EFFETS CURIEUX
PRODUITS par UE CALORIQUE, IA LUMIERE BT LE PHOSPHORE.
Dans noire Manuel de Physique amusante , se trouvent uu grand nombre de récréations produites par ces deux corps impondérables ; nous allons en ajouter jci quelques autres qui nous ont paru aussi curieuses qu’instructives.
Machines infernales.
On consacre ce nom à des machines de guerre , dans lesquelles on introduit des quantités de poudre plus ou moins grandes , dont l’explosion produit des effets terribles. Nous allons faire connaître la machine infernale qui pensa renverser Saint-Malo, et qui, heureusement, ne lit périr que l'artificier. Cette machine était faite en forme de vaisseau; elle avait 34 pieds de longueur sur îS de hauteur., un fond de cale avec du sable , et trois ponts. Le premier pont contenait vingt milliers de poudre , avec un pied de maçonnerie au-dessus. Le second pont était garni île six cents bombes à feu et carcasses, et de tleux pieds de maçonnerie au-dessus. Le troisième pont, au-dessus du gaillard, était chargé de cinquante barils, à cercles de fer , pleins de toutes sortes d’artifices. Le lillae était couvert de vieux canons de fer et de mitraille. Il y avait un canal pratiqué pour conduire le feu aux amorces et aux poudres. Telle était à peu près la machine infernale qu’un peuple dont on vante la civilisation, n’avait pas eu horreur de construire pour embraser et détruire Saint-Malo; heureusement que messieurs les Anglais ne réussirent qu'à casser quelques vitre?.
L’on se rappelle aussi la machine infernale dirigée contre Napoléon, laquelle manqua son but, mais n’en renversa
MAHUBL COMPLUT
pas moins presque loute la rue Nicaise. C'était une barrique semblable à celle des porteurs d'eau , que l’on ava remplie de poudre.
Faire tirer sur soi un coup de fusil charge ri balle sans c cire blessé.
On charge le fusil en ne mettant que quelques grains d: poudre dans le'canon, au-dessous de la balle, et versant I! reste par-dessus. De celle manière, la détonation est tri. forte, et la balle tombe à un pied du iusil.
Àutre moyen.
Ayez un pistolet d'arçon muni d’un double tube , d’eno viron si* pouces de longueur, qui entre aisément dans ce lui qui constitue le pistolet, et dont l'extrémité inférieur: doit être solidement fermée : charge/, cette arme avec d‘ la poudre , avant de la présenter aux spectateurs , et in troduisez par-dessus celte charge le tuba précité j charge alors le pistolet, ou failes-le charger par quelqu’un : cel fait . prenez-le par le bout du tube , et en soulevant adroi tement la culasse , c'est-à-dire en plaçant cette arme verti calcinent , faites couler le petit tube qui contient la balle' dans votre manche : il est des lors évident que vous n’au rez aucun danger à courir.
Tableau magique.
Prenez deux verres ayant la même circonférence , mai l’un étant uni et l'autre concave; remplissez ce demie; d’uu mélange fondu d'huile de lin , de saindoux et de cir« blanche , Collez entièrement, les bords des deux verres avci une petite bande de vessie et de la colle de Flandre ; appli oupz ensuite une peinture sur le verre plat, et placez-li dans un cadre de manière a ce que le côté concave soit er avant ef que le cadre recouvre la bordure de vessie. Er cet état le spectateur croit voir un papier blanc derrière lr verre concave. Si vous approchez alors adroitement du feu derrière l'autre verre, la composition grasse fondra , et ne troublant plus la transparence, le dessin deviendra visible.
Changer un tableau représentant l'hiver en un autre qui représente le printemps.
Cette expérience est duc à l’application des encres de
DES SOaCIF.BS.
empathie au dessin. Il suffit, en effet, pour changer un arbre dépouillé de feuilles et de fleurs en arbre orné de Heurs et de feuilles, de peindre, au simple trait, sur un tableau représentant l'hiver, des arbres et des arbrisseaux dépouillés de feuillage. On peint ensuite les feuilles, les Heurs et les fruits avec les encres de sympathie, vertes, rouges ,• jaunes , etc.; on laisse sécher ces dessins, qui iontalors invisibles; on les encadre , en les couvrant parlessus d'un verre et de l’autre côté d’un papier collé sur le radie.
Lorsqu’on veut opérer la métamorphose de 1 hiver en srintemps , on expose ce tableau à l’action des rayons soaires ou à un feux doux, et l'on ne tarde pas à voir ces irfcres et arbrisseaux sc couvrir de feuilles, de fruits et de leurs. Par le refroidissement tout disparaît; en chauffant le nouveau , on le fait reparaître ; etc. On prépare de la néme manière les écrans sympathiques.
ippliquer un charbon ardent sur un mouchoir ou linge,
. sans le brûler.
