‹ Nouveau manuel complet du bonnetier et du fabricant de bas, ou, Traité complet et simplifié de ces artsChapitre 21 sur 24 · EE ET · texte numérisé non relu

EE ET

260 MANUEL qu’une partie par-dessus le bec, le reste va par-dessous se réunir au fil qui devait former une nouvelle maille, qui, ne se formant qu’à moitié, fait ce qu’on appelle éd aie mor-\ due. Que si, au contraire, l’ancienne maille passe par-dessus le bec dans son entier, et qu'il p’en passe rien par-dessous, l'aiguille aurait ancienne maille et le fil de la nouvelle sans être maïllé; c’est ce qu’on désigne combine double. | Lorsqu'il survient des Vayures à l’ouvrage, elles proviennent de l'usure du cuivre appelé rivet, qui tient les platines dans les mächoires des ondes. Plus cette usure est profonde, plus les platines descendent et prennent de matière. Ce défaut est quelquefois très grave dans les ! bas de Lyon, que l’on vend sortant du métier ét sans apprêt. À Paris, on y fait attention, parce {| qu'auparavant de les livrer au commerce on les blanchit et on leur fait subir à tous un apprêt qui cache au moins pendant quelque #4 temps les défauts. | Un+bec d’aiguille fourchu, une écaille à la châsse ou au corps de l'aiguille peuvent acrocher, érailler la soie, Un bec de travers dérange la

platine lorsqu'on amène le métier en avant ou lorsqu'on abat l'ouvrage ; il se fait des raies, des coches, des brèches aux platines,

d’où surviennent les mêmes inconvéniens, et encore heaucoup plus promptement. Enfin, | l’on comprend par lasäge du bas le pouce d’ou- | vrage qui est au-dessus des façons, et sur lequel on a commencé les rétrécissemens du bas.

Comparaison des eux tricots.

Que, si l’on vient à comparer les deux manières de faire le tricot, soit à l'aiguille , soit au métier, il sera très facile de remarquer que si le tricot au métier a de l’avantage, puisqu’avec lui on va beaucoup plus vite; que sa maind'œuvreest beaucoup plus égale, quoique l’inexpérience ou le défaut d’attention des ouvriers puissent encore le faire varier, le tricot à l’aiguille l’emportera encore de beaucoup sur lui, parce qu'on a la facilité de donner à l'ouvrage toutes les formes désirables, puisque les aiguilles se prêtent beaucoup à toutes les courbures, aux angles, aux inflexions, aux sinuosités, et que le travail se fait toujours en avant avec elles; qu’elles n’exigent aucune variété de

262 : MANUEL disposition , si l’on n’en veut aucune dans l’ou-* vrage, au lieu qu'avec le métier on! ne peut jamais travailler qu’en ligne droite et toujoursh alternativement de droite à gauche ou de gau-" che à droite. Il n’y a aucun moyen de varier“ l'ouvrage que celui d’augmenter ou de diminuer # le nombre des mailles, c’est-à-dire: d’allongerM ou de raccourcir la rangée de mailles; d'élargir * ou de rétrécir le tissus; mais il est impossible w de ie fermer, ni même de lui donner aucune À courbure, aucune inflexion, sans rapprocher « ses parties opposées, rapprochement qu'il est impossible d'opérer sans «une couture faite d’a-" près la confection de l’ouvrage ; couture qui est elle-même l’objet d’une main-d'œuvre ’absolu- ” ment isolée de celle qui est relative à la fabrication des bas au métier. Le

On a beaucoup vanté l'invention du métier à faire des bas; on l’a tellement prôné, qu’on n’a jamais cru en dire assez sur ses résultats. On # avait même exagéré sa perfection dans sa ma- L nière d'opérer ; à peine voulait-on le consi- « dérer comme susceptible encore de quelques * changemens, additions, perfectionnemens ou modifications. : Cependant, comme nous l'avons w

DU BONNETIER. 263 Lindiqué à la page 164, on y a seulement changé “beaucoup de choses; mais il a été grandement simplifié. Espérons qu’avec le métier à bas on Marrivera à faire des bas fermés de la même ma-

nière qu'avec des aiguilles. Tout ce que l’on peut confectionner avec est un grand acheminement à la supériorité qu’il doit encore obte-

| nir par la suite.

Marnière de 'toudre le tricot au métier.

Coudre le tricot fait au métier, c’est rapprocher, par le moyen d’une aiguille à coudre, les parties opposées de l’étoffe fabriquée, et de les assujettir avec un fil passé dans les mailles de

-part et d'autre, pour donner à l'ensemble la forme que l’on obtiendrait ensuite aveddes ai guilles à tricoter, et qui se réduisent à peu près à celles de la jambe, du pied ou de la main.

D'abord on coud en surjet pendant l’espace dé deux pouces environ, en commençant par la . partie supérieure du bas tourné à l'envers; puis en tenant lesédeux côtés rapprochés et passant lindex de la main gauche à l'endroit de leur réunion, on continue de coudre, en ne prénant toujours que le dernier fil des deux mailles op-

Li MANUEL

une nulle vide entre pe où le fil a déjà se | et celle où l’on va mettre l'aiguille. On revient. de suite à la maille vide, que l’on prend en sens inverse et en tournant la pointe de l'aiguille en avant, et l’on- achève de serrer le fil, quiw forme ainsi M de ae continue jusqu’à plus de la moitié du pied, dont le restes de la couture se finit aussi en surjelyÿ on se le permet ainsi, parce que le surjet abrége beau-4 coup, et qu'il est suffisant partout où la cou- 1 ture fatigue très peu. Pour les bas de soie on È | observe ordinairement, non la dernière maille de chaque rangée, mais celle qui la précède immédiatement, de manière qu’elle forme un « filet tout le long de la couture. Dans les bas de |. laine ceci deviendrait inutile ; de même dans le À fil et le coton ; mais dans les uns et les autres k. on a soin de fairé reduire le côté de bas qui se trouve un peu plus long par la faute de l’ouvrier, dont le travail a pu se relâcher. On y parvient en prenant plus ou moins souvent deux mailles d’un seul coup sur le côté plus long, tandis que de l’autre on n’en prend qu’une. Il

à DU BONNETIER. 265

faut de même réunir exactement le côté rac-

“courci du bas , parce qu’il forme un cœur. C’est par une couture, exécutée absolument de la

Mmême manière, qu’on réunit le devant des coins à la partie dwdessus des bas, quoiqu'il soit en- | -core très facile de le faire à la goëtlle.

