‹ Nouveau manuel complet du bonnetier et du fabricant de bas, ou, Traité complet et simplifié de ces artsChapitre 20 sur 24 · RE S · texte numérisé non relu

RE S

relativement à la qualité des bas, et qui en baisse «

singulièrement le prix, en permettant de les livrer au commerce encore à beaucoup meilleur marché, quand même leur poids serait égal. |

Toutes les soies dévidées et rassemblées en telle quantité de brins qu'il est nécessaire pour

obtenir une grosseur de fil déterminée sont :

montées et doublées’ pour les retordre au moulin désigné sous Id nom d’uvaleg/on les blanchit ensuite ou bien on les passe à la teinture : cette idée, venue des fabricans languedociens, a été ensuite adoptée par les Lyonnais; peu à peu elle s'est propagée à Paris, et si l'usage n’en est pas plus fréquent, c’est que les fabricans de Paris n’ont pas autant besoin que les autres de faire des expéditions à l'étranger; car, quel que puisse

être un objet de consommation exporté dans .

un même lieu, les fabricans doivent autant qu’il est en leur pouvoir le livrer avec des qualités à peu près semblables et à des prix à peu près égaux ; ils ne doivent guère différer entre eux que par la main-d'œuvre, et s'ils veulent obtenir une préférence marquée, ils n’y arriveront guère que par l’industrie avec laquelle ils

distingueront leurs produits, et qu’ils mettront d’accord avec le désintéressement.

Si dans presque toutes les fabriques on as- . semble une quantité de brins de soie toujours relative à la grosseur du fil employé pour faire les bas, à Lyon c’est le contraire : on n’en met que la moitié ou les deux tiers, qu’on designe alors soustle nom de demi-fixes. Après les avoir montés à l’ovale pour les teindre, on les réunit à deux, quelquefois à trois, suivant que l’on désire donner de la force au bas; ensuite on les remet à l’ovale pour les tordre; de cette manière , on prépare beaucoup mieux la soie, elle fournit aux bas des qualités biensupérieures à toutes les autres qu’on emploie à Nismes ou ‘autres lieux où cette habitude n’est pas mise en usage.

On fabrique encoreYdes bas avec la filoselle ou la bourre de soie; on l’emploie même, soit ‘après avoimété tirée du cocon comme premier et dernier résultat de sa décomposition, soit après l'avoir obtenue avec ceux qui auraient été percés pard la sortie du papillon, soit enfin qu'elle ait pu provenir des débris de la soie filée : dans le premier cas, on la fait macérer

pour la carder et la filer ensuite ; dans le se- w cond, comme elle est purgée de toutes matières . étrangères , elle n’a plus que les deux dernières opérations à subir. (Voir pour plus amples dé- & tails le Manuel relatif à l’art d'élever les vers àsoie et celui du filateur, qui font partie de notre collection. ) | Enfin la soie étant préparée ? le métier bien monté, l’ouvrier assis et placé pour le vérifier et le mettre dans une situation propre au pre- : mier travail, il/débute par le crochen/ pour * monter l’ourleéÿ opération qui est même dans

ce cas assez M lui, puis il cueille, il assemble, il presse,/ etc. ; aussi pour le moment il doit nous suffire d’exposer et de faire sentir le résultat de toutes les parties du métier à bas, lorsqu'elles sont mises en jeu, afin d’obtenir un tissu à maillestquel qu'il soit, tissu à mailles que l’on désigne encore d’une manière plus générale sous le nom de #ricot,/( Pour développement, voir l’article où se trouve la description du métier dans tous ses détails.) Nous . diviserons en dix sections tout ee que l’ouvrier doit faire ici.

$. IY Crocher le métier, e*est prendre à deux

Fu DU BONNETIFR. 233 mains laŸbarre à poignée vers ses extrémités, ‘appliquer eu méme temps les deux pouces contre les deux pièces de ce nom, et qui sont attachées “aux deux côtés dela barre à platine ; c’est presser les pouces de manière que les Contre-pouces fassent appliquer la bascule sur la queue des ondes, avancer le métier jusqu’à ce que les abattans touchent les pièces attachées aux côtés | dé laffüt, ce qui est désigné parŸpetiüs coups , | pour régler les mouvemens du métier, passer a marche du côté droit pour faire descendre le métier jusqu’à ce qu'il soit arrêté par la vis inférieure de la gimelle, que règle la profondeur | du crochage ; repousser le métier dans cette at- | titude jusqu’à ce qu’il touche les deux crochets, enfin le laisser relever jusqu’à ce qu’il s’arrête dans Ja position qu’il doit garder, par le moyen

