‹ Nouveau manuel complet des sorciers, ou la magie blanche, dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique, contenant un grand nombre de tours dus à l'électricité, au calorique, à la lumière, à l'air, aux nombres, aux cartes, à l'escamotage, etc. Ainsi que les scènes de ventriloquie exécutées et communiquéesChapitre 36 sur 89 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

AUUSEMI.VS ÉLECTRIQUES BT U AQRÉTIQUF.i.

Du ns mon Manuel de Physique amusante, faisant, par* lie de cette Collection , j’ai truité , avec beaucoup de détail, des récréations auxquelles l’électricité et l’aimant donnent lieu: nous ne nous étendrons donc pas sur ce sujet , pour éviter les répétitions: nous aurons, par le même motif, fort peu de chose a dire sur l'électricité , attendu que cp sujet se rattache plus particulièrement à lîi physique. Avant d entrer en matière , nous ne pouvons nous dispenser de décrire la table et la lunette magnétique qui servent à exécuter un grand nombre de tours très curieux,

Table magnétique terrant aux divertes récréations qu’on peut faire aicc ta sirène.

Faites construire une table A B ( fig. 14 ) dont le dessous soit double ; on laissera deux pouces d intervalle entre le dessus et le fond . afin de pouvoir ajuster dans une ouverture circulaire I , ménagée dans le dessus, un bassin de cuivre de douze à quatorze pouces de diamètre et de quinze lignes de profondeur. Soutenez celte table au moyen de quatre pieds tournés; que l’tin de ces pieds G soit percé en son milieu depuis D jusqu’en E ; ornez ces pieds de plusieurs moulures L et E ; que celle E soit formée d une pièce séparée qui puisse couler facilement dans la partie cylindrique F du même pied G (fig. i5 ); cette partie F doit être ouverte sur toute sa longueur , c'est-àdire d'environ deux pouces, afin qu’un Gl de fer qui la traverse, ainsi que la moulure E, puisse servir à la retenir et à abaisser en même temps un cordeau qui doit aller de ce Gl de fer à la partie intérieure de la table

( fy: >6).

Disposez, dans l'intérieur de la table A B C D, un

DES SOHCIEBS,

cercle d’acier E dont le diamètre ait quatre pouces de moins que le bassin; qu'il soit trempé , bien aimante et soutenu sur une lame de cuivre F G que vous fixerez carrément sur un axe placé au centre inferieur de cette table- cet axe doit rouler sur une plaque de cuivre H I assez épaisse et vissée sur la table; il doit être encore arrêté en dessous au moyen d'une goupille, afin que cette piece ne

sorte pas de dessus cette plaque.

Ajoutez carrément sur ce même axe , entre la plaque de cuivre H 1 et la lame de cuivre F O , une double poulie L , sur l'une desquelles vous fixerez le cordeau M , qui , passant sur une poulie N , doit couler le long du pied C de la table , au bas duquel se trouve la moulure mobile sur laquelle il est fixé. . , „

Attachez sur l'autre poulie un cordeau qui de l autre boutsoit arrêté sur le ressort P Q ; il faut que ce ressort ait assez de force pour faire remonter la moulure E lorsqu'elle a été abaissée ; que le tout soit disposé de manière que les frotlemens soient fort doux et ne lassent pas de bruit.

Insérez, dans une petite sirène de liège, un petit aimant en forme de fera cheval, ou servez-vous de toute autre figure qui vous semblera commode.

Effet. Lorsqu’étant assis vis-à-vis de celte table, vous appuierez le pied sur la moulure E ( fig. 14 ) , vous ferez tourner sur son axe le cercle renfermé dans la table , et comme il se trouve placé au-dessous du bassin , l’aimant caché dans la petite sirène suivra ce mouvement, parce qu'il sera toujours disposé à se placer entre les deux pôles qui forment les extrémités de ce cercle : par ce moyen on pourra conduire et arrêter la figure à- tous les endroits de la circonférence du bassin que l’on jugera convenables.

Jiagiictle magnétique.

Prenez une petite baguette de bois d’ébène, d'acajou 'ou de tel autre bois que vous voudrez ; faites en sorte iqu’clle ait une longueur de dix pouces sur cinq lignes de grosseur, et qu’elle soit perforée dans toute sa longueur, Je manière à recevoir un petit barreau d'acier fortement aimanlé. Cette baguette doit être fermée à. chacune de ses •xlrémités par deux boutons d'ivoire noir, chacun d’une orme différente, afin de reconnaître les deux pôles de et acier.