On prend une montre, on étend bien sur le côtéméti allique un côté du mouchoir , l’on y place ensuite un !t harhon ardent pendant une ou deux minutes , sans que » e mouchoir soit nullement brûlé.
Cela tient à ce qu’en celte circonstance la toile sert de onducteur au calorique, qui ne fait que la traverser iour se porter sur le métal. C’est d’après cette même tbéolii iiequ’on se sert, dans les fabriques, de chaudières de plomb,
« (ui ne fondent jamais tant quelles contiennent quelque -ji iquide , parce qu' alors le calorique ne fait que les tra- : icrser pofar se porter sur le liquide et le vaporiser. Mais,
,• il vient, à se former quelque dépôt au fond de la ehau- 4t iière , elle fond aussitôt au point ou se trouve le dépôt a iui , interceptant le passage du calorique , fait qu'il s'ar- 8i lètc sur ce point, s’y accumule et fond le métal.
. "rem per les mains dans du plomb fondu , sans sc brûler.
Lorsqu’on veut faire ce tour , il faut avoir soin qu’il este encore un peu de plomb qui ne soit pas fondu, parce ; Éu’ alors le calorique, se portant sur cette portion non. wndue , celle qui l'est n’a pas une température fort élevée.
liiKCU. COUPLET
Mais si l'on attend que tout le plomb soit fondu , l'on es alors bien certain de se brûler.
Fondre du plomb dan « du papier.
On enveloppe une petite balle de plomb dans du papie bien étendu sur ses parois; on la suspend ensuite, a. moyen d’une pince , au-dessus de la flamme d'une lampou d'une bougie. Le plomb , ainsi chauffé , se fond sar que le papier soit brûlé , à l’exception du trou par lequ- < le plomb fondu nasse. .
La théorie est la mémo que celle du mouchoir no ; brûlé par les charbons ardens.
Soumettre du fil ordinaire d la flamme d une bougie , tai le brider.
On prend du fil ordinaire, on le roule fortement auU» I d'une clef, et on le présente , pendant une ou deux w nutes . à la flamme d’une bougie ; on le déroule ensui i sans qu'il soit nullement brûlé. Cela tient à la théorie n nous venons d'indiquer , c’est-à-dire que le G1 sert seul j meut de conducteur au calorique ; mais si la clef dévie trop chaude , elle brûle le fil.
Pour faire tupporter une bague à un fil brûli.
Laisser, tremper , pendant un jour , dans une soluti j d'hvdrocblorate de soude ( sel marin ) du Ü1 ordinaire, faites sécher. Prenez ensuite un de ces fils , attachez u i bague légère à un des bouts , et suspendez-le par l aul: Ces dispositions prises , allumez le fil nu point où il tour j la bague, la combustion totale aura lieu promptement; si on ne fait pas vaciller la bague pendant ce ttmps, c restera suspendue; si on touche , au contraire, ou hl brû elle tombe aussitftt. Cet effet nous parait du a ce que molécules salines dont est enduit ce fil , ont conserve « tre elles une légère affinité que le poids seul de la baf ne peut rompre.
Fondre une pièce de monnaie dans une coquille de noi sans la brider.
Mettez une pièce de six liards dans une coquille de n que vous remplirez avec un mélange d’une partie de s<
DES gOHCIKHS.
Ve en poudre et de rêpure de bois bien fine, et de trois :1e nitrate de potasse desséché dans une cuillère de fer , allumez , et , quand le tout sera en fusion , vous verrez la pièce fondue et rouge sous forme d’un bouton qui Requiert le la dureté par le refroidissement. Dans cette operation, la coquille de noix est très peu endommagée.
Partager en deux une pièce de monnaie.
Enfoncez dans du bois trois clous d’épingles, sur lesquels vous placerez une petite pièce de monnaie d argent ou de cuivre; mettez du soufre dessus et dessous cette piece, et allumez-le. Lorsque la combustion sera terminée , vous trouverez presque toujours la pièce partagée en deux parties égales, suivant son plan , quoique son empreinte existe dp chaque côté de ces deux différentes pièces , avec cette différence que sur l’une elle est en creux.
Moyen très curieux pour enfammer un métal en le jetant dans l’eau froide.
Le potassium est un métal , comme nous l’avons déjà «lit, qui a été récemment découvert par M. IJavv; sa propriété caractéristique est, quand on le jette dans l'eau, «le rouler à sa surface en globules de feu et de dégager beaucoup de calorique et de lumière. Gela lient a ce que
k* F j* /«na ln rhnlmir (JU 3C-
seonporte
oui ic potassium et le fait passer à l’état cle deutoxide ou «le potasse qui se dissout dans l’eau non décomposée.
