‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 83 sur 173 · CHAMBRE OBSCURE · texte numérisé non relu

CHAMBRE OBSCURE

avec les couleurs les plus vives, que l’on distingue encore mieux en l'entourant d’un rideau noir sous lequel on considère les objets par curiosité, ou pour les reproduire Dans un nouveau perfectionnement. Chevalier a remplacé le prisme convexe par un prisme ménisque , ce qui lui doune, outre les avantages qui sout propres au prisme convexe, celui, trèsprécieux dans une chambre obscure, de produire l’image sans aberration, également nette dans toutes ses parties. Pour disposer cette chambre obscure, on place Ls montants dans les tenons entaillés pour les recevoir, on les fixe au moyen des vis qui y sont adaptées ; on y pose la tablette, qui est retenue par des crochets. On place ensuite l’appareil dans l’ouverture pratiquée à la partie supérieure de la chambre obscure; on fixe les rideaux daDS le cercle en bois, dont le côté est creusé en gorge de poulie, et I on inet une feuille de papier blanc sur la tablette. Ces dispositions prises, ou fait glisser l’appareil pour l’approcher ou l'éloigner du papier, jusqu'à ce qu'on arrive au point d’une parfaite netteté des objets à peindre.

Conditions pour obtenir de bons effets.

Il est des conditions pour que les effets de la chambre obscure soient les meilleurs qu’il est possible; elles cousisteut :

i 0 En ce que le prisme soit à une juste distance du papier : cette distance varie suivant l’éloignement des objets;

a0 Le prisme en expérience doit avoir sa surface convexe parallèle à l'objet ; la grande surface plane, qui fait fonction de miroir, inclinée à /p degrés, et la petite surface concave parallèle au papier;

3° L’intérieur de la chambre obscure ne doit recevoir aucun jour;

4° L’on doit se placer à l’ombre et opérer sur des objets bien éclairés;

6° Il faut enfin bien essuyer le prisme avant de s’en servir.

Théorie. — Un faisceau de lumière horizontal, dirigé vers le centre de la face convexe, traverse le prisme, rencontre la face plane inclinée à 45 degrés et s'y réfléchit ; il tombe ensuite sur la face concave horizontale et sort du prisme pour rentrer dans l'air et tomber sur le papier de la tablette sur lequel il dépose, pour ainsi dire, l’image de l’objet d’où le fais- . ceau de lumière est parti.

.ANAMORPHOSES.

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Effets utiles et amusants de la Chambre obscure.

L’instrument que nous venons de décrire étant disposé convenablement, ie dessinateur, dont ie dos est tourné vers les objets à peindre, s’assied dans la chambre obscure et reçoit, sur une feuille de papier placée sur la tablette, l'image des objets extérieurs avec toute la netteté des contours et du coloris que nous offre la nature. Par ce moyen , on peut faire des dessins d'un accord parfait, puisqu’il ne s’agit que de calquer l’image des sujets qui viennent se peindre sur le papier, d'où l'ou peut conclure que les dessins faits par le moyen de la chambre obscure ne sont qu’un calque de la nature. Un nouveau mégascope, qu’on peut adapter à cet instrument, fait qu’on peut peindre de la même manière les objets très-rapprochés, ce qui rend cet instrument utile pour faire le portrait en grand ou en miniature, ou la réduction d’un dessin, la disposition d'une draperie, etc. Ce dernier procédé, joint au prisme destiné pour le paysage, rend cette chambre obscure également utile pour toute espèce de dessin d’après nature.

Les effets de la chambre obscure ne se bornent pas au dessin • tout le monde sait qu’on peut y distinguer avec la même facilité, sur le papier de la planchette, tous les objets extérieurs qui se trouvent placés vis-à-vis; telles sont les maisons situées en face la rue dans laquelle ou voit circuler le monde, etc.

Dans le Manuel de Physique amusante, faisant partie de YEncyclodédie-Roret, nous avous décrit la chambre claire et l’utilité qu’on peut en retirer; pour éviter, autant que possible, les répétitions, nous avons cru devoir la passer sous silence et renvoyer nos lecteurs à cet ouvrage, ainsi que pour les amusements microscopiques.

ANAMORPHOSES.

On appelle anamorphose, en perspective et en peinture, une projection monstrueuse, ou une représentation défigurée de quelque image, qui est faite sur un plan ou sur une surface courbe, et qui néanmoins, à un certain point de vue, parait régulière et faite avec de justes proportions.

Problème.

Faire une anamorphose, ou une projection monstrueuse sur un plan.

ANAMORPHOSES. 23 5

Trace* le carré AB CD (fig. n), d’une grandeur à volonté, et subdivisez-le en aréules et en petits carrés. Dans ce carré ou cette espèce de réseau, que l’on appelle prototype craticu laire, tracez au naturel l’image dont l’apparence doit être monstrueuse ; tirez ensuite la ligne a b ( fig. i a), égale à A B, et divisez-la dans le même nombre de parties égales que le côté du prototype A B; au point du milieu E, élevez la perpendiculaire EV, et menez VS perpendiculaire à tV, en faisant la ligne EV d'autant plus longue, et la ligne V S d’autant plus courte, que vous avez dessrin d'avoir une image plus difforme. De chaque point de division, tirez au point V les lignes droites, et joignez les points b, S, par la ligne droite b, S. Par les points c,e,f,g, etc., tirez des lignes droites parallèles à ab ; alors a b c il sera l'espace où l’on doit tracer la projection monstrueuse; et c’est ce que l'on appelle 1 ’ectype craticu laire.

