‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 51 sur 173 · DD CALORIQUE · texte numérisé non relu

DD CALORIQUE

s’exprime aussi par le» mots de capacité pour le calorique. Un grand nombre d’expériences entreprises par les physiciens et les chimistes ont démontré que tous les corps contiennent des proportions différentes de calorique spécifique.

7° Dilatabilité. — Cette propriété est due à la force répub sive du calorique. En effet, les molécules des corps qui sont soumis à son action, s’écartent d’autaut plus qu’on y accumule une plus grande quantité de calorique. Ainsi, presque tout les corps solides finissent par passer à l'état liquide, et plu* sieurs même acquièrent l’état gazeux. Le» gaz divers même, ainsi que l’air soumis à l’action du calorique, augmentent de volume, et deviennent par conséquent plus légers. C’est d’après ce principe que Montgolfier inventa les aérostats, qui ns s’élèvent dans l’atmosphère que parce que l'air qu’ils contiennent se trouvant trè9-dilaté par le calorique, et par conséquent plus léger que celui de l’atmosphère, il en résulte que les pressions de l’air atmosphérique étant égales dans tous les seus, l’aérostat doit nécessairement s’élever dans l’air. On démontre la dilatation des solides par l’expérience suivante. L’on prend un anneau de fer ou de tout autre métal, dans lequel entre une balle semblable; on la fait ensuite cbanffer et on la présente en cet état à cet anneau. Sa dilatabilité est devenue telle, qu’elle ne peut plus y entrer, tandis qu’elle y passe de nouveau du moment qu’elle est refroidie. L’on a tiré parti jadis de cette propriété pour frapper des médailles et des monnaies. Ce procédé consiste à placer une barre de fer, par ses extrémités, entre deux murs résistants, et la médaille ou pièce à graver au milieu des poinçons qu’on doit mettre entre le mur et l’une des extrémités de la barre; en chauffant alors cette barre et la portant à la chaleur rouge, elle se dilate au point que les poinçons pénètrent fortement sur le disque métallique.

8® Calorique latent des corps. — L’on désigne ainsi le calorique qu’absorbent les corps en se fondant, et qui ne fait éprouver aucun changement au thermomètre, comme vont le démontrer les deux exemples suivants :

i° Prenez une partie de glace en poudre à o°, ou mieux, de neige; Iplacez-la dans un vase dont la température aura été portée également à o°, et versez dessus uue partie d’eau à y5 c°, vous obtiendrez bientôt deux parties d’eau à o°, au lieu d'étre à 35 degrés. Il est donc évident qu’une partie de glace à zéro absorbe et rend latente, pour se fondre, la quantité de

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calorique propre I porter une partie d’eatt de o° à j5 c° ; le même effet n’a pas lieu si l'on prend de l’eau à o° et qu’on la mêle avec son poids d’eau élevée à diverses températures ; dans ce cas, le tout est porté à moitié température de l'eau chaude ; ainsi, si elle était à 5o c°, la moyenne serait a5.

Ce calorique, que la glace rend latent en se fondant, explique la longueur du temps qui est nécessaire pour la fonte des glaces, quoique la température de l'air soit assez élevée pour que cette fusion eût lieu tout-à-coup sans cette cause. a0 Chaleur latente des vapeurs.

Si l’on fait passer un kilogramme de vapeur d’eau marquant ioo° au thermomètre, sous la pression de 76, dans 5 kilogrammes 5o d’eau à o°, on obtient 6 kilogrammes 5o d’eau à ioo°, d’où il résulte qu’une partie de vapeur d’eau rend latente la dose de calorique suffisante pour porter 5 part. 5o de ce liquide de o° à ioo°.

On a tiré parti de cette grande quantité de calorique que contient la vapeur d’eau, pour l’appliquer au chauffage des bains, des maisons, et à diverses opérations industrielles.

Les thermomètres sont dus à la dilatation ou à la condensation des liquides. On emploie le mercure et l'esprit-de-vin ; on introduit l’une ou l'autre de ces deux liqueurs dans des tubes gradués ; les degrés d’ascension dans ces tubes sont dus à la dilatation du liquide par le calorique, et indiquent ceux de la température du milieu dans lequel ils se trouvent, tel

Sue l’air ou un liquide ; les degrés d’abaissement ou de conensation marquent au contraire les degrés de froid.

De la Lumière.