Moyen de faire bouillir de l’eau sans le secours du feu.
L’acide sulfurique concentre, en s’unissant à l’eau, dégage une grande quantité de catorique. D'après cette propriété , l'on prend parties égales d'eau et d’acide sulfurique concentré à 66 degrés et au-dessus ; on les mêle ; on plonge alors dans ce mélange un petit tube contenant de
Cnan à n ^ /lorvnôc /ii«i c’ooV» r»i« ffn Pt Anlri' Pli pVlllllltlOn UU
fnonge alors dans ce mélangé un peut iuue cumeuom.
'eau à a5 degrés , qui s’échauffe et entre en ébullition au tmoyen du calorique qui se dégage du mélange de l’eau et de cet acide. Dans les cours de Chimie , pour être mieux •certains du succès de cette expérience , l’on met de 1 alicool dans le tube au lieu d'eau,
UiHCKL COUPLET
Enflammer un liquide froid au moyen cf un liquide froid. :
Versez dans de l'essence de térébenthine de l'acide nitrique et de f acide sulfurique très concentrés . il se produira fftssitôt une vive inflammation. Ordinairement om fait cette expérience avec l’acide nitrique contenant vingt , gouttes d’acide sulfurique par once. Cet erTct est dû à ce que la capacité de ce mélange pour le calorique diminue à t tel point que celui qui s’en dégage est suffisant pour en-flammer l'huile de térébenthine.
Faire sauter un pain en cuisant dans un four.
Au moment d'enfourner le pain, placez #dans la pûte une coquille de noix remplie d’un mélange de mercure, de soufre vif et de salpêtre , et recou vreï-le de manière à ce qu'il ne puisse pas en sortir ; dès que le pain commencera à se cuire , on le verra sauter dans le four. C’est par le moven du mercure placé dans un pot où l'on fait cuire, despois, qu'on les fait sauter hors du vase aussitôt que l’eau entre en ébullition : il en est de même des pommes qu’on 1 fait sauter sur une table , en les faisant cuire après avoir introduis du mercure au centre. Il est probable que ceseffets sont dus à la dilatation et à la gazéification de ce métal.
Moyen propre a se procurer du feu au moyen de l’eau.
Prenez de la chaux vive bien compacte et bien cuite, placez-la dans un vase un peu étroit, et arrosez-la légèrement avec un peu d'eau; lorsqu’elle commencera à se déliter, ajoutez un peu plus de ce liquide; la chaleur qui se dégage est alors telle qu'on peut enflammer par ce moven la poudre à canon , le soufre , le phosphore , etc. Ce dégagement considérable de calorique est dû à l’absorption it à la solidification de l’eau par l’oxide de calcium qui passe à l'état d'hydrate.
Aérostats.
Lorsque nous avons parlé de l’air, nous avons dit qu il se dilatait par le calorique et devenait par conséquent beaucoup plus léger. C’est d’après cette propriété que M. Montgolfier imagina ses aérostats. Nous renvoyons à notre Manuel de Physique amusante.
DES SOUCIEES. *^7
Machines à vapeur.
L’eau exposée à l'action du calorique se réduit en valeurs et ces vapeurs se dilatent d’autant plus qu elles sont El "s fortement chauffées. Réduite à l’état gazeux , 1 eau acquiert une grande tension que l’on a appliquée avec le nlus grand succès , comme force motrice, dans un grand nombre de manufactures et d'usines, ainsi que pour la navigation. Hous renvoyons au Manuel des Constructeurs des Machines A vapeur, par M. Janvier, qui fait partie de cette Collection encyclopédique.
Flambeau des furies.
G vit idnsi qu’on nomme au théâtre ces espèces de flambeaux qui, par une agitation forte répandent des silions d’une vive lumière. Voici leur mode de construction.
Chacun de ces flambeaux est accompagné dans sa longueur d’un tube en fer-blanc terminé à son extrémité par un cône percé de petits trous, comme un arrosoir. Au bout de ce flambeau est une éponge trempée dans 1 esprit devin, qui brûle avec une flamme pâle: mais lorsqu on a°ite vivement ce flambeau, on en fait sortir, par les petits trous, une partie du ly copodium ou de la résine au’ il contient , et qui brûle avîc Beaucoup de flamme que 1 on prolonge en longs sillons en continuant cette agitation , ainsi qu’on a pu le voir dans les ballets des Furies.
Oracle magique.
