 · DES MAGICIENS, SOUCI EUS ET FARFADETS · texte numérisé non relu

DES MAGICIENS, SOUCI EUS ET FARFADETS

eux des rois, des reines, des princes et des potentats, qui partageaient leurs travaux otf les protégeaient. Aussi les ménages étaient prèsque toujours troublés et dérangés par l’approche de ces bandits, qui voyageaient par troupes ou isolément ; ils cherchaient à s’emparer des esprits les plus faibles ; et comme il y en a dans toutes les classes de ia société, c’est parmi lepeuple qu'il leur était fàcilé de trouver des viétiiDes ; cependant ils en cherchaient parmi les grands, et pour preuve je vais en dohiler tih exemple:

Les misérables s’étaient emparés, dit-il, de l’esptît d'uùe fenrtne dé condition, en îôi persuadant qu’elle aùràît beàüeonp de plaisir et d’agréhient de corriger sott mari delà passion de la chasse, qui lùi faisait passer dés jottrhées entières éloigné d’elle. Ils lui mii'ebl dâès l’eèpfit dé prendre là fortne d’un loup, et de se jetér sur le chasSèur quand iellè le verrait edtirer dans le bois, où il fallait qu’elle se cachât pour l’attendre.

” L’épàttse crédùle dit à son mari qù’èRè avait tth’ê visite à faire à une dame des environs ; et à l’aide des moyens magitjùfes qu’on loi procura, elle pHt là formé d’ùn îbup ét alla se mettre à la piste.

Par un hasard assez singulier son mari ne sortit pas ce jour-là ; il vit de sa fenêtre passer utt dé Ses atüis qui S’eu Allait chasser , et qui l’invita à partager ce plaisir. Il s’ert excusa, et le pria dë lui rapporter un peu desa chasse : ce quel’ami promit.

« Le chasseur s’apprdbhant du bois fut attaqué paé un gros loup ; il lui tira un coup de fusil qui ne blessa pas cet animal ; mais il s’approcha de lui, le prit par les oreilles, le renversa et lui coupa une patte, qu’il mit dans sa gibecière. Lorsqu’il eut fini de chasser, il revint chez son ami, et sortit de sa gibicièré cètté patte de loup, qui, à iéut grand ëtôndement, se trouva être la maiu d’une femme, ornée d’iin anneau d’or, , qui fut reconnu pour appartenir à la femme de celui qui n’avait pas voulu chasser. De violents soupçons s’élevèrent contre elle : on la Chercha dàns toute là maison, èt on la trouva enlin auprès du feu de là cuisine, se chauffant, et ayant soin de cacher là main dont ëllè nè pouvait plus se servir. Son tnari la lui présenta; elle en fut déconcertée, elle ne put nier ce <{u’elle venait dè faire : élle avoua qu’elle s’était effectivement jetée sur le chasseur, qu’elle croyait être son mari. Cette affaire causa beaucoup de rurtleür dkfis- le pays; la justice s empara de la femme, lui fit son procès, et l’on reconnut qu'elle avait été ensorcelée par les farfadets, dont elle avait

BAQUET RÉVÉLATEUR ET BOUTEILLES-PRISONS. 6 b

suivi les conseils. Et pour avoir cédé à de tels moyens , qui prouvaient sa férocité et sa condescendance , elle fut condamnée à être brûlée pour crime de sorcellerie et de préméditation d'assassinat.

» Les ressources des farfadets sont bien grandes, puisqu’ils ont pour eux le pouvoir de l’invisibilité, et qu’ils peuvent nous tourmenter sans qu’on les voie, et à plus forte raison sans qu on puisse les saisir. C’est désespérant pour les infortunés qui souffrent; on doit donc considérer le mal farfadéea comme un mal moral, ce qui est bien plus dangereux qu’un mal physique, dont on peut connaître la cause pour le guérir. Ou dit vulgairement que le diable est partout ; cela veut dire que tous les lieux de la terre lui sont favorables pour exercer les maléfices qu’il nous prépare et qu’il nous envoie. Il se glisse sons telle forme qu’il lui plaît, contrefait les personnages qu’il veut »

Après avoir énuméré toutes ces folies, et les anecdotes les plus extravagantes sur les farfadets, l'auteur donne les moyens, qui ont été le fruit de ses investigations, pour s’en délivrer. Voici les principaux.

Baquet révélateur, et bouteilles-prisons, de M. Berbiquier.

• Qu’entendez-vous par baquet révélateur et par bouteillesprisons ? me disent la plupart des personnes à qui je parle de ces choses. Je vous l’apprendrai dans mon ouvrage, leur dis-je d’un air mystérieux ; car j’ai cela de bon, que je vais donner à ma figure l’air qui convient à ma situation.

» Voulez-vous savoir ce que j’appelle mon baquet révélateur et mes bouteilles?prisons ? je vais maintenant vous les faire connaître.

» Mon baquet révélateur est un vase en bois que je remplis d’eau et que je place ensuite sur ma fenêtre; il me sert à dévoiler les farfadets quand ils sont dans les nuages- J’ai, je crois, déjà assez appris à mes lecteurs quelle était la puissance du bouc émissaire; les farfadets sautent dessus pour s’élever dans les airs lorsqu’ils veulent s'occuper de leur physique aérienne. C’est donc pour les voir travailler en l’air que j'ai inventé mou baquet révélateur.

■ Ce baquet rempli d’eau, placé sur ma fenêtre comme je viens de l’annoncer, me répète dans l’eau toutes les opérations de mes ennemis ; je les vois se croiser, se disputer, sauter, danser et voltiger bien mieux que tous les Fonoso et tous les

BAQUET RÉVÉLATEUR ET BOUTElLtES-PKISONS.

