‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 30 sur 87 · PRINCIPALEMENT PAR LB MODE DIT A LA BAGUETTE · texte numérisé non relu

PRINCIPALEMENT PAR LB MODE DIT A LA BAGUETTE

ET PAR SUITE PAR CELUI DIT AU MOULE, QU’lL NOMME

MECCHÉRION.

Brevet d’invention de 5 ans , en date du 14 septembre 1840, ( déchu par ordonnance du roi, le 15 juillet 1845) , au sieur Pion , à Elbeuf.

Mémoire descriptif.

A plusieurs époques la fabrication de la chandelle a été perfectionnée , mais cette industrie , de première nécessité, n’a pas encore atteint le point de perfection où elle peut arriver. Divers procédés ont été employés pour fabriquer , soit la chandelle trempée ou à la baguette , soit pour celle au moule. Pour tous ces moyens plus ou moins ingénieux , il fallait un matériel considérable , un local spacieux pour placer les manèges nécessaires à l'ensemble des fonctions mécaniques , sans tenir compte des réparations et de l’entretien coûteux que tout cela exigeait, ce qui est cause, pro-

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bablement, qu’aucun de ces procédés n’a été généralement adopté.

Toutes ces considérations ont encouragé le sieur Pion à faire de nouvelles recherches pour perfectionner encore los moyens de fabriquer la chandelle. Son procédé semble offrir des avantages sérieux , tels que la simplicité de la machine,, plus de célérité et de régularité dans l’ensemble de se» fonctions, et des résultats supérieurs à ceux obtenus avant lui. Il donne à sa machine le nom de Mecchérion.

Outre les avantages qne nous venons d’indiquer , cette machine a celui de pouvoir être appropriée à (leux modes de fabrication différents ; ce qui donne lieu à deux explications descriptives.

Le mecchérion qui, comme on peut le voir, pl. IX, est d’un emploi simple et avantageux , se prête , disonsnous , à la fabrication de deux espèces distinctes de la chandelle. Nous allons décrire d'abord le travail de la chandelle à la baguette.

Première application.

D’après les dispositions mécaniques du mecchérion, on place , eomme cela se fait ordinairement pour cette sorte ac fabrication, des mèches sur des baguettes, (voyez lig. 3 et 4) , Ces baguettes sont disposées dans des cadres oa ehâssis , et y sont fixées par leurs extrémités.

Un nombre plus ou moins considérable de ces châssis sont fixés autour d’un axe , fig. 4 , muni d’un mécanisme combiné de manière à les faire manœuvrer circulairement, afin

S ue chacun d’eux vienne à son tour plonger ses mèches ans une bâche remplie de suif fondu et maintenu à un degré de chaleur convenable ; le même mécanisme retire alternativement de là bâche, les mèches attachées au châssis , en sorte que chacun de ces châssis est plongé dans le bain, de suif, et en est retiré autant de fois que cela devient nécessaire pour obtenir l’espèce de chandelle dite à la baguette , et l’amener à la grosseur et à la longueur convenables , selon que l’on veut de la chandelle de dix , douze ou seize à la livre.

Cette machine, d’un petit volume , et qui peut par conséquent manœuvrer dans un petit local , 0 )ffre en outre l’avantage de déterminer exactement et avec célérité le poids

ET DE LA. FÀliftlCÀTION DES CHANDELLES. i 8'}'

que doit avoir chaque chandelle , comme aussi de varier ce poids à volonté , en suivant les circonstances. Cette facilité de régler exactement le poids des chandelles, quel qu’en soit le calibre , résulte d’abord de l’ensemble de la combinaison mécanique de l’appareil et de la marche régulière de celui-ci , mais on le détermine [infailliblement à l’aide de contre-poids convenablement disposés sur les pièces de bois qui font corps avec les règles , et qui sont proportionnés au poids que doit avoir chaque châssis garni ae chandelles entièrement confectionnées.