Cons see durs

d’une petite pièce attachée au derrière des/pen- | dans, où se trouve une cavité pour recevoir les |

crochets. ,

! $. IIS Monter l’ourlet. On double la matière sur la longueur du fil nécessaire à former l’our-

let; sans ce doublage, cette partie du bas, beaucoup plus sujette à être tirée et moins élastique, he résisterait pas long-temps. Après avoir passé

Aa boucle dela soie doublée dans la tête de la première aiguille du côté gauche, on passe.

cette soie par-dessous les deux aiguilles sui- | vantes; on la ramène en dessus jusque sur eg première aiguille ; enfin, après l’avoir ramenée … par-dessus ces deux aiguilles, on la repasse en dessous pour aller embrasser la première iai- « guille, qui la suit, où il n’y a pas de soie, pour | revenir autour de la dernière, sur laquelle il y en avait; continuer autour de la plus prochaine, qui est vide, et revenir sur la dernière, garnie jusqu’à la fin de la rangée : cette première disposition se place sous la gorge des platines.

$. III NCueillir. L’ourlet monté est amené dans la tête des aiguilles ; mais s’il est un peu gros il ne peut être amené dans la tête des aiguilles | sans risquer de déranger quelques becs, sans lesquels il ne pourrait passer facilement; ïl vaut mieux à cette première opération crocher en arrière comme il arrive pourJes bas à côtes : on creche le métier, on pose les deux pieds sur. les marches, on étend le fil sur toutes les aïguilles en avant des platines , on presse la marche du côté opposé à celui,jdu chevalet ; la corde qui part de l'extrémité de cette marche,'et qui

| passe autour du‘tambour de la roue, fera tourmer l’un et l’autre, et la corde qui de dessous cette roue va passer sur les roulettes dejla barre ” a chevalet, fera couler celui-ci le long de cette dernière; le comble du corps à chevalet, plus élevé que la queue des ondes, poussera cellesei en passant, et le fera sortir de la cavité des «ressorts de grille ; le dessous de la tête des Ondes sera forcé de descendre sur ldbarre à moulinet et s’y tiendra par l’action du petit plan incliné qui termine les ressorts de grille.

« Les platines à ondes, assemblées avec les ondes, descendant en même temps, leurs becs rencontrent la soie étendue par-dessous, et l’entrainent pour en former des boucles entre la seconde et la troisième aiguille, entre la cinquième et la sixième, entre la huitième et la neuvième, et ainsi de suite, parce que les ondes, en tombant, laissent un vide de trois aiguilles,

afin que les platines à plomb puissent se placer entre chacune d'elles,

$. IV .&Assembler et former l'ouvrage. On saïsit en même temps la barre avec les deux mains,

de manière que les pouces soient appliqués contre les pouces du métier, et l’on presse du

même pied dont on à cueilli et fait marcher le corps à chevalet; l’action des mains, celle de tirer la barre en bas des pouces, de presser | contre les pouces et du pied qui pousse la marche, fait descendre lese@battans , et avec eux la barre à platines , et avec celle-ci lesw/atines à plomb; elle fait lever la partie antérieure des contre-pouces, baisser par consé-, quent leur partie postérieure et appliquer la

«bascule sur les queues des ondes, d’où résulte en même temps l’abaissement des platines à plomb, et le rehaussement desbplatines a ondes, . deux effets contraires, que l’on doit ménager par un mouvement assez doux, afin que les.

platines à ondes ne remontent d’entre les aiguilles qu’à peu près de la même quantité que les platines à plomb y descendent, de manière que les becs des unes et des autres se trouvent tous de niveau sous les aiguilles.

Dans la nouvelle distribution qui vient de se faire de la soie, il s’est formé une boucle entre chaque aiguille; mais ces nouvelles boucles ! toutes égales sont plus petites que les précé-. | dentes, formées par les seules platines à ondes, aux dépens de qui elles sont faites; mais si l’on

n'eût pas fait relever les platines à plomb, ce ‘qui donne bien à la distribution de la matière “entre toutes les aiguilles, au retrécissement des

boucles fermées par les platines à ondes, et à la formation des boucles par les platines à

plomb aux dépens des premières, il serait ar-

rivé que ces platines auraient tenu le fil tendu ‘sur les aiguilles, et que les platines à plomb, venant à s’appliquer sur les mêmes portions, auraient enfoncé les trois aiguilles contenues sous chaque portion, ou rompu le fil; au lieu que les platines à ondes remontant un peu, lorsque les platines à plomb rencontrent les portions de fil, elles le font descendre sans peine sous les aiguilles, et les distribuent entre elles sans les forcer. Chaque boucle des platines à ondes ne perdant qu’autant de fil qu’en prend chaque platine à plomb, et ces platines cessant, les unes de monter, les autres de descendre “entre les aiguilles, lorsque leurs becs sont tous de niveau sous les aiguilles, toutes les boucles sont égales.

