‹ Nouveau manuel complet des sorciers, ou la magie blanche, dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique, contenant un grand nombre de tours dus à l'électricité, au calorique, à la lumière, à l'air, aux nombres, aux cartes, à l'escamotage, etc. Ainsi que les scènes de ventriloquie exécutées et communiquéesChapitre 35 sur 89 · AN A MOU PII O S ES · texte numérisé non relu

AN A MOU PII O S ES

On appelle anamorphnte, en perspective et en peir lure, une projection monstrueuse , ou une représentatio défigurée de quelque image, qui est faite sur un p'an c sur une surface courbe, cl qui néanmoins, à un ccrtai point de vue, paraît régulière et faite avec de justes pri portions.

DES SOECÏEttS.

Problâme.

Faire une anamorphose, ou une projection monstrueuse sur un plan.

Tracez le caré A B C D ( fig. 11), d’une grandeur à volonté, et suhdivisez-le en aréoles et en petits carrés. Dans ce carré ou celte espèce de réseau que l’on appelle prototype craticutairs , tracez au naturel l’image dont i’apparence doit être monstrueuse ; tirez ensuite' la ligne a b ( fig. 12 ), égale à A B, et divisez-la dans le infime nombre de parties égales que le côté du prototype A B ; au point du milieu E, élevez la perpendiculaire" E V , et menez V S perpendiculaire à EV, en faisant la ligne EV d’autant plus longue , et la ligne. V S d'autant plus courte, que vous avez dessein d’avoir une image plus difforme. De chaque point de division , tirez au point V les lignes droites , et joignez les points b , S , par la ligne droite b , S. Par les points c, e, f, g , etc. , lirez des lignes droites parallèles à a b ; alors a b cd sera l’espace où l’on doit trader la projection monstrueuse; et c'est ce qu’on appelle l'ectype craticulaire.

Enfin , dans chaque aérole ou petit trapèze de l’espace 1 a b cil, dessinez ce que vous voyez tracé dans l’aréole corirespondante du carré A B CD; par ce moyen vous aurez une image difforme , qui paraîtra néanmoins dans ses [justes proportions si l'oeil est placé de manière qu'il en soit éloigné de la longeur E V, et élevé, au-dessus , à la hauteur de V S.

T<c spectacle sera beaucoup plus agréable, si l'image léOgurée ne présente pas un pur chaos , mais quelque aure apparence : ainsi , l’on a vu une rivière, avec des sotlats , des chariots, etc. , marchant sur l’une de ses rives , eprésentéc avec un tel artifice , que , quand elle était re- ;ardée au point S, il semblait que ce fût le visage d’un ® atyre : mais on ne peut donner facilement des règles pour ' cite partie, qui dépend principalement de l'industrie et J le l’adresse de l’artiste.

-J On peut aussi faire mécaniquement une anamorphose r) e la manière suivante : on percera de part en part le rototype à coups d’aiguille , dans son contour et dans limeurs autres points; ensuite on l’exposera à la lumière

une bougie ou d une lampe , et on marquera bien exac-

MANCEL COMPLET

tement les endroits où tombent sur un plan , ou sur une surface courbe, les rayons qui passent à travers ces petits trous; car ils donneront les points correspondons de l'image difforme , par le moyen desquels on peut achever la déformation.

Problème.

Faire une anamorphose sur la surface convexe d'une cône.

11 parait assez, par le problème précédent , qu’il ne s'agit que de faire un ectvpe craliculaire sur la surface d'un cône qui paraisse égal nu prototype craliculaire, l’œil étant placé à une distance convenable , au-dessus du sommet du cône.

C’est pourquoi, soit la base du cône divisée par des diamètres en un nombre quelconque de parties égales; ou, ce qui revient au même, soit divisée la circonférence de celte base eu tel nombre qu'on voudra de parties égalés, et soient tirées par les points de divisions des lignes droites au centre. Soit aussi divisé un rayon en quelques parties égales; par chaque point de division , décrivez des cercles concentriques; parce moyen vous aurez tracé le prototype craliculaire. Avec le double du diamètre, comme rayon , . décrivez le quart de cercle E G [fig. >3 )» afin que 1 arc E G soit égal à la circonférence entière , et pliez ce quart' de cercle de manière qu'il forme la surface don cône, dont la base soit le cercle A B C D ; divisez 1 arc E G dans le même nombre de parties égales que le prototype craticulaire est divisé , et lirez des rayons de chacun des points de division ; prolongez G F en I, jusqu à ce que F 1=F G ; du centre 1 , et du ravon 1 F, décrivez le quart du cerde' F K. 11 , et du point f au point D lirez la droite I E ; divisez l'arc K F dans le môme nombre de parties egalei que le ravon du prototype craticulaire ; et du centre 1, pai i chaque point de division , tirez des rayons qui rencontrent E F aux points i , a , 5 , etc. ; enfin du centre F , e des ravons F i, F, a F 5, décrivez des arcs concentriques : de cette manière vous aurez l’ectype circulaire dont les aréoles paraîtront égales entre elles.

Ainsi , en transportant dans les aréoles de 1 eclype cra titulaire , ce qui est dessiné dans chaque aréole du pro totype craliculaire, vous aurez une image monstrueuse

SCS SORCIBRS.

qui paraîtra néanmoins dans ses justes proportions, si l’œil est élevé au-dessus du sommet du cône, d’une quantité égale à la distance de ce sommet à la base.

Si l’on tire, dans le prototype craticulaire, les cordes des quarts de cercle, et dans i'ectype craticulaire, les cordes de chacun de ces quarts, toutes les choses d ailleurs restant les mûmes, on aura I’ectype craticulaire dans une pyramide quadrangulaire.

Il sera donc aisé de dessiner une image monstrueuse sur toute pyramide dont la hase est un polygone régulier quelconque.

Comme l’illusion est plus parfaite quand on ne peut pas juger, par les objets contigus , delà distance des parties de l’image monstrueuse, il est mieux de ne regarder ces sortes d’images que par un petit trou.

■On voyait à Paris, dans le cloitre des Minimes de la Place Itoyale, deux anamorphoses tracées sur deux des côtés du cloitre: l’une représente la Madelaine, l’autre saint Jean écrivant son Evangile. Elles sont telles que , quand on les regarde directement, on ne voit qu’une espèce de paysage,, et quand on les regarde d’un certain point de vue , elles représentent des Ggures humaines très distinctes. Ces deux figures sont l’ouvrage de P. Niceron , minime, qui a fait sur ce même sujet un traité latin , intitulé Thaumaturgus opticus , Optique miraculeuse , dans lequel il traite de plusieurs phénomènes curieux d’optique, et donne fort au long les méthodes de tracer cés sortes d’anamorphoses sur des surfaces quelconques.

UAXl'EL COUPLET

Page 1