QUER DES CHANDELLES A LA BAGUETTE, L’AUTRE DES
CHANDELLES MOULEES.
Brevet de 5 ans, pris par le sieur Fuchs (J. -B.) , ancien fabricant de chandelles , à Colmar, le 25 avril 4822.
Machine à fabriquer la chandelle trempée ou à la baguette.
« Pl, V, fig. 4. Vue en perspective d’une partie de Itt machiné.
a , Arbre vertical à pivot , portant, près de son sommet, une grande zone horizontale en bois b, divisée en vingt parties égales par des cordes c , passant sur des poulies d , et portant à leurs extrémités , des cadres suspendus e, munis chacun de vingt baguettes de chandelles et se faisant réciproquement équilibre pour chaque corde, et seulement pour un même poids; mais ceci étant insuffisant pour éviter à l’ouvrier de lever par sa propre force le nouveau poids que prennent les chandelles portées par chaque cadre que Ion veut tremper, on a établi en f, derrière la place où se tient
l'ouvrier et tout près de lui, une balance g , suspendue à une corde h , jouant également sur deux poulies, et ayant , à l’extrémité opposée à la balance, un crochet i, que l’on accroche à volonté dans une des ouvertures d’une platine carrée en fer k, à laquelle est suspendu le cadre; cette disposition permet , au moyen d’un second contre-poids , de pouvoir rétablir l’équilibre qui , sans cela, serait rompu par le poids que prennent les chandelles qui sont à tremper dans le suif.
a Cette opération terminée, il est de toute nécessité de remplacer le crochet dont on vient de parler, par un crochet l , suspendu au-dessus du cadre ; car, sans cela , les chandelles que l’on vient de tremper étant plus lourdes que celles qui les contre-balancent, ne manqueraient pas de descendre jusqu’à terre. Le cadre suspendu à ce nouveau crochet doit être tiré vers le pivot, afin de mettre l’ouvrier à même de remplir de suif la forme m; cette opération se fait en tirant une corde , dont l’un des bouts est attaché au cadre portant les chandelles , et l’autre passant dans l’une des poulies dont les chapes sont vissées contre le pivot, pour ensuite venir s’adapter au moyen d’un anneau n , à un crochet qui se trouve au-dessous de la platine de fer carrée k. Après avoir tiré à lui cette corde, l’ouvrier l’accroche par son anneau n , au crochet o , le plus bas qui se trouve dans la colonne f, placée derrière lui.
« Une roue dentée p, %. 2, est placée vers l’extrémité inférieure de l’arbre a ; cette roue , qui est en cuivre ou en fer, peut être en bois ; elle sert , à l’aide d’une seconde petite roue s, même lig. 2, dans laquelle elle engrène, à faire tourner l'arbre à pivot a, d’un vingtième de tour à la fois. Cette opération s’exécute à la volonté de l’ouvrier, qui n’a qu’à presser légèrement d’une main sur le cliquet adapté à l’arbre qui porte la seconde petite roue s , dont on vient de parler, et à appuyer de l’autre main sur une des six branches de la manivelle A , tig. 5 , qui se trouve placée au bout de l’arbre de couche de la petite roue s, et derrière ce même cliquet. Cet arbre , s’alongeant jusques sur le devant de la bassine q, dans laquelle se trouve le suif, l’ouvrier ne quitte point sa place pour la faire tourner.
« L’arbre horizontal qui porte la petite roee o* pignon
s, est terminé par un pivot à chacune de ses extrémités. Ces pivots sont supportés par deux pièces de bois ou de fer, 11g. z et 5, solidement fixées sur le plancher, à une hauteur égale , afin que l'arbre soit horizontal. A une extrémité de cet arbre de couche est fixé le pignon s , de manière qu'il engrène avec la roue dentée p, comme le montre en parti* culier la fig. 2. A l’autre extrémité de ce même arbre de couche porte 1° la crochet avec le cliquet à ressort dont on voit la disposition en particulier en x, fig. 5; 2° par devant, enfilé sur le même arbre, le tourniquet u, à six branches, que l’on voit par devant ou de face, fig. 3. Ces deux pièces sont solidement ajustées à carré sur l’arbre et fixées, ainsi que le pignons, par des écrous. Ce tourniquet sert à faire tourner l’arbre à la main, il est placé auprès de l’ouvrier, à un décimètre au moins de la place où pouvait descendre le cadre qui porte les chandelles.
a La fig. 4 montre, en coupe verticale, la forme m, dans laquelle on trempe les chandelles , la bassine q, et le fourneau v , qui chauffe cette bassine.
x Fer à rogner la chandelle.
« Ce fer, qui fait partie de la machine précédente et que l’on voit en y, fig. 6 , se chauffe par la vapeur au moyen du fourneau * , au lieu de le chauffer, comme de cou'tume , avec de la braise ardente. Il offre non-seulement l’avantage de ne jamais brûler ou brunir le suif, mais encore celui d’accélérer l’ouvrage des trois quarts.
a Ce 1er doit se placer à côté et tout près de la roue à cliquet.