. Vsfimencr l'ouvrage sous les becs. On lâche la barre des deux mains sans l’abandonner; le grand ressort tendu par l’abaissement des abat-

tans fait remonter ceux-ci; mais on tient les pouces fortement appliqués sur les cortre-pouces, afin que leur partie antérieure soit levée à mesure que les abattans remonteront., La bascule sera toujours appliquée sur la queue des ondes. La tête des ondes suivra le mouvement de la barre à platines, qui remontera avec les abattans, et les platines à ondes demeureront tou- Jours de niveau avec les platines à plomb. Ensuite, au lieu de l’action verticale, de haut en bas, que vient d’éprouver libarre à poignée, on lui donne un mouvement horizontal en la tirant en avant; comme elle est attachée aux abattans, elle fera avancer en même temps les platines à ondes, toujours parallèlement aux platines à plomb. Les becs des platines s'élèvent au-dessus des aiguilles, les dessous des becs sont M amenés un peu au-delà de leurs têtes; alors la branche des crochets du dessous des abattans est appliquée contre les petits coups ; enfin on forme auxvpetits coups , par un mouvement qui consiste à laisser remonter l’extrémité des crochets de dessous les abattans aux petits coups; comme le grand ressort tend toujours à relever les abattans , il tend en même temps à séparer

DU BONNETIER. 239 l'extrémité de l’éminence du petit coup. On empêche cetteséparation par de petites secousses qui font un peu glisser le talus intérieur de l’éminence du petit coup. Ces secoussesÿcorrom-

« pant et corroyant la matière sous les becs d’ai-

. guilles, la tiennent tendue en avant et presque

de niveau avec les becs »les pouces étant toujours tenus fortement appuyés contre les pouces, les ondes demeurent toujours appliquées à la barre à platines; les platines à ondes et les platines à plomb restent toujours de niveau.

$. VI. Donner le coup de presse et faire passer l’ouvrage de dessous la gorge des platines sur le® bec des aiguilles. 1°. On abandonne les abattans à eux-mêmes, tenant toujours les pouces fortement contre les pouces, et les platines à ondes bien parallèles en tous sens aux platines à plomb. L'action du grand ressort, aidée par “nue légère impulsion des bras, qui conduisent le métier, fera remonter les abattans jusqu’à ce que les épaulières soient appliquées aux arrétans de l'extrémité des jumelles. Lorsque les abattans seront remontés à cette hauteur, le ventre des platines se trouvera à la hauteur des aiguilles. 2°. En appuyant fortement le pied

sur la marche du milieu, elle baissera et tirera à elle le crochet devla petite anse ; ce crochet amènera la petite anse etfla petite anse la grande ; celle-ci fera descendre 1& bras de la presse , qui se trouvera appliquée sur le bec des aiguilles, dont elle force les pointes à se cacher dans les chässes. 3°. On tire labarre à poignée brusquement en devant et horizontalement : ce mou vement fera passer au-delà des châsses des ai guilles l’ouvrage qui est contre les ventres des platines. 4°. On ôte Le pied de dessus la marche : la grande anse remontera et fera relever jes @bras de la presse, ce qui la séparera de dessus les becs des aiguilles, et facilitera à la pointe de ces becs de sortir de leurs châsses. Enfin, on tire d’un mouvement léger la barre à poignée ; les ventres des platines avanceront presque entre les têtes des aiguilles, et ces ventres feront passer les anciennes mailles sur les nouvelles, qui s’achèvent par cette opération ; la maille se trouve faite alors , mais la disposition du métier est telle en ce moment, que les ventres des platines sont au niveau des têtes des aiguilles ; les crochets de dessous ces abattans sont au-dessus des petits coups, et les épaulières sous les arré-

DU BONNETIER. 24x

tans des jumelles. Il faut crocher de nouveau le métier pour le mettre en état, ainsi que l’ouvrage, de former de nouvelles mailles et les ajouter aux précédentes.

