MOYEN 06 SE RENDRE INCOMBUSTIBLE
pour que mon thermomètre marquant i4o degrés, fût cassé par la dilatation du mercure : M. Buntens et autres trouvèrent la température de ce four à i 5o° c. Martinez était soigneusement vêtu d’un pantalon, d’un gilet-veste et d’un capnchon en gros drap, revêtu à l’intérieur d’une épaisse fourrure, ce qui le mettait à l’abri de l’action du calorique sur son corps; il portait même par dessus un manteau de laine. En entrant dans le four, il s’asseyait à l’embouchure, la figure tournée vers l’extérieur, ce qui lui permettait de respirer un air moins chaud et moins dilaté. Quant à la prétendue poule qui était cuite dans quelques minutes, à la température du four, la vérité est qu’il ta mettait sur des charbons ardents, et qu’elle était brûlée à la surface sans cependant être cuite. Martinez se faisait ensuite introduire dans le four, allongé sur une planche, avec huit chandelles allumées, et, au bout de deux minutes, faisait fermer la porte du four un instant. Ou le sortait alors : les chandelles étaient fondues , 'comme on le peuse bien ; et Martinez allait se jeter jusqu’à la ceinture dans une baignoire pleine d’eau , qui ne pénétrait nullement jusqu’à son corps, à cause de l’épaisseur et de la fourrure de ses vêtements. C’est la seule chose un peu surprenante que nous lui ayons vu faire que d’entrer ainsi allongé dans le four et d’en faire fermer presqu’en entier la porte. 11 est vrai que c’était à la fin de la séance, et que la température du four était par conséquent moins forte. Ce qui prouve que Martinez ne faisait rien d'extraordinaire, c’est que nous avons vu, à Tivoli, trois jeunes gens se lever de leurs chaises, monter et entrer dans le four, arriver au fond et s’en retourner sans aucun danger. Séduit par l’exemple, j’y entrai également, et je n’en éprouvai d’autre effet qu’une grande gêne dans la respiration, une grande sueur et une accélération dans le pouls.
L’on sait aussi qu’à Koueu et dans d’autres villes de France, où l’on fabrique des toiles peintes, connues sous le noin d’indiennes , les ouvriers entrent dans les étuves nommées séc/ieries, dont la température va jusqu’au-delà de 8o degrés centigrades. Enfin, Martinez ayant quitté Tivoli pour un autre lieu d’amusements publics, une femme vint y faire à son tour de nouvelles et semblables expériences. De sorte que le corps humain peut supporter des températures très-élevées sans aucun effet magique ; il y a cependant à craindre des attaques d'apoplexie, des fluxions catarrhales. On supporte moins facilement une température très-élevée , si l’on répand de l’eau
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sur le sot, parce que ce liquide, se vaporisant, dilate prodigieusemeut l'air et reud par conséquent la respiration bien plus difficile.
En 1809, un autre Espagnol, nommé Lionetto, se montra à Paris, et successivement en Angleterre, en Italie et en Allemagne ; il étonna non-seulement le vulgaire, mais encore les physiciens et les chimistes, par son insensibilité au contact du feu et par l’inaction de ce corps impondérable sur ses organes. En effet, cet Espagnol maniait impunément une barre de fer rouge, et le plomb fondu, buvait l'huile bouillante, etc. Pendant que Lionetto se trouvait à Naples, il fixa l'attention du professeur Sementini, qui dès-lors s’attacha à l’étudier. Il vit donc, i° que cet incombustible plaçait une barre de fer rouge sur ses cheveux, et qu’on en voyait s’élever aussitôt une vapeur épaisse et dense ; 20 il frappait avec un autre fer rouge sur son talon et sur la pointe du pied , il s'élevait de ce dernier point une vapeur si épaisse et si âcre que l’odorat et les yeux en étaient également affectés ; 3° il plaçait entre ses dents un fer voisin de la chaleur rouge, sans se brûler; 4° il buvait environ le tiers d’une cuillerée d’huile bouillante; 5° Il plongeait rapidement le bout des doigts dans le plomb fondu, et e,n mettait un peu sur la langue ; après quoi il portait un fer rouge sur cet organe, queM. Sementini reconnut être recouvert d’une couche grisâtre. Ce physicien, jaloux de parvenir à la connaissance des procédés mis en usage par Lionetto, tenta divers essais sur lui-même, et découvrit, i° qu’au moyen des frictions avec les acictes, particulièrement l’acide sulfurique étendu d’eau, la peau devenait insensible à l’action de la chaleur du fer rouge.