« Au moyen de la machine que l’on vient de décrire, un seul ouvrier peut , avec la plus grande facilité , fabriquer journellement , dans les saisons froides, huit cents baguettes de chandelles formant ensemble seize cents, deux mille ou deux mille quatre cents livres, selon que ces chandelles sont de huit, de six ou de cinq à la livre.
Machine à fabriquer de la chandelle moulée.
m Cette machine, à l'aide de laquelle un seul ouvrier suffit pour couler six cents chandelles dans l’espace de six minâtes , et pour les retirer toutes de leurs moules eu denx
ET DE LÀ FABRICATION DES CHANDELLES. fS3
secondes, est représentée de face et en coupe de profil par les flg. 7 et 8; elle a la forme d’une table à six pieds d’une longueur de sept pieds. Sa surface supérieure consiste en un plateau de bois dur a , de quinze lignes d’épaisseur, percé de six cents trous ronds dans lesquels sont placés les moules à chandelles qui, au moyen de deux petites pattes qu’ils portent à cinq lignes au-dessus de leur grande ouverture , sont fixés, sur ledit plateau, par deux vis.
« A huit pouces au-dessous de ce premier plateau, il s’en trouve un second b , qui porte la même quantité de trous et dans lesquels passe une partie de chacun des moules : ce dernier plateau ne sert uniquement qu'a maintenir les moules bien verticalement.
« Enfin un troisième plateau c , couvre la table et contient six cents entonnoirs qui correspondent avec les moules renfermés dans cette table. La surface de ce dernier plateau est divisée en quatre parties égales par des cadres en fer sur lesquels sont posées des baguettes qui suspendent les mèches qui passent dans les moules à chandelles. On coule dams ces cadres , au moyen d’un entonnoir fait exprès , la quantité nécessaire de suif pour remplir le nombre des moules qui se trouvent en dessous de ces mêmes cadres.
« Pour pouvoir élever et abaisser ce plateau , et pour
3 u’on puisse, par ce moyen, tirer ensemble toutes les enanelles de leurs moules , se trouvent fixés sur les extrémités supérieures six crics en fer e , ayant la hauteur de dix-huit pouces , qui sont adaptés contre les six pieds de la table. On fait agir ces six crics en tournant la manivelle f ; dans ce mouvement, la roue à gorge g , montée sur l’axe de l’une des roues du cric , enroule la corde h , et fait monter le plateau; alors les chandelles, tirées de leurs moules, se trouvent suspendues en l'air, et on les coupe avec une lame très mince.
« Au moment où l’on voudra dégarnir le plateau c des chandelles qu’il contient , et du suif superfiu qui y aura été versé en coulant les chandelles , on placera, sur le plateau a, une caisse qui couvrira tous les moules vides et qui empêchera qu’il ne tombe dedans du suif ou d’autres corps etrangers. »
Obturation. L«s sieurs Goursac, Ernst et Clément ae-
quirent le 7 février 1824, la propriété de ee brevet ; et le 26 février suivant, ils prirent le brevet de perfectionnement et d’addition qu’on va lire.
Nouvelle machine à fabriquer la chandelle dite à la baguette.
« Cette machine que les figures 0 et tO, même planche, représentent de face et de profil , est formée de la manière suivante :
a , Chariot glissant sur les jumelles b , au moyen du mouvement de rotation imprimé, à l’aide d’une manivelle c , à une roue dentée d, engrenant avec les dents d’une crémaillère horizontale e , appliquée contre le dessous du chariot.
f , Dix cadres en bois, portant chacun vingt baguettes, à chacune desquelles sont suspendues quinze mèches préparées pour être trempées ; ces cadres sont suspendus au moyen des cordes# , passant sur des poulies h.
i , Conducteur formé de quatre montants en bois et d’un cadre mobile k , qui tend toujours à remonter à cause du contre-poids l.
m , Tonneau ou caisse en bois, posé sur galets, pour desservir la machine.
« Voici comment se fait la trempe :
« Après avoir disposé les mèches sur les cadres, l’ouvrier,, au moyen de la manivelle c, dirige le premier cadre au-dessus des conducteurs et le fixe sur le châssis mobile à l’aide de petits taquets ; alors , en pesant sur le cadre , il le fait descendre verticalement dans la caisse m , et ayant ainsi opéré la trempe, il laisse remonter le cadre et suit ainsi l’opération jusqu’à son terme.
a La corde placée au milieu du cadre sert à fixer la plus ou moins grande course que l’on veut faire parcourir au cadre.
« Au moyen de cette machine , un ouvrier peut , en un seul jour, dans les saisons fraîches , tremper mille kilogrammes de chandelles des douze au kilogramme.
Nouvelle machine à fabriquer la chandelle moulée.
« Fig. 11 , Vue de face. — Fig. 12, Plan.
« a. Table supérieure ^dont on voit le^plan, Çg, .13 , et
dont la lig. 14 montre la coupe horizontale et longitudinale.
« b, Table inférieure que Ton voit en plan, fig. 15, et en coupe horizontale , fig. 16.