On applique la branche du crochet de dessous les abattanscontre les arrêtans; on tire les abattans verticalement par la barre à poignée,

tenant toujours les branches des crochets appli-

qués à l’éminence des'arrétans , qui dirigent ce mouvement. Les platines à ondes, les platines à plumb , descendront jusqu’à ce que la hauteur de leurs gorges soit à celle des têtes/des ai guilles ; puis du même mouvement, continué horizontalement, repoussez en arrière les abattans aussi loin qu’il est possible, et laissez remonter le métier ; qui va de lui-même s’arrêter au-dessous de éarre & aiguille, où il rencontre un crochet prêt à recevoir Le"crochet de dessous les abattans. Le haut de la gorge des platines a emporté avec lui l'ouvrage qui était sous les becs, en le faisant glisser le long des aiguilles ; les becs des aiguilles sont vides , le dessous des

V becs des platines à ondes et des platines à plomb

se trouve entre les arguilles , et l'ouvrage fait est caché pour celui qui ne voit qu'en face le

métier , prêt à travailler de nouveau, à faire de gauche à droite ce qu’il a exécuté droite à gauche. |

$. VII. Former l'ouvrage et faire la façon.

L'ourlét monté, 6 continue, pendant deux pouces à peu près, l’ouvrage ,.qu’on double en plaçant sur les aiguilles les boucles de l’ourlet qu’on joint aux mailles; on range l’ouvrage par le moyen d’une toile à laquelle on l’attache, et que l’on tend sur un rouloir armé d’un ressort... Les bas d’hommes se conduisent jusqu’à seize pouces de longueur, et l’on commence à diminuer un demi-pouce avant de faire la facons/ à moins que cette dernière ne soit très petite, alors on diminue un pouce auparavant. On diminue une maille de chaque côté du bas, en prenant avec le poinçon, de chaque côté des lisières, la troisième maille, qu’on porte sur la quatrième aiguille déjà garnie, la seconde sur la troisième, la première sur la seconde, de sorte que la première aiguille de chaque côté reste vide. On continue de travailler, et on diminue ainsi, de quatre rangées,en quatre rangées es bas ordinaires ; RE les bas fins, on ne diminue que de six en six rangées. Alors,

on divise le bas en trois parties, celle du de-

au

vant, celle du dessus de la jambe, celle du milieu , et enfin celledes talons. La première com-

mence après la façon, on la travaille seule et

séparément, mais cependant en même temps que les deux parties qui sont les talons jusqu’au bout du pied. Dans les bas ordinaires, un huitième de plus que le tiers de la largeur totale, un peu plus aux/bas très grands, un peu moins pour les petits ; les côtés ou talons, les parties où sont les lisières et où se fait la couture, sont également divisés. Sur un métier de quinze pouces, on laisse, du milieu d’une façon au milieu d’une autre, cinq pouces et demi; si le métier a moins de quinze pouces, la distance du milieu d’une façon au milieu de l’autre diminuera en proportion,

Quand on travaille la façon, on continue de rapetisser d’une aiguille de chaque côté, de quatre en quatre rangées ; et pour connaître le milieu des façons, on fait lever un peu les deux aiguilles qui les indiquent. On fait usage, dans les facons, de deux” espèces de mailles qui ne

sont pas de la nature de celles dont le reste du

| bas est tricoté, ce sont les mailles portées et les

244 MANUEL : | mailles retournées. On entend par les premières

celle qui, sans sortir de son aiguille, est por-

tée dans la tête de celle qui.la suit immédiatement en allant vers la gauche de l’ouvrier, €t par les secondes, celle qu’on fait tomber et qu'on relève sur la même aiguille, de manière qu'elle fasse relief à l'envers ét creux à l’endroit du bas. Pour les faire, on n’a qu’à les relever dutcôté du bas qui regarde l’ouvrier; les façons terminées, on continue quatre ou six rangées, et l’on partage les talons.

Pour cela, on prend la maille des aiguilles qui marquaient les milieux des façons, et on la jette sur les aiguilles voisines, en allant à la gauche de l’ouvrier, puis on prend la maille de chacune des aiguilles voisines de celles qui sont vides, en allant à droite, et on la jette sur les aiguilles qui les avoisinent, en allant aussi à droite. On a donc deux endroits de la largeur du bas, deux aiguilles vides qui partagent cette largeur en trois parties. On travaille ces trois parties avec trois fils/de soie séparés et qu’on jette séparément, etVetter n’est pas cuellir, Car, dans le premier cas, c’est l’étendre sur toutes ou sur une seule partie des aiguilles, :

tandis que dans le second c’est le saisir et entrainer le fil en faisant tomber les ondes au “moyen du chevalet, pour former des boucles.

avec le fil étendu sur les aiguilles.