On maintient le suif dans la bâche , au niveau et au degré de chaleur qui ont été reconnus nécessaires , n’ayant besoin pour cela d employer que les moyens connus. Avec cette précaution on obtient des chandelles d’une régularité parfaite.

Le mecchérion est supporté sur des patins ou des pièces de bois assemblées et scellées à la manière ordinaire •, dans son milieu est disposé, verticalement et avec solidité, un arbre pivotant à sa base , dans une crapaudine , et à son sommet dans un coussinet; autour de cet arbre, qui est le principal , des règles sont disposées à coulisse , leur partie inférieure est munie d’une pièce de bois façonnée en équerre et destinée à leur communiquer un mouvement propre à l’immersion des mècbes; leur partie supérieure , qui passe daus un guide métallique , est attachée par une courroie à l’extrémité d’un balancier armé d’un arc de cercle à chaque bout, et pivotant par son milieu ; l’extrémité du balancier opposée à celle de la règle est inunie d’une autre courroie à. laquelle lient le châssis porte-baguettes. Ces baguettes sont fixées elles-mêmes au châssis , d’un côté dans des trous cylindriques , et de l’autre , dans une espèce de mâchoire qui, étant fermée , maintient les baguettes chargées de mèches, dans la position nécessaire a la bonne fabrication des chandelles.

Sur l’un des côtés de la machine , s’adapte une bâche dont la forme correspond à celle du châssis. Cette bâche doit être toujours remplie d’une égale quantité de suif fondu dans lequel chaque châssis vient successivement, un certain nombre de fois, plonger les mèches attachées aux baguettes.

La machine est mise en mouvement par une manivelle* mue à bras d’homme; elle pourrait être mue par d’autres moyens, mais celui-là, le plus simple et le moins coûteux, peut imprimer à la manivelle une quarantaine de tours par minute , ce qui est une vitesse bien suflisantc pour l’opération dont il s’agit. Sur l'axe vertical de cette manivelle est montée une vis sans lin , engrenant avec une roue établie sur un arbre horizontal qui, vers son milieu, porte encore une roue d’angle engrenant avec une autre roue semblable montée sur un second arbre horizontal , armé d’une excentrique qui commande un levier ou une pédale dont le but est d’élever alternativement les règles adaptées à coulisse contre l’arbre principal de la machine. Le premier arbre horizontal porte encore, à l’extrémité opposée à la manivelle, une roue d’angle qui n’a qu’une seule dent et qui engrène avec une autre- roue d’angle montée à l’extrémité inférieure de l’arbre vertical ou principal arbre.

Cette dernière roue portant autant de dents qu’il y a de châssis porte-baguettes autour de l’arbre principal, chaque fois que la roue d'angle à une seule dent fait un tour, il arrive un châssis au-dessus de la bâche à suif, et alors l’excentrique , mue aussi par sa roue d'angle, élève, à l’aide du levier qui le surmonte, la règle à laquelle est suspendu le châssis, et fait, par conséquent , descendre et plonger dans la bâche les baguettes porte-mèches fixées au châssis, dont la position, comme on vient de le voir, se trouve déterminée par le mouvement des roues d’angle.

Pour mettre tous ces mouvements de la machine en parfaite harmonie, deux cercles concentriques et superposés sont disposés au-dessous des règles. Ces cercles ont pour but, l’inférieur, de séparer le mouvement de l’arbre de celui des règles, et le cercle supérieur, (dans lequel est pratiqué une encoche à l’endroit où le levier commandé par l’excentrique vient lever la règle pour faire plonger les mèches dans la bâche), d’assurer la parfaite régularité dé l’opération.

D’après ce qui précède , on peut voir que les châssis sont équilibrés par le poids des règles; or, comme la pédale que l’excentrique met en mouvement fait seule plonger le châssis dans le bain de suif , il en résulte que , du moment où-

là pédale cessera d’agir sur la règle, le poids dont celle-ci est chargée fera descendre le levier, et que ce mouvement, en entraînant le côté du balancier où la règle est attachée , aura pour effet immédiat , de retirer le châssis porte-baguettes du bain de suif où il plongeait.

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