‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 3 sur 173 · ANCIENNE ET MODERNE SDH LA MAGIE · texte numérisé non relu

ANCIENNE ET MODERNE SDH LA MAGIE

Il paraît que les Romains attribuaient des propriétés magiques aux œufs; Pline, en rapportant plusieurs pratiques superstitieuses, dit que lorsqu’on avait mangé des oeufs; on s’empressait de casser les coques, ou du moins de les percer de plusieurs trous, de peur qu’on ne se servît de ces œufs entiers pour faire quelque charme contre ceux qui les avaient mangés (1). Naguère dans tout le Languedoc, et même eucoredans quelques localités, force gens ont une attention scrupuleuse d’écraser les coques des œufs qu’ils ont mangés, afin de prévenir ainsi les malheurs où ils craignent d’étre autrement exposés.

Néron favorisa non-seulement la magie , mais il fit venir des magiciens d’Arabie, pays fertile en superstitions et en jongleries. Il dépensa même des sommes immenses pour faire quelque découverte dans cet art. Constantin rendit une loi qui se trouve dans le Code Tlieodosien, par laquelle il ne condamnait que les superstitions qui nuisaient à la santé des hommes, ou qui les portaient à l'impureté ; mais i) excusait les pratiques employées pour guérir la santé ou détourner les orages. L’empereur Léon se montra plus sévère : il condamna à mort toute sorte de magiciens, quel que fût le but de leurs pratiques. Constantius et Valentinien faisaient également mourir ceux qui recouraient aux enchantements pour la guérison des maladies. Ce dernier alla même plus loin, il poussa la craauté jusqu’à faire couper la tête à un malheureux jeune homme qui, pour se délivrer d’un mal d’estomac, calculait les sept voyelles de l'alphabet grec, et portait alternativement ses mains à un marbre et sur la région épigastrique.

Sous les pontifes romains, on ne se montra pas moins sévère : des commissions d’enquête furent nommées pour délivrer le pays des sorciers et de tous ceux qui recouraient à l’art infernal de la magie. De tels enquêteurs reçurent, à différentes époques, la mission de parcourir l’ Allemagne, la France et l'Italie où les bruits de magicieus, de sorciers, inspiraient la terreur dans das esprits faibles et nourris de superstitions et de préjugés. Fiers d'une telle mission, ils recouraient dans leurs interrogatoires à tout ce que la subtilité et la torture pouvaient leur offrir, pour leur arracher ce qu’ils voulaient être la vérité. Plusieurs avouaient ce qui n’était pas, car

La torture interroge, et la douleur répond.

(i) Defigi Jirlt dcfiretullonllui nemo non metiiit. Histoire naturelle.

l6 JURISPRUDENCE ,

Par ce moyen, ils firent des déserts des contrées où ils exer» çaient leur funeste pouvoir inquisitorial. Ce qui leur échappait prenait la fuite. Dans les premiers siècles de l’église row niaine il est souvent parlé de sorcellerie, et la peine capitale était prononcée contre ceux qui étaient supposés y avoir eu recours pour faire périr leurs semblables, ou pour avoir tenté par des prophéties fausses à introduire des innovations dans l'Etat. Il paraît cependant que ce ne fut que vers la fin du xuie siècle qu'il y eut des dispositions générales contre la sor* cellerie même, considérée comme une ligue avec l’ennemi du genre humain, comme une renonciation à Dieu, un pacte avec l'esprit des ténèbres; enfin, connue un des crimes les plus abominables. 1 *;

Une bulle d'innocent VIII servit à stimuler les inquisiteurs : nous avons appris, dit -elle, qu’un grand nombre de personsonnes des deux sexes ne craignent point d'entrer en commerce avec les démons infernaux, et, par leurs sorcelleries, frappent également les hommes et les suimaux, rendent stériles le lit conjugal, font périr les enfants des femmes et les petits des bestiaux, et flétrissent les blés des champs, les vignobles, les fruits des arbres, l’herbe et les pâturages, etc. Les suites de cette bulle furent épouvantables, sur tout le continent et surtout en Italie, en Allemagne et en France; voici une très* brève notice de ces supplices.

En i485, Cumanus fit brûler, comme sorcières, dans une anuée, 4* femmes ; vers la même époque on en fit brûler îod dans le Piémont; en i488, on exécuta des femmes à Constance; en 1 5 1 5, 5oo furent exécutées à Genève sous la dénomination de sorciers protestants. 48 autres furent brûlées à Ravensburgh ; en Lorraine l'inquisiteur Remi se vante d’en avoir fait exécuter 900 en i5 aus. tooo personnes furent mises à mort à Corne, et une centaine d’autres ailleurs. Ma plume se refuse à tracer une plus longue suite d’horreurs.

Législation anglaise sur ta Sorcellerie.

11 n’y a peut être pas de pays au inonde où les croyances populaires sur la magie, la sorcellerie , la démonomanie, la nécromancie, les fées, les lutins, les esprits follets, le chasseur des bois, etc., aient été plus répandues qu’en Ecosse et même en Angleterre. Sons le règne de Henri VIII, la sorcellerie avait attiré l'attention du gouvernement ; un acte de la 33* année de son règne, avait déclaré comme félonie, les opérations de

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