Desÿbonnets de coton. /

Les bonnets se fabriquent en deux pièces sur

| le métier; chacune de ces pièces est à deux poin-

tes, que l’on rejoint par une couture faite à la partie par où elles ont été commencées, qui est

| celle du bordet n’en font qu’une, que l’on ferme

par une nouvelle couture qui s’étend d’un bout

à l’autre et se prolonge du côté opposé jusqu’à la bifurcation des pointes. Pour arriver à la

formation des pointes, queyla calotte du bornet doit rendre subitement rétrécies, on double “eux mailles à chacune des rangées et de cha-

que côté; la cinquième , sur laquelle on rap-

porte la troisième, la quatrième, sur laquelle ‘on rapporte la seconde; puis on rapporte la

| na " ee KR | première, qui est celle de la lisière , sur la troil , ]

sième , et l’on place ainsi les deux broches vides’

«le part et d'autre hors du travail. Il est bon

266 MANUEL | d'observer qu’en fabriquant un bonnet de coton,» il faut toujours tenir le bord plus étroit que ‘les parties suivantes, afin qu'après l'avoir re=. levé il puisse serrer le bonnet sur la tête: il n’en est pas de même pour les bonnets de laine, parce qu’elle a plus de consistance qne le coton, et que, par la contractilité dont elle est natus rellement susceptible, elle se Soutient beaucoup: mieux et beaucoup plus long-temps dans son état primitif; enfin on fabrique ceux-ci en qua= tre pièces travaillées à part; et loin de faire leur bord plus étroit, on le fait un peu plus large, premièrement parce qu'ils doivent pas: ser à la foule, où ils rétrécissent toujours; se condement, parce que le bord doit être plus” relevé, plus lâche et plus ouvert que le reste: de la calotte. / à

Des\gants d'hommes. #/

On monte les gants d'hommes sur une lar-* geur de sept pouces, quelquefois de huit, et méme un peu plus si le besoin l’exige; l’ourlet terminé, on fait environ deux pouces et demi. d'ouvrage, on y forme un bord comme dans les bas, puis après avoir fait quelques rangéesw

afin de les coudre par le bord à la toile du rouloir, on continue encore l’espace de six à huit lignes, et l’on forme le partage du dessus et du | dessous de la maïn, en laissant le dessus d’un huitième plus large que le dessous; ensuite, | après avoir compté les aiguilles par la division et la formation des quatre doigts, on en donne quelques unes de plus à ceux qui sont les plus | gros, et quelques unes de moins à ceux qui sont | les plus petits, tout ceci dans des proportions que l’ouvrier peut seul déterminer : on lève l'aiguille qui forme le partage du dessus et du dessous de la main; après avoir jeté ses deux fils comme pour former les talons dans un bas ; on travaille jusqu’à ce que l’ouverture ou séparation soit arrivée à peu près à trois pouces ; à où l’on doit placer le pouce, on ferme l’ouverture en jetant le fil du dessous de la main sur six ou sept aiguilles; on continue l’ouvrage sur une longueur d’un pouce trois quarts audessus de l'ouverture ; on divise les doigts, qu’on fait chacun sur les dimensions de son modèle à peu près, ou plutôt de san moule du doigt de la main; enfin, vers l'extrémité de ces doigts, on les partage près du milieu, on y fait des

268 __ MANUEL rétrécissemens de deux en deux rangées et de trois mailles, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que trois ou cinq ; après avoir pris ces mailles. avec le poinçon, on les porte sur l'aiguille du # milieu, on arrête le fil en le passant sur l'aiguille ! où sont les mailles, on recule l’ouvrage, on presse, et l’on réitère ce travail pour faire unepetite chainette. Ÿ Après être revenu sur ses pas pour former | et fixer le pouce, on porte avec le poinçon la maille du milieu du commencement de l’ouver- « ture sur l'aiguille qui l’a guidée , d’où se fait le u partage; on porte encore la maille de chaque * côté de la première sur les deux aiguilles les. | plus rapprochées, et l’on commence le travail en l’augmentant d’une maille de chaque côté toutes les deux rangées, jusqu’à ce qu’il ait atteint la largeur convenable; ce qui ordinairement conduit le travail jusqu’à l'extrémité opposée de l’ouverture. Après avoir continué:

l'ouvrage jusqu’à la longueur suffisante, on le partage pour faire la pointe, on diminue ensuite, et on le termine enfin comme les doigts.

DU BONNETIER. 269 Des gants de femmes. 1 / /

Ils sont sujets le plus souvent à envelopper la partie moyenne et assez grosse de l’avantbras ; c’est pourquoi on monte Jes gants de fém- | mes sur la même largeur que ceux des hommes: après avoir fait trois pouces d'ouvrage sur le | bord , on forme la diminution du bras en don- | nant à la tige une longueur de dix à douze pouces ; on fait le partage dans les mêmes proportions que pounyles gants d'hommes , et pour le dessous, en jetant la première maille sur la seconde; on fait presser avec le fil les deux mailles pour n’en faire qu’une, que l’on porte sur laiguille suivante, et l’on continue jusqu’au bout, qu’on arrête en formant une chaïnette.dLes mitaines unies se montent dans les mêmes proportions et se travaillent dansles mêmeslargeurs que les gants, excepté le bout de la main, qui

se fait comme dans lesymitaines à jour.

Desdmitaines à jour.

. Dans celles-ci on observe encore beaucoup moins de fixer les largeurs qu’on ne le fait pour les bas ; cependant on les monte assez généra-

270 : - | lement sur une largeur de cinquante platines, * ou bien cent cinquante aiguilles, et qui font à peu près six pouces un quart d'étendue: dès que le bord en est terminé à la manière accoutumée, on commence les jours avec le métier non LS les mailles étant encore dans les têtes des RE , 1l faut reculer l'ouvrage avec la main au-delà des becs, presser ensuite le bec d’aiguille avec le poinçon , et ramener l’ouvrage én avant; la maille passe par-dessus les becs, on la reçoit avec le poinçon, et on la « porte sur l'aiguille voisine: que ce soit à droite ou à gauche, ceci devient indifférent.

Comme dans les gants de femmes, il faut faire la longueur au moïns des mitaines avant d’établir le passage du dessus ou du dessous de la main ; l’ouverture doit avoir trois pouces de . longueur, et le dessus de la main un pouce trois quarts ; arrivé en cet endroit, on fait une rangée lâche à la partie du dessus de la main, et on continue le travail de même que les jours pendant l’espace de six lignes ; ensuite on fait une rangée lâche à la partie de dessous la main, on arrête cette rangée lâche, et l’on met cette partie à bas; ces six lignes de dessous la main

sont doublées ensuite par la couseuse, qui les prend pour un rebord propre à soutenir cette partie ; enfin l’on continue toujours la partie de dessus, dont le rétrécissement a cependant déjà été commencé.

La rangée lâche de cette partie étant terminée, on fait la diminution de trois aiguilles de chaque côté de quatre en quatre rangées, jusqu’à ce qu'il n’en reste plûs que trois ou six, alors on met bas. Cette partie de dessus se nomme pate, et on la fait double; pour cela, on remet l'ouvrage sur le métier, on le remonte sur la rangée lâche qui a été faite pour ce motif, et on la met à l’envers après avoir fait un morceau pareil au précédent pour le doubler ; on termine par les pouces, qui, dans les gants de femmes et les mitaines, sont toujours ou doivent presque toujours être ouverts.