L 4 $. VIII. Du dessus des bas et des talons. De ces trois parties, celle du milieu est pour le dessus du pied, et les deux autres sont les parties du talon. On travaille le dessus sans le rapetisser ; pour les parties du talon, on les rétrécit chacune d’une maille de quatre rangées en quatre rangées , et quand les bas sont un peu fins, de six en six rangées, et les diminutions se font toujours du même côté, et à la suite de celles qu’on a déjà faites pendant et avant la façon.

On continue de rapetisser ou retirer les parties du talon de la manière dont nous l’avons déjà dit, jusqu’à ce qu’elles n’aient plus chacune que deux pouces ou deux pouces un quart au plus; alors on continue les talons sans les rapetisser jusqu’à la hauteur à leur donner et à celle des coins montés sur la longueur des talons, ordinairement de neuf pouces pour les bas d'homme ordinaires; eusuite on forme la pointe du talon en rétrécissant ces deux parties de la manière suivante, Pour la partie qui est

: à É | , ee 1 à droite de l’ouvrier, on compte les aiguilles“ pleines en allant de droite à gauche, et onÿerte |

la maille de la quatrième sur la sixième aiguille, la maille de la troisième aussi sur la sixième , la maille de la seconde sur la cinquième, et la maille de la première sur la quatrième. Pour la partie du talon qui est à gauche, on compte les aiguilles pleines en allant de gauche à droite, et on jette la maille de la quatrième sur la sixième aiguille , la maille de la troisième aiguille pareillement sur la sixième, celle de la seconde sur la cinquième, et celle de la première sur la quatrième. On continue ce rapetissement depuis quatre jusqu’à six fois, suivant la finesse du bas , pour les moyens de quatre en quatre, et pour les extrêmement fins de six en six rangées. On termine les talons par une rangée très lâche, qui se fait en descendant les platines , en repoussantla barre à moulinet avec le talon des ondes. |

Les ondes étant descendues, on relève seulement celles où l’on veut faire la rangée lâche, celles qui occupent la largeur des talons; on jette le fil à l'ordinaire; on cueille doucement ; on assemble de même un premier assemblage ,

pour que la distribution des grandes boucles se fasse entre toutes les aiguilles, sans les fatiguer; on amène l'ouvrage sous les becs, mais on ne forme point aux petits coups ; on abandonne de suite le métier à l’action du grand ressort, qui le fait monter à læ position déjà décrite, pour donner le coup de presse ; alors on presse, mais auparavant on amène sous les becs les mailles du dessus du pied, qui, n’en ayant pas reçu de nouvelles, se détacheraient des aiguilles si l’on amenait par-dessus les becs, comme on amène ordinairement pour abattre les anciennes mailles sur les nouvelles. On fait cette rangée lâche, afin de pouvoir, à l’aide de la tournille, la diviser en deux , et terminer le talon. Pour cet effet, on prend la première maille avec la tournille et la maille suivante avec le poincon ; à mesure que la seconde passe sur le bec de la tournille, l’autre sort de dessous la tête; celle-ci est loin du bec, quand celle-là est à portée d'entrer dessous; on l’y fait donc entrer, et lorsqu'elle y est, on presse le bec de la tournille avec le poincon, on tire la tournille, et la première passe sur le bec, et forme avec celle qui est dessous le commencement d’une espèce

de chaïnette, qu’on exécute exactement, comme lorsqu'on relève les mailles tombées, avec cette différence que nelle tombées se relèvent dans une position verticale, et que la chaïînette se forme horizontalement. |

Pour arrêter la chaïnette “ on fait sortir la dernière maille, qui est sous la tête de la tour-. nielle; on met le fil de soie à sa place, on presse : ensuite le bec de la tournille, on la tire, la maille passe sur le bec, par conséquent le fil de soie à travers elle; on -recommence plusieurs fois cette opération; cela terminé, on jette bas les talons sans crainte, et l’on continue le dessus du pied, au bout duquel on pratique des rapetissemens de chaque côté, absolument pareils à ceux qui ont été faits au bout des talons, jusqu’à ce que le dessus du pied n’ait plus que trente-six à quarante-deux aiguilles de large; on achève ensuite comme on a fini le talon.

