‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 50 sur 173 · CORPS IMPONDÉRABLES · texte numérisé non relu

CORPS IMPONDÉRABLES

Du Calorique.

Le calorique est un fluide invisible qui pénètre tous les corps, s'interpose entre leurs molécules, les dilate, et les fait passer de l’état solide à l’état liquide, et de celui-ci à l’état gazeux. L’ejmtençe matérielle du calorique nesaurait être démontrée que par ses effets, surtout par celui qui est connu sous le

ii ) Do no» jours, il a ou5 démoutré que le fluide magnétique était Identique avec la do élocvrinuo. ’ ’’ '

Sorciers, lâ

{*34 Dû CÀIORIQTJB.1

nom de chaleur. Il est bien évident que ce mot et celui de calorique ne sont pas synonymes, puisque la chaleur n’est an* tre chose que la sensation que nous fait éprouver le calorique. Dans presque tous les ouvrages de chimie et de physique, le calorique et la lumière sont présentés comme deux corps impondérables différents; cependant, un graud nombre de physiciens-chimistes pensent que la lumière n'est qu’une modification du calorique, lequel, lorsque la température s’élève de 5oo à 6oo°, peut devenir lumière, cat ce n’est qu’à cette température que les corps deviennent lumineux. Nous allons étudier quelques-unes de ses propriétés.

i° Son impondérabilité. — L’on n’a, pour la reconnaître, qu’à mettre dans un flacon de l’acide sufurique à €6®, et dans tin autre de l’eau : après les avoir soudés ensemble et exactetement pesés, on mêle les deux liquides; il se dégage aussitôt une très-grande quantité de calorique. Si l’on pèse de nouveau ces deux flacons soudés, dès qu’ils ont été ramenés à la température atmosphérique, l’on trouve qu’ils n’ont rien perdu de leur poids.

a° Equilibre du calorique. — Il est bien démontré que le calorique tend constamment à se mettre en équilibre dans tous les corps. D’après cela, si l’on touche un objet dont la température soit au-dessus ou au-dessous de celle du corps humain, l’on éprouve soudain un sentiment de chaud ou de froid, parce que, dans le premier cas, ce sentiment de chaleur est dû an calorique soustrait de l’objet touché par la partie de notre corps qui est en contact avec lui; dans le second, la sensation du froid est due au contraire au calorique qui est extrait d’une partie de notre corps par l’objet d’une température inférieure qui le touche et qui tend à se mettre en équilibre avec lui. Cette propriété du calorique de tendre constamment à se mettre en équilibre avec les corps environnants , explique également les diverses sensations de froid et dé chaud que nons éprouvons suivant que nous passons d’un milieu froid dans un milieu chaud, et vice versa, et suivant les variations atmosphériques. Voilà pourquoi l’on trouve frais en été et chauds en hiver les lienx où règne une température constante, comme celle des caves, qui est de -j- îo degrés.

3° Forces attractive et répulsive du calorique. — De même que tous les autres corps, le calorique obéit aux lois de l’attraction. On le démontre en dirigeant un rayon solaire sur pu prisme; on yoit alors qu’après les sep| rayons colorés, 41*

DIT CÀlORÏQÜ» »3S

<3e!à de celui qui est le moins réfracté, il en existe un qui n’est pas lumineux, mais calorifique. Toutes les molécules du calo— Tique jouissent d’une force répulsive qu’elles communiquent aux autres corps avec lesquels ou les met eu contact, comme le prouve leur passage à l’état liquide et gazeux; cette force répulsive est connue sous le nom d 'élasticité.

4° Rayonnement du calorique . — Pour le démontrer d’une manière a ne laisser aucun doute, l’on prend deux miroirs concaves paraboliques que l’on place, à a ou 3 mètres (4 ou 6 pieds) de distance, vis-à-vis l’un de l’autre, et en mettant ua corps très-chaud, comme un boulet de canon, au foyer de l’un, et à. celui de l’autre l’une des boules d’un thermomètre différentiel, tandis que l’autre boule se trouve placée vers les deux feyers. Tout étant ainsi disposé, on ne tarde pas à s’apercevoir que la boule placée au foyer marque une élévation de température bien supérieure à celle qui est entre les deux foyers, laquelle est dans le rapport de 8 à » c°.

L expérience a démontré que le calorique rayonne et 4e disperse en raison inverse du carré des distances, comme l'électricité, la lumière et toutes les actions centrales.

5° Conductibilité du calorique. — L’on donne ce nom à cette propriété dont jouissent les corps de se laisser traverser, ou mieux de livrer passage au calorique plus ou moins promptement. Ainsi, lorsqu'on place sur des charbons ardents une tige métallique, une baguette de verre et une de charbon, la chaleur du métal devient bientôt telle qu’on ne peut plus le tenir, tandis qu’on n’éprouve qu’une faible chaleur avec celle de verre, et aucune avec celle de charbon. L’on conclut de ces faits que les métaux sont de meilleurs conducteurs du calorique le verre, et que le charbon l’est beaucoup moins que ces deux substances.

L,a laine, la soie, le coton, les fourrures, etc., sont de mauvais conducteurs du calorique, tandis que le lin et le chanvre lui livrent facilement passage. Il est donc évident qu’en s'habillant de laine, de coton, ou en se couvrant de fourrures, on concentrera le calorique sur le corps, attendu qu’ils en sont de mauvais conducteurs, tandis que le lin et le chanvre s'en laissant pénétrer facilement tendent à mettre la chaleur du corps humain en équilibre avec celle de l’air.

6° Calorique spécifique des corps. — On donne ce nom au; calorique que les divers corps absorbent pour, sous le même poids, s’élever d’un mémo nombre de degrés. Cette différence

Page 1