Ecrivez diverses questions , avec de l’encre ordinaire, sur des feuilles de papier séparées, et tracez au-dessous de chacune , des réponses différentes avec le suc de citron ou d’ognon , ou une solution de nitro-muriate d or. Faites choisir la question qu’on désire . et placez celle où se trouvera la réponse que vous voudrez dans une boite à laquelle on donue le nom d 'antre de la Sibylle. Cette boite a dans son couvercle une plaque de fer très chaude, de sorte qu’en v enfermant ce papier, l’écriture de- l’encre sympathique portant la réponse à la question . devient visible tant qu’il est chaud et disparaît aussitôt qu’il est froid.
Flammes colories.
Flamme rouge carmin. On produit cette flamme en brû-
lUituiL courue
lant dans une capsule trois parties d’alcool avec une de j nitrate ou d’hvdrochlorate de strontianc.
Flamme rouge. Pour obtenir cette llamme , on emploie j les mômes proportions d’alcool sur une de sulfure de mer- | cure ( cinabre ).
Autre. Le sulfate de soude avec l'alcool donne une I flamme semblable.
Flamme orange. On l’obtient par la combustion de l’ai- I cool avec le chlorure de sodium (hydrochlorate de soude I calciné).
Flamme jaune. On produit cette flamme avec l'alcool , 1 et presque tous les hydrochlorates, les chlorures et le ni- j traie de potasse, dans les proportions de trois iijujlies de j ces sels contre une d'alcool. On obtient une jonc*amme t jaune avec cinq parties de nitrate de potasse fondu en j aoo parties d’alcool à 0,84.“.
Flamme vert émeraude. C'est le produit delà combus- j tion de l'alcool avec le nitrate de cuivre.
Flamme verte. AItooI et hydrochlorate de cuivre.
Flamme bleue. Alcool et acide borique.
Autre.
Tlydrochlorate d’ammoniApm . . 5 parties.
Deuto-sulfate de cuivre calciné io
Mêler bien. L'on projette ce mélange sur des charbons I alluinés;la flamme prend aussitôt une belle couleur bleue. I
Flamme verte.
Sous-acélale de cuivre (vert-de-gris) a parties..!
Poix blanche a
Ilydrocblorate d'ammoniaque 1
Pulvérisez les deux sels , mêler , laissez-les exposés à I l'humidité pendant un jour, et versez-les dans la poix I fondue, en remuant le mélange ; laissez refroidir et pulvé- j risez, ou bien, tandis que le mélange est chaud, donnez- I lui les formes convenables; en le brûlant on obtient une j flamme bleue , verte , etc.
M. Talbot a fait de curieuses expériences sur les flam- 1 mes colorées. Il a reconnu qu'une mèche' de coton trein- I pée dans les sels de soude et desséchée ensuite, donnait, I en brûlant avec l'alcool, une flamme uniquement jaune, j
tandis que cette même flamme était d'un bleuclair, si la mèche avait été plongée dans une solution d’un sel de potasse.
L’alcool avec le soufre donne une flamme analogue a celle avec les sels de soude. Ainsi, les expériences de M. Talbot peuvent être considérées comme un nouveau moyen propre à distinguer les sels de potasse des sels de soude. '*
Avaler la flamme d'une bougie , ou tenir une bougie alla mée dans la l/ouclw , sans se brûler.
L'on approche unc*bougie allumée des lèvres , et l'on aspire fortement; dès lors la flamme pénètre dans la bouche avec le courant d’air établi , sans vous brûler. Il en est de même eh l’introduisant allumée dans la bouche et fermant les lèvres aux trois quarts. Dans l’un ou l'autre de ces jeux, le calorique ne saurait se fixer sur les lèvres ni dans la bouche, attendu -qu’il est entraîné dans l'intérieur du corps par le courant d’air qu’on établit par l'aspiration.
Moyen propre à supporter la température la plus élevée, et à se rendre incombustible.
L’été dernier, l’on a vu, à Tivoli, un Espagnol, nommé Martinez, entrer dans un four dont la température était assez élevée pour que mon thermomètre , marquant i4o degrés, fût cassé parla dilatation du mercure : M. Bunlens et autres trouvèrent la température de ce four à ) 5oc, 'Martinez était soigneusement vêtu d'qn pantglon, d’un gilet-veste et d’un capuchon en gros drap, revêtu à l’intérieur d'une épaisse fourrure , ce qui le mettait à l'abri de l’action du calorique sur son corps; il portait même par-dessus un manteau de laine. En entrant dans le four, il s’asseyait à l’embouchure , la figure tournée vers l’extérieur , ce qui lui permettaitde respirer un air moins chaud et moins dilaté. Quant à la prétendue poule qui était cuite idans quelques minutes, à la température du four, la véirité est qu’il la mettait sur des charbons ardens, et qu’elle létait brûlée à la surface sans cependant être cuite. Mar-
Îlinez se faisait ensuite introduire dans le*four, allongé sur une planche , avec huit chandelles allumées, et, au bout de deux minutes, faisait fermer la porte du four un instant. On le sortait alors : les chandelles étaient fondues,
U1MUEI. C0HPLE1
comme on pense bien , et Martinez allait se jeter jusqu’à la ceinture dans une baignoire pleine d'eau, qui ne pénétrait nullement jusqu’à son corps, à cause de l’épaisseur et de la fourrure de ses vêteinens. C’est la seule chose un peu surprenante que nous lui usons vu faire que d’entrer ainsi allongé dans le four et d'en faire fermer presqu’en entier la porte. 11 est vrai que c'éfnit à la lindela stance, et que la température du four était par conséquent moins forte. Ce qui prouve que Martinez ne faisait rien d’extraordinaire, c’est que nous avons vu, à Tivoli, trois jeunes gens se lever de leurs chaises , monter et entrer , dans le four , arriver au fond et .f'enVetourner sans aucun danger. Séduit par l’exemple , j’v entrai également, et je n’en éprouvai d’autre effet qu’une grande gène dans la respiration , une grande sueur et une accélération dans le poub.
