XXVIII. FABRICATION DES CHANDELLES ET DES BOUGIES MOULÉES
Brevet d’invention de 15 ans, du 16 décembre 1844, au sieur Smith, à Londres.
L’inventeur emploie pour ses moules des feuilles métalliques très minces qu’il courbe pour leur donner la forme que doit avoir la chandelle ou la bougie.
PI . VIII, fig. 28, moule dont la partie inférieure présente un rebord destiné à recevoir le godet mobile d; en poussant ce godet au moyen d’un bouton , on fait sortir la bougie du moule. X
La tige e sert à ntcnager une ouverture centrale dans laquelle on fait passeç uhe mèche sèche.
On place les moules dans de l’eau chaude , aussitôt qu’ils ont été remplis de la matière oléagineuse , et on les y laisse refroidir graduellement.
En ajoutant des matières colorantes , lorsque la substance qui doit faire la bougie entre en fusion , on obtient des bougies de diverses couleurs.
Les chandelles peuvent être recouvertes d’une substance qui modifie leur aspect ; pour cela on remplit les moules avec la matière en fusion qui doit former l’enveloppe ; on les plonge aussitôt dans de l’eau froide pendant une ou deux minutes, afin défaire figer une couche mince de matière
Î [ui reste adhérente à la surface intérieure du moule. Cela ait , et après avoir fait écouler la matière non encore figée , on remplit de nouveau le moule avec la matière qui doit former le corps de la chandelle ou de la bougie , les moules sont plongés une seconde fois dans l’eau froide pour empêcher la fusion de l’enveloppe.
On laisse le moule dans ce bain réfrigérant pendant deux ou trois minutes , suivant la température de l'eau : on retire alors les moules et on les place dans un milieu réfrigérant dont la température environnante soit à 21° 40 centigrades.
M. Smith obtient la combustion régulière des chandelles ainsi fabriquées au moyen de capsules métalliques représentées dans les lig. 29, 30, 34 , 32, 33 et 54.
La figure 52 présente la vue horizontale de la surface supérieure d’une capsule simple qui doit être placée sur le haut de la chandelle ou bougie.
Dans certains cas , il y a de l’avantage à fixer à cette capsule un tube circulaire ou elliptique en verre, mica ou talc, ou autre substance transparente ou demi-transparente pour servir de verre ou de cheminée.
Ce tube est soutenu par des croisillons partant de la capsule, comme on le voit fig. 32, 33, 54.
La capsule peut aussi recevoir un tube métallique fixé à son centre , et soutenu par de petits bras pour supporter une mèche courte saturée de matière oléagineuse.
5 XXIX. DEUX MACHINES PROPRES A FABRIQUER, L*UNE LA CHANDELLE MOULEE, ET L’AUTRE LA CHANDELLE TREMPÉE OU A LA BAGUETTE.
Brevet de 40 ans , pris par le sieur Leubcl ( Jean-Charles- Louis) à Paris, le 45 novembre 4825. Publié tome 43 des brevets expirés, page 259.
Machine à fabriquer la chandelle moulée.
« F.Up est disposée de manière à pouvoir fabriquer trois 1
oent-quatre-vingt-seize chandelles à la fois dans un pareil nombre de moules enfilés dans des trous pratiqués régulièrement dans l’épaisseur d’une table en bois , au-dessus de laquelle est établie une seconde table en fonte avec rebord , percée d’autant de trous que la table en bois*, dans chacun de ces trous est logé un godet en forme d’entonnoir, auquel est attachée la mèche, qui descend dans les moules. Cette table en fonte est disposée de manière qu’on peut, à l’aide d’une manivelle qui fait marcher des engrenages et des crémaillères, la faire monter, descendre à volonté. Lorsqu’on veut couler la chandelle , on descend la table de fonte jusqu’à ce que les godets soient engagés dans la partie supérieure des moules : alors on verse sur celte table le suif fondu, qui se rend, par les godets, dans les 396 moules; aussitôt que le suif est pris , on relève la plaque de fonte avec la manivelle , et à l’aide d’un long couteau dirigé sur des tringles , on coupe toutes les chandelles d’un seul coup. Dans les temps chauds , on refroidit tous les moules à la fois, en élevant au moyen de deux manivelles et d’engrenages , une bassine pleine d’eau froide , assez haut pour que tous les moules remplis de suif plongent dans l’eau de cette bassine.
EXPLICATION DES FIGURES
« Pl. IV, fig. 1 et 2. Elévation de face et plan de cette machine. Nous avons supprimé à peu près la moitié de ces figures en largeur ; elles se terminent à droite par arrachement. Toute la partie supprimée est pareille à celle qui est conservée; la manivelle m est au milieu de la largeur totale. A, Bâtis en bois de chêne.
b, Table également en chêne , montée sur les pieds et sur les traverses supérieures du bâtis ; elle est percée de 596 trous , 35 sur la longueur , sur 12 de largeur , destinés au passage des moules en étain c; on voit un de ces moules représenté , sous la même lettre c, en élévation , en coupe verticale ,> et par les bouts , dans les figures de détails.
d. Plancher établi pour supporter la bassine en cuivre rouge e, pleine d’eau destinée à rafraîchir les moules remplis de suif liquide. 1 : •' n
f. Table en fonte, percée sur toute sa surface, de. 596
trous régulièrement espacés et correspondant à ceux de la table en chêne 6, comme on le voit par la déchirure faite k l’un des angles de la table f , Fig. z; les trous de la table de fonte sont destinés à recevoir les godets ou culots g en étain dont chacun est ajusté dans les trous de la table f, comme on le voit en coupe par le milieu , Fig. 4, de manière à ne pouvoir passer au travers des trous , et à être retenu par une portée au moment du tirage des chandelles.