MAXUIL COMPLU T

Avec cette baguette, on peut exécuter un grand nombre de tours fort agréables , en attirant ou repoussant les corps aimantés suivant le pôle. qu'on leur présente.

Lorgnette singulière avec laquelle il parait qu’on découvre les objets il travers Us corps opaques.

A ver un tuvnu de carton, de forme carrée , d’environ" deux pouces et demi de long sur huit ligues de largeun ( flg . - ); divisez sa longueur Ail en trois parties égales , C, E, D , et insérez dans chacun des deux espaces C et D< un petit miroir blanc, incliné A 4 5*, et donües deux surfaces réfléchissantes soient parallèles; faites au côté de ce. tuyau , qui se Ironve en face d’on des miroirs, deux ouvertures circulaires F et G , de quatre à cinq lignes de diamètre , et deux autres 11 et I à celui qui lui est opposé ; qui toutes ces ouvertures «oient disposées de manière que relie G soit vis-à-vis le miroir incliné NO, celle II vis-à-vis l’autre miroir LM , et les deux autres F et I vis-à-vis l'une dé l’autre.

Ajustez à l’extrémité B de ce tuyau une queue tourné P. qui soit coupée carrément à l’endroit B vers lequel 1 carton qui forme ce tuyau doit être collé sur une gorgi ménagée à 1*61 effet.

Ayez un cercle de bois tourné AB (/ tg . 8), d’un pour d’épaisseur, creux en dedans, afin que le tuyau ci-dessu puisse y couler librement-; couvrez-le des deux côtés d'ui verre (*i) garni en-dessous d'un diaphragme de papier au quel vous ferez une ouverture H de cinq à six lignes d diamètre.

Lorsque ce luvau , garni de ces deux miroirs, sera en tièrement enfoncé dant lccerrle AB (a), si on regardeque que objet au travers de cette lunette on- le verra de ménr que si on le regardait avec une lunette ordinaire, telle qt celle qu’on nomme communément lorgnette.

Si , au contraire, on retire le tuyati de manière que miroir LM (ftg. 7 ) se trouve placé vis-à-vis le trou If, loi

(1) On peut se servir de verres convexes d'un côti afin que cette lorgnette grossisse les objets.

(a) Le diamètre de ce cercle doit être de même lo gutuc que ce tuyau de carlou.

verture faite en G , qui était masquée lorsque le tuyau était entièrement enfoncé dans le cercle , se découvrira ; si l'on regarde alors à travers la lorgnette , l’objet sera aperçu par la réflexion des deux miroirs; et comme la vision se fait toujours en apparence par une ligne droite, on s’imaginera naturellement le voir à travers tout corps opaque qu’on placera de l’autre côté de cette lorgnette , et si on en éloigne un peu l’œil , il semblera que ce corps est percé à jour.

aécaérTion.

Le tuyau ayant été poussé jusqu'au bord du cercle de cette lorgnette, on la donnera en main d’une personne, aQn de lui faire reconnaître par elle-même qu’elle distingue, au travers des verres qui la composent , les objets qui lui sont présentés : on lui fera entendre qu’on peut , par sop moyen, distinguer les objets au travers même des corps opaques : on reprendra cette lorgnette, et, retirant adroitement le tuyau mobile de la longueur nécessaire, on lui dira de placer sa main de l’autre côté pour en boucher l’ouverture ; ce qui lui causera une surprise assez étrange, en ce qu’elle croira voir à travers sa main même l’objet placé au-delà de cette lunette.

Nota. 11 faut d’abord donner la lorgnette à voir, et la reprendre ensuite, afin qu’en la présentant soi-même visà-vis l’œil de la personne, on en puisse reculersubtilement le tuyau. Il est essentiel aussi, aKn que d’autres personnes ne puissent découvrir le trou qu'on est obligé de démasquer, de faire regarder un objet placé à plat sur une table; cependant s’il n'y avait personne au- devant de la lunette, on pourrait la présenter dans line situation verticale.

Lunette magnétique.

