‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 32 sur 87 · XXXV. PROCÉDÉS DE FABRICATION DE CHAXDELLE5 IMITANT LA BOUGIE · texte numérisé non relu

XXXV. PROCÉDÉS DE FABRICATION DE CHAXDELLE5 IMITANT LA BOUGIE

Brevet de 5 ans , pris par le sieur Slrybosch ( William), chimiste à Lyon ( Rhône ) le 7 décembre 1827.

Procédé pour clarifier , dépurer et blanchir le suif avec perfection et économie , et pour fabriquer la chandelle superfine imitant la bougie.

« Le mouton , le bœuf et la chèvre sont les trois espèces d'animaux dont la graisse soit employée pour faire des chandelles , et tout autre mélange ne peut qu'être nuisible à leur qualité *, le fabricant doit bien faire attention de ne pas être trompé dans son choix.

« Avant de commencer l’opération qu’on appelle fonte en branches, on doit débarrasser cette graisse de ses enveloppes , membranes , pourritures et autres défectuosités. Cette fonte doit se faire régulièrement et aussi souvent que

{ >ossible; il est même nécessaire que, dans les grandes enaeurs de l’été , on prenne la graisse fraîche chez les bouchers, afin d’éviter qu’elle n'éprouve de l’altération, et ne contracte cette odeur puante dont en pareil cas elle est accompagnée.

« Avant de mettre la graisse dans la chaudière , on doit la hacher très-mince , à l’aide d’un grand couteau ou hache destinée à cet effet. On ne doit jamais mettre d’eau dans la chaudière pour opérer la fonte en branches •, elle doit s’effectuer avec régularité et lenteur sur un feu très modéré ; au fur et à mesure que la graisse fond , on en met d’autre successivement jusqu’à la fin et jusqu’à ce qu’elle ait acquis le poiut convenable de cuisson , ce que l’on reconnaît lorsque les grattons commencent à résonner ; il faut avoir soin, dans cette opération , de remuer constamment au fond de la chaudière avec une large spatule pour empêcher la graisse de brûler , ce qui ne manquerait pas de la roussir. Le suif que l’on obtient porte le nom de suif fondu. Quand toute la graisse est à peu près rendue, par le retirement de ses membranes , on retire le suif fondu de la chaudière pour le couler dans une grande cuve destinée «à cet effet , en le faisant passer par deux tamis en fil de cuivre que l’on place

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Vun à côté de l’autre. Lorsque le premier de ces tamis est rempli , et pendant qu’il s’égoutte , on se sert du second ; on jette ensuite dans la chaudière les grattons ou membranes qui se trouvent dans le premier tamis , et l’on continue ainsi de suite jusqu’à ce que tout le suif soit tiré. Avant de commencer cette opération , on doit éteindre le feu et fermer le cendrier pour pouvoir donner , dans cet intervalle, du repos au suif sans qu’il se brûle *, ensuite on rallume le feu pour donner un plus haut (degré de cuisson aux membranes qui sont restées dans la chaudière , et on y ajoute celles qu’on aura ôtées à la graisse en la nettoyant pour en tirer le

f >eu de suif qu’elle peut contenir. Lorsqu’on s’aperçoit que es grattons ou membranes sont assez cuits, et qu’on voit qu’ils commencent à se griller, on les retire delà chaudière pour les placer tout chauds , dans une grosse toile , sous la presse. Comme le suif qui en découle est ordinairement plus roux et prend souvent l’odeur de brûlé , il ne convient pas de le mêler à la masse ; il est préférable d’en former des chandelles séparément. C’est ce qu’on appelle chandelles de pacotille. <

Raffinage du suif.

« Pendant deux heures qu’on laisse reposer le suif dans la cuve pour former son premier dépôt , on préparera ce qu’il faut pour procéder au raflinage.

« Tous les genres de combustibles sont bons pour faire du feu sous la chaudière de raffinage ; la seule précaution.à prendre, c’est que le feu soit modéré et régulier, et qu’on eu puisse facilement modifier l’action.

