‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 33 sur 87 · BOUGIES ET DES CHANDELLES, PAR M. MAUDSLAT · texte numérisé non relu

BOUGIES ET DES CHANDELLES, PAR M. MAUDSLAT

( Extrait du Tecbnologiste , t. IX, p. 529).

Ce mode perfectionné de fabrication des bougies et des chandelles, qui est l’objet d’une patente prise en Angleterre, le 14 octobre 1847, consiste à mouler les bougies ou les chandelles en faisant passer de force par la pression les acides gras, le suif ou les autres substances de moulage dont on compose les pièces à travers des tuyaux maintenus à une basse température, de manière que l'acide ou le suif qui est à l’état liquide quand il entre dans les tuyaux , s’y solidifie graduellement ou bien y cristallise en partie dans son passage à travers les tuyaux , et enfin achève de se refroidir et de durcir quand on l’introduit au sein d’une masse d’eau froide , le coton pour former la mèche ayant été introduit dans l’acide ou le suif au moment où la matière est sur le point de quitter les tuyaux et avant d’acquérir toute sa dureté.

On a proposé déjà divers autres moyens pour fabriquer des bougies ou des chandelle? par une pression continue qu’on exerce sur les matières en faisant passer celles-ci à travers des moules ou des tuyaux ; nous citerons entre autres , le procédé de M. F. Allmau qui a été défcrit à la page 202 de ce volume ; mais ce procédé ne s’applique qu’aux matières à l’étal froid et solide , et on a déjà élevé contre lui

3 uelques objections à cause de l’impossibilité où l’on est, ans son exécution, de faire autre chose qu’une pression mécanique ou d’agglomérer ensemble les matériaux froids et solides , mais non pas de les lier et de leur donner cette homogénéité que la fusion seule peut leur procurer..

On a représenté , dans les fig. 12 à 13, pl. IX, la machine destinée à réaliser le mode de fabrication des articles, gras moulés suivant le procédé de M. Maudslay.

Fig. 12 , élévation vue en coupe de la machine , suivant la ligne a, b de la fig. 14.

La fig. 13, autre élévation, vue aussi en coupe , suivant la ligne e, d, fig. 14.

La figure 14, plan de l’appareil, suivant la ligne e, f.,. lig. 12.

La figure 15, section horizontale, suivant la ligne g, h, fig. 15.

A est un vase clos , de forme cylindrique , ou une chaudière avec fond conique et qui est destiné à contenir l’acide, le suif, ou toute autre matière ou composition qu’on veut mettre en état de fusion , et dont on doit fabriquer le coqrs des bougies ou des chandelles. A 1 est un bloe cylindrique portant plusieurs piliers courts p, p, p sur lesquels est montée la chaudière A. B est un petit foyer ou fourneau qui sert à chauffer le vase A , et C , C des carneaux à travers lesquels la fumée et l’air chauffé circulent sous le fond de la chaudière.

On conçoit qu'on peut aussi chauffer cette chaudière à l’aide de la vapeur ou de l’eau chaude , cas auquel on n’a plus besoin du foyer ou fourneau B. Il y a en outre une cheminée destinée à évacuer les produits de la combustion et qu’on place en un point convenable du carneau C , mais qu’on n’a pas représentée dans les figures.

I est un rafraîchissoir ou vase ouvert cylindrique, rempli d’eau froide , qui entoure le bloc cylindrique Ai et lüi est concentrique. Ce vase est de quelques centimètres plus bas • que ce bloc , et il se relie à la cliaudière ou vase pour la fusion A placée au-dessus par des barres Q, Q , assujetties par des boulons et des écrous.

D est une pompe foulante avec piston plein , disposée au sein de la chaudière A où elle est solidement boulonnée sur le fond , et de plus maintenue par des tirants et des étais E, E. En faisant fonctionner cette pompe , soit à bras , soit au moyen de tout autre moteur, la matière en fusion est élevée par la soupape d’aspiration F dans le corps de pompe, puis de là refoulée par le piston à travers un. tuyau de décharge G qui la conduit dans une boîte H, immergée dans l’eau froide que renferme le rafraîchissoir I. De cette boîte

Î iartent trois serpentins L l L’ L 3 qui sont plongés au sein de ’eau froide , et portent des robinets au moyen desquels ils peuvent être tous ouverts pour livrer passage à la masse en fusion, ou bien un ou deux d’entre eux seulement, cette masse étant refoulée, suivant le besoin, en une, deux ou trois colonnes distinctes.

A l’extrémité m ou près du point de décharge de ces trois

serpentins, on a piqué sur chacun d’eux un petit tube P qui est replié suivant un coude arrondi dans son point d’insertion , de manière à ce que son centre , à sa terminaison , se trouve très exactement dans l’axe du serpentin. C’est à travers ce tube que descend la corde de coton ou autre matière destinée à former la mèche de la bougie ou de la chandelle; cette mèche se déroule sur trois dévidoirs O, O, O montés sur des potences attachées sur les côtés de la chaudière de fusion A , et à mesure que la colonne de matière plastique est refoulée à travers les tours du serpentin vers l’entonnoir de sortie M, elle enveloppe et entraîne avec elle la corde ou mèche de coton ou autre matière.

En sortant de l’entonnoir M , la masse plastique est déchargée dans une bâche d’eau froide N , où elle se refroidit promptement et acquiert une fermeté et une dureté cristalline. Au moment même où elle acquiert cet état de fermeté, elle est découpée de longueur convenable , soit à la main , soit par voie mécanique , puis on en façonne le collet du côté où on allume la bougie ou la chandelle, et enfin on donne l’apprêt requis pour le produit.

L’avantage que présente ce mode de fabrication des bougies et des chandelles sur les moyens ordinaires , consiste dans la facilité et la rapidité du travail, l’économie de la main-d’œuvre et l’application aux usages généraux , et surtout pour opérer des moulages sur le lieu même de production des matières premières , la machine étant légère , portative , d’une manœuvre simple et peu susceptible de se déranger.

Le nombre des serpentins dans chaque appareil doit toujours être dans une proportion convenable avec les dimensions de la machine , et plus spécialement avec celle de la pompe d'injection; et quoiqu’on en ait indiqué trois dans les figures comme un nombre moyen assez convenable , l’auteur annonce qu’on peut bien ne pas s’en tenir là et augmenter le nombre à volonté.

Ou peut également fabriquer des bougies de cire avec cette même machine et par les mêmes moyens que ceux décrits ci-dessus; mais, dans ce cas, les tuyaux n’ont pas besoin d’avoir un aussi long parcours, et on peut en diminuer* la longueur.

M. Maudslay a fait aussi remarquer que sa machine , avec quelques modifications , pourrait très bien s’appliquer au moulage d’autres matières plastiques en fusion , telles par exemple que les savons, divers produits de l’art du confiseur, etc. Mais alors, au lieu de plonger dans l’eau froide, comme ou l’a dit précédemment , on recevrait à la sortie des tuyaux ou moules sur des bandes sans fin de tissu de coton , de gaze métallique ou de toute autre substance, suivant qu’on le jugerait convenable ou que l’exigerait le produit.

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