Lorsqu'on veut régler les mitaines à jour, on porte la sixième aiguille sur la septième dans toute la rangée ; c’est-à-dire qu’on fait les trous écartés de six en six aiguilles, et de cinq en cinq rangées, en alternant les jours d’une rangée avec ceux d’une autre, et en les formant sur chaque rangée vis-à-vis ceux des rangées voisi-

DS RS Ne Den ITENNNSPEL Verser pres ce ve à û REC

nes ; ce qui forme des colonnes de trous de deux en deux: on en peut varier à l'infini tous les. dessins , les formes , les rapprocher comme les écarter, en faire de petits à l’entour de ceux qui sont grands ; on peut encore les accoupler. On confectionne même des gants comme des mitaines à jours , à doubles jours ; les mitaines peuvent même être tellement garnies de trous qu’elles ressemblen®à du filetyà de la dentelle, dont les dessins peuvent aussi toujours être déterminés parge caprice ou la mode, et la plus ou moins grande dextérité de celui qui s’occupe de ce genre de travail. Enfin il est dans le tricot tant de variétés, qu'il est impossible de passer sous silence une partie des procédés à suivre pour les exécuter; aussi nous nous proposons de les traiter et de donner la manière de les fabriquer.

Duftricot sans envers ou à côtes. A

(Le mécanisme, ou plutôt lefbetié métier, doit d’abord être adapté au métier ordinaire; il consiste en un encadrement porté par he Ouigriffons attachés à la barre aux aiguilles. Chacun de ces griffons est armé de trois vis:

l'une sert à porter la mécanique, l’autre à porter la boîte de la charnière ; la troisième, qui se trouve enfermée dans son intérieur, retient la charnière et facilite son exhaussement ou son abaïssement, à l’avancer ou la reculer à volonté. Chacun des deux griffons soutient une bascule qui, derrière la mécanique, au-dessous de la

«, barre fondue, se tiennent par une barre de correspondance : ces bascules, portées en avant, ont la tête et la charnière où se trouve suspendu l’encadrement du devant. Au niveau des têtes des aiguilles, la suspension de cet encadrement descend jusqu’au niveau du bas de la boîte aux platines , d’où sort une barre qui va réunir les deux suspensions par-dessous la barre aux aiguilles de la mécanique. Cette barre aux

aiguilles est soutenue et se balance sur un axe horizontal dont les extremités, en forme de tous rillons , entrent et jouent vers le milieu, dans les barres de suspension; elle renferme les plombs des aiguilles , et leur donne une situation verticale, mais qui, dans le travail, approche plus ou moins de la situation horizontale; elle tourne même en tous sens sur son axe, au lieu que la barre aux aiguilles , dansles

TR CCE ET PE ee VRP EE

274 MANUEL métiers ordinaires, les tient toujours horizontales : on la garnit auparavant par des plaques

de cuivre attachées avec des vis, afin d’arrêter les plombs. De chaque côté, sur le prolonge- . ment des supports des plombs, s'élèvent les

gardes des platines, qui, lors du travail, passant dans la gorge des conducteurs placés à côté

des platines du grand métier, ont une forme "

absolument pareille à la leur. Au-delà des

grandes platines, sur le support de la barre, « sont les coulisses de la plaque à abattre l’ou- « vrage. En avant, près le bas de la barre de

l'encadrement est suspendue, à charnières et à

bras recourbés , la concavité placée en avant, pour qu'ils ne touchent pas la barre aux aï- M

guilles, la presse mouvante, petite barre apla-

tie, diminutif servant au même usage que la «

presse du grand métier.

Le métier une fois monté avec la mécanique M ajoutée, on fait quelques pouces d'ouvrage, « sans la mettre en œuvre, et qui, par conséquent, 4 se trouve être uni, pour avoir un travail de k;

moins à faire; la dernière rangée s'exécute plus lâche , afin qu’il soit plus facile d’en transporter une partie sur le petit métier, celle des

côtés qui sont à l'endroit vers l’ouvrier. Ces côtés peuvent se faire de différentes largeurs ; en les supposant de trois mailles depuis la lisière, on en laisse trois au grand métier, on porte avec le poinçon ordinaire les deux suivantes sur la première et sur la troisième du petit métier, qui sont en face , et le fil de l’une à l’autre maïlle se met sur celle du milieu ; on laisse les trois suivantes, on porte les deux d’après , ainsi de suite jusqu’à la fin. Ainsi les deux mailles portées en formeront trois à la suite du travail, car le fil qui est porté entre deux, formant le commencement de la maille qui doit s’achever à la seconde rangée, augmente d’un sixième le nombre des mailles, et d’un sixième également la largeur du tricot, ce qui sert à éviter l’irrégularité qui se trouverait dans le partage ou dans l’entre-deux des côtés, * à celui où l'aiguille du grand métier n’est point enfermée, ou bien jointe des deux côtés par les

aiguilles du petit métier. Dans les métiers ordinaires, les becs des aiguilles sont de longueur égale; dans celui-ci, 1l est nécessaire que les becs des aiguilles, qui fournissent les mailles à celles du petit métier, soient plus longs d’une ligne au

moins que les autres. Disposées de cette manière, les aiguilles du petit métier se trouvent placées entre celles du grand métier dans une situation perpendiculaire les unes aux autres , et même sur la largeur de la côte à former, c’est-

à-dire que les deux vides du grand métier sont |

embrassés par les trois remplis du petit métier.

Il faut soutenir le petit métier à une hauteur plus ou moins élevée ; pour avoir la facilité de prendre les mailles avec le poinçon sur les aïguilles du grand métier et de les enfiler avec les aiguilles du petit, on l'élève, on l’abaïsse à la hauteur convenable avec la main. Lorsque toutes les mailles sont enfilées, on fixe le petit métier à une hauteur teile que les têtes de ses aiguilles dépassent d’une ligne en dessus toutes celles du grand métier , en jouant entre ces der-

22 ERA RO TE à

Lens Et

nières toujours dans une situation perpendi- .

culaire les unes aux autres. On tient le petit métier élevé en poussant par-dessons Fe un petit levier coudé qu'on appelle|géchette ; quai tourne horizontalement sur un pivot. Le mouvement de cette gâchette fait aller et venir une tringle qui traverse tout le métier par dessous la barre aux aiguilles du grand métier,

et qui fait avancer ou reculer la double équerre qui se trouve à l’extrémité et qui soutient le petit métier élevé par un bout, en se mettant entre la bascule et la barre à aiguilles du grand métier, comme la gächette le soutient de l’autre côté.

On pousse alors son ouvrage en arrière avec le petit métier, en lui imprimant de devant en arrière un mouvement de bascule sur son axe; on croche ensuite le métier en arrière, on jette, on cueille, on assemble , on abat comme de coutume avec le grand métier , et jusqu'alors le petit métier se trouve conduire le mouvement du grand. Après l’abattage on reste avec Fouvrage en avant; le fil sur les aiguilles du petit métier n’est point encore formé en mailles ; alors du côté gauche on relève avec la main la machine, pour faire passer les brides sous les becs; en l’inclinant elle y passe bientôt, mais il ne faut incliner que de ce qui peut être nécessaire pour qu’il y entre ou les mailles qui sont au-dessous.