« Je prendrai pour terme de comparaison un quintal ou cent livres de suif fondu :

Acide sulfurique , 5 à 6 onces.

Carbonate de soude , 12 onces.

Crème de tartre . . 8 onces.

Eau, 10 litres.

« On commencera par mettre, dans la chaudière, huit litres d’eau par quintal de suif fondu , en y ajoutant ensuite l’acide sulfurique nécessaire pour porter cette eau à deux degrés et demi au pèse-acide. On y ajoute ensuite , par cinquante kilogrammes de suif, une demi-once de carbonate

de soude pour neutraliser l'acide ; après avoir bien remué , et lorsque l'effervescence a cessé , on met le feu sous la chaudière , et quand l’eau est près d’entrer eu ébullition , on éteint le feu , et l’on ajoute, par cinquante kilogrammes de suif fondu, huit onces de crème de tartre pulvérisée •, on remue de nouveau avec la spatule , et lorsque la dissolution est entièrement opérée , on ajoute la même quantité d’eau froide qu’au commencement , ce qui portera l’eau acidulée d’un et un quart à un demi degré au pèse-acide et à son poids. Les choses en cet état , on commencera à mettre le suif fondu dans la chaudière , en le battant continuellement avec la spatule, et pendant un quart d’heure : après quoi on laisse déposer le suif, pour qu il puisse former le dépôtdc l’eau et des autres matières hétérogènes. Quand le suif sera descendu vers les trente à quaraute degrés de Réaumur , et qu’il paraîtra devoir bientôt crêmer , il faut le tirer dans des tinettes bien propres ; quand il sera refroidi , on le coupera en morceaux , et on l’exposera à l’air et à l’ombre pendant deux fois vingt-quatre heures; après cela , on le refondra , toujours sur un feu très-modéré. Lorsque le suif sera fondu , et qu’il aura acquis soixante-dix degrés de chaleur selon Réaumur, ou éteindra le feu , et l’on jettera cinq pour cent d’eau froide. Arrivé à ce point de la manipulation , ou bat de nouveau avec la spatule pendant dix minutes; on laisse reposer et l’on tire au même degré de chaleur que la première fois, dans des tinettes , en divisant la matière autant que possible, pour que l’air puisse s’y introduire d’avantage.

« Après quelques jours de repos , on peut fabriquer la chandelle, qui, après avoir été exposée quelques jours à l’étendage , acquerra une blancheur au-dessus de tout ce que l’on aura vu jusqu’à présent.

« La chaudière destinée à la fonte en branches peut servir pour le raffinage ; mais il faut qu’elle soit tenue bien propre , et qu’il n’y ait pas la moindre crasse provenant de l’opération précédente.

« L’eau que l’on emploiera pour le raffinage doit être claire et limpide , sans couleur , sans odeur , propre à dissoudre le savon et à faire cuire les légumes.

« On n’entrera pas dans de plus grands détails sur la

fabrication de la chandelle , puisque tous les fabricans savent faire la chandelle aux moules et à la baguette; on «bservera seulement qu’on ne doit pas employer de coton ordinaire pour faire la chandelle snperfine ; le coton , longue soie , d’Amérique est le seul propre pour faire la chandelle qui imite entièrement la bougie, a

Observation. Le procédé que l’on vient de lire présente plusieurs anomalies , il se trouve en contradiction manifeste avec le procédé publié par le conseil de salubrité de Nantes que nous avons rapporté , § XII, page 117. Sous ces deux rapports le lecteur pensera peut-être que nous aurions du le supprimer ; nous avions d’abord eu cette idée ; mais réfléchissant que nous avions promis de faire connaître tout ce qui avait été publié dans la vue des progrès , nous avons pensé que cet article trouverait son utilité à cause de quelques détails de fabrication qu’il contient, et que, par nos observations , nous pourrions signaler les points sur lesquels l’auteur s’est trompé , et prévenir par là le fabricant afin qu’il puisse éviter des erreurs qui pourraient lui devenir préjudiciables.

