DU GAZ OXYGÈNE.’ I
y verse ensuite une suffisante quantité d’acide nitrique étendu d’eau ; en favorisant son action par le calorique, on obtient une grande quantité de gaz azote qu’on recueille sous des cloches.
Du Gaz oxygène.
Ce gaz, inconnu aux anciens, fut entrevu par Bayen, en' 1774» et découvert la même année par Priestley, ét presqné en même temps par Scheele. Il a porté successivement les noms d’air vital, air pur, air du feu, air empiré, principe sorbile , et d’oxygène, tiré de deux mots grecs qui sigoifient/ent/endre les acides. Ge gaz est incolore , inodore et insipide ; par une forte pression, il s’échauffe et dégage de la lumière;; il est plus pesant que l’air : son poids spécifique est de i,oa5.' Ce gaz est le seul propre à la combustion et à la respiration.' En effet, un corps presque éteint se rallume aussitôt si on lé plonge dans une cloche remplie d’oxygène , et y brûle avec une vive lumière et en répandant beaucoup de calorique. lt est aussi démontré qu’un oiseau y vit beaucoup plus longtemps que dans l’air ordinaire. Si l’on place un oiseau sons une cloche pleine de gaz azote, ou de gaz acide carbonique, ou bien d’air atmosphérique vicié par la combustion ou la res> piration, il tombe en asphyxie et meurt; si vous le retirez promptement et que vous l’introduisiez sous une autre cloche remplie de gaz oxygène, il revient peu à peu à la vie. L'oxygène est la partie vitale de l’air atmosphérique, dont il fuit le 0,21. Uni aux substances métalliques, il les convertit en oxydes, qui étaient jadisconnus sous le nom de chaux métal* liques.
Avec quelques autres corps et même quelques substances métalliques, il constitue cette classe d’acides Connus sous le nom d’oxacides.
On obtient ce gaz en chauffant dans une cornue de grès, jusqu’au rouge, du peroxyde de manganèse en poudre ; ToXygène passe par un tube qui est adapté au col de cette cornue, et se rend sous une cloche pleine d’eau, placée sur la cuvé pneumatique. On doit rejeter les premiers produits, parce qu’ils contiennent toujours de l’air atmosphérique, et quelquefois même de l’acide carbonique.
On retire l’oxygène à l’état de pureté en chauffant du chlorate de potasse dans une cornue de verre, etc. On reconnaît que ce gaz est très-pur lorsqu’il se combine avec deux foiè son volume d’hydrogène.
DU GÀZ HYDROGÈNE.
Du gaz hydrogène.
Depuis longtemps l’on savait qu’il se dégageait des houillères un gaz susceptible de s'enflammer et de détonner fortement, aussitôt qu’il se trouvait en contact avec un corps en ignition, etc. Cavendish fit connaître, en 1766, la nature particulière de ce gaz, qu’il nomma air inflammable; on substituaensuite à ce nom celui de gaz hydrogène, parce qu’il est un des deux principes constituants de l'eau. Ce gaz, à l’état de pureté, est insipide et inodore ; il est inflammable et brûle avec une flamme bleuâtre ; il est quinze fois plus léger que l'air. Par aucun degré de froid, ni par aucune pression, on n’a pu encore lui taire perdre son état gazeux. Mêlé avec de l’air ou du gaz oxygène, il détonne avec force, et le produit est de l’eau, dont la formation résulte de la combinaison de l’oxygène avec ce gaz. Uni au carbone, le gaz hydrogène constitue ce gaz hydrogène percarburé qui sert maintenant à produire cet éclairage qui l’emporte sur celui par l’huile, le suif et la cire. On a tiré parti de cette grande légèreté du gaz hydrogène pour en construire des ballons ou aérostats bien supérieurs à ceux qu’on faisait avec l’air dilaté. Cette application est due à Charles.