« La table de fonte f, est montée sur les extrémités supérieures de quatre crémaillères i, coulant dans des boîtes en cuivre k, fixées ou bâties par des brides en fer f -, ces crémaillères sont mises eu action , pour monter et descendre au moyen de la manivelle m, dont l’axe porte un pignon d’angle qui engrène deux boues d’angle «, dont chacune est fixée à l’un des bouts des deux arbres de couche o, dont chacun porte , n l’autre bout , une vis sans fin p, engrenant une roue q, à dents obliques , au centre de laquelle est un pignon qui commande la roue r, dont l’axe s, Fig. 3, porte deux pignons t, qui engrènent dans les dents des crémaillères i, et leur imprime le mouvement qui les fait monter ou descendre selon que l’on veut élever ou abaisser la table de fonte f, et selon que l’on tourne la manivelle m, dans un sens ou dans l’autre.
« Lorsqu’on veut rafraîchir les moules c, on fait monter la bassine e, remplie d'eau , à l’aide des deux manivelles u, dont les axes v, portent chacun deux pignons qui engrènent dans les chaînes à la Vaucanson x > dont les bouts sont fixés à la base de la bassine.
« y, Châssis en fer formant un rebord sur la table de fonte f , pour retenir le suif lorsqu’on le verse sur cette table.
« z, Deux plaques en fer retenues horizontalement par deux vis avec écrous à oreilles 1 , et servant de guide au coutean 2, qui , lorsque les chandelles sont tirées hors des moules , les coupe toutes au-dessous des godets g.
« Dans le moment du tirage de la chandelle , il est nécessaire que les moules se tiennent fixes sans cependant être à demeure , et qu’il ne soit besoin de rien démonter , pour le» avoir à volonté lorsqu'on veut les nettoyer : on dispose à cet pffet, à demeure, de petites plaque* en fer , que l’cfti
xisse sur la table de fonte f, en laissant au-dessous un intervalle pour le passage des oreilles des moules , de manière que si l’on veut avoir un moule qui est à sa place , on peut , en le prenant par la tête , lui faire faire un demi-tour pour faire échapper les oreilles de dessous les petites plaques de fer, et les retirer ensuite.
Manière de travailler avec cette machine.
« On commence par placer les moules dans les 596 trous pratiqués dans la table de bois de chêne b, et les godets dans ceux de la table de fonte f; on descend ensuite cette dernière table en faisant tourner la manivelle m, dans le sens convenable , jusqu’à ce que les godets g soient tous descendus dans la paitie supérieure et évasée des moules c\ on ajuste , suivant la méthode accoutumée , les mèches g , Fig. 4, retenues du côté du culot par le crochet qui se trouve au milieu de chacun de ces culots ; les mèches une fois enfdées, on verse le suif fondu sur la table de fonte f, et il se rend de lui-même dans chacun des moules. Quand la matière est refroidie et durcie , soit , dans les temps froids , par l'air atmosphérique , soit dans les saisons chaudes , par l’eau des bassines , on lève la table de fonte à laquelle les chandelles sont inhérentes, et on les coupe, avec le grand couteau , qui se retire à volonté.
« L’opération terminée , on enlève les godets pour les plonger dans l’eau et les nettoyer avant de recommencer l'opération.
Observation. Il est important pour la parfaite réussite de l’opération , que la table de fonte f soit toujours assez chaude pour maintenir le suif dans un état de liquidité suffisant. Pour y parvenir on tient cette table de huit centimètres ( environ trois pouces ) plus large et plus longue sur chaque côté (pie la table en bois, et l’on place sur cet excédant une boîte en fer blanc de deux pouces de hauteur. On introduit continuellement de l’eau en vapeur dans cette boite, à un des angles de laquelle on a ménagé un petit tuyau pour laisser échapper l’eau condensée qu’on reçoit dans un vase suspendu par un crochet à la table en fer. Cette disposition est facile à concevoir sans figures. La chaleur communiquée à la table de fonte est suffisante pour entretenir la fluidité du suif.
Machine à faire des chandelles trempées oh à la baguette.
« Le principe de cette machine consiste à attacher le» mèches destinées à former le cœur des chandelles sur des baguettes , que l’on place dans des châssis mobiles , suspendus , au moyen de cordes , au-dessus de deux bassines placées l’une dans l’autre , et dont la plus grande contient du suif chauffé par un fourneau à trente ou trente-cinq degrés de chaleur , pendant que le suif renfermé dans la plus petite bassine n’a qu’une température de douze à quinze degrés. Un ouvrier plonge et replonge successivement les mèches de chaque châssis, qu’il fait monter et descendre alternativement avec la main , jusqu’à ce que les chandelles soient arrivées à la grosseur qu'on veut leur donner.