L’on sait aussi qu’à Rouen et dans d’autres villes de France . où l’on fabriqueles toiles pèiutcs, connues sous le nom d 'indienne», les oufriers entrent dans les étuves nom- niées tichtrict , dont la température va jusqu’au-delà de 80 degrés centigrades. Enlin, Martinez ayant quitté Ti— - . voli pour un autre lieu d’amusemens publies, une femme vint y laire à son tour de nouvelles et semblables expériences. De sorte que le corps humain peut supporter destempératures très élevées sans aucun effet magique ; il y a cependant à craindre des attaques d’apoplexie, des fluxions catari hales.On supporte moins facilement une température t/ts élevée , si l’on répand de l’eau sur le sol, parce que ce liquide, se valorisant , dilate prodigieusement l’air et rend par conséquent la respiration bien plus difficile.
En 1809, un autre Espagnol, nommé Lioaetto, stmontra a Paris, et successivement en Angleterre , en Italie et en Allemagne; il étonna non seulement le vulgaire, mais encore les physiciens etlescliimistes, par son insensibilité au contact du feu et par l’inaction de ce corp: impondérable sur ses organes. En effet , cet Espagnol ina- ■ niait impunément une barre de fer rouge, et le ploml fondu , buvait l’huile bouillante . etc. Pendant que "Lionetto se trouvait à Naples, il fixa l'attention du profes seur Sementini . qui dès lors s’attacha à l’étudier. Il vi doue, 1” que cet incombustible plaçait une barre de fe rouge sur ses cheveux , et qu’on en voyait s'élever aussi
DES SOnClKBS.
tôt une vapeur épaisse et dense. 2 0 II frappait avec un autre fer rouge sur son talon et sur la pointe du pied ; il s’élevait de ce dernier point une vapeur si épaisse et si âcre que l’odorat et les yeux en étaient également affectés. 8° Il plaçait entre ses dents un fer voisin de la chaleur rouge, sans se brûler. 4° Il buvait environ le tiers d’une cuillerée d’huile bouillante. 5° Il plongeait rapidement le bout des doigts dans le plomb fondu , et en mettait un peu sur la langue; après quoi il portait un fer rouge sur cet organe , que M. Sementini reconnut être recouvert d’une couche grisâtre. Ce physicien, jaloux de parvenir à la connaissance des procédés mis en usage par Lionelto, tenta divers essais sur lui-même, et découvrit, i° qu’au moyen des frictions avec les acides, particulièrement l’acide sulfurique étendu d’eau , la peau devenait insensible I l’action de la chaleur du fer rouge.
2° Une solution d’alun , évaporée jusqu'à ce qu’elle devînt spongieuse , était encore plus propre à cet effet en l'employant en frictions. M. Sementini , après avoir frotté, avec du savon dur, «les parties du corps rendues incombustibles ou plutôt insensibles , et les ayoir Snsuite lavées, reconnut, en appliquant une plaque de fer rouge dessus, que cette insensibilité s’était accrue. Il se décida alors à frotter de nouveau , avec le savon , les mêmes parties , et non seulement le fer rouge ne lui lit éprouver aucune douleur, mais les poils ne furent pas brûlés.
3° Satisfait de ces recherches, ce physicien frotta sa langue avec du savon dur ; elle devint insensible a l’action du fer chaud.
4° Un enduit composé de savon et d’une solution bouillante saturé d'alun , placée sur la langue, le fer rouge ne lui. lit éprouver aucune sensation.
5° L’huile bouillante répandue sur la langue, ainsi préparée ", ne la brûlait point ; on entendait un sifflement tel que celui du fer qu'on éteint dans l’eau : alors l'huile était tiède et pouvait par conséquent être avalée sans danger.