Ces ballons, au lieu d'étre en papier, sont en taffetas recouvert des deux côtés d'un vernis fait avec la gomme élastique et l’essence de térébenthine pure. Ils n’ont qu’une très-petite ouverture par où peut passer un tube qui sert è les remplir aux deux tiers de gaz hydrogène. Sans cela, à mesure que le ballon s’élèverait, la pression venaut à diminuer, la dilatation du gaz ferait éclater le ballon. Quand le ballon est plein, on ferme cette ouverture, et, comme le gaz hydrogène est quinze fois plus léger que l’air, le ballon s’y élève rapidement si on n’a pas soin de mettre dans la nacelle qu’il supporte uue suffisante quantité de lest pour diminuer sa légèreté. Lorsque îaéronnute veut s’élever de plus en plus, il jette du lest, et lorsqu’il veut descendre, il ouvre une soupape pour évacuer du gaz; de manière qu’il descend plus ou moins vite, suivant qu’il donne issue à une plus ou moins grande quantité de gaz. Pour préparer le gaz hydrogène, on introduit dans un matras à deux tubulures de la limaille de zinc ou de fer qu'on délaie dans une suffisante quantité d'eau. On y verse peu à peu, au moyen d’un tube recourbé à entonnoir, de l'acide sulfurique ; il se produit aussitôt uue vive effervescence, et il passe, par
du cmonB. i4gf
le tube adapté à l'autre tubulure, du gaz hydrogène qui sfe rend sons la , cloche de la cuve pneurqatique. On rejette les premières portions, parce qu elles sout mêlées avec l’air atmosphérique des appareils. Dans cette opération, l’eau est décomposée, son oxygène s’unit au fer ou au zinc, et les convertit en oxydes qui, dans cet état, s’unissent avec l’acide sulfurique ; l’hydrogène, autre principe constituant de l’eau, devenu librn se dégage, teuant en dissolution une substance huileuse qui lui communique son odeur, et dont on peut le débarrasser en le mettant en contact avec la potasse ou la soude caustique.
Du Chlore.
Ce gaz fut découvert en 1774, par Scheele, qui lui donna le nom d’acide marin dêphlocjisliquè. Le chlore est gazeux, d’une couleur jaune verdâtre, d'une odeur particulière, désagréable et très-forte : il éteint les corps en ignition en imprimant à leur flamme une couleur rougeâtre avant de l’éteindre. A l’état sec, son poids spécifique est de a, 4a 16; en cet état, il ne se liquéfie point, même à un froid de 60 degrés ; au lieu que s’il est humide, il cristallise à quelques degrés au-dessous de zéro.- Par là pression et le froid, M. Faraday est parvenu à liquéfier le chlore bien sec. Le chlore détruit spontanément les couleurs végétales, dont quelques-unes passent à la couleur fauve: il décolore l’indigo et l’encre : aussi, plusieurs faussaires ontils tiré parti de cette dernière connaissance pour altérer deà actes, etc. Avec l’hydrogène, à volumes égaux, il constitue l’acide hydrochlorique ou muriatique. Si ce mélange est tenu dans un lieu obscur et à la température ordinaire (le chlore étant sec), ils ne se combinent point. A une lumière diffuse, la combinaison a lieu peu à peu, tandis qu’exposé aux rayons solaires, il se produit une détonnatiou violente, et le produit est du gaz acide hydrochlorique. Le chlore est très-solnblè dans l’eau : à la température ordinaire, elle efi prend une fois et demie son volume ; elle acquiert alors une couleur et une odeur analogues à ce gaz, etc. Le chlore gazeux et liquide est employé à la désinfection des miasmes produits par la putréfaction des substances végétales et animales, ainsi qu'au blanchiment et à la décoloration des substances végétales. On y substitue avec le plus grand succès ses composés avec la chaux, la potasse on la soude, conuus sous le nom de chloruré de chaux , de potasse, etc.
Pour obtenir le chlore, on prend quatre parties d’hydro*
l5o DO GAZ ACIDE CARBONIQUE.
chlorate de soude (sel marin), une de peroxyde de manganèse, l’un et l’autre en poudre, deux d'acide sulfurique étendu de son poids d’eau. Ou y introduit le sel et l’oxyde dans un matras; on y verse par-dessus l'acide, on adapte un tube recourbé qui va plonger ou sous la cloclie pleine d’eau placée sur la cuve pneumatique, ou daDS un flacon rempli de ce liquide. A l’aide d’une douce chaleur, le chlore se dégage et passe sous la cloche, ou se dissout dans l’eau du flacon. Daus cette opération, l’acide sulfurique se porte sur la soude du sel et l’oxyde du manganèse ; l’oxygène de cet oxyde s’unit à l’hydrogène de l’acide hydroehlorique pour former de l’eau, et le chlore, étant mis à nu, se dégage.
* Du Gaz acide carbonique.