Faites construire une lunette d’ivoire assez mince pour être translucide , alin que la lumière puisse pénétrer dans l'intérieur. Sa hauteur doit être de deux pouces et demi à trois pouces, et sa l'orme analogue à celles de spectacle, avec celle différence que le dessus A et le dessousB [fig. 17) doivent entrer à vis dans le tube d’ivoire G ; pratiquez audessus, vers le point A, une portée pour y placer une loupe ou oculaire D dont le foyer soit de deux pouces(uoy. fig. iS). Le cercle d'ivoire B doit être ouvert, alin d’y placer un

MARCEL COMPLET

verre quelconque E, qu’on couvre en dedans d’un papier noir el d’un petit cercle de carton. Placez au milieu de ce cercle un pivot F, sur lequel vous mettrez une très petite aigudle aimantée G qui soit moins grande que le diamètre de ce cercle, etc. ; recouvrez-le d'un verre, aûn d'empêcher l’aiguille de sortir de dessus son pivot. Ainsi disposée, , celte limette est une espèce de boussole plucée au fond! d'un tube d’ivoire assez translucide pour qu’on puisse voirt la direction de son aiguille, el dont l'oculaire serve à distinguer les lettres ou les chiffres qui doivent être tracéssur le cercle de carton placé au fond de la lunette.

Effet. D’après ce que nous connaissons sur les attractions et les répulsions magnétiques, en posant cette lunette : à une petite distance au-dessus d'un barreau aimanté, ou; d’une boite en bois ou métallique, pourvu qu’elle ne soit: ni de fer, ni de cobalt .ni de nickel, dans laquelle on l'aurai placée, l’aiguille aimantée de la lorgnette prendra la même direction nue celle qu’a ce barreau,' et indiquera par son» nord le sud du barreau , etc.

11 est bon de faire observer qu’on ne doit pas trop éloigner l'aiguille du barreau, surtout s’il est fort petit, et que le pivot de l'aiguille doit correspondre avec le dessus du centre du barreau, alin de n’avoir point de fausse indication.

Celte lorgnette sert à une foule de récréations : nous en décrirons les plus curieuses.

BÉcnéATiosr.

Boite aux nombres.

Faites construire une petite boite de bois de noyer fermant à charnière, d'environ cinq pouces de longueur sur un pouce de largeur ; ayez, pour l’usage de cette boite, dix tablettes de bois de deux à trois lignes d'épaisseur(/fc. 19), dont trois seulement puissent remplir son intérieur.

Tracez un cercle sur chacune de ces dix tablettes, divisez chacune d'elles en dix parties égales (fig. 20), et lirez par les points de division les lignes A 1, A a, A3, A4. A 5, A 0 , A 7 , A 8 , A 9 , A o , de manière à indiquer séparément sur ces dix tablettes les diverses directions que peuvent prendre ces lignes.

Creusez exactement une rainure le long de ces lignes, et logez dans chacune d'elles un petit barreau d'un pouce- 1

des soneicas.

et demi de longueur bien ai mante, dont vous dirigerez les pôles comme il est indique sur ces tablettes (/iÿ. 20). On remplit le vide avec de la cire molle , et l’on recouvre chacune de ces tablettes d’un double papier blanc sur lequel on transcrit, dans l’ordre désigné sur ces mêmes ligures , les dix chiffres : 1 , 2, 5, 4, 5, 6, 7, fl, 9, et 0.

Placez au fond de la lunette magnétique dont la construction vient d’être donnée, un petit cadran de papier divisé en dix parties, comme le désigne la ligure , et transcrivez ces dix chiffres dans chacune de ces divisions.

Tracez aussi sur ce cadran la petite (lèche AB , dont la pointe réponde au chiffre 1 .

Effet. Lorsqu 'ayant renfermé trois desdix lableltesdans la boîte, vous poserez cette lunette sur son couvercle, exactement au - dessus des tablettes qui y sont contenues , en observant qu’à chaque position la petite flèche tracée sur le cadran soit dirigée perpendiculairement sur le côté de la boite où est la charnière, l’aiguille qui est renfermée dans cette lunette prendra les mêmes directions que ces barreaux , et vous indiquera sur ce cadran les chiffres qui sont transcrits sur ces tablettes. Cet effet aura également lieu pour les sept autres tablettes.