Tels sont les résultats obtenus par M. Sementini ; ils tendent à expliquer les expériences de Lionetto. Il est évident qu’il préparait sa langue et sa peau par des procédés à peu près semblables. Quant à l’expérience de ses cheveux , il est certain qu’avant de passer le fer rouge dessus , il les avait lavés avec une solution analogue à celle de
VUNfEL COMPLET
I'cflan ou avec de l’acide sulfurique. Pour l'huile bouillante qu’il avalait, ce phénomène est moins étonnaat , si l’on observe que , cherchant à démontrer la haute température de l'huile, il y jetait du plomb qui, en s'v fondant j absorbait par conséquent une partie du calorique, dé l’huile , de laquelle il se versait ensuite adroi tement le quart d'une cuillère sur la langue, où elle se refroidissait au point de pouvoir être impunément avalée. L'inaction du plomb fondu sur cet organe revêtu de cet enduit, tient aussi ce prompt refroidissement. Tout nous porte à croire cependant que Lionelto employait, au lieu de plomb, de l’alliage fusible de Darcct.
Dans les anciciis temps , Lionelto eût ôté accuse cl convaincu de magie , et les tribunaux en le livrant aux bùrhets , l’ eussent justifié en démontrant qu il n était point incombustible.
Méthode pour préparer une bouteille lumineuse gui donnera . pendant la nuit , une clarté su f /'liante pour fairoi distinguer aisément l'heure guc morgue une montré.
Prenez une fiole de verre blanc et clair , d une forme oblougue; faites chauffer jusqu’à l'ébullition de bonne huile d'olive , dans un autre vaisseau ; ensuite , mette/, dans la fiulc un morceau de phosphore de la grosseur d un pois , et versez par-des.su> avec précaution l'huile bouillante , jusqu'à ce que 1a fiole en soit rempjie au tiers . alors bsmehez bien la fiole. Lorsqu’ensuite vous voudrez en faire usage, débouche/.-la pour y laisser pénétrer 1 an extérieur; puis refermez-la : l’espace vide dans la üob paraîtra alors lumineux et donnera aulant de clarté qu uni lampe ordinaire qui éclaire faiblement. Chaque fois que h lumière disparailra , incontinent on ôtera le bouchon, ra un temps froid, il hui avoir soin , avant de déboucher 1; fiole , de la chauffer entre les mains. Une. fiole , ainsi pre parée, peut servir chaque nuit pendant six mois.
Pyrophore gui s’enflamme par une goutte d eau.
Faites un mélange avec de la limaille de fer, du nitral de potasse , du tartre et de lu cadmie ; réduisez-lc en pat au moyen d'un peu d'eau, faites-le calciner ensuite dan un creuset» dans un four à potier. Si vous projetez un goutte d'eau sur cette matière , il s en dégagera de
DES SOaCIEBS. i/53
étincelles avec flamme. Ce phyrophore est dû à Glauber.
Briquets à phosphore de M.JDcrepas.
Dans un grand flacon , chauffé au bain de sable , mettez huit parties de phosphore que vous faites fondre à moitié sans le laisser oxider. Après qu’il est dissous , ajoutez quatre parties de magnésie ; mêlez le tout pendant une heure à une chaleur de 900 Réaumur* et modérez le feu à mesure que l'opération se termine. Arrivée à 33 degrés , elle forme une poudre grasse qu’on introduit dans des flacons bouchés à l’émeri. Cette matière forme un corps opaque propre à enflammer une allumette ordinaire.
Celte composition , pour laquelle M. Derepas a pris un brevet d’invention , n’est autre chose qu’un phosphure de magnésie , connu des chimistes bien avant lui.
Dans notre Manuel Je Physique amusante , nous avons parlé des divers pyrophores; nous allons donc nous borner à faire connaître les deux suivans , qui sont les plus modernes.
Pyrophore de Sérullas.
Introduisez dans une Çole à médecine bien lutée environ deux onces de sur-tartrate de potasse et d'antimoine ( émétique) ; bouchez avec un bouchon de craie, et chauffez à feu nu et graduellement , sans cependant trop élever la température. Quand on ne voit plus, au goulot de cette fiole, brûler le gaz hydrogène carboné, on la relire du feu, et, dès qu’elle est froide, on réduit en poudre le résidu de celte combustion, qu'on introduit dans une autre fiole qui doit être également lutée , ainsi que le bouchon. On donne un coup de feu plus fort que dans l'opération précédente ; il se produit de nouveau du gaz hydrogène carboné et de l’oxide de carbone : quand ce dégagement cesse, l’opération est terminée. On relire alors la fiole du feu , et lorsqu'elle est refroidie , on la bouche avec un bon bouchon de liège. ,
Propriété, Si l'on expose à l’air des fragmens de celle matière charbonneuse , et qu’on y projette quelques gouttes d’eau, aussitôt l'antimoine est lancé de toutes parts sous forme de globules enflammés. Il est bon de faire observer que celte expérience est dangereuse , qu'il convient de se couvrir la ligure d’un masque , et de ne projeter
IUMEL COMPLET
l'eau sur celle matière , que de loin el au moyen d'une pe- j lile brosse attachée à un bâton.