Nota. Avant de terminer la description du travail des bas, il est bon d’observer que toutes les fois qu’il est nécessaire d’ôter l’ouvrage de dessus le métier sans donner lieu aux mailles de s'échapper, on pratique une rangée lâche, etsur cette rangée quelques autres à la manière

accoutumée, et l’on met l'ouvrage à bas. Lors-

qu’ensuite on veut le remettre sur le métier,

on prend les mailles de cette rangée lâche, et on

“les passe dans les aiguilles, ce qui est beaucoup

plus facile que si c'était une rangée ordinaire ;

quoique cette rangée lâche n’empêche pas toutà-fait les mailles de s'échapper, il suffit que cela n'arrive pes à l'endroit où l’on veut re+” mettre l'ouvrage sur le métier.

6. IX{Des coins\{On monte le talon sur le métier, par l'endroit de l’ouvrage, en commençant à la première maille du côté de la façon, et à la première après celle de la lisière, suivant jusqu’à la fin du talon, non sur le côté de la li- Ssière du derrière, mais sur celui du devant; et tenant l'ouvrage d’une main, au-dessus des aiguilles, on y laisse une maille et deux par intervalle , c’est-à-dire que sur vingt-quatre ai-

guilles, on laisse à peu près trente mailles,

pour que le talon ne tire pas trop, et l’on fait passer chaque maille ou deux de la rangée, ou des rangées suivantes , sur chaque aiguille. Lorsque les maïlles sont passées sur les aiguilles, on laisse l'ouvrage sur elles , et on le repousse fort avant vers le derrière du métier, afin qu’il

20 MANUEL | se trouve dans ee des platines, lorsqu'on crochera en dedans, c’est-à-dire sans avancer le métier en devant, en tirant les abattans per- ! pendiculairement; puis on pratique une enture » du côté de la façon, on double la soie à enture | sur sept aiguilles seulement. OnVcueille sur elles avec la main, de peur que l'ouvrage qui est sous «fes gorges, qui sont fort petites, et qu'il remplit, ne laisse pas tomber les platines entre les aiguilles, autant qu'il faut pour la formation des mailles ; on assemble légèrement pour distribuer à l’ordinaire les boucles entre toutes les aiguilles, on amène sous les becs, et l’on n’assemble point aux petits coups, mais comme à la rangée lâche, on abandonne tout de suite le. métier à l’action du grand ressort, on presse, on labat, et la première rangée est faite : l’ouvrage étant ainsi amené en avant et abattu, il est évident que l’envers de l'ouvrage se trouvera comme il doit être , du côté de l’ouvrier ; on attache deux ou trois petits contre-poids à l'ouvrage pour le ranger ou le tenir tendu, et l’on termine comme à l’ordinaire.

Après avoir fait la seconde rangée, on rapetisse les coins, où l’on pratique de la ma-

Ex

| DU BONNETIER. 251 nière suivante ce que l’on désigne sous le nom dépassemens. On prend la cinquième aiguille, en comptant de la pointe du coin, et l’on/jette la maille sur la quatrième aiguille, puis on passe la soie sur ces quatre aiguilles, et l’on forme quatre mailles avec le poinçon. On prend en- suite la sixième et l’on Jette la maille sur la

quatrième, puis on passe la soie sur ces quatre aiguilles, et l’on forme quatre autres mailles avec le poinçcon; on prend après la septième aiguille, et l’on jette la maille sur la quatrième, puis on passe la soie sur les quatre aiguilles, et Von forme quatre autres mailles avec le poinçon; ensuite on prend la huitième aiguille, et l’on jette sa maïlle sur la quatrième, puis on passe la soie sur ces quatre aiguilles et l’on forme quatre dernières mailles avec le poincon. Cette opération terminée, il est certain qu’on a quatre aiguilles vides et quatre aiguilles pleines. On prend la quatrième de celles qui sont pleines, et on la jette sur la neuvième ; la troisième de celles qui sont pleines, et on la jette sur la huitième , qui est la première des vides; la seconde des pleines , et ainsi de suite. On fait là-dessus deux rangées, et l’on recommence les mêmes

passemens jusqu'à ce que le coin soit assez À large par le bas. £ Sau,, #

Autrefois, cette largeur était de trente lignes, | souvent encore on les fait de douze ou seize . lignes, en répétant par intervalle les rapetisse-" mens sans faire de rangée, afin que le coin soit moins large. On continue les rapetissemens k jusqu’à ce qu’il ne reste plus que la moitié de 1 la largeur à donner à la semelle, l’autre moitié devant être fournie par l’autre coin. On fait! une rangée lâche sur laquelle on fait dix ou douze. autres rangées, comme à l'ordinaire, « pour que les mailles ne s’échappent point, et Von jette cette partie à bas, pour la remonter après, et la réunir à l’autre moitié de la semelle, lorsque l’autre coin sera fait.