On donnera la boite et ses dix tablettes à une personne , en lui laissant la liberté de former, avec trois de ces dix chiffres ( tels qu’elle voudra choisir secrètement ) , le nombre qu’elle jugera à propos ; et , au moyen de cette lunette, on lui dira, sans ouvrir la bôite, quel est le nombre quelle a formé, en lui persuadant qu’on l’aperçoit au travers de son couvercle.

On peut , si l'on veut , n’avoir que cinq tablettes , telles lue celles où sont désignés les cinq chiffres , 1,2,0, 7 , o . et alors on transcrit au revers les cinq autres ,6,5, 4 , 9 et o ; on 11e doit pas craindre de cette manière de ne pas réussir si la personne qui forme le nombre renverse les tablettes sens dessus dessous dans la boîte , parce qu’on connaîtra toujours les chiffres qui sont tournés en dessus. Pour peu qu’on examine la direction des aimons renfermés dans les cinq tahlettes , on verra aisément que cet effet doit avoir lieu.

On peut augmenter la longueur de la boite , de manière qu elle contienne quatre ou cinq tablettes; mais plus il y a de tablettes, plus il est difficile de placer précisément

MANCEL COMPLET

IgS

la lunette au-dessus d'elles : c'est pourquoi il faut alors qu'une petite marque sur le couvercle guide celui qui fait cette récréation.

Boite aux chiffres à double botte.

Faites faire deux petites boites de bois de noyer A et R, fermant à charnières . dont la pièce A ait huit pouces fie longueur sur deux pouces de largeur et cinq lignes de ]>rofondeur . sans y comprendre 1 épaisseur du fond qui ne doit être que dune ligue au plus; que la deuxième R soit de même grandeur , mais qu'elle n'ait que quatre lignes de profondeur, et que le dessus en soit fort mince. ( toy. fi*, ai.)

A) ex quatre petites tablettes de bois C D E F, de deux poucts carrés et de trois lignes et demie d'épaisseur, qui remplissent exactement cette deuxième boite, ou milieu desquelles vous cremerez une rainure d'un pouce trois quarts de longueur sur trois lignes de largeur et deux lignes de profondeur , dans la direction indiquée sur ces tablettes : insérez dans chacune d'elles une petite barre d'acier treuqié , poli et bien aimanté , qui remplisse exactement ces rainures sans déborder les tablettes; couvre* le tout d'un double papier collé , alin qu’on ne soupçonne pas qu'il y ait rien de caché dans leur intérieur; écrivez sur ces tablettes les chiffres a , 3 , 4 et 7, et observez qu’ils soient tracés sur ces quatre tablettes eu égard à la disposition des pôles des barreaux aimantés qui y sont renfermés , comme l'indique exactement celle figure.

Prenez ensuite votre deuxième boite , et divisez son fond intérieur en quatre carrés égaux , au centre de chacun desquels vous ajusterez un pivot, et sur chacun d'eux vous placerez une aiguille aimantée renfermée entre deux petits cercles de carton très mince , fait seulement avec deux morceaux de papier collés l'un sur l'autre ; ayez une attention particulière à ce que ces aiguilles, ainsi garnies de leurs cercles, soient parfaitement en équilibre, afin quelles ne puissent pas frotter sur le verre dont elles doivent être couvertes. Divisez ensuite ces quatre cercles par deux diamètres qui se coupent à angles droits, et transcrivez sur chacun d'eux, a égale distance de leur centre . les quatre chiffres a , 5 . 4 et 7 , que vous avez déjà transcrits sur les quatre tablettes, et disposez-lcs

DBS SORCIBRS, 199

exactement , eu égard aux pôles des aiguilles aimantées qui y sont renfermées, comme l’indique celte figure.

Couvrez ensuite celte première boîte d’un verre sur lequel sera collé ün papier où vous aurez ménagé quatre ouvertures au-dessus de la position où se trouvent les quatre chiffres qui sont tournés du côté de la charnière de cette deuxième boite, lorsque la première boite, remplie de ces quatre tablettes, se- trouve exactement placée an-dessous.

