CK EMPLOIE LA CIRE
On fait fondre dans un poêlon quatre parties de cire blanche , une partie de térébenthine de Venise, du vermillon broyé très fin, en quantité suffisante pour donner la couleur qu’on désire. On remue le tout jusqu’à ce que le mélange soit parfait, on le retire du feu et l’on agite continuellement jusqu’à ce que le tout soit refroidi; sans cette précaution, le vermillon se précipiterait au fond et la masse ne serait pas également colorée.
On partage cette masse en morceaux du poids de 51 gram.; on la roule sur la table mouillée, de même que nous l’avons indiqué pour la bougie (page 252) , et l’on en lorme ainsi des bâtons de 82 à 108 millimètres (5 ou 4 pouces) de long , que l’on polit , comme la cire à cacheter , dont nous parlerons dans v Art du Fabricant de cire à cacheter.
On ne donne ordinairement à cette cire que la couleur rouge , cependant on pourrait lui donner toute autre couleur en substituant au vermillon des oxides métalliques.
§ IV. Cire verte pour les décorateurs.
Les décorateurs emploient aussi une cire molle , pour fixer sur les plateaux de table, entre les pièees de dessert, des figures en biscuit ou tout autre oruement. Cette cire est ordinairement verte; elle se ramollit entre les mains, et tient assez fortement pour empêcher les figures ou les ornements de se détacher.
La composition de cette cire est la même que celle de commissaire dont nous venons de parler. En place de vermillon , on emploie le vert-de-gris eu poudre ; la manipulation est la même.
Les jardiniers se servent aussi de celte cire pour couvrir le bout des branches qu’ils viennent de tailler, afin d’empêcher la pluie de pénétrer et de porter préjudice à l'arbre.
§ V. Cire à modeler.
Les sculpteurs chargés de préparer les moules pour fondre les statues en bronze et autres ouvrages de cette nature, préparent eux-mêmes une composition de cire jaune , de poix de Bourgogne et de graisse de porc , dont les doses varient selon les divers emplois auxquels ils les destinent. En voici deux recettes :
Huit kilogrammes (16 livres de cire jaune, un kilogram.
284 DIFFÉRENTS ÜSAGES AUXQUELS
(2 livres) de poix de Bourgogne, un demi-kilogramme (une livre) de saindoux - , ou bien cinq kilogrammes de cire jaune , un demi-kilogramme de térébenthine de Venise, un demi-kilogramme de poix de Bourgogne , et un demi-kilogramme de saindoux.
On fait fondre à petit feu , sans laisser bouillir, en remuant continuellement avec une spatule, et l’on coule avant que le tout ne bouille , afin de n’y laisser introduire aucune bulle d’air.
§ VI. Cire pour les graveurs.
Les graveurs sur pierres précieuses se servent d’une cire
f iarticulière , pour prendre l’empreinte des pierres gravées. Is composent cette cire de la manière suivante : on fait fondre lentement et à petit feu 31 grammes ( une once ) de cire vierge dans laquelle ils incorporent petit à petit 4 grammes (un gros) de sucre candi réduit en poudre très fine. Lorsque la cire est liquide , on y ajoute lô grammes ( une demionce) de noir de fumée bien dégraissé, et un décigramme ou au plus un gramme de térébenthine de Venise. On remue bien le tout avec une spatule. On le retire du feu , on laisse un peu refroidir, et on en forme de petits pains qu’on ramollit entre les doigts, pour prendre l’empreinte qu’on désire , en appuyant dessus fortement la pierre gravée , après l’avoir légèrement mouillée avec la langue.
Les plus habiles graveurs en pierres fines emploient cette composition.
§ VII. Cire de doreur.
Les doreurs sur bronze se servent d’une cire composée
S ju’ils passent sur l’or après la dorure. On fait d’abord enaufer la pièce dorce , on frotte la surface avec cette cire ; ensuite on la fait fortement chauffer et on la passe promptement dans l’eau bouillante , qui tient du sel de tartre en dissolution; la cire s’y dissout et se détache, et l'or acquiert une belle couleur foncée. En voici la composition :
On prend 122 grammes (4 onces) de cire vierge, 25 grammes (six gros) de vert-de-gris, 51. grammes (une once) d’airain brûlé * (battitures de cuivre) , 16 grammes (4 gros)
* Pour se procurer lesbattitnrea de cuivre jauno (laiton ou brome), on fait rougir un morceau de brome, on le forge ainsi chauffe ; il s’en détache des parcelles comme lorsqu'on forge du fer après l’avoir fait reugir : ce sont ces parcelles qu’on appelle ssttituris. On les pile et on les tamise avant d» les employer.