a° Une solution d’alun, évaporée jusqu’à ce qu’elle devînt spongieuse, était encore plus propre à cet effet en l’employant en frictions. M. Sementini, après avoir frotté, avec du savon dur, les parties du corps rendues incombustibles ou plutôt insensibles, et les avoir ensuite lavées, reconnut, en appliquant une plaque de fer rouge dessus, que cette insensibilité s'était accrue. Il se décida alors à frotter de nouveau, avec le savon, les mêmes parties, et non-seulement le fer rouge ne lui fit éprouver aucune douleur, mais les poils ne furent pas brûlés.
3* Satisfait de ces recherches , ce physicien frotta sa langue avec du savon dur; elle devint insensible à l’action du fer chaud.
4° Un enduit composé de savon et d’une solution bouil-
2o4 bouteille lumineuse.
lante saturée d’alun, placé sur la langue, le fer rouge ne lui fit éprouver aucune sensation.
5° L’huile bouillante .répandue sur la langue, ainsi préparée, ne la brûlait point; on entendait un sifflement tel que celui du fer qu'on éteint dans l’eau : alors l’huile était tiède et pouvait par conséquent être avalée sans danger.
Tels sont les résultats obtenus par M. Semeutini; ils tendent à expliquer les expériences de Lionetto, Il est évident qu’il préparait sa laugue et sa peau par des procédés à peu près semblables. Quant à l’expérience de ses cheveux, il est certain qu’avant de passer le fer rouge dessus , il les avait lavés avec une solution analogue à celle de l’alun ou avec de l'acide sulfurique. Pour l’huile bouillante qu’il avalait, ce phénomène est moins étonnant, si l’on observe que , cherchant à démontrer la haute température de l’huile, il y jetait du plomb qui, en s’y fondant, absorbait par conséquent une partie dit calorique de l’huile, de laquelle il se versait ensuite adroitement le quart d’une cuillère sur la langue, où elle se refroidissait au point de pouvoir être impunément avalée. L’inaction du plomb fondu sur cet organe revêtu de cet enduit , tient aussi à ce prompt refroidissement. Tout nous porte à croire cependant que Lionetto employait, au lien de plomb, de l’alliage fusible de Darcet.
Dans les anciens temps, Lionetto eût été accusé et convaincu de magie, et les tribunaux en le livrant aux bûchers, l’eussent justifié en démontrant qu'il n’était point incombustible.-
Méthode pour préparer une bouteille lumineuse qui donnera , pendant la nuit, une clarté suffisante pour faire distinguer aisément l'heure que marque une montre.
Prenez une fiole de verre blanc et clair, d’une forme oklongue ; faites chauffer jusqu'à l’ébullition de bonne huile d’o* Uve, dans un autre vaisseau; ensuite, mettez dans la fiole un morceau de phosphore de la grosseur d’un pois, et versez pardessus, avec précaution l’huiie bouillante, jusqn’à ce que la fiole en soit remplie au tiers; alors bouchez bien la fiole. Lorsqu’ensuite vous voudrez en faire usage, débouchez-la pour y laisser péuétrer l’air extérieur, puis refermez-la : l’espace vide dans la fiole paraîtra alors lumineux et donnera autant de clarté qu’une lampe ordinaire qui éclaire faiblement. Chaque fois que la lumière disparaîtra, incontinent on ôtera le bouchon. Par un temps froid, il faut avoir soin, avant de dé*
PŸBOPHORE DE SERT) LL A3. 5ü5
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boucher la fiole, de la chauffer entre les mains. Üne fiole, ainsi préparée, peut servir cliaque nuit pendant six' mois.
Pyrophore qui s'enflamme par une goutte d'eau.
Faites un mélange avec de la limaille de fer, du nitrate de potasse, du tartre et de la cadmie; réduisez-le en pâte au. moyeu d’un peu d’eau, faites-le calciner ensuite dans un creuset,dans un four à potier. Si vous projetez une goutte d’eau sur cette matière, il s’en dégagera des étincelles avec flamme.
Ce phyrophore est dû à Glauber.