La nature de cet acide, déjà connu de Paracelse, Vanllelmont, Venel, Uoyle, Haies, Black, Priestley, Bergmann, Bewley, fut constatée par Lavoisier, qui démontra qu’il était composé de carbone et d’oxygène à volumes égaux, condensés en un seul. L’acide carbonique et gazeux, incolore, acidulé, d’une odeur piquante, rougit les couleurs bleues végétales, éteint les corps en combustion, asphyxie l'homme et les animaux plongés dans son atmosphère ; il est plus pesant que l'air. Son poids spécifique est de 1,5196 ; il est très-soluble dans l’eau, qui, sous une forte pression, peut en absorber sept fois son volume ; il en est de même du vin. Dans ce cas, il mousse comme le meilleur vin de Champagne. C’est à ce gaz que la bière, le poiré, le cidre, etc., doivent cette propriété de mousser, qui est due à la dilatation qu’éprouve ce gaz en se dégageant de ccs liquides, du moment que les bouteilles étant débouchées, la compression cesse. Ce gaz se trouve naturellement dans certaines grottes ou cavités de la terre, telles que la grotte du Chien, à Naples, et d’autres cavernes, à côté desquelles on avait jadis placé des oracles. Comme ce gaz est plus pesant que l’air, il existe principalement à la surface du sol ; aussi, dés qu’on présente un chien sur le sol de la grotte précitée de Naples, il est bientôt asphyxié.
Pour préparer le gaz acide carbonique, on introduit dans une coruue du carbonate calcaire ou du marbre en poudre; on le délaie dans l’eau, on y verse peu à peu de l’acide sulfurique, qui s’empare de la chaux, et l'acide carbonique va se rendre, par un tube qui se trouve adapté à la cornue, sous une cloche remplie de mercure : oq doit rejeter les premières
DE l’air atmosphérique. i5i
portions j elles sont mêlées avec l’air atmosphérique de l’ap* pareil.
De l'Air atmosphérique.
C’est sous le nom d’atmosphère que, de temps immémorial, l’on désigne cette masse gazeuse qui se trouve formée de tous les corps susceptibles de rester à l’état de gaz, ou degré de température ou de pression sous lequel nous vivons, tandis que l'on a consacré celui d’air atmosphérique au fluide élastique qui, abstraction faite de toutes les exhalaisons, les vapeurs, etc., qu’il contient, enveloppe de toutes partsleglobe terrestre, s’élève à une hauteur inconnue, pénètre dans les abîmes les plus profonds,fait partiede touslescorpsetadhèreàleursurface. I. es anciens philosophes, tels qu'Aristote, Empédocle, etc., le regardaient comme un élément. Les chimistes modernes ont trouvé qu’il était composé de deux gaz connus sous les noms de gaz oxygène ou air vital, et d'axote ou privatif de la vie.
Le premier entre dans ce mélange pour 0,21 ; il est le seul propre à la combustion et à la respiration : le second, pour 0,79; il est impropre à l’une et à l’autre. L’air est doué d’un grand nombre de propriétés physiques.
Pesanteur de l'atmosphère. — L’épaisseur de la couche d’air atmosphérique qui environne la terre ne saurait être exactement déterminée, puisque sa densité varie suivant son élévation. On l'évalue cependant de 58 kilomètres 47 à 66 kilomètres 26 (i5 à 17 lieues) Ci); le poids de cette couche d’air équivaut à celui d’une colonne d’eau de jo mètres 35 centimètres (32 pieds), ou d’une de mercure de 758 millimètres (28 pouces). Or, comme le poids de 34 décimètres cubes (1 pied) d’eau est égal à 34 kilogrammes (70 livres) , on n’a qu’à multiplier 34 par 10 mètres 35 centimètres (3z pieds), et on obtiendra 35 1 kilogrammes 90 pour le poids d’une colonne d’eau de 3 mètres 27 décimètres (3a pieds) carrés. En multipliant ensuite la surface de la terre, évaluée à 1,901,, 785,840, 000,000 mètres carrés (5,547,800,000,000,000 pieds carrés) par 35 1,90, on aura pour produit 5,792,384,370,960,000,000 kilogrammes (11,361,984,400,000,000,000 livres), qui est la valeur approchante du poids avec lequel l’air comprime la masse des corps terrestres. Il est aisé de voir que nous serions
(il II est impossible de déterminer la hauteur absolue de l'atmosphère, puisque la densité de l'air étant en raison imrerse de sa masse, il doit en résulter qu'à l'extrémité des régions supérieur i'ÿ(f 404 eu# rar^ti 4 l'infini et occuper par çooiéqueai I np cspscq iiüflteaio,
l5a DH l’air atmosphérique
écrasés par tin tel poids, si les couches latérales et inférieures ne jouissaient pas d’une égal® pression, qui sert d’équilibre ^ la supérieure, comme l’eau de la mer, des fleuves et des ri* vières nous en offre un exemple.