Saqui de la terré. Je les vois lorsqu’ils conjurent le temps; lorsqu’ils amoncèlent les nuages, lorsqu’ils allument les éclairs et les toiinerres. L’eau qui est dans le baquet Suit tous les mouvements de ces misérables. Je les vois tantôt sous la forme d’un serpent ou d’une anguille, tantôt sous celle d’un sansonnet ou d'un oiseaU-moiicbe; je les vois et je ne paisses atteindre 5 je me contente dé leur dire : Monstres cruels, pourquoi ne puis-je pas vous noyer tous dans le baqiiet qui répète vos affreuses iniquités ! les malheureux que vous persécutez seraient tous eu même temps délivrés de vos infamies! Je vous volé dans ce moment, mon bàquet est sur ma fenêtre; Dieu! quel troupeau de monstres rassemblés!.^.... Dispersez-vous Ils se rallient..!.. Incrédules, regarder donc

dans tnoti baquet; et vous ne me contrarierez plus par vos

dénégations.

» Je passe maintenant à mes bouteilles-prisons. Tontes les opérations dont j’ai déjà rendu compte ne sont rien en les comparant à fcellé que je fais à l’aide de ces bouteilles. Autrefois je ne tenais captifs mes ennemis que pendant huit ou quinze jours : à présent je les prive de la liberté pour toujours, si on ne parvient pas à casser les bouteilles qui les renferment, et je les y emprisonne par un moyen bien simple : lorsque je les sens pendant la nuit marcher et sauter sur mes Couvertures; je les désoriente en leur jetant du tabac dans les yeux : ils né savent plus alors où ils sont; ils tombent comme des mouches sur ma couverture, où je les couvre de tabac; le lendemain matin, je ramasse bien soigneusement ce tabac avec htte carte, et je le vide dans mes bouteilles, dans lesquelles je mets aussi du vinaigre et du poivre. C’est lorsque tout cela est terminé, que jecachète la bouteille avec de la cire d’Espagne, ët qüe je leur enlève par ce moyen toute possibilité de se Soustraire à l’emprisonnement auquel je les ai condamnés.

» Lè tàbàc leur sert dé nourriture et le vinaigre les désahihtë quand ils ont soif. Ainsi, ils Vivent dans un état de gêné, et ils sont témoins de mes triomphes journaliers. Je place més bouteilles de manière à ce qu’ils puissent voir tout ce que je fais journellement contre leurs camarades ; et une preuve que jë ii’en imposé pas lôtsquê je dis qu’ils ne peuvent pluS sortir dit tabac que je ledr ai jeté pour les couvrir; c’est qn’en firêséricé dé madame Gôraud j'ai éu lé plaisir de jetér de cè tàbac au feù, et que nous avons entendu ènsenible lés farta*

Digitiz

DBS FÉES OD DAMES BLANCHES. 6j

dcts qui pétillaient dans le brasier, comme si on l’avait couvert d’une grande quantité de grains de sel.

» Je veux faire présent d’une de mes bouteilles au conservateur du Cabinet d’Histoire Naturelle; il pourra placer dans la Ménagerie des animaux d’une nouvelle espèce. Il est vrai qu’il ne poiinra pas les tenir captifs dans une loge, comme ou y tient le tigre et l’ours Martin; mais il les fera voir dans la bouteille, de laquelle il leur est défendu de s’échapper;

» Si parmi les curieux qui vont visiter le Jardin des Plantes et 1» Cabinet d’Histoire Naturelle, il se trouvait par hasard quelques incrédules ou quelques farfadets, le conservateur n’ durait, pour les convaincre de l’existence des malins esprits dans la prison, qu’à remuer cette bouteille, et on entendrait, comme je l’entends journellement, les çrisde mes prisonniers, qui semblent me demander grâce; les incrédules se tairaient, et les farfadets enrageraient. »

Des Fées ou Dames blanches, et des Suelves.

Suivant l’opinion la plus accréditée, les fées sont des femmes d’un ordre supérieur à la nature humaine, et qui surpassent beaucoup les hommes eu connaissances, en talents, et surtout en pouvoirs. Elles sont exemptés aussi d’un grand nombre d'infirmités qui nous sont propres, quoique soumises cependant à certains besoins, anx passions, à plusieurs accidents, et même à la mort. La durée de leur vie est plus longue que celle de l’espèce humaine; aussi les fées diffèrent entre elles, en âge, eu beauté, en lumières et en passions. Quand elles sont jeunes, elles soiit généralement belles, bonnes et bienfaisantes; quand elles commencent à vieillir et à devenir laides, elles sont bourrues, chagrines et malfaisantes. On leur a donné aussi le nom de dames blanches, parce qu'elles aiment à se montrer vêtues de blancgfians le midi de la France, on le9 nomme en patois fados, frm trouve dans les montagnes des grottes profondes que l’on snppose quelles ont habitées, et qui portent de temps immémorial le nom de trou des fées, traouc de las fados. Gervais deTillebery, auteur du xme siècle, dit que les fées se choisissaient des amants parmi les hommes, auxquels elles procuraient toute sorte de bieus pendant qu’ils leur étaient fidèles, mais qu’elles les plongeaient dans le malheur et les faisaient même périr lorsqu’ils les quittaient pour Se inarier , ou qu’ils se vantaient de leurs faveurs. Cette Croyance des fées, dit Astrac, quoique universellement répan-

Page 1