EXPLICATION DES FIGURES
« Pl. IV, Fig. 5 et 6. Elévation de face et de profil de cette machine.
« Fig. 7. Une partie de cette machine vue en plan.
« Le bâtis de cette machine est formé de cinq montans a, en bois de chêne , portant chacun , près de son sommet , deux arcs-boutans b , qui s’assemblent dans les longues traverses d’un châssis horizontal c, ayant dans sa longueur cinq petites traverses, dans chacune desquelles est ajusté à tenon et mortaise l’un des montans a du bâtis.
« d, Chapes eu fer fixées sur les côtés des longues traverses du châssis c, et portant chacune deux poulies en cuivre ; l’assemblage d’une de ces chapes contre le châssis se voit en détail de face et de profil , et sur une plus grande échelle, Fig. 8 et 9. Chaque poulie reçoit une corde f , au bout de laquelle est suspendu un petit châssis rectangulaire e, en bois , ayant intérieurement deux feuillures pour recevoir les baguettes qui portent les chandelles.
« g , Manches de bois attachés à des cordes , et ayant chacun un crochet qui s’enfile dans un trou pratiqué au milieu d’une petite plaque rectangulaire en fer », à laquelle sont attachées les cordes des poulies et des châssis e.
« h, Longue traverse ayant de chaque côté une coulisse , qui sert à conduire et à diriger un fourneau k , que l’on voit en coupe verticale, Fig. 40; ce fourneau est porté par quatre roulettes, qui servent à le changer de direction ; il
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est muni de deux portes pour le service du petit réchaud l, Fig. 10, qui contient du charbon de bois, destiné à maintenir à l’état de fusion le suif rn, qui est renfermé dans une grande bassine en cuivre rouge étamé , logée dans le fourneau ; le suif est entretenu dans cette bassine à une température de trente à trente-cinq degrés, chaleur nécessaiie pour conserver , au suif » disposé dans une seconde bassine aussi en cuivre rouge étamé , contenue dans la première , une température de douze à quinze degrés , qui est celle qu’il faut donner au suif pour qu’il soit grenelé, et qu’il puisse se prendre aux chandelles o, Fig, 5, chaque fois qu’on lo« trempe dedans.
« Sur le bord de la grande bassine est un égouttoir p, en tôle, sur lequel tombe le suif non encore pris des chandelles d’un châssis que l’on vient de descendre dans la petite bassine , et lorsqu’on a changé la bassine de direction pour tremper les chandelles d’un châssis opposé ou placé de l’autre côté. Le suif qui tombe des chandelles sur cet égouttoir, se rend de lui-même et par l’effet de la pente de l’égouttoir dans la grande bassine.
« Le fourneau a, de chaque côté, un courant d’air q, que l’on ouvre ou que l’on ferme suivant le besoin. Des crochets à bascule r, s engagent dans la coulisse de la traverse h , pour conduire le fourneau d’un châssis de chandelle à l’autre.
Manière d'opérer avec cette machine.
« On remplit les deux bassines , disposées sur le fourneau , de suif que l’on chauffe aux degrés indiqués plus haut ; on place le fourneau sous l’un des châssis e, auxquels sont suspendues les mèches destinées à former le cœur dos chandelles; l’ouvrier descend, à bras , ces mèches dans la petite bassine , où il les plonge et replonge successivement , jusqu’à ce que la chandelle ait atteint la grosseur qu’on veut lui donner; parvenues à ce point, on lève le châssis', qui demeure suspendu aussitôt qu’on a engagé le crochet du manche g, dans le trou du milieu de la pièce Lorsque les chandelles d’un châssis sont terminées , et pendant qu’elles refroidissent et durcissent , on change le fourneau de côté , on le reporte sous le châssis placé en face de celui sur lequel on vient d’opérer, et l’on recommence la môme opération. ?
Observation. Dans notre première édition , pages 55 et suivantes , nous avions donné , en petit , l’idée de cette machine , dont l'auteur a tiré un graud parti en la construisant sur une plus grande échelle , et en en formant une véritable machine propre à fabriquer très promptement des chandelles à la baguette.
Je conseille aux bons fabricans de terminer les chandelles moulées en les passant à la filière , dont j’ai donné l’idée dans la première édition , et dont on trouve la description dans celle-ci , page 55. En employant ce procédé on obtient des chandelles plougëes cylindriques et débarrassées de ces inégalités désagréables ou’elles présentent ordinairement , lorsqu'on ne se sert pas uu moyen que j’ai indiqué.-
§ XXX. MACHINE PROPRE A ACCÉLÉRER LA FABRICA- TION DES CHANDELLES DITES A LA BAGUETTE.
Brevet de 5 ans, pris par le sieur Garin, Jacques-Charles, à Valence , département de la Drôme , le 28 avril 1 825.