Pour former la maille sur les quatre aiguilles, on passe la soie dans leurs têtes; puis, avec le poinçon , on presse le bec de chaque aiguille, on retire l'ouvrage, et la maille formée à l’ouvrage passe sur les têtes ct forme de nouvelles mailles avec la soie qu’on y a mise. Il ne reste danc plus que la semelle à faire. Pour celle-ci, on monte le bout des coins en demi-semelles, par leur largeur et bout à bout, ce qui forme

une largeur de cinq pouces; c’est là-dessus

qu’on travaille la semelle, à qui l’on donne une largeur convenable.

Les coins à mailles tournées ou mailles de travers, en soie pareille, ou de couleur différente à celle du bas, se font à part, et se nomment%coëns rapportés. L’ouvrier, après, fait à la fois, jusqu’au bas des coins, les trois divisions du bas par autant de fils séparés, les deux parties qui forment le derrière, renforcées d’un brin, termine ces deux parties, qu’il retrécit suivant le besoin , en portant une maille, non sur celle de la lisière, mais celle d’après sur la

troisième , remettant celle de la lisière sur la

seconde aiguille qui est vide, et il continue seule la partie du devant du bas jusqu’au bas du pied. Puis il remonte sur le métier, maille par maille,

| non sur celle de la lisière mi celle d’après , mais

les troisièmes, l’une des parties du derrière, du côté du coin et dans toute sa longueur. À chaque rangée de mailles, il en diminue le

. nombre, vers le haut, pour que le coin aille

toujours en s’élargissant par le bas; il opère de la même manière de l’autre côté du bas, pour en former le second coin.

. Cela terminé, ilremonte de suite sur les rs | guilles les dernières mailles des deux dernières parties de derrière, qui, réunies, n’en forment plus qu’une, que l’on conduit en la diminuant Continuellement jusqu’à l'extrémité du bas, pour i en faire la semelle. C’est dans cet état qu'ils sont livrés, pour les côter, à la gobille et ensuite % à la couseuse. Les coins qui ne sont pas à f mailles tournées, mais qui sont seulement marqués par des mailles doublées et des jours entre elles, arrangées suivant le goût oula fan- 4 taisie, se none AE à la grisetteWO y fait aussi des dessins que l’on varie presque à l’in- \ fini par la seule position respective des mailles | doublées, et ce travail se fait de suite sans rien démonter. Outre les coins de couleur différente du bas, on en fait à manches, que l’on exécute

LT

en passant le fil de telle couleur sous telles des

aiguilles, et le fil de telle autre couleur sur ces | aiguilles-ci seulement et sous toutes les autres. | En variant ainsi LA de fil sur un très petit espace, on formera un dessin dont les couleurs seront opposées à l’envers et à l’en-

droit,

$. X.. Dimensions des bas. Les grands bas d'hommes ont ordinairement vingt-neuf à trente pouces, depuis le bord de l’ourlet jusqu’à la pointe du talon ; les bas de grandeur ordinaire” pour hommes comme pour femmes, ont deux pouces de moins. Les grands bas: d’hommes, :

depuis le bord jusqu’à la façon, portent dixhuit pouces jles grands bas’ de femmes quinze

pouces. Les façons dans les bas d'hommes et de femmes sont depuis un pouce jusqu’à deux:de longueur. Le talon commence à la hauteur des coins , et il a jusqu’à sa pointe, dansgles bas de grandeur ordinaire, neuf pouces dans,les bas d'hommes, et huit pouces dans les bas de femmes; ur demi-pouce fait la différence des grands et des petits bas. A/Lyon surtout on fait beaucoup de bas de femmes pour la Russie, l'Amérique ; dans le plus grand nombre les tiges tont très courtes; il en est dont les coins sont de onze à douze pouces de longueur, et qui sont très larges du bas, de deux à trois pouces au moins; les talons ont été faits en proportion, car on ne peut pas avec des talons grands faire des coins courts. Si les talons ont neuf pouces, il faut monter les coins sur neuf pouces de longueur:

les coins doivent avoir la même hauteur que les talons. Quand ceux-ci sont achevés, on continue le dessus du pied à quatre pouces

pour les bas de femmes, et cinq pouces pour.

