‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 43 sur 87 · USAGE · texte numérisé non relu

USAGE

Il n’y a que deux manières fabriquer les cierges , soit en les jetant à la cuiller , soit en les faisant à la main , ainsi

que nous l’avons expliqué dans, le Chapitré précèdent. Notre Imt n’est 'pas de décrire ici là' manière de réunir plusieurs cierges ensemble pour en faire soit des fldrtineàiix (à plusieurs mèches, soit des cierges à plusieurs branches, soit des cierges à brandies et à pied, etc. Tont'tëela 1 iie constitue pas l’art du CirierVcc sont des joujous rjuPrcsiiltcnt ou dii caprice de la mode, on de rimaginhliôu dé quelque amateur, et qui ne serviraient qu’à augmenter . sUris aucune utilité réelle, l’étendue de ce volume.

Nous nous bornerons' à’’ deériV'c quelques 'particularités remarquables dairé certains dermes tttt flambeaux qui diffèrent de ceux que nous avons déérits, soit par' leur usage ou par la manière ddnt ils silnt composés. Tous-ceux dont nous ne parlerons 1 pas rentrent dans la classe de ceux dont nous avons donné la description , et qui ne diffèrent que par leur grosseur ou par leur longueur, ou par là nature de Jü mèche , soi t f qu’on la fasse tout en coton , soit qu’on v mélange du lil de Cologne ou de Guibrai , soit qu’on n’y emploie pas de coton.

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.;§!'I®F. Du cierge pascal.

Quoique la fabrication du cierge pascnl se fasse à la main , comme nous l’avons décrit dans le Chapitre précédent, cependant la manipulation est un peu différente. Cette espèce de cierge est ordinairement gros , long et cylindrique; son poids considérable est hors de proportion avec la grosseur de la mèche ; et il y aurait souvent de l’imprudence à la faire supporter par les deux crochets , et l’envelopper de cire sans aucun appui. Pour éviter tout danger , on étend la mèche sur la table-; et on l’enveloppe de cire, de la même manière qné nous l’avons indiqué pour les cierges à la main, jusqu’à ce qu’il soit de la grosseur convenable ; alors on le roule, on le polit , et on le termine comme les autres cierges, lorsqu’il doit rester rond, et on le perce.

Mais , lorsqu’il doit être prismatique et à six faces , comme on l’exige quelquefois , on prend un couteau dont le tranchant est un peu arrondi , et en l’appuyant en ligne droite sur toute la longueur du cieige, on forme, dans la surface convexe , six pans égaux ; ensuite , à l’aide d’un gravoir , on trace deux filets sur les bords de chaque lace, et dans toute la longueurdu cierge.

a., tu ru» m usage. • t 259

L'ouvrier y appliqué les ofnemens qu’il juge convenables, selon son goût, et de la manière que nous l'avons indiqué plus haut..

11 ne s’agit plus que d’y placer les clous d'encens. Ces clous ont la forme de pyramides quadrangulaircs , portant une petite queue au-dessous de la base, de la pyramide : c’est par cette queue que les clous tiennent dans le cierge. Ces clous sont moulés avec de la cire dans laquelle on a mêlé de l’encens , on du storax en poudre , ce qui donne uue couleur grise foncée à la cire. On perce un trou au milieu d’une des faces du cierge , un au-dessus, un au-dessous et un de chaque côté du premier; on enfonce les clous dans ces cinq trous. .On dore ordinairement ces clous par le procédé que nous indiquerons plus bas. ;

Après qu’on a percé ce cierge et avant de retirer la broche, on enveloppe le bas du cierge de deux tours de ruban de fil ou dg padou , imbibé de ripe ; ce ruban fortifie beaucoup le pied du cierge , et empêche la cire d’éclater lorsqu’on place le cierge sur la broche du chandelier. Dans la vue de lui donner toute la solidité nécessaire , il est bon que la douille soit assez profonde pour que le cierge couvre entièrement le haut du chandelier , et que le bas du cierge repose sur la bobèche du chandelier , sans jeu ; alors c’est la bobèche qui en supporte tout le poids. On peint ordinairement ce ruban de padou avec: de la cire dans laquelle on a mêlé du vermillon eu poudre , comme nous l’indiquerons plus bas en parlant des ornemens peints sur la cire. On rogne ce cierge comme les autres , à un ou deux millimètres au-dessous du ruban.

§ ILDes bougies de veille ou de nuit.

On distingue trois sortes de bougies de veille : 1° celles qu’on nomme veilleuses ; les bougies en mortier ; 3° les bougies qui brûlent dans l'eau.

Les veilleuses sont connues de tout le inonde , et sont de petits bouts de bougie filée extrêmement petite , d’environ un centimètre de longueur , implantée dans une petite carte ronde, soutenue par une petite rondelle de liège mince. La carte et le liège se coupent à la fois avec un emporte-pièce de la grandeur environ d’une pièce de 50 cent. Les mèches

se font de trois brins dn plus beau fil de Cologne , avec la plus belle cire , et à la filière , comme la bougie filée. On la passe dans le plus petit trou , quelquefois dans deux. On la coupe par petits morceaux d'un centimètre de long , et on l’enfile dans le trou que l’emporte-pièce a pratiqué au milieu de la carte , qui , à l’aide du liège est supportée au niveau de l’huile » sur laquelle on la fait brûler.

Les bougies en mortier ont pris cette dénomination du moule dans lequel on les fabrique , qui ressemble à un petit mortier , Fig . 52. Ces moules sont ordinairement en fer blanc : nous en avons vu en verre , qui nous ont paru préférables. Iîs ont la forme d’un cône tronqué , renversé. On en a une assez grande collection pour en mouler une certaine quantité à la fois , de différons diamètres, et de plusieurs hauteurs.