1° L’auteur écrivit et prit son brevet en 1827 , la même année pendant laquelle le conseil de salubrité de Nantes fit ses belles expériences ; il ne pouvait donc en avoir aucune connaissance, puisque ce ne fut qu’en 1828 qu’elles furent publiques, ainsi qu’on le voit par le § XV, page 125, qui est textuellement transcrit du Bulletin de la Société d’encouragement , pour juillet 1828. S’il en eût eu connaissance , il n’aurait pas donné son procédé pour clarifier r dépurer et blanchir le suif , etc.

2° L’auteur erre dans son procédé du raffinage du suif. Il donne d’abord la proportion des substances qu’il emploie pour opérer sur cent livres de suif; et plus bas dans les détails de l’opération , il n’emploie que la moitié de l’eau par quintal de suif fondu , et on y verse l’acide sulfurique nécessaire pour porter cette eau à deux degrés et demi du pèse-acide. Il y ajoute ensuite une demi-once de carbonate de soude par chaque cinquante kilogrammes de suif, ce qui ferait une once pour cent kilogrammes , tandis qu’il en a prescrit 42 onces plus haut pour cinquante kilogrammes, et cela , dit-il , pour neutraliser l’acide. Enfin, il prescrit

de verser huit litres d’eau froide. Si d’abord l'acide mêlé avec huit litres d’eau a été neutralisé par une demi-once de carbonate de soude , il n’a plus aucune vertu comme acide sulfurique; quelle vertu lui reste-t-il lorsqu’il a ajouté huit litres d’eau? Cependant le conseil de salubrité de Nantes a reconnu la nécessité d’ajouter un kilogramme d’acide sulfurique à 66" par chaque cent kilogrammes de suif en branches. Le procédé de notre auteur est donc erroné sur plusieurs points.

3° Notre auteur prescrit de battre le suif avec cinq pour cent d’eau froide et de battre avec la spatule pendant dix minutes. Personne n’ignore que pour cette manipulation on combine cette eau avec le suif qui la retient, ce qui doit nuire à la bonne fabrication des chandelles. On sait que , par cette combinaison , le suif acquiert plus de blancheur ; mais cette blancheur artificielle n’est pas permanente. C’est la même manipulation que le pharmacien emploie pour fabriquer le cérat de Galien ; mais celte manipulation ne peut produire aucun bon effet sur la fabrication de la chandelle dont le suif ne doit contenir aucune parcelle d’eau , qui ferait pétiller la chandelle et la rendrait incombustible.

§ XXXVI. NOUVEAU MODE DE MOULAGE ET DE FABRI- CATION DES CHANDELLES, PAR M. F. ALLMAN.

Je me suis proposé d’abord de fabriquer des chandelles à froid et avec des matières solides, ensuite de faire des chandelles avec une enveloppe ou robe en matières fines remplie de matières d’une qualité inférieure, et enfin , d’employer des fils métalliques pour fabriquer les chandelles à la baguette dans le but d’y adapter des mèches tordues.

Les matières propres à être employées à froid pour la fabrication des chandelles sont la cire , le sperma-ceti , la stéarine , l’acide stéarique et des mélanges de ces matières , mais il faut avoir soin qu’il n’y ait ni oléine ni acide oléique présents , parce qu’ils empêcheraient les matières de devenir solides quand on les soumettrait à la pression.

La fig. 8, pl. IX, est une section longitudinale de la machine employée pour faire les chandelles à froid.

Cette machine consiste en un cylindre a, a qui contient les matières grasses. Ce cylindre est pourvu d’un chapeau hémisphérique b et enveloppé d’une chemise c, c; il est

maintenu dans la position convenable pendant la fabrication des chandelles , par les oreilles a\ a' qui entrent dans des retraites verticales creusées dans la chemise c. Celte disposition permet d’enlever le cylindre quand il est vide et de le remplir de nouveau de matière grasse.

Sur le chapeau b est fixé un tuhe à travers lequel on fait passer par pression la matière grasse au moyen d’un piston c, afin de mouler la chandelle autour de la mèche f. Cette mèche est fournie par le dévidoir g ; elle passe de là sur une poulie de renvoi h qui la guide dans son passage à travers un conduit percé dans le collet du cylindre a, et dans la barre ou point i , d’où elle est introduite dans le tube d par 1 ajutage conique j.