Celle matière est > d’après M. Sérullas , un carbure de potassium et d'antimoine, ou si l’on veut un inéiangede ■ charbon , d’antimoine et de potassium. Le charbon provient de l’acide tartrique; le potassium delà potasse , et l’antimoine de l’oxide d’antimoine. L’hydrogène de cet J acide s’unit, dans celte opération , à une portion de son j carbone , pour former du gaz hydrogène carboné , tandis 1 qu’une autre partie du charbon se porte sur la potasse et J l’oxide d’antimoine, les réduit à l’état métallique, et se | dégagé à l’état d’oxide de carbone.
Autre procède.
Il consiste à chauffer au blanc pendant trois heures, j dans un creuset bien Iule , du lartrate de potasse antimo- j nié. Après le refroidissement, on trouve dans le creuset il une matière noirâtre que l’on introduit dans des flacons à J large goulot hermétiquement fermé. Il faut prendre beau- j coup île précaution ulin d’éviter l’inflammation et l’explo- ] sion. Il convient de ne présenter que le moins possible I d’accès à l’air. Pour cela on fait pénétrer dans le creuset I une petite spatule en fer, en lirait un peu le couvercle ; l’on j divise la matière en morceaux , et chaque fois qu’on en j retire un , on ferme vile le couvercle ; on n’en sort les au- I très que par inlervallesde quelques minutes afin d’être plus I à l’abri du danger. L’on doit avoir surtout le soin de les I enfermer dans un (lacon bien bouché aussitôt qu’on les rc- I tire.
Eau lumineuse.
Coupez dans l’eau un morceau de phosphore de la gran- j deur d’un petit pois; diviscz-le en plusieurs fractions, et I faites-le bouillir dans un demi-verre d’eau , à un feu doux, j dans un petit vase de terre; versez ensuite la liqueur I bouillante dans un lldton long et étroit, bouché à l’émeri, j qfle vous aurez eu soin de remplir d’eau bouillante et de I vider avant d’y introduire la liqueur phosphorique. On ■ bouchera aussitôt le fl&con, et onje raastiquera alin d'évi- j 1er toute introduction d’air. Celte eau . ainsi préparée , j restera lumineuse dans l’obscurité pendant plusieurs mois.
Si on l’agite , pendant un temps chaud et sec, on verra j
DES SOnCIBH,
des éclairs [très brillons jaillir du milieu de ce liquide.
Rendre l'eau lumineuse par l’éther phosphore.
Préparation. On obtient cette préparation en laissant en contact , pendant un mois , de l'éther sur du phosphore, dans un flacon bouché à l’émeri.
Effet. Trempez un gros morceau de sucre dans de l'éther phosphore , et mcttez-le dans un très grand vase plein d’eau que vous placerez à l’obscurité. Aussitôt la surface de cette eau deviendra phosphorescente; en soufflant doucement dessus , il y aura production d’espèces d’ondulations lumineuses qui répandront beaucoup de clarté. Si cette expérience est faite en hiver, l’eau doit Ælre tiède. Si l’on imbibe quelque partie du corps d’éther phosphore , l’éther s’évapore [aussitôt , et le phosphore restant sur celte même partie la rend lumineuse. Quant à la phosphorescence produite en mêlant cet éther avec l’eau , elle est due à la décomposition de ce premier corps ; l’éther s’unit à l’eau , et le phosphore se trouvant très divisé est brûlé par l’oxigène de l’air.
Jet d’eau lumineux.
Prenez un petit entonnoir de fer-blanc muni d’une anse
Kiropre à le suspendre au conducteur , et d’un tube dont 'extrémité doit être assez eftilée pour que l’eau ne tombe que goutte à goutte. Aussitôt que vous aurez mis la maichine électrique en jeu , cette eau en sortira en formant Un jet continu et décrivant un cône dont la pointe est à ll’extrémilé de ce tube. Si l’on fait cette expérience dans 'l’obscurité , et que l'électricité soit assez intense , ce jet d'eau paraîtra lumineux ; si l’on reçoit ce. liquide dans un vase métallique , isolé au moyen d’un plateau de verre . •on pourra en tirer des étincelles en approchant le doigt : il en sera do même du vase.