Les mèches sont partie en coton , partie en fil de Cologne , de la grosseur que le Ciergier détermine , selon l’usage qu’on doit en l'aire. On file cette mèche comme la bougie ( page 275 ) ; on la coupe , lorsqu’elle est bien froide , par bouts d’environ un centimètre plus long que la hauteur du moule. Cet expédient est nécessaire pour allumer facilement la mèche.

On range les moules sur la table , après les avoir frottés d’huile les uns après les autres , intérieurement , à l’aide d’un morceau de linge attaché au bout d’un petit bâton. On les remplit de eire fondue, et au moment où elle serait prête à se figer, on y introduit la mèche , qu’on place bien verticalement dans lemilieu, en l’enfonçantjusqu’à cequ’elle touche le fond du moule. Lorsque la cire est bien refroidie, on renverse le moule ; le mortier sort facilement ; on le laisse parfaitement refroidir sur la table , et ensuite on les pose sur les toiles comme les autres cierges pour leur donner un dernier degré de blancheur.

Pour faire usage de ces mortiers, on lés place dans un verre d’eau fraîche : la cire ayant une pesanteur spécifique moindre que l’eau , surnage ; on l’allume , et il brûle presque à la surface de l’eau , comme nous l’expliquerons dans Particle suivant. On les place dans les antichambres, dans les chapelles ardentes, etc.

Les bougies qui brûlent dans l'eau, et qu’on emploie

I irincipalement comme veilleuses, sont fabriquées comme es bougies de table jetées à la cuiller. Les mèches sont formées de trois brins du plus beau fil de Cologne ; elles ont 10, 1 1 à 1 4 miilim. ( 3, 4 à 5 pouces ) de long , selon qu’on désire qu’elles brûlent plus ou moins longtemps ; elles ont environ la grosseur du petit doigt, c’est-à-dire, 10 à 12 miilim.

Quoique la cire ait une pesanteur spécifique moindre que celle de l’eau , comme leur longueur est plus grande que leur diamètre , elles se coucheraient à la surface de l’eau , et ne pourraient pas brûler comme les bougies en mortier, qui font tout le contraire. Il leur faut, par conséquent , un guide pour les tenir dans une position verticale. On fait pour cela un tube en fer blanc C ( Fig. 33 ), d’un diamètre un peu plus grand que la bougie , afin qu’elle puisse s’y mouvoir librement ; on soude ce tube sur le bord d’une plaque en fer blanc A, percée dans son milieu d’un trou B; on pose cette plaque sur un verre plein d’eau ; la bougie brûle à la surface , et monte toujours au fur et à mesure qu’elle se consume.

Vers la fui du siècle dernier , je me servis de ces sortes de veilleuses, qui sont beaucoup plus propres que les veilleuses ordinaires , et je crus en être l’inventeur , lorsque quelques années après , je vis dans un nécessaire de campagne , qui avait été construit à Paris un an avant mes expériences , un appareil semblable en argent , dont le propriétaire ne connaissait pas l’usage. Il y avait dans le même nécessaire un tube à pied en cristal , sur lequel s’adaptait parfaitement le tube d’argent , ce qui rn’en fit concevoir l’usage.

J’avais perfectionné l’emploi de cet instrument , dont je me servais souvent , et que je n’ai pas eu l’occasion de décrire. Je l’ai disposé de manière qu’il puisse servir d’horloge , assez exacte pour un garde-malade , une nourrice , etc. La Fig. 34 le fera facilement concevoir. Au lieu d’uu tube entier , je fais deux anneaux A et B ; je soude le premier sur la plaque C, qui repose sur les bords du tube à

{ lied , et je soude en dedans de l’anueau A, par une de eurs extrémités , quatre fils de fer également espacés D,D; je soude les autres extrémités au-delà de l’anneau B; j’ai fait, par ce moyen , un tube à jour.

Après avoir éprouvé la longueur de cire qui se consume* pendant une heure , dans une bougie d’une grosseur déterminée et constante , ainsi que la grosseur de la mèche , je fais une échelle E, dont les divisions sont égales entre elles à une longueur trouvée par l’expérience ,.et je fais porter à chaque petit brin de iil de fer , qui établit les divisions , les chiflresO, 1, 2, 3, 4, etc, commençant par le bas. Mon échelle a la facilité de glisser à frottement doux le long d’un des fils de fer qui forme le tube. Lorsque j’allume ma bougie , je fais en sorte que cet instant coïncide avec le commencement d’une heure marquée par la pendule; je fais coïncider la division zéro avec le bord inférieur de la bougie. Au fur et à mesure que la bougie monte , elle me sert d’index sur l’échelle , et m’indique combien il s’est écoulé d’heures depuis que j’ai allumé la bougie. Il suffit de me rappeler l’heure à laquelle je l’ai allumée , pour savoir à très peu près l’heure qu’il est pendant la nuit. C’est un instrument trop simple pour qu’il ait besoiu d’une plus lougue description.

Les Ciners sont accoutumés aujourd’hui à faire ces sortes de bougies , dont la longueur est proportionnée à la différente longueur des nuits. M. Trudon en fabrique de manière que les 20 à la livre durent de dix à onze heures; les 32, neuf heures; les 40, huit heures; les 60, quatre à cinq heures.

On peut employer le même moyen pour faire les biscuits à l'eau. On sait que les biscuits servent aux. illuminations , aux rampes des théâtres , etc. Ce sont des coffrets de fer blanc de 22 à 24 centimètres ( 8 à 9 pouces ) de long , sur 11 centimètres ( 4 pouces) de large , et 5 centimètres ( 2 pouces ) de profondeur ; on fait souder sur le fond , en quinconce , cinq cercles de fer blanc , de deux pouces de hauteur , et assez grands pour recevoir chacun , librement , un mortier d’un pouce et demi dé hauteur. Les cercles de fer blanc ont des ouvertures vers leur fond; on remplit d’eau le biscuit ; les godets se remplissent ; on met dans chacun un mortier , et en brûlant , ils ne donnent pas de mauvaise odeur comme le suif.