Nous devons à la lumière la visibilité de presque tons les corps et celle du superbe spectacle de la nature. C'est à son mouvement sur la surface des corps, et à son intromission dans nos yeux ; c’est en portant sur la rétine l’image des divers objets, quelle nous en démontre l'existence, les formes diverses, la distance respective et la coloration. Nous n’entreprendrons point de décrire la théorie de la vision : un semblable travail serait ici déplacé. Nous allons nous borner à indiquer ses principales propriétés.

L’origine de la lumière a donné lieu à deux opinions qui ont partagé les plus grands physiciens. La première est celle de Newton, qui la considère comme nn fluide émané du soleil et des autres çorps lumineux, tandis que Descartes, Euler et

l38 MB t* LUMIÈRE.

Huyghens la regardent comme un fluide répandu dan» tout l’espace, dont la vitesse est due à celle du soleil et de9 étoiles qui lui impriment leur mouvement.

Les expériences modernes, entreprises par un grand nombre de physiciens, ont mis en doute si le calorique et la lumière étaient deux fluides bien distincts. M. Thénard a adopté celle qui les suppose dus à la modification d’un même fluide, jus* qu’à ce que de nouvelles recherches nous aient éclairés à cet égard.

La vitesse avec laquelle la lumière traverse l’espace est telle, que les géomètres ont trouvé, par le calcul, qu’elle parcourait par seconde environ 3 i,i84myriamètres(8o,ooo lieues)* tandis que le son ne parcourt que 3a5 mètres (996 pieds). La vitesse de sa marche est donc, d’après Euler, neuf cent raille fois plus rapide : en huit minutes elle vient du soleil jusqu’à la surface de la terre.

La lumière traverse certains corps que l’on nomme transparents, et est réfléchie par d’autres qu’on appelle opaques.

Elle se meut toujours en ligne droite, en passant à travers des corps transparents et denses ; elle se divise en sept rayons diversement colorés dans le spectre solaire. Ou les trouve placés dans l’ordre suivant et de haut eu bas, c’est à-dire en bandes :

Le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le ■violet.

Parmi lés corps opaques, il en est dont la surface renvoie toute la lumière qui vient les frapper, eu lui imprimant un mouvement égal a celui quelle avait. Cette propriété est le partage des corps brillants; elle sert de base à l’optique. Le changement de direction des rayons lumineux est appelé réflexion, et le rayon renvoyé, réfléchi. Il est' bon de faire ob-» server que dans ce cas le rayon, en se réfléchissant, forme un angle qui est toujours égal à celui de son incidence.

Il est certains corps qui sont traversés par la lumière, et que l’on appelle milieux. Les rayons lumineux, en tombant obliquement sur ces corps, où bien en passant d’un milieu rare dans un milieu deuse, dévient et se rapprochent de la perpendiculaire : c’est ce qu’on appelle réfraction ; le rayon porte le nom de réfracté »

La lumière solaire dilate et échauffe les corps, ce qui a porté plusieurs physiciens à conclure quelle était formée de rayons lumineux, de rayons calorifiques obscurs, et d’autre*

»B LA IUM1ÈRE. *3 g

cfuî étaient propres à produire des effets chimiques, comme la coloration de quelques corps, l’altération ou la destruction des couleurs de quelques autres, etc. Dans tous ces cas, les corps sur lesquels cet effet a lieu éprouvent une sorte de décomposition. 11 n’est pas démontré que ces résultats soient exclusivement dus à une sorte de rayons, mais il est bien évident que la lumière les produit. Si l’on substitue à l’action de la lumière sur ces corps celle du calorique, on opère les mêmes effets. Cela joint à l’action semblable à celle de la lumière qu’exerce presque toujours le calorique rayonnant, et au calorique que produit la lumière condensée au foyer d’une lentille, lequel devient tel qu’il peut opérer la fusion des corps qui sont presque infusibles par les procédés ordinaires, a porté plusieurs physiciens à regarder ces fluides tomme identiques. Suivant eux, la lumière passe à l’état de Calorique en s’unissant avec les corps, et celui-ci à l’état de lumière lorsqu’il se trouve en grande quantité dans ces corps, on qu’il acquiert un degré de tension très-fort. Il s’en faut de beaucoup, dit M. Thénard, que cette hypothèse soit à l’abri de toute objection.