Dans cette situation on lève la presse de la main droite, on la porte sur les aiguilles, et, em même temps, de lindex de la main droite on

278 | MANUEL pousse la gâchette en dedans pour la sortir de dessous la bascule, ce qui donne la facilité au métier de descendre de toute l'épaisseur de la gâchette , qui est de deux lignes environ, jusqu'un peu au-dessous des aiguilles du grand métier. Pour que les anciennes mailles du petit métier s’abattent sur les nouvelles , on posg les pouces sur les pates de la presse, qu’on appuie contre les arrêtans, et de l’index on ramène, on pousse de l’arrière en avant les aiguilles contre la presse; on descend entièrement le métier et on laisse tomber la presse, puis on pousse le métier et l’ouvrage en arrière; on presse sur le grand métier, on ramène l’ouvrage avec le petit métier contre la presse, à une distance telle que le métier ne pousse que par-dessus les grands becs : les arrêtans du petit métier empêchent les mailles d'avancer jusque sur les becs courts du grand métier.

Plusieurs ouvriers se servent d’une presse dentée pour presser au grand métier, dans l’instant qui vient d’être décrit; si la côte est de ‘trois pour trois, la presse sera dentée pour abais-

ser deux aiguilles, et en laisser trois élevées ;

si la côte est délquatre pour quatre , la presse

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DU BONNETIER. 279 sera dentée deŸrrois pour quatre, c’est-à-dire que les dents de la presse ne doivent presser que sur les aiguilles du grand métier, qui doivent abandonner la matière aux aiguilles du petit métier.

Par ce procédé il est inutile d’avoir de grands et de pétits becs au grand métier; le travail même est beaucoup plus commode pour l’ouvrier, mais il faut convenir aussi que l’ouvrage est moins régulier. On relève la presse du grand métier , on pose les doigts du milieu sous les extrémités de la plaque, qu’on relève contre les aiguilles du grand métier derrière celle du petit : alors la plaque abat les anciennes mailles du petit métier sur les nouvelles; on tire en avant le petit métier en soutenant toujours la plaque contre les aiguilles du grand métier : cette opération de tirer le petit métier en avant et de tenir la plaque élevée, fait sortir la matière de dessus le grand métier et l’abandonne entièrement au petit, qu’on relève en haut, en poussant la gâchette en sens contraire à la première fois, pour remettre le métier à l’élévation où ik était avant de commencer la rangée dans la première position. On laisse tomber la

plaque en même temps que ledernier mouvement décrit, et comme le petit métier avait attiré la matière à lui en avant, on y amène le grand métier et l’on donne un coup d’abattage pour faire reprendre la matière aux mailles du grand métier. On renvoie l'ouvrage en arrière, et l’on recommence l’opération pour une nouvelle rangée semblable à la première.

On observera maintenant que l'aiguille du métier qui ne portait point de mailles, mais seulement le fil de jonction des deux mailles des broches voisines , se trouve garnie d’une véritable maille qui continue de la même manière jusqu’à la fin.

Comme on ne fait jamais de coins dans les bas à côtes, on peut, en y supprimant une ou deux des côtes, faire un travail uni, ou bien une forme à mailles retournées dont on suit le dessin jusqu’en bas, en transposant une partie de la maille sur l'aiguille voisine, portée par deux aiguilles comme aux bas ordinaires.

Lorsqu'on est parvenu à la longueur du bas, lorsqu'on commence à faire les rapetissemens, on continue le travail et les rapetissemens sans faire aucune façon et sans le partager en trois

parties jusqu’à ce qu’il ait acquis un rétrécisse- . ment de trente mailles de chaque côté, trois et six mailles de plus aux grands, trois et six de moins pour les petits. On continue ainsi le travail sans rétrécir jusqu’à ce qu'il y ait huit pouces et demi à compter depuis l’endroit où l’on a commencé à rétrécir ; ensuite on partage le bas en trois parties comme après la facon, on travaille ces trois parties jusqu’à ce que les talons aient deux pouces de long ; alors on y pratique des rétrécissemens pour faire la pointe et les finir; on termine le dessus du pied, on monte la semelle sur la longueur des talons, qui sont de la largeur qu’elle doit avoir, et l’on achève. Mais tout ceci est long, et le petit métier embarrasse beaucoup. Enfin, comme les bas à côtes de trois mailles s’augmentent d’un sixième, on les monte sur un sixième de moins en largeur, l’augmentation n’étant que d’une maille par côte; s’il y avait cinq mailles par côte, l'augmentation ne serait que d’un sixième. Ces diminutions se font suivant les hauteurs, comme d'habitude ; mais le travail est différent dans les métiers ordinaires : on tient la lisière de la main gauche, on pousse la maille au-delà

des becs ; on fait entrer le bec de la troisième aiguille dans la chässe, en le pressant avec le poincon tenu de la main droite; on avance l’ouvrage en avant, on enfile la maille qui échappe, | on la transporte sur l’aiguille voisine en dedans, on prend la maille de la seconde, on la porte sur la première vide, et la troisième sur la se- w conde , ainsi de l’autre côté. Les rapetisseméns à la mécanique ou au petit métier se font de la même manière, toujours sur le grand métier,

avec la différence que ce n’est pas la main qui conduit le travail, mais le petit métier, guidé M par la main qui ne touche pas l'ouvrage. |

‘Avant de commencer le rapetissement, on suprime une côte de chaque côté de dessus le petit métier; et comme elles ont trois mailles chacune, on prend la première en dedans, on la porte sur la sixième du grand métier qui est garnie, ce qui fait deux mailles sur une aiguille et diminue d’autant le nombre des mailles et la largeur ; on prend,la seconde, qu’on porte sur la première vide côté de l'aiguille qui porte deux mailles , la troisième sur la seconde vide, et toute la côte est transportée , et les aiguilles vides sur le grand métier se trouvent remplies

DU BONNEÊTIER. 283

tout de suite; on prend la troisième maille du grand métier, qu’on porte sur la quatrième, la seconde sur la troisième, et ainsi de suite, laissant la première vide comme aux bas ordinaires, et ainsi de même de’autre côté. On continue cette dernière façon de diminuer, jusqu’à ce que la lisière reste à trois aiguilles; alors il faut abattre une nouvelle côte et ainsi de suite jusqu’au dernier rapetissement, c’est-à-dire jusqu’à ce que le bas soit rétréci de vingt-quatre à trente mailles, un peu plus ou moins, en laissant toujours la lisière de trois mailles.

On pourait croire, d’après ce qui vient d’être exposé, qu’il faut un temps double pour faire une paire de bas par ce procédé plutôt que par tout autre; mais si l’on réfléchit que le commencement , le bas et tout le pied ne sont point à côtes, mais unis, et qu’ils n’ont pas de coins, On verra que c’est à peu de chose près la même chose.

Dugtricot double.

