‹ Nouveau manuel complet des sorciers, ou la magie blanche, dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique, contenant un grand nombre de tours dus à l'électricité, au calorique, à la lumière, à l'air, aux nombres, aux cartes, à l'escamotage, etc. Ainsi que les scènes de ventriloquie exécutées et communiquéesChapitre 18 sur 89 · CORPS PONDÉRABLES LIQUIDES · texte numérisé non relu

CORPS PONDÉRABLES LIQUIDES

• De l’Eau. ( Oxide d’ hydrogène. )

L'eau est de tous les produits naturels un des plus propres à fixer l’attention de l'homme , à cause des services infinis qu’elle nous rend ; on peut même assurer qu’elle est indispensable à notre existence : c’est une vérité qui n'a pas besoin d'Otrc démontrée. A l’état gazeux , liquide

DES SOUCIEES*

ou solide , elle se trouve si abondamment répandue dans la nature; que les philosophes grecs l'avaient classée parmi les quatre corps qu'ils regardaient comme les e emens de tousses autres. Cette opinion fut même adoptée jusque vers la fin du dix-huitième siècle , epoque a laquelle Macquer et Sigàud-Lafond préludèrent à sa décomposition en faisant connaître que, lorsqu’on brûlait du gaz hydrogéné sous des cloches , les parois étaient tapissées de gouttelettes d’eau. En 1781 Priestley obtint le meme produit par la détonnation (l’un mélange de gaz oxrgcne et de gaz hydrogène. La même année, Cavendish répéta cette expérience plus en grand, et recueillit, par ce moyen, quelques grammes de ce liquide , qu’il crut être le résultat de la combinaison de l’oxigène avec l’hydrogène. Tandis que les physiciens anglais se livraient à ces expériences , en 1‘ rance , Monge obtint les mêmes résultats que ce dernier, et adopta une opinion semblable. Deux ans passèrent sur ces recherches intéressantes, lorsque Lavoisier en entreprit de nouvelles , en i7S3, avec M. La Place , qui furent suivies de plusieurs autres , faites en 1785 avec M. Meunier, par lesquelles il démontra , en brûlant de grandes quantités de gaz hydrogène et de gaz oxigène, que leur poids total était égal à celui de l’eau produite par leur combustion. Dès lors' un grand nombre de chimistes français et étrangers répétèrent ces essais , et, avec des proportions de gaz si considérables, que MM. Seguin et Vauquelin formèrent ainsi cinq hectogrammes d’eau. L analyse de ce liquide a été opérée, depuis, de plusieurs manières; toutes ont donné les mêmes résultats.

Propriétés physiques. — L’eau est inodore , incolore « transparente et répétée insipide , sans doute à cause que , depuis l'enfance , nos organes sont familiarisés avec son goût; elle est élastique, réfractant fortement la lumière, susceptible de transmettre les sons, et mauvais conducteur du calorique et de l’électricité.

Sa compressibilité a été long-temps révoquée en doute; on appuyait ce sentiment sûr ^expérience oui fut faite par l’ Académie de Florence, sur une sphère a'or remplie d’eau qu’ils soumirent à une pression telle , qu’elle fut un peu délormée, sans que l’eau fût compromise , puisqu’elle passa par les porcs de cette sphère. Malgré cela , des expériences modernes ont démontré cette compressibilité.

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M. Dessaignes n fait connaître que , lorsqu’on lui fait subir un choc subit et \iolent, il y a dégagement de lumière. 11 y a plus de soixante-six ans que Canton avait annoncé qu il était parvenu , par des forces comprimantes , à diminuer le volume de l’eau de M- Oersted (i),nu

moyen d un appareil particulier , à confirmé ces résultats que tous les physiciens avaient révoqués en doute , et a démontre que l’eau , comme l'air , se comprime en raison directe des forces comprimantes. Enfin, M. Perkins , à Londres . a fait éprouver à l’eau, en présence de M. Clément, une pression de î.iao atmosphères . qui en ont diminué le xoluuie de - J-. Ce qui est digne de remarque , c est que , dans la compression de l’eau par les expériences d Oersted . il ne se dégagé pas de chaleur sensible. Quelle cause peut donc produire la lumière observée dans celles de M. Dessaignes?