Briquets à Phosphore de M. Derepas.
Dans un grand flacon, chauffé au bain de sable, mettez huit parties de phosphore que vous faites fondre à moitié sans le laisser oxyder. Après qu’il est dissous, ajoutez quatre parties de magnésie ; mêlez le tout pendant une heure à une chaleur 4e 90° Réaumur, et modérez le fpp à mesure que l’opération se termine. Arrivé à 33 degrés, elle forme une poudre grasse qu’on introduit dans des flacons bouchés à l’émeri. Cette matière forme un corps opaqpié ]propré à enflammer une allumette ordinaire. t
- Cette composition n’est antre chose qn’un phosphore de magnésie, connu des chimistes. »
Dans notre Manuel de Physique amusante, faisant partie de Y Encyclopèdie-Roret, nous avons parlé des divers pyrophores ; nous allons donc nous borner à faire connaître les deux suivants, qui sont les plus modernes.
Pyrophore de Sèrutlas.
Introduisez dans une fiole â médecine bien lutée environ 6i grammes (a onces) de sur-tartrate de potasse et d’antimoine (émétique) ; bouchez avec un bouchon de craie, et chauffez à feu nu et graduellement, sans cependant trop élever la température. Quand on ne voit plus, au goulot de cette fiole, brûler le gaz hydrogène carboné, on la retire du feu, et, dés qu’elle est froide, on réduit en poudre le résidu de cette combustion, qu’on introduit dans une autre fiole qui doit être également lulée, ainsi que le bouchon. Ôn donne un coup de feu plus fort que dans l’opération précédente; il se produit de nouveau du gaz hydrogène carboné et de l’oxyde de carbone ; quand ce dégagement cesse, l’ppération est terminée". On relire alors la fiole du feu, et lorsqu’elle est refroidie. On la bouche avec un bouchon de liège. ’
Sorciers.
'566 * CAO LUMINEUSE.
Propriété. — Si l*on expose à l’air des fragments de cettè matière charbonneuse, et qu’on y projette quelques gouttes d’eau, aussitôt l’antimoine est lancé de toutes parts sous forme de globules enflammés. Il est bon de faire observer que cette expérience est dangereuse, qu’il convient de se couvrir la figure d’un masque, et de ne projeter l’eau sur cette matière, que de loin et au moyen d’uue petite brosse attachée à un bâton.
Cette matière est, d’après Sérullas, un carbure de potassium et d’antimoine, ou, si l’on veut, un mélange de charbon, d’antimoiue et de potassium. Le charbon provient de l’acide tartrique, le potassium de la potasse, et l'antimoine de l’oxyde d’antimoine. L’hydrogène de cet acide s’unit, dans cette opération, à une portion de son carbone, pour former du gaz hydrogène carboné, tandis qu’une autre partie du charbon se porte sur la potasse et l’oxyde d’antimoine, les réduit à l’état métallique, et se dégage à l’état d’oxyde de carbone.
Autre procédé.
Il consiste à chauffer au blanc pendant trois heures, dans un creuset bien luté, du tartrate de potasse anlimonié. Après le refroidissement, on trouve dans le creuset une matière noirâtre que l'on introduit dans des flacons à large goulot hermétiquement fermés. Il faut prendre beaucoup de précaution , afin d’éviter l’inflammation et l’explosion. Il convient de ne présenter que le moins possible d’accès à l’air. Pour cela on fait pénétrer dans le creuset une petite spatule en fer, en tirant un peu le couvercle; l’on divise la matière en morceaux; et chaque fois qu’on en retire un, on ferme vite le couvercle; on u’en sort les autres que par intervalles de quelques minutes afin d’être plus à l’abri du danger. L'on doit avoir surtout le soin de les enfermer dans un flacon bien bouché aussitôt qu’on les retire.
Eau lumineuse
Coupez dans l’eau un morceau de phosphore de la grandeur d’un petit pois; divisez-le en plusieurs fractions, et faites-le bouillir dans un demi-verre d’eau, à un feu doux, dans un petit^vasede terre; versez ensuite la liqueur bouillante dans un flacon long et étroit, bouché à l’émeri, que vous aurez en soin de remplir d'eau bouillante et de vider avant d’y introduire la liqueur phosphorique. On bouchera aussitôt le flacon, et on le mastiquera afin d’éviter toute introduction d’air,