Par le moyen de la mécanique dont il vient d’être fait mention, on confectionne une espèce de tricot qui , par sa singularité, beaucoup

284 MANUEL | plus encore par sa force et sa beauté, mérite k d’être rapporté. On le fait sur le métier ordi- | naire; mais le petit doit avoir autant d’aiguilles | que le grand : ainsi le tricot doit être monté sur une largeur équivalente à la moitié desiricots ordinaires. |

Pour commencer ce tricot, on monte un ourlet à la manière accoutumée, mais lâche, afin qu’il puisse fournir le double en largeur , attendu que le grand métier n’a que la moitié de celle que doit avoir le tricot; on place la mécanique dans la situation où elle devrait être si elle avait déjà des mailles sur les aiguilles ; dans cet état on croche en arrière comme dans. le travail ordinaire des bas à côtes. On fait une rangée très lâche en descendant à la barre du moulinet , afin que les ondes puissent se trouver plus bas que de coutume et qu’elles puissent former deygrandes boucles qui doivent non seulement fournir des mailles aux aiguilles du grand métier, mais encore à celles du petit, qui se garnit de l’entre-deux des mailles de l’autre , et qui sert de point d'appui à la suite des mailles à faire avec le petit métier.

Après avoir renvoyé l’ouvrage en arrière,

| on croche, on fait une nouvelle rangée et on ia travaille sur deux métiers de même que pour les trous ordinaires desybas à côtes : c’est ici que commence la chaîne régulière des mailles | au petit métier, et ce sont toujours les entre- deux de celles du grand qui fournissent pour

faire les mailles du petit. Ainsi en continuant

le travail de manière à opérer toutes les rangées

sur les deux métiers, il n’en résultera qu’un «tricot ordinaire à côtes d’une maille. Mais pour | le rendre double en quelque sorte de deux ran- | gées, on n’en forme qu’une seule sur le petit

métier, c’est-à-dire que de deux rangées l’une est opérée sur les deux métiers et l’autre seu- | lement sur le grand; l’entre-deux des mailles, au lieu d’être travaillé sur le petit métier, | reste étendu dans la tête de son aiguille etréuni à sa maille et à la rangée suivante, qui est tra- | vaillée sur les deux métiers ; le fil et cette maille | qui y est réunie s’abattent par-dessous la nou- | velle maille. De ce travail continué, il résulte que les aiguilles du grand métier ont deux | maiïlles,tandis que celles du petit n’en ont qu’une avec le fil de réunion ou entre-deux des mailles qui servent de doublure aux mailles que pro-

286 MANUER.

duit le petit métier cul Si l’on désire” travailler à deux couleurs, les rangées paires

en seront d’une et les rangées impaires d’une

autre, c'est-à-dire que celles qui seront sur le“ grand métier seul seront toujours de la même, couleur, et celles opérées sur les deux d’une* autre couleur. Les bas faits de cette manière # sont toujours à côtes d’une seule maille , et la!

côte d’une couleur d’un côté et différente del l’autre lorsqu'il y en a deux; on ex prendrait, pour des basins tricotés. |

Du tricot à mailles nouées. 2

Pour le faire, il faut d’abord ajouter au métier ordinaire un@nécanisme particulier, Qui consiste en une règle en fer placée horizonta-A lement sur le devant du métier qui porte unes rangée d’aiguilles pointues, sans crochet et dont les pointes sont opposées à la tête des” aiguilles du métier. Ces pointes, égalesen nom- M bre, montées comme elles sur des plombs semblables, de même jauge et assujettis de la mémek manière , ont, ainsi que les aiguilles opposées, li des châsses en dessous, pour fixer leur direction # et pour se servir successivement de point d’ap-#

DU BONNETIER. 287 pui; la barre qui porte ces pointes est soutenue aux extrémités par des boîtes, celles-ci par des cages en fer qui, suivant qu’on les meut, approchent ou éloignent les pointes de la barre de la tête des aiguilles, et qui, par le moyen d’un contre-poids, attaché et jouant sur l’extrémité des boîtes, élève ou abaisse les pointes de la barre.

v Manière d'opérer. Le métier monté et une rangée de mailles supposées faites comme à l’ordinaire, on pousse en avant la barre aux pointes; chacune d’elles s'engage dans la châsse de l’aiguille à laquelle elle correspond, de manière qu’en ramenant les mailles sur les becs, ces

| mailles se trouvent placées sur les pointes, qui,

ramenées en dessus des aiguilles et portées, par un déplacement de la barre, à droite ou à

gauche, chacune en face de l'aiguille voisine ,

ces mêmes pointes s'engagent dans ces autres

aiguilles ; alors on pousse l'ouvrage en arrière

pour le faire aller au-delà du bec des aiguilles; on amène les mailles sous les becs, on croche comme à l'ordinaire, et tout est terminé. Les mailles ainsi transposées sans quitter les aiguilles sur lesquelles elles ont été formées , sont enga-

gées dans deux aiguilles ; contenue par leur. voisine, chaque maille les unes après les au- 1 tres ne sont pas zouées ÿ comme on le dit, mais” arrêtées pour qu'elles ne courent plus. A la seeonde rangée, si la première a été faite de.

droite à gauche, on travaille de gauche à droite 4 on peut, comme dans les bas ordinaires, mé langer les couleurs en employant des matières de couleur différente et en doublant les fils, que l'on peut encore alterner les uns parmi les” autres. \

Si l’on préfère le métier large au métier \ ordinaire, c’est-à-dire que si l’on fabrique le 4 tricot à mailles nouées sur la longueur plutôt É que sur la largeur, c’est que, premièrement, il se forme toujours, et c’est forcé par la nature À du travail, une sorte de cannelure ou de côte w comme au basin, et qu'elle a lieu dans le sens. du travail, parce que, si l’on faisait le bas à la manière accoutumée , elle tournerait à l’entour de la jambe d’une façon désagréable, et que | sur la longueur elle est bien plus agréable; secondement, l’élasticité qui résulte du tricot étant égale dans le tricot ordinaire, dans cel&i-ci elle se trouve bien plus grande et plus tôt

placée dans la suite des rangées de mailles que | dans leur direction ; et si on la travaillait comme

d'habitude , elle se trouverait dans la longueur plutôt que dans la largeur : or, elle est beau- coup plus convenable avec le tricot fait comme | il vient d’être dit; troisièmement enfin, puisque le noué, ou plutôt la portée des mailles sur l’aiguille voisine, s'opérant sur toute la ran- “a à la fois, et se répétant à chaque rangée, | on gagne beaucoup plus de temps/en travaillant sur la longueur, puisqu'il s’en trouve Resp oh

moins que sur la largeur.