Lorsqu’on aura disposé, en quelque manière que ce soit , ces quatre tablettes en la deuxième boite, et qu'on aura par ce moyen formé un nombre quelconque avec les quatre chiffres qui y sont transcrits, si, après l’avoir fermée, on pose au-dessus d’elle la première boite, les quatre aiguilles aimantées , qui sont mobiles sur leurs pivots, prendront une direction semblable à celle des barreaux renfermés dans les tablettes , et on apercevra de nécessité, par les quatre ouvertures qui ont été ménagées sur le papier qui couvre le verre, quatre chiffres , non seulement semblables, mais encore rangés dans le même ordTC que celui qui aura été donné aux tablettes; ce qui est fort aisé à concevoir pour peu qu’on examine la manière dont les chiffres sont réciproquement placés, tant sur les tablettes que sur les cercles , eu égard aux pôles respectifs des aiguilles et barreaux aimantés qui y sont contenus. ( V oyez les figures. )

aiCBéATiow

Qui se fait avec cette boite aux chiffres.

Pour surprendre agréablement avec cette récréation , on donne à une personne la deuxième boite et ses quatre tablettes , en lui laissant la liberté de les y insérer secrètement, de manière que les chiffres qui y sont transcrits forment un nombre à sa volonté ; on prévient cette personne qn’on a disposé à l’avance , dans la première boite, le nombre qu’elle va former ; lorsqu'elle a rendu la boite bien fermée, on pose Ja première noilc au-dessus, et, un instant après (1), on l'ouvre et on lui fait voir ce même ; nombre.

(1) 11 faut laisser aux cercles le temps de se fixer.

IIABCïl COMPI.KT

Nota. Pour rendre cette récréation beaucoup plus extraordinaire , on peut ajouter un bouton au-devant de la première boite , alin qu'en le tournant un peu , sous prétexte de l'ouvrir, on puisse faire lever une petite bascule de cuivre portant à son extrémité une aiguille de laiton qui appuiera alors sur les quatre cercles de carton , et qui, les lisant et contenant entièrement, procurera la facilité d'ôler celte première boite de dessus la deuxième , sans que les cercles de carton puissent se déranger de la position qu’ils auront prise.

Al TBB BKCBCATIOX

Qui se fait avec cette boite.

On peut, sans se servir de la première boite, nommer le nombre qui a été secrètement formé; il suffit pour celai d’insérer au fond de la lunette magnétique , ci-devant décrite page iij9 , un cadran semblable il celui désigné par la figure. Alors . posant successivement la lunette sur le couvercle de celte boite, exactement au-dessus des endroits où se trouvent posées les tablettes, ou reconnaîtra de même qu’avec la boite A dans quel ordre les chiffres > sont placés, et le nombre qu'ils doivent former.

Observation.

Les tablettes sur lesquelles sont écrits les quatre chif— fres, 3,5,4 et 7, produisent les vingt-quatre permutations où changemens d'ordre contenus dans la table cidessous.

ACTBE RÉCUSATION.

Si , au lieu de ces quatre chiffres, on transcrit sur les

tablettes et cercles les quatre lettres A M O R , les différens mots ou anagrammes qu’on pourra former en la deuxième boite, par les permutations dont sont suscep-

DES SOHCIERJ.

tibles ces quatre tablettes, se représenteront de même en la première boite. Celle récréation présentée de cette manière, peut avoir aussi son agrément.

AtJTBK aècaiiATIOK

Qui se peut hasarder avec cette boite.

Quoique les quatre chiffres portés sur les tablettes cidessus puissent former , par toutes les combinaisons ou cbangcinens d'ordre dont ils sont susceptibles, vingt-quatre nombres différens , il arrive cependant, lorsqu’il y a des .séparations entre elles, que lorsqu’on présente la boîte à une personne pour former un nombre avec les quatre tablettes qu’elle contient, elle fait naturellement un des cbangemens ci-après; c’est-à-dire que si l’on a présenté la boite de manière que les chiffres soient dans l’ordre 3 , 4 , 3 , 7, la personne à laquelle on la remet lève ordinairement la première tablette a pour la changer avec la quatrième 7 , et , s’apercevant ensuite qu’on ne les a pas changées toutes les quatre , elle échange la deuxième tablette 3 contre la troisième 4 , et forme alors dans la boîte le nombre 7 , 4 , 3, 2, qui se trouve être celui qui était •d'abord dans la boîte, pris à rebours.

11 arrive moins fréquemment qu’on place le 2 à la place du 4 .et le 3 à la place du 7, ce qui produit le nombre 4723, il arrive encore plus rarement qu’on échange le 2 contre le 3 et le 4 contre le 7, ce qui forme le nombre 0274 (1).

