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au moins une ou deux fois par semaine, jusqu'à ce que l’on puisse en séparer aisément la filasse ; mais par ce procédé le rouissage est inégal, et il est bien rare que le chanvre n’éprouve pas une plus où moins grande détérioration, soit par le vent, qui le disperse, soit par les pluies trop long-temps continuées, qui le pourrissent. 2° Suivant la place qu’on peut se procurer dans une rivière, un ruisseau, un fossé , une mare, et toujours d’après la profondeur que présentent ces différens endroits, on entasse les unes sur les autres les bottes de chanvre ou de lin, on les fixe entre elles par le moyen de longues perches transversales posées par-dessus et par-dessous, que l’on charge ensuite avec de grosses pierres pour les maintenir continuellement plongées dans l’eau, pendant un nombre de jours suffisant, et que l’on doit toujours proportionner à la saison, et surtout à la chaleur de latmosphère. Maïs dans ce dernier cas les émanations putrides qui s’en dégagent occasionnent souvent des accidens graves, et sont la cause de beaucoup de maladies dangereuses et toujours très longues. Il serait bien à désirer qu’on abandonnät entièrement ce pro-
cédé, et qu’on püt y suppléer par celui de M. Cralle, au moyen duquel, en deux heures, il est possible, en tout temps et en toutes saisons, de rouir le chanvre sans en altérer la qualité en aucune manière. Pour cela on chauffe de l’eau à 72 ou 7h degrés du thermomètre de Réaumur, dans laquelle on fait dissoudre ensuite du savon noir dans la proportion de un à quarante-huit à celui du chanvre, et le poids de ce dernier doit être comme quarante-huit à six cent cinquante de l’eau. On plonge dans ce routoir le chanvre, qu’on y laisse pendant deux heures après l’avoir fermé. On répète aussi souvent qu’il est nécessaire la même opération pour la quantité de chanvre qui est à rouir; il suffit pour cela de renouveler autant de fois l’eau chargée de savon, et de la chauffer au même degré. L’eau qu’on emploie peut servir pendant quinze à vingt jours de suite. Après en avoir retiré le chanvre, on le recouvre avec des paillassons ; il refroidit alors peu à peu et sans rien perdre de son humidité : on l’étend pour le sécher en l’étalant debout, et après avoir fait remonter les liens vers le sommet de la botte, de manière à pouvoir l'écarter; quelques uns