PACE a dentelle.

| Pour faire le tricot à dentelle, {4 machine qu'il faut ajouter au métier ordinaire est abso- Jument la même que celle pour le tricot précé- | dent, mais les aiguilles sont plus longues avec | leur pointe recourbée en dessous; les châsses | ou cavités sont assez grandes pour permettre | aux aiguilles du grand métier d’ÿ pouvoir en- :trer la tête. Placée en avant du métier, on | pousse cette machine contre l’ouvrage; la pointe | de ses aiguilles va se loger dans la cavité de | celles du métier, et la tête des aiguilles de ce-

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290 L MANUEL, L TONER lui-ci.se loge en même temps dans la cavité.

beaucoup plus grande de celles de la machine ;* ensuite, par un mouvement du métier fait d’ar-\ rière en avant, on ramène les mailles sur les « aiguilles de la machine, et, par un mouvement de côté, on les porte chacune sur l'aiguille voi sine. 11 n’en faut par conséquent que moitiés dans celle-ci, parce qu’il n’est pas besoin des les changer toutes de place, mais de doubler" les mailles du métier; alors, en faisant deux: rangées de mailles ordinaires, sans mettre la“ machine en mouvement, on recommence l’opé-« ration précédente, c’est-à- -dire qu’on double | les mailles, non sur les mêmes aiguilles , ce qui 1 ferait des trous, ou plutôt des côtes sur la même“ ligne, maïs en les alternant en échiquier. On" peut encore les faire sans alterner, mais de ma- | nière qu'on puisse en obtenir des côtes, des” bandes longues, transversales, avec des trous," unies, festonnées, par compartimens; enfin, les varier par autant de dessins que l’on pourra en | imaginer, en allant alternativement de gauche à droite, ou de droite a gauche. On évite dem tirailler l'ouvrage plus d’un côté que de l’autre, 4 et il reste d’un carré parfait.

DU BONNETIER. 291 Dutricot guilloché.

ww

Pour obtenir ce genre de travail, 1l faut

| avoir ce que l’on appelle une®presse à guillo- | cher; celle-ci, à peu près semblable à la presse | ordinaire, doit être dentée. La denture est exé- | cutée sur une règle qu'on place et qu’on peut | | enlever à volonté, et que l’on remplace encore | par d’autres dont les dentures sont écartées, suivant l'espèce de travail qu’on veut en obtcir; quelquefois même les dentures y sont inégalement placées si l’on veut en faire des | fleurs. Enfin, lorsqu'on doit en employer plu-

sieurs à la fois, on les monte à coulisses comme

les plaques de l’abattage dans le petit métier; mais ces coulisses sont placées de chaque côté du métier, et élevées jusqu’au haut des pendans. / On peut y mettre jusqu’à’trois ou quatre pla- . ques à Îa fois, taillées sur pareil nombre de coulisses, pour ne faire descendre que celle qui est nécessaire pour exécuter telle fleur ou autre

compartiment du dessin. Ces plaques, qu’on . peut enlever pour en substituer d’autres suivant le besoin , sont en tôle ou en cuivre; on les place en avant de la presse : arrivées dans

EE SU DS AU OP En en le,

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les coulisses , elles passent descièré et peuvent

MEME à

se mouvoir sans elle. D:

nie Dans le travail, nous supposons une rangée | de mailles faites d’abord avant de mettre: en | mouvement la presse : les aiguilles pressées À | baisseront, celles qui se trouvent dans les in- À tervalles des dents de la presse ne baissant pas , 4 il n’y aura point de nouvelles mailles formées 4 partout où les aiguilles n’ont pas été compri- 4 mées : cette circonstance seule, jointe à l’écartement plus où moins prononcé des dents à# leur allée et venue de droite à gauche et de À gauche à droite de la règle qui porte les den-* telures, fournit ou peut fournir une très grande . variété dans les différens dessins à mouches où É sans mouches que peuvent donner tous les « qexillochons. On peut encore obtenir, dans ce * genre de travail, des/bas basin à côtes sur une ou plusieurs mailles, de manière qu’ils aient M des couleurs par bandes, et lorsqu'on veut en # varier aussi les teintes ou les nuances, on y\ passe des fils colorés. Si le tricot est à fond, ? le dessin fait saillie par-dessus; en-dessous il M forme un flotté commun broché, suivant que 1 les dessins sont plus ou moins écartés.

Du tricot broché,

La différence qui existe entre le dernier tri-

cot dont nous venons de parler et celui-ci con-

siste en ce que, dans le guillaché, les dents de la presse sont plus rapprochées, et que Fon

jette le fil comme à l'ordinaire. Dans l’endroit

où les aiguilles n’ont pas pressé, le fil est demeuré eu bride et à l’envers ; il ne parait pas du côté droit; au lieu que dans celui-ci, après avoir jeté le fil du fond sur toutes les aiguilles, on baisse la presse à l'effet de les séparer, et l’on ne jette le fil qui doit servir au broché que sur celles des aiguilles qui doivent former la figure; et afin qu’elle n’arrive que sur elles, on fait une ouverture par l’abaissement de celles- €, tandis que les autres demeurent relevées.

( Foër plus bas le tricot doublé.) Lorsque le fil est jeté dans l'ouverture, on y passe la règle, on relève la presse, et les aiguilles sont séparées continuellement ; on le pousse contre les platines, où il est facile de le cueillir : il est libre dans ses mouvemens. Après avoir ôté la règle, toutes les aiguilles reprennent peu à peu

leur niveau, et on achève la rangée comme de

298 0 MANUEL coutume, en amenant très. vivement le métier ! sur le devant. Le premier assemblage étant entièrement terminé , la figure paraît beaucoup mieux ressortir du côté droit. AR

Didtricot à côtes de melon. da

On le travaille sur les métiers ordinaires ou“

sur le méme métier que ceux dont il vient d’être

fait mention. On laisse dans leur état ordinaire les trois premières aiguilles du métier pour # former la première côte; on écrase dans leur châsse le bec des deux aiguilles suivantes, la quatrième et la cinquième, afin qu’en conduisant les boucles sur les têtes de toutes’ les ai- \ guilles, celles dont le bec a été comprimé ne puissent retenir la matière que les platines ont recue. Cette partie non maillée reste en bride , de facon que de six en six, dans toute la longueur du métier et de la largeur de l’ouvrage, il s’en trouve quatre employées pour faire la côte et deux pour les intervalles. Il faut donner W à ce genre de tricot un sixième de plus; on M peut même faire les côtes aussi larges qu’on le désire : si on les voulait de huit mailles ; 1l faudrait lui donner un huitième de plus, parce

que les mailles écrasées ne prêtent plus, et ' qu'une bride de deux aiguilles n’a pas plus | d’étendue que ne peut en prendre, dans son extrémité, la maille faite sur une seule aiguille.

|Ecraser un bec d’aiguille signifie, en terme de bonneterie, l’arranger dans la châsse de manière qu'il y reste enfoncé, et qu’il ne peut plus

Dutricot à mailles coulées. D

| rien y passer par-dessous.

. Après avoir terminé l’ourlet et fait le bord | du bas selon l’habitude, on divise les aiguilles par parties et en nombre égal pour les inter- | valles des cannelures. On arrête les mailles qui | doivent les former en les portant avec le poinçon, chacune des mailles sur l'aiguille voisine. On travaille ensuite comme pour le tricot uni; en pressant, on fait sortir les mailles avec le poincon; elles coulent, et on les conduit jusqu’au bord : si l’on ne veut pas assujettir les mailles, elles couleront jusqu'au bout de la pièce. C’est tout-à-fait le contraire du tricot qui précède : si les côtes sont de six mailles, il est absolument nécessaire d'exécuter le tricot ;

d’un sixième de moins que les tricots ordi-

396 MANUBL naires, parce que les mailles des tannelures, ! après avoir été formées et abattues, rendent à la matière toute l’étendue qu’elle doit avoir.