Celte explication fait voir qu’on peut se hasarder à nommer d'avanceje nombre qu’une personne doit composer, et qu’on peut y réussir assez fréquemment; mais si l’on a rencontré juste, il faut se donner de garde de re-

(i) 11 peut arriver, ce qui est encore plus rare, qu’on n’èchange que deux chiffres , en mettant le 2 à la place du 3, 4 ou 7; le 5 à la place du 4 ou 7, et le 4àla place du 7; ce qui forme, avec les trois changement ci-dessus, neul manières de permuter ces quatres chiffrés, en supposant que la personne note pas les quatre tablettes toutes ensemble de leur case pour les y disposer à son gré, ce qui pourrait alors former les vingt-quatre combinaisons.

UAKTRL COUtttT

commencer line deuxième fois à l'annoncer , et il faut laisser ceux avec lesquels on s'amuse dans l’embarras de deviner comment on a pu y parvenir.

On peut encore mettre à l'avance et secrètement un de ces trois nombres dans un petit papier cacheté , placé sous un chandelier, et lorsqu'on a reconnu que la persoune a fait ce changement , lui donner alors à ouvrir ce

t encore aisé de voir que si la personne qui a forme le nombre n fuit un des trois ehangemens qui , comme on l'a dit ci-dessus, sont les plus fréquens , et qu’elle ait constamment formé l’un des trois nombres 743), 47*3 , ou 3aj4 , les derniers chiffres étant ) , 3 ou 4 > on pourra , en couvrant d’un carton le dessus intérieur de la première boite , le faire glisser pour voir seulement le dernier chiffre . rt nommer la somme formée avant de le retirer entièrement de dessus le verre qui le couvre.

Xota. On peut, par intelligence avec une personne, lui faire nommer le nombre qui a été secrètement formé;, pour eet effet, on transcrit sur un carton les vingt-quatre nombres portés en la table ci-dessus , et on se sert de la lunette pour reconnaître soi-méme chaque chiffre; et à mesure qu’on en découvre , on lève l’un ou l'autre des-i doigts dont on tient la boite, selon la manière donton est; convenu pour indiquer les chiffres, e'est-à-dire qu'en 1c-vant le petit doigt . on désigne le chiffre 7, en levant les deuxième, le rhiflre 4, etc. .On dit ensuite à cette personne de choisir, dans la table qu’on lui remet , un desvingt-quatre nombres qu’on 0 pu formêr, en la prévenant que celui qu'elle vu nommer sera nécessairement celui qui a été fait.

A. C B ( /î". a») est un cercle aimanté caché dans la table magnétique de la sirène; on fait un petit édifice de carton de telle forme qu'on veut, dont la planche est double , afin de pouvoir y cacher quatre lames aimantées C D E F soutenues sur leurs pivots : les fils de laiton , qui doivent être élevés sur les chapes de ces aiguilles . traversent le plancher supérieur à distances égales, et les extrémités des quatre lames aimantées se trouvent, lors-

Danse magnétique.

qu’elles tournent, placées vers les bords du cercle aimanté

ci-dessus. , , . ,

Ajustez , sur chacun de ces fils de laiton , deux petites figures fort légères , une d'homme et une de femme , de façon quelles soient diamétralement opposées entre elles et placées de manière que le cercle aimanté étant, audessous de cette pièce . dans une direction déterminée , les quatre figures d’homme soient en face du centre de ce même cercle.

Placez cet édifice Sur la table magnétique.

Effet. Si l’on fait mouvoir secrètement le cercle qui est caché dans la table, de manière qu’il fasse un tour entier, il arrive que chacune de ces lames aimantées , et les figures qu’elles soutiennent, font un demi-tour; si vous ne lui faites parcourir qu’un demi- tour, elles ne feront alors qu’un quart de tou^; enfin, ?S vous le faites aller et venir, elles iront et viendront de la même manière et proportionnellement aux espaces parcourus par ce cercle.