On a eu l'ingénieuse idée de tirer parti de la connaissance de la pesanteur de l’âir pour faire servir le baromètre à mesurer la hauteur des montagnes. En effet, d’après ce que nous vêtions d’exposer, il est évident que plus on s’élève audessus du niveau de là mer, plus la couche atmosphérique est moindre et plus légère; la baromètre doit donc descendré d'autant pins qu’on s’élève plus haut. Lorsqu'on veut mesure* la hauteur d’une montagne ou d’une ascension aérostatique, oit se ihuuit de deux bons baromètres pour objet de comparaison. On note soigneusement le point, le degré où ils sont an pied de la montagne ; lorsqu’on est parvenu au sommet, on examine celui où s’est arrêtée la colonne de mercure, et l'on juge, par les degrés d’abaissement, de la hauteur de la montagne.- Ainsi, MM. Pascal et Perrier trouvèrent que, sur celle dit t’uy-de-Dôme, le baromètre, qui, dans le jardin des Minimes, était à 7.37 millimètres (27 pouces 3 lignes), était descendu à 6o3 millimètres (22 pouces 3 lignes); et, comme cette montagne a environ 975 mètres (5oo toises) d’élévation, ils en conclurent que le mercure baissait d’environ 27 millimètres (i pouce) par 195 mètres (100 toises). Nous devons faire observer qu’on ne peut mesurer qu’approximativement les hauteurs par le baromètre, parce qu’au fur et à mesure qu’on s’élève, la couche atmosphérique étant moins épaisse, l’air se trouve plus raréfié, et par conséquent plus léger, de sorte qu’on doit chercher à déterminer, par l’expérience de Mariotte, jusqu’à quel degré de dilatabilité sont portées les conches dé
I atmosphère, et par conséquent quelle est leur hauteur réelle. Si cette densité était la même à toutes les hauteurs, la détermination de celle de l’atmosphère et de celte des montagnes serait des plus faciles à trouver. Il suffirait du calcul suivant : l’élévation de la colonne de mercure qui fait équilibre à l’atmosphère étant égale à 0,76, et ce métal étant environ 10,000 (i) plus pesant que l’àir au point de densité où il est à la surface, il devrait en résulter que l'atmosphère aurait une élévation de 7,600 mètres (3,899 to*ses)> et qu’à chaque 1776 d’abaissement on aurait une hauteur de 100 mètres (3o8 pieds;.
II est bon de faire observer que cette méthode peut être
(>) A xéro, II et! à 10,463.
.DE l'Ain ATMOSPHERIQUE. IÔ3
exacte, à peu de chose près, à de médiocres hauteurs, mai» qu'elle est d’autant plus inexacte qu’on s'élève plus haut. Dans toutes ces expériences, il faut également avoir égard à la température atmosphérique, et réduire par le calcul la densité de l'air, ou sa raréfaction à celle où il se trouve, étant à -j- 12°; car plus la température sera élevée, plus l’air sera raréfié et plus la colonne de mercure baissera.
Compressibilité , élasticité et dilatabilité. — On peut faire occuper à l’air un très-petit volume pour une forte pression, ou par une forte diminution de température. Mais quand ces deux causes viennent à cesser, l’air reprend aussitôt, en raison de son élasticité, son volume primitif. On peut aussi dilater prodigieusement l’air par une diminution de pression ou par l’action du calorique.