§ III. Des flambeaux.

Nous ne parlerons pas ici des flambeaux dans Jasquels il

n’entre que de la cire , parce qu’on les fabrique de la même manière que les cierges ; qu’ils n’en diffèrent que par leur forme , et nous en avons assez dit pour que le lecteur intelligent n’ait pas besoin de plus grandè détails. Il lui suffira de voir ces sortes de flambeaux pour concevoir comment on les fabrique.

1° Flambeaux de Venise. Ces flambeaux servent dans les cours d’Allemagne et dans celles du Nord ; on en faisait autrefois usage à Venise , dont ils ont conservé le nom..

Ils sont formés de quatre bougies cylindriques d’égale grosseur et longueur, soudées ensemble , d’abord de«x à deux , et ensuite soudées toutes les quatre avec un soudoir ou fer à souder semblable à celui du plombier. C'est une tringle de fer d’environ 4b centimètres de long , ronde , épaisse , et pointue par un bout : c’est celui qu’on fait chauffer ; on l’essuie sur un linge mouillé , on rapproche les bougies*, et en présentant la pointe entre deux, la cire se fond , et en se refroidissant les cierges sont soudés. On donne au bas du flambeau la forme d’un œuf, et on le termine à la main.

2° Flambeaux à mèches de Guibrai. On prend du gros fil de Guibrai pour former les mèches , qu’on coupe d’une longueur convenable ; on forme le collet avec plusieurs doubles de fil blanc plié ; on les trempe dans un mélange de cire et de térébenthine , on les passe à la filière ; on les accroche au cerceau de la romaine , et l’on verse à la cuiller la cire fondue , comme on le pratique pour les cierges ; mais on leur donne seulement trois ou quatre jetées : alors on les roule , et on en soude quatre ensemble comme les flambeaux de Venise. On emploie pour ces flambeaux de la cire de médiocre qualité , souvent mêlée de résine , qu’on a retirée des flambeaux qui ont déjà servi.

Lorsque les mèches sont soudées , on les; coupe d’égale longueur avec un couteau tranchant. On les accroche au cerceau de la balance , et on leur donne une ou deux jetées de cire blanche.

5° Flambeaux de carrosse ou de poing. Nous avons dit { pag. 243 ) que les cordiers fabriquent les mèches de ces flambeaux avec des étoupes; on y ajoute seulement des collets en fil blanc de Guibrai. On prend quatre mèches ,

on les trempe dans une composition de galipot, de térébenthine , de poix et de mauvaise cire qu’on a retirée des mèches des flambeaux à demi brûlés ; on les laisse bien imbiber, en évitant de salir le collet; on les suspend au cerceau, pour les laisser égoutter ; on les redresse. Lorsqu’elles se sont raffermies, on les roule les unes après les autres sur la table mouillée ; on les réunit quatre à quatre sur la table mouillée , on les soude avec le soudoir , comme les flambeaux de Venise; ensuite on les rogne également par le bout auquel on donne la forme d’un œuf, et on les laisse bi^i refroidir; alors on les suspend au cerceau, et on leur donne deux ou trois jets de cire blanche.

4° Flambeaux de Bruxelles. Ils n’ont qu’une seule mèche semblable à celie des flambeaux de poing; ils sont formés seulement de résine très chaude et passés à la filière. On les reeouvrede papier , qu’on colle dessus pour les blanchir.

Pour terminer les flambeaux que nous venons de décrire aux articles I, 2, et 3, il est nécessaire de bien marquer les cannelures; pour cela , l’ouvrier se sert de plusieurs instrumens dont il varie l’usage selon la grandeur de la cannelure : nous allons les décrire.

1° Le gravoir. Il y en a de deux sortes , et sont construits en bois. Le gravoir a Fig. 35, a une seule pointe à chaque bout ; le gravoir b a trois pointes séparées par deux arcs de cercle. Us servent l’un et l’autre à former les cannelures des cierges et des flambeaux , et à les perfectionner.

2° L’équarrissoir Fig. 36, est pareillement en bois ; il est creusé en double gouttière; il a environ 11 centimètres ( 4 pouces ) de longueur; il est arrondi, dans sa longueur, sur la face opposée aux gouttières qui sont séparées par une languette tranchante. Les gouttières sont plus ou moins larges , selon la grosseur du cierge ou du flambeau. On doit en avoir un assortiment pour toutes les grosseurs.

§ IV. Des Souches.

Les souches sont des cierges en fer blanc , quelquefois en bois; mais ces derniers sont sujets à se déformer : le fer blanc vaut mieux. Ils sont de deux sortes : les uns sont surmontés d’une pointe qui reçoit le bas d’un cierge de même grosseur ; les autres reçoivent par le haut dans leur intérieur un tuyau de fer blanc , lequel reçoit un bout de cierge

qui repose sur un ressort à boudin : celui-ci élève la bougie à mesure qu’elle se consume.

On accroche les souches au cerceau , et on les couvre de cire de la même manière qu’on recouvre les mèches lors-

3 u’on fabrique les cierges. On les roule et on les termine e même.

§ V. Des Ornemens qu'on place sur les cierges.

Les ornemens dont le Cirier orne ses cierges sont de differentes espèces, et varient selon le goût de l’ouvrier, qui n’est pas toujours très heureux. Nous ne nous attacherons qu'à décrire ceux qui produisent un effet agréable et qui présentent quelquefois des difficultés.

