ANCIENNE ET MODERNE SUR LA MACIS
la magie et de la sorcellerie. Sous le règne d’Elisabeth, cette superstition s’était fortement augmentée, au point que l’évêque Jewel, en 1 558, prêchant devant la reine, s’écria : Que votre grâce sache que les magiciens et les sorciers se sont prodigieusement accrus, ces dernières années, dans votre royaume, au point que vos sujets languissent jusqu’à la mort; leurs couleurs s'effacent, leurs chairs se corrompent, leur parole est engourdie, leurs sens sont obtus, etc.
On ne saurait trop déplorer les effets que la démonologie, toute faible et absurde qu’elle nous paraisse aujourd’hui, avait alors sur la naissance des hommes. Un siècle plus tard, ils furent bien plus étendus et plus déplorables encore. Un roi même ne craignit pas d’écrire, eu faveur d’un si erroné sujet. Personne n’ignore aussi que la démonologie de Jacques i#r contribua beaucoup à accréditer et accroître cette superstitieuse croyance*; aussi, dans moins d’un an, après sa publication, on fit périr en Ecosse plus de six mille personnes pour ce crime imaginaire.
Shakespeare a, dans sa belle tragédie de Macbeth, retracé les croyances de cette époque, en introduisant les sorcières et les faisant agir et parler le langage que le vulgaire leur prête. En voici un extrait tiré de la Bibliothèque anglo-française , dont j’ai l’honneur d’être un descolloborateurs.