Les divers rayons luminenx ne sont pas tous également calorifiques ; le violet élève moins le thermomètre que l’indigo; celui-ci moins que le bleu : de manière que le pouvoir calorifique va en décroissant jusqu’au rouge.

Relativement à leur action chimique, Schéèle a reconnu que le rayon violet était celui qui avait une action plus énergique. Sennebier a fait une observation curieuse, c’est qu’il avait aussi la propriété de mieux développer la couleur verte des plantes.

La division de la lumière en trois sortes de rayons est soutenue par quelques physiciens, d’après les observations de Herschell, qui a vu que, hors du spectre, au-delà du rayon rouge, il se trouvait des rayons calorifiques plus chauds que lai, et celles de Wollaston, Richter et Beckmann, constatant qu’après le rayon violet, toujours hors du spectre, on en trouve d’obscurs qui ne produisent point de chaleur, et qui noircissent plus promptement le chlorure d’argent que tous les autres.

La lumière exerce la plus grande influence sur presque tous les corps de la nature, principalement sur ceux que nous avons appelés organiques ■ En effet, les végétaux qui en sont

privée •'étiolent, perdeut leur belle couleur verte, ainsi qu’une

j4° MOYEU PROPRE A COKRAITRE tHETJKE^

grande partie de leurs principes aromatiques, et deviennent aqueux : leur saveur change, leur couleur est jaunâtre, etc.; ils sont alors appelés étiolés. Us cherchent avec avidité la lumière; aussi les voit-on, s’ils sont placés dans un lieu obscur où. la lumière pénètre par quelque ouverture, s’y diriger constamment, et leurs rameaux s’étendre prodigieusement pour y arriver. Il en est de même des arbres placés dans les forêts épaisses; leurs rameaux inférieurs, dont les supérieurs interceptent le contact de la lumière, s’allongent jusqu’à ce qu’ils puissent se mettre en contact avec elle. Les végétaux étiolés, exposés à la lumière, reprennent leurs propriétés. Son influence sur l’espèce humaine est aussi bien reconnue. Nous savons que les individus qui en sont privés deviennent chlorotiques, et s’étiolent, pour ainsi dire, lis sont sujets aux maladies scrofuleuses, s’affaiblissent, perdent leur activité, et leur système absorbant s’engorge le plus souvent, etc. On n’a qu’à jeter un coup-d'œil sur ce grand nombre d'enfants entassés dans les hospices, sur les prisonniers, et généralement sur tous ceux qui vivent en réclusion. La lumière paraît influer même sur les diverses affections morbides. La société de médecine de Bruxelles, pénétrée de cette influence, mit cette question au concours; le prix fut adjugé à l'ouvrage du docteur Murat, intitulé Traité des Maladies nocturnes.

Moyen propre à connaître l’heure cjuil est au moyen de

la main.

On étend la main gauche et on la pose horizontalement, le dedans vers le ciel; l’on prend ensuite un brin de paille, qu’on place à angle droit à la jointure entre le pouce et l’index, et qu’on tient élevé au-dessus de la main, de la longueur qui est depuis cette jointure jusqu’à l’extrémité de l'index comme on le voit en A; ce brin dé paille sert de style. On retourne ensuite la racine du pouce vers le soleil, jusqu’à ce que l’ombre du muscle qui est au-dessous se termine à la ligne de vie, marquée G. Alors l’extrémité de la paille montrera l’heure, en tournant le poignet ou la racine de la main vers le soleil, et tenant les doigts également étendus.

L'ombre tombant au bout de l’index marquera 5 heures du matin ou 7 du soir; au bout de celui du milieu, 6 heures; au bout du suivant, 7 heures du matiii et 5 heures du soir; au boutdupetit doigt, 8 heures du matin et 4 du soir; à la jointure prochaine du petit doigt, 9 heures du mafia et 3 du soir;

Dü FLUIDE ÉLECTRIQUE. j/Jï

à la jointure suivante du même doigt, 10 heures avant midi et deux heures après ; à la racine du même, n heures du ma^ tin et une heure après midi ; enfin, l’ombre tombant sur la ligne de la main marquée D, ou ligne de table, marquera midi. Nous ajouterons que cette méthode n’a pas toute la précision mathématique.

Du Fluide électrique.