C’est d'après la connaissance de là dilatabilité de l’air par le calorique, que Montgolfier imagina les aérostats. Ils furent, dans lë principe, un vaste globe ovoïde de papier, ayant une ouverture à la partie inférieure, à laquelle était fixée une nacelle contenant un fourneau dans lequel on brûlait des substances très-combustibles. La chaleur produite par cette combustion dilatait de plus en plus l’air contenu dans ce globe, et, dès le moment que cette raréfaction était telle qu’il avait acquis une grande légèreté, il s’élevait daus l’air avec la nacelle, et quelquefois avec l’intrépideaéronaute,quinecraignait pas de s’exposer à ce périlleux voyage, qui fut si fatal à Pilastre de Rozier, Romain, etc. Ces aérostats étaient très-défectueux, parce que, si le feu venait à s’éteindre par l’effet d’un manque de* combustible, la dilatation de l’air devait cesser aussitôt et l’aérostat tomber : c’est ce qui fit substituer par M. Charles, le gaz hydrogène à l’air. La compressibilité de l’air produit une foule de phénomènes importants , tels que le fusil à vent, les fontaines de compression, de héron, etc. Perkins a annoncé qu’à ioo atmosphères, le mercure s’élevait aux a/3 de la colonne, et qu’il se formait des gouttelettes liquides, et qu’à 1200 atmosphères, le mercure se soutint aux 3/4, et l’on vit sur le métal un très-beau liquide transparent dont la hauteur était d’environ 1/2000 partie de la colonne d’air. Suivaut lui, ce fluide est de l’air liquéfié; nous ne le croyons point, parce que, dans la composition de l’air, l'azote et l’oxygène ne sont qu’à l’état de mélange; tandis que leur liquéfaction annonce une combinaison qui se serait opérée par une forte pression, laquelle aurait donné lieu à un liquide ju&qu’à présent inconnu.
x 54 CORPS PONDÉRABLES LIQUIDES.'
L’air fut rangé, par lès philosophes grecs, parmi leurs quatre éléqaeots; c'est à l’illustre et infortuné Lavoisier que l’importante découverte de sa composition, qui a ouvert la porte à tant de découvertes, est due ; .depuis, elle a été confirmée par tous les chimistes, qui se sont convaincus, par un grand nombre d’analyses, que l’air atmosphérique est un mélange de
Oxygène ou air vital 21
Azote ou air délétère 79
Plus environ o,oi d’acide carbonique.
L'eau agit sur l’air et en dissout plus ou moins, suivant son degré de température et de pression : le calorique l’en dégage dépouillé d’une partie de son azote; à son tour l'air dissout une quantité d’eau relative à son élévation de température et à sa densité ; dans ce cas , l’air devient d’autant plus dilaté , et, par conséquent, d’autant plus léger, qu’il contient plus d’eau. Lorsqu’il est saturé ainsi de ce liquide, si sa température ou sa densité viennent à diminuer, il abandonne aussitôt l’eau dont il est sursaturé, qui, passant à l’état liquide, dégage beaucoup de calorique, et tombe à l’état de pluie, de neige, etc.; le contraire a lieu par un air chaud et sec ou froid et sec. En effet, par les temps pluvieux, la température est plus ou moins douce, et, dès qu’elle a cessé, l'air redevient froid, parce que l’eau en s’y redissolvant passe à l’état de vapeur, en prenant du calorique des corps environnants.
corps pord érables liquides.
De CEau. ( Oxyde d hydrogène .)
L’eau est de tous les produits naturels un des plus propres à fixer l’attention de l’homme, à cause des services infinis qu’elle nous rend ; on peut même assurer qu’elle est indispeu* sabte à notre existence : c’est une vérité qui n’apaçbesoin d’être démontrée. A l’état gazeux, liquide ou solide, elle se trouvé si abondamment répandue dans la nature, que les philosophes grecs l’avaient classée parmi les quatre corps qu’ils regardaient comme les éléments de tous les autres. Cette opinion fut même adoptée jusque vers la fin du dix-huitième siècle, époque à laquelle Macquer et Sigaud-Lafond préludèrent à sa décomposition en faisant copnaître que lorsqu’on brûlait du gaz hydrogène sous des cloches, les paroi? étaient tapissées de gouttelettes d’eau. Lu 1781 Priestley obtint le même produit
CORPS PONDÉRABLES LIQUIDES. l55
par la détonnation d’un mélange de gaz oxygène et de gaz hydrogène. La même année Cavendish répéta cette expérience plus en grand, et recueillit par ce moyen quelques grammes de ce liquide , qu’il crut être le résultat de la combinaison de l’oxygène avec l’hydrogène. Tandis que les physiciens anglais se livraient à ces expériences, eu France, Monge obtint les mêmes résultats que ce dernier, et adopta une opinion semblable. Deux ans passèrent sur ces recherches intéressantes, lorsque Lavoisier eneutreprit de nouvelles, en 1783, avec La Place, qui furent suivies de plusieurs autres, faites en 1785, avec Meunier, par lesquelles il démontra, en brûlant de grandes quantités de gaz hydrogène et de gaz oxygène, que leurs poids total était égal à celui de l’eau produite par leur combustion. Dès-lors un grand nombre de chimistes français et étrangers répétèrent ces essais, et avec des proportions de gaz si considérables, que MM. Seguiu et Vauquelin formèrent ainsi 5 hectogrammes d’eau. L’analyse de ce liquide a été opérée, depuis, de plusieurs manières, toutes ont donné les mêmes résultats.
