DÉTAILS RELATIFS A LA FABRICATION
D’arrès l'instabilité du luxe, d’après les caprices de la mode, et surtout en suivant les progrès de l’industrie, toutes les qualités générales et particulières qui peuvent servir à dis- tinguer les bas, considérés maintenant comme objets de première nécessité dans les usages de la vie, consistent essentiellement dans leur finésse, dans leur force plus ou moins grande, dans leur souplesse, leur élasticité, qui dépendent elles-mêmes premièrement du choix qu’on a fait d'avance dans toutes les matières propres à les confectionner ; secondement des apprêts auxquels ces mêmes matières ont été soumises avant d’être filées ; troisièmement de leur mode de fabrication d’après leur filature, et enfin de leur dernier lustrage ou apprêt particulier par lequels il sont terminés avant d'être livrés au commerce. ;
Les matières premières auxquelles on a re-
e ER TT TE baie Dei + G em LE RCE RE A Te à
Le
nn es Von oh
ee: van M is Des
… cours pour fabriquer et confectionner les bas
sont généralement prises dans Les substances végétales telles que le lin, le chanvre, le coton. Le plus souvent aussi l’on emploie la laine, le poil des animaux; on en fait beaucoup avec la soie; presque toujours on les mélange pour varier le degré de finesse ou de flexibilité de la matière employée : tous ces moyens constituent
essentiellement les modifications et les variétés
infinies qui existent généralement dans la fabrication des bas. î
Mais pour disposer une matière filamenteuse quelle qu’elle soit, pour la rendre propre à être filée suivant l’emploi auquel on la destine, on doit lui faire subir différens apprèts, tels que le cardage # le peignage. Ae premier sert à obtenir des fils velus, le second des fils lisses; leur étirage/Aes rend plus ou moins fins, leur
| | torsion Jes rend plus ou moins serrés ; quelque-
fois on les emploie dans leur état naturel, souvent.encore on les soumet à la teinture.
Tous Les bas considérés comme tissus à mailles portent avec eux une élasticité qui non seule-
ment les a fait rechercher, mais en a encore
singulièrement multiplié l'usage; leur degré
d’élasticité n’est même que le résultat d’une suite de fils pliés en festons, et les plis de chacun de ces fils entrent dans les plis correspondans de celui qui précède : ce n’est encore que la forme festonnée que les fils conservent dans la contexture des mailles qui est la cause principale pour laquelle ils peuvent s'étendre librement dans tous les sens. Outre cette qualité de s'étendre facilement sur la partie qu'ils enveloppent, on recherche encore dans les bas de fil ou de coton la blancheur; maïs comme ils ne peuvent l’acquérir au plus haut degré
que par une opération chimique, connue sous.
le nom de blanchément,'il faut consulter les ouvrages qui en traitent. Nous nous oecuperons avant tout des divers apprêts que le chanvre, le lin, le coton, la laine et la soie doivent subir avant d’être filés, soit en détrichant, soit en ouvrant, en mélangeant les matières destinées à la filature, soit en les battant sur des supports élastiques pour en extraire tout ce qui peut contribuer à leur altération, soit en les cardant, soit en les peignant. Entrant ensuite dans tous les détails relatifs à la filature au fuseau, an rouet, à la mécanique, nous parlerons du dévi-
cé: btt:
dage, du pelotage, du retordage. Quant à ce qui concerne la soie, pour son dévidage et son moulinage , nous renvoyons au Traité sur l’éducation du ver à soie, qui fait déjà partie de notre collection.
Des appréts du Chanvre et du Lin.
$. 1er Egrenage® La manière la plus simple d'enlever les graines que produisent le chanvre et le lin, et dont on veut faire la récolte après qu'ils les ont amenés à la maturité parfaite, consiste à les mettre en meules pour achever de les faire sécher pendant quelques jours, et les battre ensuite successivement ou par poignées jus qu'à ce qu'elles n’en contiennent plus; cette méthode ne convient guëèregue pour les petites quantités récoltées par de simples particuliers : mais dans les grandes exploitations ; lorsqu'il est question d'opérer sur de grandes masses, on a inventé des machines pour parvenir à ce but d’une manière aussi accélérée qu’elle est prompte et rapide. Une des plus simples est celle de M. Cléall (voyez fig. 1'e) : elle consiste en huit fléaux aaaa, disposés autour d’un axe
tournant, qui correspondent à une table Ÿ,
ho . MANUEL
large de trois pieds, longue de quatre pieds et demi, élevée à deux pieds au-dessus du sol, et
reposant sur deux leviers cc, dont le centre de
rotation est d, et dont la partie antérieure repose sur des chevilles ee, que l’on peut changer à volonté. Les poignées de chanvre étant placées sur la table à, un ouvrier imprime nn mouvement de rotation rapide par la manivelle x, tandis qu’un autre les remue et les agite en différens sens, pour les soumettre à l’action des fléaux, qui ne servent même que pour le chan-
vre; car lorsqu'on veut opérer sur le lin, comme
sa graine est bien plus difficile à se détacher de la tige, on remplace les fiéaux de la machine par des battoirs {voyez fig. 2).
$. LIN RouissagegPour arriver à séparer facilement les filamens du chanvre ou du lin du pourtour de la chènevotte qu’ils enveloppent,on a l'habitude d'employer deux méthodes différentes , mais dont les résultats sont absolument les mêmes : 1°. on les étend sur l’herbe pour les soumettre à la pluie, à la rosée, à l’humidité de l’atmosphère, pendant un temps plus
ou moins long, quelquefois pendant quarante
jours ; on les retourne, on les change de place,