Enfin, dans chaque aréole ou petit trapèze de l’espace abcd, dessinez ce que vous voyez tracé dans l’aréole correspondante du carré ABC D; par ce moyen vous aurez une image difforme, qui paraîtra néanmoins dans ses justes proportions si l'œil est placé de manière qu’il èn soit éloigné de la longueur E V, et élevé, au-dessus, à la hauteur de VS.

Le spectacle sera beaucoup plus agréable, si l'image défigurée ne présente pas un pur chaos, mais quelque autre apparence : ainsi, l'on a vu une rivière, avec des soldats, des chariots, etc , marchant sur l’une de ses rives, représentée avec un tel artifice, que, quand elle était regardée au point S, il semblait que ce fait le visage d’un satyre : mais on ne peut donner facilement des règles pour cette partie, qui dépend principalement de l'industrie et de l’adresse de l’artiste.

On peut aussi faire mécaniquement une anamorphose delà manière suivante : on percera de part en part le prototype à coups d'aiguille, dans son contour et dans plusieurs autres points ; ensuite on l’exposera à la lumière d’une bougie ou d’une lampe, et on marquera bien exactement les endroits où tombent sur un plan, ou sur une surface courbe, les rayons qui passeot à travers ces petits trous; car ils donneront les points correspondants de l’image difforme, par le moyeu desquels on peut achever la déformation.

Problème.

Faire une anamorphose sur la surface convexe d’un côqe,'

ANAMORPHOSES.

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Il parait assez, par le problème précédent, qu’il ne s’agit que de faire une eclype craliculaire sur la surface d’un cône qui paraisse égal au prototype craliculaire , l’œil étant placé à une distauce convenable, au-dessus du sommet du cône.

C'est pourquoi, soit la base du cône divisée par des diamètres eu un nombre quelconque de parties égales; ou, ce qui revient au même; soit divisée la circonférence de cette base en tel nombre qu’on voudra de parties égales, et soient tirées par les points de divisious des lignes droites au centre. Soit aussi divisé un rayon en quelques parties égales ; par chaque point de division, décrivez des cercles concentriques; par ce moyen vous aurez tracé le prototype craticulaire. Avec le double du diamètre, comme rayon, décrivez le quart de cercle EG (fig. i3), afin que l’arc E G soit égal à la circonférence entière, et pliez ce qoart de cercle de manière qu’il forme la surface d’uu cône, dont la base soit le cercle ABCD; divisez l’arc KG dans le même nombre de parties égales que le prototype craticulaire est divisé, et tirez des rayons de chacun des points de divisiou; prolongez G F en I, jusqu’à ce que FI = F G; du centre I et du rayon I F, décrivez le quSrt du cercle F K H, et du point I au point D tirez la droite 1 E; divisez l'arc K. F dans le même nombre de parties égales que le rayon du prototype craticulaire ; et du centre I, par chaque point de division, tirez des rayons qui rencontrent EF aux points i, a, 3, etc.; enfin, du ceutte F, et des rayons F i, F a, F 3, décrivez des arcs concentriques : de cette manière vous aurez i'ectype circulaire, dont les aréoles paraîtront égales entre elles.

Ainsi, en transportant dans les aréoles de I’ectype craticulaire, ce qui est dessiné dans chaque aréole du prototype. cra« ticulaire, vous aurez une image monstrueuse, qui paraîtra néanmoins dans ses justes proportions, si l’œil est élevé audessus du sommet du cône, d’une quantité égale à la distance de ce sommet à la base.

Si l’on tire, dans le prototype craticulaire, les cordes des quarts de cercle; et dans I’ectype craticulaire, les cordes de chacun de ces quarts, toutes les choses d’ailleurs restant les mêmes, on aura I’ectype craticulaire dans une pyramide quadrangulaire,

11 sera donc aisé de dessiner une image monstrueuse sur

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toute pyramide dont la base est un polygone régulier quelconque.

Comme l’illusion est plus parfaite quand on ne peut pas juger, par les objets contigus, de la distance des parties de l’image monstrueuse, il est. migux de ne regarder ces sortes d’images que par un petit trou.

On voyait à Paris, dans le cloître des Minimes de la place Royale, deux anamorphoses tracées sur deux des côtés du cloître : l'une représente la Madeleine, l’autre saint Jean écrivant son Evangile. Elles étaient telles que, quand on les regardait directement, ou ne voyait qu’une espèce de paysage, et quand on les regardait d'un certain point de vue, elles représentaient des figures humaines très -distinctes. Ces deux figures étaient l’ouvrage de P. Niceron, minime, qui a fait sur ce même sujet un traité latin intitulé Tliaumaturgus opticus , Optique miraculeuse, dans lequel il traite de plusieurs phénomènes curieux d'optique, et donne fort au long les méthode» de tracer ces sortes d’anamorphoses sur des surfaces quelconques.

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