Propriétés physiques. — *■ L’eau est inodore, incolore, transparente et réputée insipide, sans doute à cause que, depuis l’enfance, nos organes sont familiarisés avec son goût ; elle est élastique, réfractant fortement la lumière, susceptible de transmettre les sons, et mauvais conducteur du calorique et de l’électricité.
Sa compressibilité a été longtemps révoquée en doute; on appuyait ce sentiment sur l'expérience qui fut faite par 1 Académie de Florence, sur une sphère d’or remplie d’eau qu’ils soumirent à une pression telle, qu’elle fut un peu déformée, sans que l’eau fût compromise, puisqu’elle passa par les. pores de cette sphère. Malgré cela, des expériences modernes ont démontré cette compressibilité. M. Dessaignes a fait connaître
3ue, lorsqu’on lui fait subir on choc [subit et violent, il y a égagement de lumière. Il y a plus de soixante-six ans que Canton avait annoncé qu’il était parvenu par des forces comprimantes, à diminuer le volume de l’eau >'de 4^7iooo°0- Oèpsfed , au moyen d’un appareil particulier, a confirmé ces résultats que tous les physiciens avaient révoqués en doute, et a démontré que l’eau, comme l’air, se comprime en raison directe des forces comprimantes. Enfin , M. Perkins à Loudres, a fait éprouver à l’eau, en présence de Clément-, une pression de ijiao atmosphères qui en ont diminué le volume de
J 56 CORPS PONOÉRABtËS tfQTJIDÎS.
67100. Ce qui ést digne de remarque, c’est que dans la com* pression de l’eau par les expériences d’Oërsted, il ne se dégage pas de chaleur sensible. Quelle cause peut donc produire la lumière observée dans celles de M. Dessaignes?
Propriétés chimiques. — Action du calorique. L'eau suivant la quantité de calorique qu’elle renferme, est sous trois états différents : au-dessous de o, elle est solide ; au-dessus, liquide, età ioo° à l’état de fluide élastique. L’eau liquide, eu absorbant du calorique, se dilate, devient plus légère, et bout à 100 degrés sous la pression de 76, quand elle ne contient point dé substaaces salines en dissolution, car alors il faut porter la température jusqu’à 107. L’ébullition de l’eau a lieu à des degrés d’autant plus inférieurs que la pression atmosphérique est moindre. Sa vapeur a un volume 1700 fois plus considérable que celui de l’eau; elle contient, outre son calorique thermométrique , une si grande quantité de calorique latent , qu’un kilogramme de cette vapeur , suivant Désormes et Clement, en contient assez pour porter à ioo°, 5 kilog. 66 d’eau à o, ce qui donne 5, 60 deg. de calorique latent. C’est eu vertu de cette propriété qu’on -l’applique à la distillation ainsi qu’au chauffage des bains et des maisons. Oërsted a reconnu que la présence des corps solides dans les liquides portés à l’ébullition en favorise beaucoup la vaporisation.
Action du froid. <— Si l’eau se dilate par le calorique , elle doit par conséquent devenir plus dense au fur et à mesure que sa tempé>ature diminue : c’est ce qui a véritablement lieu, mais non point jusqu’au terme de sa congélation. En effet, avant d’y arriver, l’eau se dilate depuis le 4.44 deg. au-dessus de o jusqu’à o. Chrichton a imaginé un moyen aussi facile qu’ingénieux par lequel il a démontré que le plus grand point de densité de l’eau était 5°, 61 cent. L’eau se congèle donc à o. Il est cependant quelques remarques trèsintéressantes à ce sujet. On a reconnu que ce liquide ne se gelait à 0 que lorsqu’il contenait du limon, et que les substances salines en retardaient d’autant plus la congélation qu’il fallait un degré de froid de — 4° Pour faire passer à l’état de glace de l’eau saturée d’hydrochlorate de chaux. L’eau aérée se congèle à 3°, 5; distillée, elle peut être portée jusqu’à 5°. Enfin, si on met de l’eau dans un matras fermé à la lampe, on peut abaisser sa température jusqu’à 5° et même 6°, sans la congeler ; mais si on l’agite, la congélation a lieu