Des Pans et des Filets.

En décrivantla manière de fabriquer le cierge pascal ( page 238), nous avons indiqué la manière de faire les pans : nous renvoyons à cet article; nous nous étendrons davantage sur la manière de pousser les filets. L’ouvrier un peu habile , après avoir fait les pans , saisit de la main droite le gravoir pointu a Fig. 53, et, le dirigeant avec un de ses doigts de la même main contre l’angle du pan , il marque son filet aussi près qu’il le désire de l'angle opposé , et , promenant sa main tout le long du cierge , il trace un filet bien parallèle à cet angle , ce qui est important. Il faut être bien exercé et assez adroit pour ne pas faire des tremblés dans cette opération. Nous avons vu un habile Cirier qui employait pour cette manipulation le petit trusquin à vis du mécanicien ; après avoir amené , par le moyen de la vis , la pointe de son trusquin à la distance convenable, il formait un ou plusieurs filets d’un seul coup , en conservant constamment le parallélisme entre eux , sans aucune difficulté; et l’ouvrier le plus maladroit réussissait parfaitement. Par ce moyen on fait les filets aussi profonds ou aussi légers qu’on le désire. Le même instrument , selon sa configuration , enlève la bavure , qui se forme toujours sur les bords, et laisse le cierge poli sur sa surface.

Des Cierges tortillés.

Les cierges cannelés ne produisent un effet agréable qu’autant que les cannelures sont egalement espacées.

d'une profondeur et d’une forme égales. C’est ici que le trusquin est encore utile, mais il faut pour cela employer l’outd que nous avons imaginé , dont on su sert dans une grande manufacture , et que nous allons décrire.

Outil à canneler. Une planche a, a, p, p, (Fig. 57) de 27 millira. (1 pouce) d’épaisseur, et de 162 millim. (6 pouces) environ de large, et de la longueur des plus longs cierges , bien corroyée et bien droite , porte vers une de ses extrémités une règle c, d, en bois dur, mobile sur une vis à bois c, qui lui sert de centre. Il est important que le côté o, c , soit bien droit , se dirige vers le centre c, et qu’il soit par conséquent un des rayons de la circonférence du cercle qu’on décrirait de ce point. Cette règle doit être aussi longue que la planche a, a, p , p. On doit pratiquer vers le bout de cette règle , une entaille longitudinale h , dans laquelle passe une vis en buis f, que l’on a ligurée à côté, qui se taraude dans la planche inférieure. Cette vis , qui est à oreilles , se meut facilement avec la main , et lorsque son

E lateau s appuie sur la règle, elle la fixe au point convenale. La règle c, d, a 27 millim. f l pouce) d’épaisseur, et au moins 11 millimètres (4 pouces) de large. Dans la position où se trouve la règle sur la ligure , le côté o , c, est parallèle au côté a, a, de la longue planche •, cette disposition est supposée nécessaire pour achever la description de la machine.

De l’autre côté de la planche a, a, p, p, est fixé, par trois vis à boisr, r, r, un liteau m, m, d’environ 487 millimètres (18 pouces) de long, et d’un pouce d’épaisseur, plus large vers le point c que vers le point o; le côté intérieur g, g , doit être clans la direction du rayon g, g, c, c’est de rigueur, le côté extérieur, pour plus de régularité , doit être parallèle au rayon o, c, et au côté p, p, de la longue planche, qui doit être lui-même parallèle au même rayon o , c. On voit , par cette disposition que si l’on approche la règle d, c, du liteau m, m , celui-ci touchera par tous ses points la règle , puisque ce sont deux rayons du même cercle qui se rapprochent. Celte construction bien entendue, voici l’usage qu’on fait de cet instrument.

On introduit un cierge entre la règle et le liteau , et on le serre légèrement entre ces deux pièces au moyeu de la

île

Ditized

le Plus en usage-.

vis, mais de manière à ce qu’il ne puisse bouger. Avant de le placer, on a soin de diviser en six parties égales la circonférence convexe du cercle, à 1 décimètre ou 15 centimètres du bas du cierge , selon sa longueur ; et en plaçant le cierge dans l’outil, on a soin de mettre un des points dans le plan le plus élevé. Alors, après avoir ajusté la pointe du trusquin sur ce point, tandis que le plan directeur concorde avec le côté p, p, de la longue planche , on promène le trusquin depuis le point marqué jusqu’au collet, et l’on fait avec la plus grande facilité et la plus grande régularité une cannelure. On dégage le cierge , on le tourne successivement sur tous les points; et les six canuelnres qu’on est dans l’usage de faire sur des sortes de cierges se trouvent faites dans un instant.

11 ne s’agit plus que de le tortiller, ce qui se fait de la manière suivante : on divise la longueur des cannelures en trois parties égales ; on place la main droite au commencement des cannelures, et l’on serre ; la main gauche , placée au premier tiers , serre de même, et fait tourner le cierge de gauche à droite sur son axe; la maiu droite étant fixe, les cannelurés s’inclinent en hélice de ce côté, on transporte les deux mains plus haut , la droite où était la gauche , et la ganéhe ait second tiers, on tourne en sens contraire; enfin, on prendlie la gauche le cierge au-dessous du collet ; la droite remplace la gauche ; on tourne dans le premier sens et l’opération est terminée; il ne reste plus qu’à le rouler légèrement sur la table , seulement pour le redresser.

On voit qu’avec l'instrument que nous venons de décrire, on peut faire toutes sortes de moulures sur les cierges avec la plus grande facilité; elles dépendent seulement de la forme qu’on donne au fer du trusquin.

Des gravures sur les cierges.