Faire sortir des globules enflammés de l’eau.
Plongez un flacon plein de gaz hydrogène perphosphpré dans l’eau , débouchez et inclinez-le de manière à en faire passer quelques bulles dans l’air ; alors chacune , en crevant à la surface de l'eau, s’enflamme et produit une vapeur d’eau et d’acide qui s’élève sous forme de couronne ,
MAHCEL COMPLET
lesquelles , si l'atmosphère est tranquille , grandissent. Il est Don de faire observer que, pour que celte inllatnmation s'opère , il faut qu’elle ne contienne ni azote ni hydrogène.
Pour produire de la lumière tout l’eau.
L’on sait qu'en choquant deux morceaux de quartz l’un j contre l'autre , on en dégage de la lumière , mais ce qui est bien plus curieux , c'est que ce dégagement i lieu aussi dans l'eau , si on opère le choc sous ce liquide.-
Fontaine de feu.
L on prend un malras de verre dans lequel on verse huit onces d'eau , une once et demie d’acide sulfurique et 1 et six gros de zinc en grenailles ou de limaille de fer; on y jette quelques petits morceaux de phosphore. Dès lors on i voit un grand nombre de bulles qui se dégagcr.tait s’en- i (laminent à la surface de la liqueur . de manière à former { des couronnes blanches; bientôt après toute la surface du i liquidé devieut lumineuse , et l’on voit des jets de feu le j traverser rapidement et avec bruit.
C*s effets sont dus à la décomposition de l'eau dont | l’oxigènc oxide le zinc ou le fer que l'acide dissout pour I former un sulfate ife zinc ou de fer que l’eau dissout; d’autre part , une partie de l'hydrogène , provenant aussi I de la décomposition de l’eau, se porte sur le phosphore et forme du gaz h\ drugène phosphore ; or, comme ce gaz s’enflamme aussitôt qu’il est en contact avec l'air ou avec le gaz. oxigène , dans cette réaction le même effet a lien et produit cette lumière et ces jets de feu.
Moyen pour écrire en caractères lumineux.
On péeml un bâton de phosphore avec lequel on écrit sur un mur en gros caractères , ou bien on y trace les ob- j jets que l’on désire ; si l'on intercepte le jour, ou si c’est la nuit , en retirant la lumière, ces caractères paraissent lumineux. A diverses époques, et même de nos jours, coAme nous le démontrerons bientôt , l'on s'est servi de cette propriété du phosphore pour épouvanter les esprits faibles et crédules , pt les mourans pour leur escroquer leur argent. La lueur des caractères est duc à la légère couche de phosphore laissée sur le mur , qui bride lente»
DES SOfiCIKUS. *67
ment au moyen de l'oxigène de l’air, en répandant cette lumière.
Moyen propre à se rendre la figure lumineuse.
Il suffit de sc la frotter avec un morceau de phosphore et de paraître dans l’obscurité. L’explication est la même que pour le précédent jeu. On peut aussi produire le même effet de la manière suivante :
Pour faire l’Iiuilc pliosphorique et rendre la figure des • individus hideuse.
Prenez six parties d'huile d’olive et une partie de phosphore, laissez-les digérer ensemble au bain de sable , et conservez cette solution qui , dans l'obscurité , devient lumineuse. *
Lorsqu’on veut en faire un amusement physique , on ferme la bouche et les yeux ; après y avoir trempé un morceau d’éponge, on s’en frotte les mains et le visage, qui alors sc couvrent d’une légère flamme blenâtre , tandis que les yeux et la bouche présentent comme des taches noires. Celte expérience n’est nullement dangereuse.
Aiqsi que nous l’avons déjà dit, nous allons faire connaître un évènement qui a eu lieu vers la fin de 1828 , et qui se trouve rapporté dans la Gazelle des Tribunaux , pour janvier 1829. .
La Vierge noire et la Femme aux bas bleus.
Ce procès, en meme temps qu’il présente un raffinement d’escroquerie peu commnn , atteste à quel point la crédulité est poussée dans quelques classes.de la société . et servirait à établir la nécessité de répandre une instrucion salutaire dans le peuple , si celte nécessité n était pas aujourd'hui presque universellement reconnue.
Le fait s’est passé à Dun-le-Roi , petite ville du déparcmanl du Cher, à six lieux de Bourges, chef-lieu du même département. Il parait résulter de l’instruction qu’une association aurait été formée entre les époux Por- :her, horlogers ambulans, la Vierge noire et la Fille aux tas bleus. Dans le mois de 'décembre 1S27, la dame Rilïaut verdit quelques livres de coton. Celte dame croit aux .orciers. Elle se rendit chez la femme Porcher pour se faire .irer les cartes et apprendre le nom du voleur. Celte der-