Propriétés chimiques.— Action du calorique. L’eau, suivant la quantité de calorique qu elle redterme , est sous trois étals diflerens : au-dessous de o , elle est solide; au-dessus, liquide, cl à 100° à l’état de fluide élastique. L’eau liquide , eu absorbant du calorique , se dilate , devient plus légère, et bout à 100 degrés sous la pression de 76 , quand elle ne contient point de substances salines en dissolution , car alors il faut porter la température jusqu'à 107. L’cbullilion de l’eau a lieu à des degrés d’autant plus inférieures , que la pression atmosphérique rÿt moindre. Sa vapeur a un volume 1700 fois plus considérable que celui de l’eau; elle contient , outre son calorique tberinométrique, une si grande quantité de calorique latent, qu’un kilogramme de cette vapeur, suivant MM. Désormes et Clément . en contient assez pour porter à 1000. 5 kilog. 66 d’eau à o , ce qui donne 5,66 deg. de calorique latent. C’est en vertu de cette propriété qu'on l’applique à la distillation ainsi qu’au chauffage des bains et des maisons. M. Oersted a reconnu que la présence des corps solides dans les liquides portés à l’ébullition en favorise beaucoup la vaporisation.

Action du froid. — Si l’eau se dilate par le calorique, elle doit par conséquent devenir plus dense au fur et à

(1 ) Ann. of Philotopli, , janvier i8aô.

DES SORCIBBS.

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mesure que sa température diminue : c'est ce qui a véritablement lieu , mais non point jusqu'au terme de sa congélation. En effet, avant d’y arriver , l’eau se dilate depuis le 4,44 dcg. au-dessus de o jusqu'à o. M. Chricliton a imaginé un moyen aussi facile qu'ingénieux par lequel il a démontré que le plus grand point de densité de l'eau était 5",6i cent. (1). L’eau se congèle donc à o. 11 est cependant quelques remarques très intéressantes à ce sujet. On a reconnu que ce liquide ne so gelait à o que lorsqu il contenait du limon , et que les substances salines en retardaient d’autant plus la congélation , qu’il fallait un degré de froid de — 4o pour faire passer à l’état de glace de l’eau saturée d’hydroclorate de chaux. L’eau acrée sc congèle à 3», 5 ; distillée , elle peut Être portée jusqu'à 5». Enfin , si on met de l’eau dans un matras fermé à la lampe, on peut ^baisser sa température jusqu’à 5° et même 6° , sans la congeler ; mais si on l’agite, la congélation a lien aussitôt. L’eau , en se congelant , cristallise en aiguilles qui se .croisent sous des angles de 6o à iao°. En passant à l'état de glace, elle augmente de volume avec une force ou expansion telles , qu'un canon de fusil de l’épaisseur d’un doigt , que Buot avait rempli d'eau 'et bouohé de la manière la plus solide , ayant été soumis à un très grand froid, fut crevé en deux endroits ; il en fut de môme à Florence d’une sphère de cuivre très épaisse. C’est ce qui a également lieu dans les hivers rigoureux, lorsqu’on voit les vases se casser et les pierres môme se feudre. On peut, en exposant la glace à une température jusqu’à ao° audessous de o , la rendre très dure, au point qu’on peut la tailler et la réduire en poudre. L’air, que l’eau contient toujours, prend la forme de fluide élastique lorsque l’eau se congèle. La glace pçut être refroidie jusqu’à 5o° audessous de o.

Un phénomène digne de remarque, c’est que la glace . en se liquéfiant, absorbe yâ° de calorique qu’elle rend latent , de manière à ne marquer que o. Ainsi , si l’on prend un kilogramme de glace à o et un kilogramme d’eau 075», et qu’on les mêle, on aura deux kilogrammes d’eau à o. D’après ce qui vient d’être dit , il est bien évident

(1) Ann, of Phitosopli, , juin 1830.

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que le poids spécifique de l'eau doit être relatif Ji sa température. A 4- au-dessous de o , point voisin de sa plus grande densité, il est de tooo grammes, et celui delà glace est de o , p4- Le poids de l’eau est pris pour unité lorsqu'on veut .'déterminer celui d’un grand nombre de corps ; comparé à celui de l'air , il est 781 fois plus fort.

Action du fluide électrique. L'eau est un si mauvais conducteur d’électrieité , qu’on ne peut en opérer la décomposition, même à l'aide d'une très forte pile ; si elle tient en dissolution du sel ou de l’acide hydrochlorique , etc. elle se décompose; l’oxigène se rend au pôle positif et l'hydrogène au négatif. L air en dissolvant l'eau se dilate en raison directe de la quantité qu'il en contient; cette proposition est : : 5 : a.

L’eau était un des quatre élémens des philosophes grecs; d’après les travaux des chimistes précités, elle est composée , en poids , de

Gaz oxigène SS, go

Gaz hydrogène 11,10

Ou bien

* Gaz oxigène. 1 volume.

Gaz hydrogène a volumes.

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