.Les gravures que l’on pratique sur les cierges se font après qu’ils sont terminés , et lorsque la cire n’est pas encore raffermie. Ces gravures sont en bas-reliefs, et sont gravées en creux sur du bois ; c’est ordinairement le buis qu’on choisit, parce qu’il est plus compacte et qu’il se polit mieux. Le graveur doit faire attention de ne pas fouiller trop avant sous les reliefs, afin que le moule se dégage bien

et sc sépare facilement de la cire sans l’entraîner, ce qui produirait des irrégularités. Les cachets et les marques de fabrique sont ordinairement en cuivre, mais toujours gravés en creux avec le même soin.

Pour appliquer ces moules ou empreintes , il faut que la cire ait le degré de mollesse convenable. Si elle est trop raffermie , on présente un fer chaud au-dessus de 1a place où l’on veut poser l'empreinte, et on la ramollit , sans la toucher, au degré désiré. On appuie l'empreinte frottée d’huile, assez fort pour que toutes les parties du dessin ressortent bien , mais pas assez pour déformer le cierge.

J’ai vu des ornements de cette nature posés avec beaucoup d’adresse, à la surface du cierge, en bas relief saillant : c’était un trait d’histoire placé à l’extérieur en hélice, comme sur la colonne de la place Vendôme. Les divers sujets étaient gravés sur plusieurs plaques de bois différentes, qui faisaient suite l’une à l’autre. Voici comment l’ouvrier s’y prenait pour mouler ces divers sujets :

Il fait fondre ensemble trois parties de belle cire, et une partie de poix grasse; lorsque le tout est bien mêlé, il retire le vase du feu, le place sur des cendres chaudes pour entretenir la fluidité de la masse, pendant que la liqueur dépose. Lorsque le dépôt est formé , il décante en versant le clair dans un autre vase. Il expose ce vase sur de la braise très peu ardente , afin de rendre la cire bien fluide , et pendant qu’elle est chaude on y plonge en entier une petite planche mince de la grandeur du moule , et bien imbibée d’eau froide. Cette planche se couvre des deux côtés d’une couche mince de cire *, on l’enlève de suite, et on la plonge aussitôt dans un plat rempli d’eau fraîche. La cire se détache en une plaque très mince, mais assez épaisse pour remplir le creux du moule. Ou frotte légèrement celui-ci d’huile, on le pose sur la plaque de cire qu’on a placée sur la table mouillée , on presse fortement , avec la main ; le moule se trouve entièrement rempli. Alors , avec une lame de couteau d’ivoire , dont le tranchant émoussé est bien droit , on enlève toute la cire qui dépasse les bords du moule, et en frappant quelques coups sur le manche de ce moule , l’empreinte se détache et sort parfaitement nette.

Pour l’appliquer sur le cierge, on chauffe légèrement là

place avec un fer chaud qu’on promène au-dessus à une distance de deux à trois centimètres , et on applique l’ornement dans la direction convenable pour qu’il s'ajuste avec le second. Cette cire prend sur-le-champ; on peut appuyer dessus avec un linge très fin et bien mouillé. On applique de même et successivement tous les dessins. Cette cire, un peu plus jaune que celle du cierge , se détache très bien, et produit un effet agréable.

On obtient le même effet avec de la cire blanche corrompue ( voyez page 255 ) , avant qu’elle ne soit entièrement raffermie.

De la dorure sur la Cire.

On dore quelquefois les cierges jusqu’à une certaine hauteur, en appliquant des feuilles d’or sur la cire avant qu’elle ne soit entièrement refroidie , et pendant qu’elle happe encore , en appuyant sur les feuilles avec une petite boule de coton cardé et non filé.

Quelques Ciriers sont dans l’usage de dorer leurs marques de fabrique, ou même d’autres ornements; voici comment ils opèrent :

Ils font des lames minces de cire , comme nous l’avons indiqué dans l’article précédent (page 268) ; ils l’amincissent encore beaucoup , en se servant du rouleau du pâtissier, mouillé, sur la table pareillement mouillée; Us en coupent des morceaux de la grandeur de l’empreinte ; ils posent dessus une feuille d’or qui s’y fixe parfaitement en appuyant la paume de la main dessus ; ensuite , après avoir mouillé le cachet ou l’empreinte , ils le posent sur l’or, en appuyant un peu ; ils détachent tout ce qui excède , et portent celte empreinte sur la place où ils veulent qu elle reste. Si la cire est un peu ramollie à ce point, en appuyant un peu avec le cachet, la cire dorée se colle avec le cierge ; elle quitte le moule , et l’empreinte se trouve dorée.

On voit que toutes ces manipulations sont peu de chose quand on les connaît, et paraissent souvent présenter de grandes difficultés lorsqu’on n’en a aucune connaissance.

Des ornements en couleur sur les Cierges.

On orne quelquefois les cierges avec de la cire de diffé- CHANOE1.1ER. 23

270 différentes espèces de cierges

rentes couleurs. 11 y a deux manières de produire ces ornements : 4° en employant une seule couleur, par exemple pour teindre le bas des cierges jusqu’à une hauteur de 3 ou K centimètres. Pour cela on fait fondre dans un petit vase de la cire que l’on a colorée comme nous le dirons dans un instant, et lorsqu’elle est suffisamment chaude, on y trempe le bout du cierge et on le retire de suite. Le cierge em-

Î iorte avec lui une légère couche de cette cire colorée qu’on aisse bien refroidir. Si le vase n’en contient que la hauteur de trois ou quatre centimètres , on plonge le cierge jusqu’au fond , ou bien on le plonge jusqu’à la marque qu’on a faite.