Le piston plein e est mis en action absolument de la même manière que celui d'une presse hydraulique ordinaire, c’estu-dire en refoulant de l’eau dans la cavité cylindrique k par le tube ou conduit l. Lorsqu’on veut le ramener en arrière dans la retraite m, afin de pouvoir relever le cvlindre a pour le charger de nouveau , 1 eau est évacuée paHe passage n, et le piston ramené par le contre-poids o , suspendu a une corde p qui passe sur une poulie q (portée par un bâtis ou des dispositions convenables) et qui s’attache à la tige r <le ce piston. Sur l’extrémité de ce piston est établie°unc garniture consistant en une rondelle emboutie d’acier s, fixée dessus par un anneau t chassé à chaud sur la rondelle. La pression qu’on exerce sur la matière grasse épanouissant la rondelle emboutie s, la presse sur la paroi du cylindre a de manière à former une garniture imperméable aux matières molles.

A mesure que le cylindre continu de matière grasse avec la mèche au milieu est poussé en dehors du tuhe d, il est découpé en pièces de longueur convenable pour faire des chandelles et on collette , c’est-à-dire qu’on forme le collet ou extrémité conique de chacune de ces pièces à l’aide de 1 appareil représenté dans la fig. 9.

Cet appareil consiste en deux couteaux courbes, fixés sur un chariot a 1 extrémité de l’arbre u qui tourne entre deux poupées au moyen d’une courroie embrassant la poulie v; la chandelle est m(rodui(e par un trou perce dans le guide w et amenée entre les couteaux qui donnent à son extrémité la forme conique qui constitue le collet.

La fig. 10 est une section d’un chapeau b qu’on applique sur le cylindre a de la fig. 4 lorsqu’on veut faire des enveloppes ou robes pour les chandelles.

Dans ce cas on fixe une tige cylindrique x dans le pont t; cette tige remplit presque en entier le tube d et ne laisse qu’un espace annulaire étroit à travers lequel la matière grasse est poussée par l’action du piston , qui la contraint à prendre ainsi une forme tubulaire.

Ce tube de matière grasse est coupé suivant des longueurs convenables , et chaque portion remplie d’une matière plus molle et d’une qualité inférieure au moyen d’un appareil qu’on a représenté dans Ja fig. 14 .

L’enveloppe ou robe a est placée dans un tube b avec l’extrémité inférieure reposant sur le fond en étain c qui est destiné à profiler le collet conique de la chandelle ; la mèche qui s’élève du dévidoir d passe au centre de cette enveloppe et est assujettie sur le bras e; la boîte f qui entoure la robe est remplie d’eau froide , et les matières de qualité inférieure sont introduites à l’état de fusion dans cette robe. Lorsque le tout est refroidi et solide la chandelle est enlevée de l’appareil. > •

La fig. 5 présente un mode d’application des fils métalliques à Ja fabrication des chandelles plongées ou à la baguette.

a, a y sont des fils métalliques passant par des ouvertures percées dans la barre b et maintenus par des vis de pression c, c. La mèche est d’abord passée sur une des vis e r puis descend le long d’un des côtés du fil qui appartient à cette vis , entre dans une encoche pratiquée au bout de ce fil , remonte le long de l’autre côté , puis sur la vis c , ainsi qu'on le voit en B. "De là , cette mèche est rejetée sur la vis suivante où elle suit la même marche. Lorsque tous les fil& en métal sont chargés de mèches on les fait tourner sur leur axe au moyen du disque d pour tordre celles-ci ainsi qu’on le voit en G. A représente le fil non chargé avec la mèche.

La plongée des mèches dans la matière grasse en fusion serait à la manière ordinaire (la barre b étant suspendue aux. deux bouts sur des pivots e) , et lorsque les chandelles sont, terminées , les mèches sont coupées en appliquant un couteau devant les retraites f, f dans la barre b.

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