Il est démontré que, dans les circonstances favorables, le frottement, le contact, la pression, l’élévation de température, etc., développent dans tous les corps une propriété dite électrique, en vertu de laquelle ils attirent à eux et repoussent ensuite les corpuscules légers. L’explication de ce phénomène et celle des attractions qui ont lieu entre certains corps électrisés, ont conduit le plus grand Uombre des physiciens à admettre dans les corps deux fluides de nature différente, qui se neutralisent dans les corps à l’état ordinaire, et constituent cet état d’équilibre qu’ils appellent repos électrique. Lorsqu’ils contiennent un excès de l’un de ces deux fluides, ils attirent les autres corps non électrisés. Par le frottement, on accumule l'un de ces fluides à la surface des corps. Si l’on en approche alors un autre, ce fluide pourra traverser l’air et produire, avec celui qui est de nature différente, une étincelle accompagnée de bruit, de lumière, de chaleur, et en répandant une odeur particulière. Ces deux fluides réunis et neutralisés constituent l’ électricité ou le fluide électrique. Chacun de ces deux fluides a reçu un nom différent : l’un est désigné par le nom de fluide positif ou vitré, et l’autre de fluide négatif ou résineux. Les molécules d’un même fluide se repoussent, et celles des fluides de diverses natures s’attirent. Lorsque la nature des corps qui aboutissent à du fluide électrique le permet, ce fluide s’étend à leur surface jusqu a ce qu’il en rencontre un autre dont la nature particulière s’oppose à sa marche. Ceux qui donnent passage au fluide électrique, ou transmettent l’èléctricité, sont nommés bons conducteurs et électricité ; ceux qui n’en développent point par le frottement sont appelés anèlectriques ; ceux qui au contraire en développent portent le nom d 'idioéleclriques ; ceux qui ne lui livrent pas passage, et qui par conséquent ne le transmettent point, sout nommés isolants ou non-conducteurs. Il suffit quelquefois d’un simple changement de forme pour leur douuer cette propriété ou les en priver. Il est aussi des conduc-

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k4* dd fluide électrique;

tears qui ne sont susceptibles que de recevoir une espèce delectricité, lorsqu'on eu forme des chaînons voltaïques. M. Herrmann, à qui nous devons cette connaissance, les a nommés unipolaires.

Le frottement a été longtemps l’unique moyen dont on se servait pour développer l’électricité; les machines électriques reposaient sur cette propriété. De tous les moyens connus, celui que les chimistes ont généralement adopté, c’est celui qui est fondé sur le contact de deux métaux de nature différente, tant parce qu’il est beaucoup plus énergique, que parce qu’il agit sans interruption. La découverte de cette propriété date de 1789; elle est due à Galvani, professeur de physique à Bologne. Il la fit en examinant l’excitabilité que produit l’électricité sur les organes musculaires. Il crut que le fer et le cuivre, par leur contact, développaient un fluide

{larticulier auquel on donna le nom de fluide galvanique, et à a nouvelle science qu'il venait de créer le nom de galvanisme. Volta entra bientôt après dans cette carrière, et la parcourut avec le plus grand succès. Il perfectionna les appareils de Galvani, et inventa celui qui porte le nom de pile voltaïque , au moyen duquel H. Davy, Gay-Lusssac, Thénard, Berzélius, Wollaston, etc., ont fait une foule de découvertes. Depuis ce temps, plusieurs bons physiciens, à la tête desquels nous placerons le docteur Wollaston, se sont livrés à une foule d’expériences du plus grand intérêt, et ont reconnu l’identité des fluides galvanique et électrique, comme Franklin avait reconnu l’identité de celui de la foudre avec ce dernier; de manière que la science électrochimique est maintenant une de celles qui contribuent le plus aux progrès de la chimie. Lorsque l’on soude une plaque de cuivre avec une plaque de zinc, leur système se constitue à l’état électrique; le fluide positif s’accumule sur le zinc et le négatif sur le cuivre. En réunissant plusieurs de ces éléments, qu’on appelle paires de pla~ ques, et en les séparant par des corps conducteurs de l’électricité, sans action électro-motrice sur les métaux, tels que des morceaux de drap imbibés d’une dissolution saline ou acide, on forme cette pile de Volta au moyen de laquelle on est parvenu à décomposer l’eau, la potasse, la soude, etc., et à produire un tel degré de chaleur, qu’on a liquéfié par ce moyen le carbone.

Les deux fluides positif et négatif se meuvent séparément avec une tçlle vitesse, qu’on a calculé qu'ils pouvaient par-

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