Les couleurs dont on se sert pour colorer la cire , sont : Le vermillon ou l’orcanette pour le rouge ; l’indigo pour le bleu; la terra mérita pour le jaune foncé; la gommegutte pour le jaune citron ; un mélange de terra mérita ou de gomme-gutte et d’indigo pour le vert , selon la nuance qu’on désire ; ou encore du vert de gris , ou du vert de vessie , pour avoir d’autres verts; on emploie aussi le blanc de plomb pour donner plus de blancheur à la cire.

2° Lorsqu’on veut peindre artistement des sujets sur les cierges, on fait dissoudre de la belle cire pure dans de 1 essence de térébenthine , on colore cette composition avec les couleurs qu’on emploie pour la miniature , et l’on s’en sert avec le pinceau, de la même manière que pour peindre un sujet à l’huile. Cette sorte de peinture conserve un velouté admirable ; mais il faut , pour l’ exécuter, un artiste distingué-

§ VI. Comment le Cirier dispose ses divers ouvrages avant de les livrer à la consommation.

Nous suivrons , dans ce paragraphe , le même ordre que nous avons adopté en décrivant la fabrication. On pourra considérer ce que nous avons à dire comme le supplément à quelques articles que nous avons traités dans le Chapitre ni, quant à la fabrication seulement , et nous ferons connaître les améliorations ou les tentatives qu’on a faites depuis peu dans la vue de perfectionner l’art du Cirier. Toutes ces tentatives n’ont pas été heureuses; cependant il est important de les connaître : elles pourront être utiles à ceux qui s occupent du perfectionnement des arts.

LE PLUS EN USAfiE.

1° Des Mèches.

Quelques ciricrs ont pensé qu’il était utile de tremper les medies dans 1 alcool avant de les employer pour les boudes ou pour les cierges ; c est une erreur qu’il est bon de signaler. L alcool est une substance trop volatile pour être d’aucune uhhté pour cet usage. A peine la mèche est-elle sèche

JS [f™,? 1 ^^vaporé et que la mèche revient au même élût ou clic était ayant d en être imprégnée

DWsont prétendu qu’il fallait lesïmpr'égner d’essence de tcicbenthmc , cette huile volatile ne pourrait être utile que pour donner a la mèche la faculté de s’allumer promptement des 1 instant qu on en approche un corps enflammé; mais il faut pour cela que 1 essence ne soit pas desséchée , et dans ce cas elle donne en brûlant une fumée épaisse et de mauvaise odeur. Cette huile essentielle se dessèche asser promptement , et alors elle a perdu sa propriété iiiflamma-

évlter CSt ^ ar COnse ^ ucnt 1C * une double erreur qu’il faut

On doit donc s’en tenir an beau coton , bien fin , bien un. et le conserver dans un état de grande sécheresse, sans lui faire subir aucune préparation. On est dans l’usage do cirer des meches plates, pour l’usage des réverbères et de certaines lampes de cabinet ou de travail. Ces mèches sont tissées, la chaîne est en beau fil de Cologne ; la trame en beau coton ; on en trouve de plusieurs largeurs différentes, hiles se fabriquent de la même manière que la bougie filée* k seule dillerence consiste, 1° en ce que le crochet qui est place dans le pereau est plat par dessous, au lieu d’être rond afin que la rneche conserve sa forme et ne s’arrondisse pas; 2 en ce que es trous de la filière sont oblongs et de la largeur de la mèche. °

Nous avons vu chez un habile Cirier un petit laminoir dont les cylindres sont en bois, et entre lesquels on la fait passer avant qu’elle ne s’enroule sur le tambour.

2° Des bougies de table ou d'appartement.

On fabrique depuis quelques années, des bougies diaphanes qui flattent infiniment ia vue; elles sont faites avec le blanc do baleine , auquel on allie une plus ou moins grande quantité de belle cire blanche ; on fait fondre a très petit

feu , et fort lentement , le blanc de baleine dans une bassine de cuivre bien étamée; ou ajoute la cire peu à peu , en remuant continuellement avec une spatule , et l’on coule dans des moules de verre. On allie au blanc de baleine jusqu’à partie égale de cire; plus on en met, moins la bougie est diaphane. Ces bougies de blanc de baleine ne sont pas d’une durée aussi grande que celles dans lesquelles il n’entre que de la belle cire ; le blanc de baleine fond à une température de 44° centigrades , beaucoup plus basse que celle nécessaire pour fondre la cire , par conséquent , son usage n’est pas aussi économique. On teint souvent les bougies diaphanes en plusieurs couleurs, en rose, en jaune de diverses nuances , en bleu céleste , en vert. Pour les roses , on teint la cire avec le carmin , ou avec le bois de brésil et l’alun ; mais le carmin est le plus beau; quoique cette couleur soit très chère, elle foisonne beaucoup. Les jaunes se font avec la gomme-gutte ; les bleues avec l’indigo ; les vertes avec un mélange de jaune et de bleu.

On parfume aussi ces bougies avec des essences; alors, en brûlant, elles répandent une odeur agréable dans lès appartements.

Depuis l’époque où M. Chevreul a publié son beau travail sur les corps gras, par lequel il a fait connaître les acides stéarique et margarique, il s’est élevé une manufacture dans laquelle on emploie les acides gras à la fabrication des bougies qui sont très belles et d’un bon usage. Mais comme c’est aujourd’hui une industrie particulière , nous renvoyons au Manuel spécial , publié sur cet objet , et qui fait partie de cette encyclopédie.

On a reproduit, dans ces dernières années, un procédé connu depuis longtemps; il consistée introduire, dans la fabrication des bougies , une certaine quantité de marrons d’Inde qu’on allie à la cire. Voici ce procédé, tel qu’on nous * l’a communiqué ; nous le donnons sans le garantir, n’ayant pu faire aucune expérience pour en constater l'exactitude. Nous le consignons dans ce Manuel , afin de mettre sur la voie les manufacturiers qui voudront faire quelques essais.