les bas d’hommes ; les coins terminés, on met”

bout à bout les parties réservées pour la se-

melle, qu’on travaille de neuf pouces et demi pour les hommes, et huit et demi pour les femmes, la largeur du talon comprise dans la longueur de la semelle : aucune de ces dimensions n’esttexempte du rétrécissement dont nous avons parlé. /

Lorsqu'il se rencontre des nœuds dans la soie, ou lorsqu'elle vient à casser, il est/impossible de continuer sans faire uneertura; pour enter, on étend bien sur les aiguilles la partie du fil de soie qui tient à l'ouvrage, et l’on couche l’autre partie, non pas bout à bout avec la première, maïs on la passe entre la cinquième et la septième, etc., avant le bout du fil qui tient à l'ouvrage, en sorte que le fil se trouve double sur ces cinq ou sept aiguilles, et l’on continue de travailler comme si le fil était entier.

qu’ils soïent pour hommes ou pour femmes, |

Observations relatives à la fabrication.

Quelquefois, et même assez souvent, lorsque les matériaux employés pour la fabrication des bas ne sont pas de très bonne qualité, il ar-

* rive, après que le coup de presse est donné, qu'une bec d’aiguille ne se relève pas, mais reste dans sa châsse; alors, après avoir cueillé, si l’on vient à abattre l’ouvrage, il y aura une maille qui, n'ayant pas été mise dans la tête de

aiguille, aura passé par-dessus et n’aura pas été travaillée , il sera donc forcé de la refaire; il pourra même s’en trouver plusieurs. de suite qui n'auraient pas été travaillée®£ pour les re- ‘lever on saisit avec le poinçon la dernière, qui est bien formée et qui tient à l’ouvrage; on la passe dans la tête de la tournille, ou bien dans une aiguille emmanchée, puis on prend avec le poinçon la bride de dessus cette maille, on passe cette bride sur la tournill®{ à mesure qu’elle avance le long du bec: la bonne maille sort de dessous; bientôt elle se trouve sortie et «/ éloignée du bec et{la bride à portée de passer par-dessus. On l’y fait passer, on presse avec le poinçon.Je bec de l'aiguille , et on le tient dans

2b8 MANUEL la châsse ; cependant on retire la tournille, ce qui fait avancer la bride dans la tête de la tournille et passer la bonne maille par-dessus le bec, alors la maille est refaite. On continue de cette manière, s’il y en a plusieurs de démaillées , en traitant toujours celle qui est dans » la tête de la tournille comme la bonne, et la bride qui est au-dessus comme la mauvaise, ou comme.la maille à relever ou à refaire; et quand on en est à la dernière, on la met dansla tête de l'aiguille. On entend paribride la petite * partie de soie qui, au lieu de passer dans la tête de l'aiguille, a passé par-dessus et n’a point été travaillée.

.Cette opération doit être faite en dessous, ou plutôt à l'endroit, c’est-à-dire du côté de. l'ouvrage qui ne regarde pas l’ouvrier, sans quoi les mailles relevées formeraient un relief à l'envers, par conséquent un creux à l’endroit. Lorsqu'il se rencontre quelque renflement dans le fil, ou lorsqu'une aiguille a le bec. de travers, il se forme des maïlles doubles; une des aiguilles n’en ayant point, la plus rap- -.} prochée peut en avoir deux.'Il est cependant bien rare qu’il se forme des mailles doubles par

Fa ‘Lee DU BONNETIER. 259 “un bec placé de travers, mais il occasionne Fate mordues. Les mailles doubles, c’està-dire ayant double fil ( celui de la rangée ac-

“tuelle et de la précédente par accident ou par

-inattention ), se forment lorsque le bec de l’ai- | guille est rebroussé à la pointe, lorsqu'il est : fourchu, ou qu’il se trouve des bouchons, des | inégalités qui arrêtent la boucle, et qui l’em- | péchant de tomber de la tête de l'aiguille, em- | pêchent la maille de l’envelopper si l’ouvrier croche sans y avoir pris garde : alors, dans le cas de deux mailles de suite auxquelles le même accident arriverait, il faut rétablir la première comme on vient de le dire; cn fera de même pour la seconde, en prenant garde de distribuer également de la matière pour qu'il n’y en ait pas plus à une maille qu’à l’autre.

Si la presse est appliquée sur le bec des aiguilles, pour les tenir dans les châsses et afin de faire passer les anciennes mailles sury/les becs et d’achever les nouvelles; si un bec éprouve quelque dérangement, qu’il soit fourchu ou qu'il n'entre pas bien dans la châsse de l'aiguille , il est certain que l’ancienne maille ne passera pas, ou bien qu'il n’en passera

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