« Ces deux tables sont percées de trous, ceux de la table inférieure reçoivent les moules c, ceux de la table supérieure ont des culots en étain d, mobiles, qui, pénétrant dans l’orifice des moules , empêchent , lors du coulage , l’épanchement du suif sur la table inférieure.
« Les moules sont arrêtés sur la table inférieure par des croissants en fer e , fig. 16 , qui se posent avec des vis dont on voit les têtes fendues , fig. 15. On a laissé une distance entre la table et les croissants , afin que , lors du tirage de la chandelle , le moule étant détaché retombe par son propre poids, et laisse, sans résistance , échapper la chandelle.
« Les mèches se passent sur des baguettes ou tringles en fer f, fig. 12 , affleurant la table supérieure ; ces tringles sont garnies de petites entailles qui indiquent la place des mèches. Chaque mèche est pourvue d’une aiguille en fer et donne , par ce moyen , la faculté d’enfiler autant de mèches à la fois qu’il y a de moules dans la largeur de la table.
« Le tirage des chandelles s’opère par le moyen d’un treuil g , adapté au pied de la machine et sur lequel s’enroule une corde h, qui passe sur des poulies et vient prendre une chaîne i , fixée aux quatre angles et au milieu de la table supérieure.
« Four éviter le mouvement d'oscillation aux quatre anales de la table inférieure, on a établi quatre colonnes en fer k , qui passent dans quatre manchons en cuivre fixés sur la table supérieure.
« Pour opérer la coupe des chandelles , on élève la table supérieure de manière à pouvoir passer sous les chandelles un châssis l , en bois, posant sur un plateau m , également en bois, dont l’effet est d’empêcher qu’il ne s’introduise des morceaux de suif ou d’autres corps étrangers dans l’intérieur des moules.
« Lorsque ce châssis est posé , on baisse la table supérieure et chaque chandelle se trouve prise dans un carré n, formé de ruban de fil , pour qu’à l'instant où toutes les chandelles se trouvent coupées, elles ne puissent tomber 1rs unes Sur les autres et se briser.
Le couteau o , fig. \ \ , qui sert ù cette opération , glisse sur deux bandes de fer j>, placées à la hauteur convenable , et se retire après l’opération.
« Remarque première. Pour pouvoir retirer la chandelle des moules avec facilité et en toute saison , les moules se trouvent renfermés dans une caisse formée entre les pieds de la machine et au moyen d’un tuyau q , qui est introduit
Ï iar l’un des côtés de la caisse et qui y règne dans toute la ongueur, percé de trous également espacés : on fait entrer un air chaud qui tend à détacher la chandelle du moule. Ce procédé n’est mis en usage qu'en été et dans les saisons humides.
A l’aide de cette machine , un seul homme peut couler quatre cent seize chandelles dans l’espace de quatre à cinq minutes, et peut les retirer toutes ensemble en une ou deux minutes.
« Remarque deuxième. Cette machine est supposée construite en tôle de la plus forte épaisseur; on peut l’établir en bois de chcne choisi, en observant bien les dimensions et les ferrements nécessaires pour empêcher le bois de travailler : dans ce dernier cas , ces deux tables ne doivent contenir que deux cents trous.
« On peut aussi faire cette machine pour quatre cents trous de la manière suivante : la table intérieure en bois de chêne et la table supérieure en forte tôle.
« Au lieu du treuil g, des colonnes en fer k, et des manchons en cuivre qui glissent le long de ces colonnes, on peut, pour tirer la chandelle des moules , adapter aux quatre angles de la table inférieure, quatre montants en bois et à coulisses, à hauteur convenable, dans lesquels, au moyen de deux cylindres en bois , placés aux deux côtés opposés , dirigés pardeseordes passant sur des poulies disposées au sommet (le ces montants, et mues par une manivelle en bois, ou élèvera et descendra également la table supérieure. Ce dernier moyen est applicable à une machine qui serait construite tout en bois.
« Les moules , au lieu d’être arrêtés sur la table inférieure par des croissants en fer e , peuvent être retenus par des baguettes en fer, de la largeur de la table, et qui seraient lixées par des vis.
« Au lieu de baguettes ou tringles en fer f , pour recevoir la mèche , on peut faire usage de culots momies à crochets.
« Par le moyen de ces machines , on peut également faire descendre la table inférieure avec tous les moules qu’elle renferme , de manière à ce que les chandelles ne changent pas de place , ce qui serait l’opposé du procédé ci-dessus décrit , puisque ce sont les moules qui restent immobiles , et que les chandelles montent. A cet effet, On établit l’équilibre par un contre-poids de la pesanteur des moules.
« Ces machines peuvent être mues par toute espèce de moteurs. »
Observations. \° On peut appliquer à cette machine et à celles qui précèdent destinées au même objet , nos observations à la première machine décrite dans le § 50. Cette observation se trouve à la page 180.
2° L’observation sur les chandelles trempées qu’on trouve à la page 185 s’applique de même à toutes les chandelles à la baguette.