On prend deux parties de marrons d’Inde bien épluchés , une partie d’huile d'olive , trois parties de blanc de baleine et six parties de belle cire bien manche ; on pile fortement

les marrous en ajoutant l'huile petit à petit jusqu'à ce qu'on en ait fait une pâte assez épaisse ; on entoure le mortier de braise, et l’on y ajoute petit à petit le blanc de baleine, en remuant continuellement pour bien mélanger ces substances, et entretenant une douce chaleur (pii tient le blanc de baleine en fusion. Lorsque tout est bien mélangé , on le verse petit à petit dans la chaudière qui tient la ciie en liquéfaction , en agitant continuellement pour bien mélanger ces substance». Alors on coule dans des moules de verre.

On fabrique aussi des bougies, par le même procédé quenous avons décrit dans l’Art du Chandelier ( page 63 ) , à mèches fixes ou à mèches mobiles. On a imaginé des chandeliers particuliers pour consumer ces sortes de chandelles et bougies ; il ne sera pas hors de propos d’en faire connaître la construction.

La figure 38 est un chandelier à ressort , dont la partiesupérieure A , se dévisse pour introduire la bougie ; cette partie lui sert d'enveloppe; elle est plus étroite en a, afin d'empêcher que la bougie ne sorte qu’au fur et à mesure de sa combustion. Le porte-mèche b est fixé à la robe de la bougie; une pince à ressort c, qui termine le porte-mèche,, reçoit la mèche (fig. 35, pl. I) et la maintient à la même hauteur, tandis que le ressort à boudin B , placé au bas du chandelier, la pousse toujours au-dehors.

La figure 39 représente un chandelier ordinaire 'dans lequel est placé une bougie percée et sans mèche. La bougie A est enveloppée d’un collet B , auquel est attaché le portemèche d , qui porte une mèche à champignon dont nous avons donné la forme (fig. 52 , pl. I). Au fur et à mesure que la bougie se consume , le collet descend par son poids , et la mèche trempe toujours dans la cire fondue.

Quelle que soit la manipulation qii’on a employée pour fabriquer la bougie de table ou d’appartement, avant qu’elle ne soit totalement raffermie , on la met de poids selon sa qualité. La bougie se vend par paquet d'une livre ou demikilogramme , comme la chandelle ; il y en a de quatre , de cinq, de six, etc., à la livre. Supposons que l’ouvrier opère sur celles de quatre : il en prend un pareil nombre , il les pèse , les arrange sur la table l’une à côté de l’autre , les

collets sur une même ligne droite : il place à côté la mesure, elles l'excèdent presque toujours; alors il pose la main gauche à plat sur toutes les bougies à la fois , afin de les faire rouler sur elles-mêmes sur la table, et avec le couteau à rogner il enlève tout ce qu’il juge excéder le poids. L'habitude fait qu’il se trompe rarement; il les pèse de nouveau et rectifie , si cela est nécessaire , car il pèche toujours par excès plutôt que par défaut.

Cette opération faite , on les étend sur des feuilles de papier blanc, sur une planche, pour les faire bien sécher et refroidir avant de les empaqueter.

Les bougies moulées ou celles à la cuiller qui ont été passées à la filière , sont à très peu près toutes du même poids lorsqu’elles ont été rognées à la même longueur, et ne présentent aucune difficulté pour former les paquets d’une livre ; mais les bougies à la cuiller n’offrent pas la même régularité , et pour celles-ci il faut plus de précautions. On suit le même procédé pour les unes et pour les autres ; le seul avantage c’est qu’on va plus vite pour les bougies moulées que pour les autres. Voici comment on opère :

Cinq ouvriers sont assis l’un à côté de l'autre devant une longue table couverte d’une toile bien propre. Le premier a sur sa droite une manne remplie de bougies d’une même espèce (supposons toujours que ce soit de quatre à la livre); il les prend l’une après l’autre , et les frotte avec une serviette bien douce , mais qui n’est pas neuve , afin d’en ôter toute l’humidité, et les place une à une sur sa gauche.

Lorsqu’il y en a quatre , le second ouvrier les prend ensemble, les pèse dans la balance qu’il a devant lui, et les alivre , c’est-à-dire qu’il examine si elles pèsent une livre.

Si le poids est trop fort , il enlève celle qui lui paraît plu* grosse , et en substitue une plus mince , qu’il prend parmi celles que le premier ouvrier a essuyées. 11 fait le contraire si le poids est trop faible; lorsque le poids est juste, il le* retire de la balance et les met à sa gauche.

Le troisième ouvrier les prend une à une, les frotte avec une serviette semblable à celle dont se sert le premier ouvrier, afin d’enlever les plus petites saletés qui pourraient y être attachées , et les pose sur sa gauche.

Le quatrième ouvrier les met en bandes, c’est-à-dire qu'il les réunit toutes les quatre , pour former la livre , et les entoure à chaque bout d’une bande de papier blanc de trois ou quatre centimètres de large , et par dessus d’une bande de papier bleu de même largeur. Il les arrête ensuite par quelques tours de fil de coton. Le papier bleu fait ressortir la blancheur de la cire ; les bandes de papier dont on enveloppe les deux bouts de chaque paquet sont nécessaires pour les fixer et les empêcher de glisser les unes contre les autres dans le transport , ce qui les gâterait.

Le cinquième ouvrier enveloppe ce paquet ainsi préparé dans une feuille de papier gris bien collé , et le lie avec de la ficelle; le papier non collé ne vaut rien pour envelopper la bougie; le petit velu qui est à sa surface s’attache à la bougie, et la tait couler lorsqu’elle brûle.