Duitricot en dorure. /

Dans la façon de cette espèce de tricot, on fait plutôt un changement dans la manière de l’exécuter qu’une addition au métier ordinaire; car il ne faut que substituer à la. presse pleine une presse dentée; mais elle doit varier par le nombre, l’arrangement et la largeur de ses dents, suivant qu’elle peut en être susceptible.

Pour le goût, la forme ou le dessin qu’on veut en obtenir, on fait d’abord une ou plusieurs rangées de mailles comme d’ordinaire ; on presse les aiguilles lorsque les mailles se trouvent encore dans leurs têtes; les dents de la presse , en abaïssant les aiguilles qu’elles rencontrent, opposent ces aiguilles aux entailles qui restent élevées. L’élévation des unes et l’abaissement des autres forment une ouverture dans toute la largeur du métier; c’est dans cette ouverture qu’on place le'fil d'argent ou d’or; toute la difficulté consiste à l’y introduire commodément et d’une manière aussi prompte que

propre, Pour cela, on emploie un fil de fer, qui est d’abord passé dans toute l'ouverture, et auquel se trouve accroché le fil d’or, qui se tire ct s’amène pour être placé à mesure qu’on retire le fil de fer. On avoit d’abord imaginé de le tenir en main, de le placer ensuite en tâtonnant pour le tirer quand même on auroit risqué de déchirer quelques mailles par son frottement, pour le reprendre et l’'abandonner à chaque fois. On a obvié à ces inconvéniens au moyen d’une tringle en bois au milieu de laquelle se trouve xne gorge disposée sur le côté du métier, de façon que le fil de fer contenu dans a gorge traverse l'ouverture des aiguilles près de leurs têtes et par-derrière les mailles, et qu'il parvient à déborder directement et promptement Ja lisière opposée à celle d’où il est parti. Le fil ‘or engagé dans son crochet repart de suite par l’action d’un .contre-poids qui entraîne le fil d’or, qu'on dégage aussitôt qu’il se montre sur la lisière, et le fil de fer rentre dans la rainure de la tringle,

Après avoir mis en retraite, dans la gorge des platines, la rangée des nouvelles mailles, on fait aller la presse à droite ou à gauche de

298 - | MANUEL | quelques aiguilles ; onyjette le fil, on cucille, 1 on fait une nouvelle rangée de mailles : par le « moyen de la presse, on fait une ouverture entre les aiguilles, par laquelle on continue d’introduire le fil d’or qui, par sa continuité dans l'intervalle des aiguilles et entre les rangs des mailles, garnit d’une manière égale ou inégale rene côtés de l’étoffe, un peu plus d’un côté que de l’autre, suivant le système de la denture, qui, en reculant la presse un peu plus ou un peu moins, varient d’une façon ou d’une autre, non seulement l’aspect, mais encore la situation de la dorure dans l'étoffe.

Pour donner lapprêt à cette espèce de tricot, comme à tous les autres, on les étend sur la forme après les avoir enveloppés dans un linge humide, pendant un temps suffisant pour que les pièces puissent absorber assez d’humidité, de manière qu’en séchant elles se trouvent apprêtées; mais lorsqu'il y a quelque dorure, comme ordinairement c’est un peu plus rude et plus dur, on les humecte sur la planche par le moyen.d’une petite éponge fine ou d’une brosse douce avec une eau de gomme légère ; et, comme il y faut toujours une fermeté

assez grande pour l’usage auquel on la destine, il faut qu’elle puisse passer sous le cylindre.

C’est par ce moyen que la dorure acquiert le

lustre et l'éclat dont elle a besoin, et qu’elle conserve beaucoup mieux lorsqu’elle est tendue et très ferme. On exécute pour la dorure le passage au cylindre de la même façon que les coutils et autres étoffes dans lesquelles l’or

sert à relever le tissu.

Dricôe doublé. 1 /

Par rapport au métier ordinaire, il n’est enicore ici besoin que d’un changement de presse et de quelques légères différences dans les manœuvres, Comme partout ailleurs, il est besoin de faire quelques rangées d’un tricot ordinaire, ensuite, avec une presse dentée, n'importe de quelle manière, cependant de manière que les dents soient égales aux entailles qui les séparent. Alors, au moment où cette presse sera en action, les aiguilles se trouveront séparées en deux rangées. Si, après avoir jeté la soie dans

| cette ouverture, on y introduit une tringle en

bois , et qu’on cueille ensuite les aiguilles ainsi également ouvertes, il est sûr que les seules

300 MANUEL parties de la matière jetées sur les aiguilles pres- sées seront cucillies, et que celles de dessous ayant demeuré dans leur situation ordinaire , resteront en bride. En abattant ensuite après avoir assemblé, les anciénnes mailles couleront par-dessus les nouvelles, et les mailles qui cor= … respondent aux brides demeureront dans le bec des aiguilles sur lesquelles la presse n'aura pas M eu d'action. Pour en commencer une autre, on achève cette rangée suivant la manière accoutumée. :

On change ensuite la presse, c’est-à-dire qu'on la déplace à droite on à gauche de la di- 3 stance d’une entaille, pour que celles des aiguilles qüi n'ont pas été pressées puissent l'être, et que celles qui l’ent été ne le soient plus; enfin, pour que les mailles de l’une des rangées soient vis-à-vis les brides de la rangée suivante, et réciproquement. On jette alors la soie dans la nouvelle ‘ouverture que forment ces aiguilles ; on y introduit la règle en bois, on cuéille, on assemble, on abat, et l’on termine la rangée comme à l’ordinaire. |

À la troisiéme fois de ce travail, on renouvelle les premières opérations ;. à la quatrième,

les secondes, et ainsi de suite, de façon que

les mailles et les brides du premier travail, distribuées d’une manière alternative et en nombre égal à celui des aiguilles pressées par les dents , se trouvent être liées aux mailles du troisième travail, et abattues par-dessus ces mailles ; les mailles et les brides du second travail à celles du quatrième. Quoique ces brides ne garnissent que la moitié de l’envers de chaque rangée de mailles ; que/celles de la seconde rangée ne soient pas sur la même ligne que celles de la première, mais au contraire celles de l’une opposées à celles de l’autre où il n'y en a pas, elles s’atteignent cependant par le rapprochement des rangées ; et le flotté de la

matière est une véritable doublure au tricot.

Par conséquent, ce n’est qu’en deux coups que peut se trouver terminée chaque rangée complète , soit celle des mailles suit celle des brides; il faut donc y employer le double du temps ordinaire et beaucoup plus de matière.