Pour rendre cette récréation agréable , on prévient qu'il y a dans le petit édifice* quatre petites figures qui aiment tellement la danse quelles se livrent à cet exercice dès qu'elles entendent qu’on chante ou qu'on joue de quelque instrument. Cela dit, on propose à une personne de chauler une contredanse, afin d’en faire 1 épreuve, et l’on fait aussi têt agir ies figures au moyen du cercle aimanté que l’on fait mouvoir. L on prévient que si 1 on cessait de chanter, les figures s’arrêteraient sur-le-champ ; en effet, si la personne cesse, on ne fait plus mouvoir le cercle , et alors les figures restent sans aucun mouvement.

Nota. Les laines qui supportent ces figures pourraient être placées également en dehors du cercle , mais alors elles seraient trop éloignées , il vaut mieux les placer en dedans. La longueur des lames doit avoir à peu près le quart du diamètre intérieur du cercle aimanté.

Boite aux énigmes.

Faites faire une petite boite de trois pouces carrés, A B C D ( fg- cl 24), de quatre à cinq lignes de profondeur, fermant à charnières , au milieu et au fond de laquelle vous ajusterez un pivot qui doil supporter une aiguille aimantée E E1 , que vous masquerez par une petite ligure dont la main doit se trouver placée vers le nord de

MANCEL COMPLET

celle aiguille : couvrez le foud intérieur de celte boite d’urt verre, alin d’y renfermer celte ligure, el collez sur ce verre un cercle de papier divisé en liait parties égales , dans chacune desquelles vous transcrirez les mois des huit énigmes ci-après, dans l’ordre désigné parla ligure vingltroisième.

Ménagez au-dessous de cette boite un petit tiroir G H (/'ié- >4 • de même grandeur, auquel vous donnerez trois lignes de profondeur, et dans lequel on puisse insérer une des quatre tablettes de carton ci-après.

Ayez quatre tablettes de carton (fig. a5, afi, 37 et a8 ), que vous diviserez en huit parties égales, dans chacune desquelles vous insérerez une lame aimantée dont les pôles soient disposés comme le désignent ces quatre figures ; couvrez les deux faces de ces tablettes avec un autre carton que volts bordertu el couvrirez encore d'un papier; transcrivez sur leurs deux faces les huit énigmes ci-après, de manière que, suivant la construction ci-dessus el la disposition des laines aimantées que vous y aurez insérées, chacune d’elles étant renfermée dans le tiroir, la pefite ligure indique avec sa main le mot de l'énigme transcrite sur celle de ccs deux faces qui se trouvera audessus du tiroir.

Lorsqu'une de ces tablettes aura été renfermée dans ce tiroir, la petite figure, ou plutôt l'aiguille nimanlée, la dirigera de manière à lui faire indiquer le mot de l’énigme transcrit sur la face de cette tablette, qui ne sera pas tournée vers le fond du tiroir (1).

RÉCRÉATION

Ayant présenté toutes ces tablettes à une personne, en lui proposant de lire et de deviner les mots des énigmes qui y sont transcrites, on lui fera mettre secrètement dans la boite celles qu'elle n’aura pu découvrir, et on lui fera voir que la petite figure indique le mot qui en donne la solution.

.Vo/a. On a ajoute à cette récréation les huit énigmes qui suivent pour la facilité de ceux qui ne seraient pas à portée d'avoir le recueil dans lequel 011 en a fait choix, et

(1) O11 peut, si on le trouve plus convenable, faire huit tablettes au lieu de quatre et n inscrire qu’une seule énigme sur chacune d'elles.

DE3 SOUCIEES.

en même temps pour faire mieux comprendre la disposition de cet amusement. Il est aisé de voir qu’on peut construire cette boite pour douze énigmes , au lieu de huit , en se servant de six tablettes et en faisant une autre di-

Le» roi» sont me» sujets, les vainqueurs mes esclaffa* Je force les plus forts, je dompte les plus bran*».

Tout e moi les cITotls sis trouvent superflu».

Je cause du cliagriu , 1rs pleur» et le martyre ,

A ceux que mn puissance à me servir attire j Et je fais plus de mal à qui m’aime le plus.

Non» sommes plusieurs sœurs à peu près du même fige , Dans deux rangs différons, mais d'un semblable usage. Nous avons en naissant un palais pour maison ,

Qu’un pourrait mieux nommer une étroite prison.

Il faut nous y forcer pour que quelqu’une en sorte , Quoique cent fois le jour on nous ouvre la porte.

(Les Denlt. )

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