3 ° De la Bougie filée.

La bougie filée se fabrique toute de la même manière ; on lui donne des noms différents selon sa grosseur, la substance dont elle est formée , ou l’usage qu’on en fait. Ainsi nous nous bornerons , dans cet ouvrage , à faire connaître leur différence.

Bougies de Saint-Côme. Ce sont celles dont les chirurgiens se servent pour les éclairer dans leurs opérations; elles sont faites avec la plus belle cire , les mèches sont grosses , et la bougie elle-même est la plus grosse des bougies filées : elles sont pliées en rond comme les paquets de cerceaux , deux rangs l’un sur l’autre.

Bougies de religieuse. Ce sont les bougies que l’on met dans les lanternes portatives qui servent à éclairer pour monter et descendre les escaliers ; elles sont pliées de différentes manières.

Bats de cave. Leur mèche est grosse , en gros fil de Guibrai. On les passe d’abord dans de la térébenthine commune , ensuite on les couvre de cire blanche ou jaune, ou les passe comme les autres à la filière. La térébenthine empêche qu’elles ne s’éteignent facilement.

Bougies à lampions. Ce ne sont absolument que des mèches plus ou moins grosses que l’on vend par petits bouts pour placer au milieu des lampions. Il y en a de différentes

grosseurs ; elles se font avec dn gros fil de Guibrai , et sc fabriquent comme la bougie filée. Pour qu’elles soient fermes , on les passe dans un trou de filière , où elles entrent juste ; on les charge de peu de cire.

La manière dont on plie la bougie filée leur fait donner des noms différents selon la forme que le petit paquet affecte . Nous croyons inutile d’en faire la nomenclature ; nous nous bornerons à faire connaître la manière de les plier par paquets de 62, 125, 250, 500 grammes.

Si l’on attendait que la cire fut entièrement raffermie , il serait impossible de la ployer sans la casser -, il faut donc la prendre dans l’état de moiteur qu’elle conserve pendant quelque temps après que la bougie a été fabriquée; on la ramène au degré convenable en la plaçant pendant un temps suffisant dans une étuve légèrement échauffée.

Alors on dévide la bougie filée sur deux cylindres de bois tournés, d’environ 55 millimètres (deux pouces) de diamètre, et 525 millimètres de hauteur (un pied), fixés verticalement sur une table , à une distance déterminée par des expériences, pour qu’un tour entier pèse 125 gram. On enveloppe la bougie sur ces deux cylindres de la même manière qu’on s’y prendrait pour former un écheveau de fil l’un sur l’autre. Lorsqu’on est arrivé au haut des cylindres , on coupe avec un couteau tous ces contours , et l’on a des morceaux qui pèsent 125 gram. à très peu près. En coupant chacun d’eux par le milieu , on a des bouts du poids de 62 gram. En coupant de deux en deux tours , on a des bouts de huit onces. On en fait rarement de plus forts.

Il ne s’agit ensuite que de plier ces bouts de bougie , de manière à en rendre l’usage commode. Les plus courts, ceux de 62 gram., sont ordinairement pliés sur une longueur de 8 centimètres (trois pouces) environ; on en plie un second bout à côté au premier, on tourne autour au bout, ©a enveloppe les deux bouts , toujours sur le même plan , de sorte qu’on a une forme oblongue , arrondie par les deux bouts et un seul rang de bougies.

Ceux de quatre onces se plient de deux manières : 1° sur un carton de deux pouces de long sur un pouce (5 centimètres) environ de large. On entoure ce carton de bougies sur sa largeur d’un bout à l’autre , ensuite on l’environne

sur sa longueur, en croisant sur les premiers bouts, et toute la bougie doit être employée ; 2° on les ploie en rond comme ceux de 230 gram. dont nous allons parler.

Ceux de 230 gr. se ploient cylindnquement sur un cylindre d’environ 6 centim. de diamètre. Un verre cylindrique peut servira cet usage. On contourne tout autour sur la table en s’élevant en hélice , jusqu’à ce qu’on en ait employé un peu moins de la moitié de la longueur; on descend par une autre hélice qu’on place sur la première , ce qui forme deux cylindres concentriques.

Ce sont les formes sous lesquelles on plie la bougie filée le plus ordinairement; mais rien ne s’oppose à ce qu’on adopte d'autres formes. Lorsqu’elle est mise ainsi en petites masses faciles à porter dans ta poche , on les enveloppe de papier gris bien collé , on les ficelle et on les enferme dans des armoires. Les bouts de bougie qui restent et qui sont trop courts pour former des paquets tels que nous venons de les indiquer, se coupent par longueur de 6 à 8 centimètres ( 2 à 3 pouces) ; on enlève un peu de cire par un bout pour former le lumignon; on les met en paquets de 123 gr., et on les vend en détail pour mettre dans tes lanternes; ils sont tous coupés de longueur.

4° Des Cierges.

Tous les cierges qui dépassent le poids d’un demi- kilogramme ( une livre ) sont pliés séparément , toujours dans du papier gris bien collé , par les raisons que nous avons

données {§ VI, page 273) en parlant de la manière d’empaqueter la bougie de tabte ; ensuite on les réunit par six , en les assemblant tête et queue; on en fait des paquets d’une

E osseur uniforme par les deux bouts, ce qui donne plus de ûlité soit pour les arranger dans les armoires , soit pour

les expédier.

Les cierges d'un demi-kilogramme et au-dessous sont pliés de six en six comme la bougie de table , en les arrangeant tête et queue. On les environne de même de deux bandes de papier blanc et papier bleu, par les deux bouts et au milieu de leur longueur, liées avec une ficelle. Le tout est ensuite plié dans du papier gris bien collé ( voyez § VI, page 275).

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