La règle en bois qui maintient l’ouverture des aiguilles se dégage et se glisse sous la presse, jusqu’à ce que la soie puisse être cueillie, d’où elle remonte par le moyen de deux contre-

309 MANUEL poids placés sur les côtés du métier, de la mémé manière que pour faire le tricot broché ou à 4 mouches, ainsi que le tricot à fleurs dont nous | avons déjà fait mention. Avec ces moyens de fabriquer le tricot doublé, il est assez facile de | l’orner comme le tricot en dorure, par des !

mouches ou des fleurs, en suivant le procédé de M. Germain, et qui s'exécute de la manière suivante : a Ii consiste à employer une presse dentée de manière que les dents soient disposées pour abaisser deux aiguilles et en laisser huit, dix ou douze relevées ; il est certain‘que si le fil jeté sur les seules aiguilles qui sont abaïssées, se trouve d’une couleur différente à celle du fond du tricot, il produira des mouches écartées les unes des autres de huit, dix ou douze mailles aussi. En faisant ainsi plusieurs rangées de suite avec des couleurs différentes, et déplaçant la presse d'une, de deux on d’un plus grand nombre d’aiguilles à chaque rangée, suivant que l’objet qu’on'veut exécuter paraît le demander, on aura des mouches ou toute autre demi-nuance.

Mais les avantages qu’obtint l'inventeur dans : l’exécution du tricot double au moyen de la’

règle en bois, ne couvrirent pas les inconvé-

” niens qui en résultaient ; bientôt il parvint à s’en

passer ; tout en conservant la forme, la mobilité, l’usage enfin des presses dentées, il trouva que des garde-platines dont la saillie fortement diminuée, attachées aux barres des poignées, et deux tringles de fer placées aux extrémité de la boîte aux platines excédantes en plan incliné, le tout pour faciliter une pression beaucoup plus prolongée, pourraient y suppléer.

Après avoir ainsi disposé le métier, on jette le fil de soie, on cueille à l'ordinaire; et à mesure qu'on baisse le métier pour former un premier assemblage à l'effet de distribuer le ‘fil entre toutes les aiguilles, on abaisse la presse dentée préparée pour abaisser de même trois aiguilles et en laisser trois élevées, les dents toujours égales aux entailles, car si les première sont pour deux, les secondes doivent aussi être pour deux. Alors, lorsqu'on amène en avant, les boucles passeront par-dessous comme aux aiguilles qui sont restées élevées. On ôte le pied de dessus la marche, alors elle se releve, le mé-

tier amené tout-à-fait en avant, pour former

un second assemblage; les boucles étant abat-

La

tE

per %

‘tues de dessus les aiguilles pressées et désassem- ”

lâche, mais en rapprochant un peu plus que de coutume celles qui restent, la matière qui se trouve de trop aux brides rentre dans les boucles des aiguilles qui sont à côté et qu’on avait fait courtes à cet effet, en relevant la barre à À moulinet qui fixe la descente des platines à ondes. w * On laisse relever le métier à l'ordinaire pour k

- presser et faire passer les anciennes mailles sur | les nouvelles, mais auparavant il faut déplacer w la presse et la faire marcher de trois aiguilles, M si la denture est sur ce nombre, car si elle 4 n'etait point déplacée, elle comprimerait les | mêmes aiguilles qu’elle a déjà pressées, et 4 qui n’ayant point de nouvellés mailles pour recevoir les anciennes, celles-ci sortiraient de leurs aiguilles. On déplace donc la presse pour presser celles des aiguilles qui ont recu et conservé le fil sur lequel les anciennes mailles s’abattent, on croche à l'ordinaire et on recommence une nonvelle rangée, qu'on exécute comme la première, en observant de ne jamais déplacer la presse qu’à l'instant même où l'on veut l'employer pour faire passer les anciennes

mailles sur les nouvelles Cette seconde rangée

| s'exécute sur les aiguilles opposées à celles de la

première rangée ;et la presse se trouve toute disposce pour comprimer au premier coup. On donne par conséquent deux coups de presse pour chaque rangée, l’un au premier assemblage, afin d’enlever le fil à la moitié de toutes les aiguilles pour les réduire en brides qui servent à doubler le revers du tricot ; l’autre coup enfin ne se donne comme à l'ordinaire que pour presser les anciennes mailles sur les nouvelles. A la seconde rangée et au premier coup, la presse , sans être déplacée, comprime, fait ôter le fil, et le réduit en brides aux mêmes aiguilles qui viennent de recevoir de nouvelles mailles, de sorte qu’il ne reste de matière qu'aux aïguilles qui n’ont point reçu de mailles à la première opération. On fait une troisième rangée, correspondante à la première, en abattant les mailles de la première par-dessus celles de la seconde; une quatrième, correspondante à la seconde, en abattant les mailles la première par-dessus celles de la quatrième, et ainsi de suite : chaque rangée ne fait qu’une moitié de mailles et de brides, et deux rangées forment la totalité d’une rangée de mailles et de brides.

Par le procédé dit x Picard, la barre aux aiguilles est en deux parties placées l’une sur l’autre ; chacune d’elles en comprend la moitié du tout placée de trois en trois par plomb: es aiguilles de l’une et l’autre barre se croisent, se placent et se réunissent de manière que leurs têtes se trouvent à la même hauteur comme.

dans les autres métiers ; ces barres se meuvent séparément et agissent de l’avant en arrière et. de l'arrière en avant. Lorsque les aiguilles sont toutes portées en avant, on jette la matière, on cueille, on assemble à l’ordinaire : le pre-

mier assemblage terminé, ou amène le métieren M

avant, on le pousse en arrière avec celles des barres aux aiguilles, qui ne doivent pas travailler, on les ramène en avant, on fait le second assemblage à l'ordinaire ; on presse de même. La barre qui ne travaille point suit les mouvements du métier, et se trouve en arrière lorsqu'il presse, de façon que la matière qui est sur les aiguilles reste en brides , et ne forme point de nouvelles mailles. A la seconde rangée de mailles, on opère comme pour la première, mais sur la barrequi n’avait pas travaillé, et la nouvelle matière qui se trouve ainsi sur les

‘aiguilles qui ne travaillent pas, reste égale-

ment en bride et formefla doublure de l’etoffe ; à la troisième rangée, le travail se fait sur la première barre.

Ainsi, comme au précédent tricot, toutes les rangées sont moitié partie de mailles, moitié partie de brides à l’envers seulement, puisque endroit forme cannelure, et par le tissu et même par les couleurs s’il en existe plusieurs. Au lieu des cannelures, on peut faire le tricot moucheté ou en échiquier suivant qu’on dispose la matière. Lorsqu'on désire, au lieu de cannelures de différentes couleurs, former un échiquier ou autre dessin semblable, on fait deux rangées de suite sur la même barre, mais avec des couleurs différentes, ou bien ce qui est plus facile encore, on travaille deux fois de suite la matière de même couleur sur les barres différentes.

Avec tous &es procédés on ôbtient et l’on

exécute très bien le genre de travail dont nous

venons de parler, mais il se fait très lentement ;

le métier est beaucoup plus compliqué, beau-

coup plus sujet à se déranger; il y faut des réparations plus souvent, et on ne peut l’em-

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