‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 54 sur 87 · I. DE LA NATURE ET DE LA COMPOSITION DE LA CIRE · texte numérisé non relu

I. DE LA NATURE ET DE LA COMPOSITION DE LA CIRE

On lit dans le tome 2 e , pag. 298 , du Traité de chimie organique de M. J. Licbig, les détails suivants sur cette matière :

« La cire a été l’objet d’un grand nombre de recherches

DE LA ClUE

chimiques et sa composition a été examinée avec soin par MM. Gay-Lussacet Thénard , Ghevreul , Boudet et Boissenot, Saussure , Estling et Hess, etc.

« Lorsqu'on traite la cire jaune par l’éther , celui-ci s’empare de la matière colorante , et la cire se divise alors en paillettes blanches très déliées , qui fondent entre 04° et oo° et renferment , suivant M. Hess,

Carbone 80 79 à 80 84

Hydrogène 15 21 — 15 92 100

Oxigène 6 »» — 5 94

« La cire des abeilles est un mélange de deux substances qui diffèrent entre elles par leur solubilité dans l’alcool ; l'une qui y est fort soluble a reçu le nom de Cérine , l’autre qui ne s’y dissout que fort peu a été appelée myricine.

« Myricine. Lorsqu’on traite la cire d’abeilles par l’alcool bouillant , la cérine s’y dissout , et il reste un résida de myrieine qui fond à 65° , se dissout dans 200 parties d’alcool bouillant , et dans 99 parties d’éther froid. La myricinc passe en partie sans altération lorsqu’elle est soumise à la distillation sèche ; elle n’est pas saponifiée par la potasse bouillante. Au moins après avoir été traitée par cet agent elle présente encore le même point de fusion et la même solubilité. Sa solution alcoolique saturée à l’ébullition la dépose par le refroidissement à l’état de flocons.

t< Cérine. La dissolution que l’on obtient, en traitant la cire blanchie par de l’alcool nouillant , se prend par le refroidissement en une bouillie gélatineuse composée de fines aiguilles : ces cristaux sont la cérine. Elle se dissout dans lü parties d’alcool bouillant, fonda 62° et donne une émulsion trouble quand on la fait bouillir avec une lessive de potasse caustique. Cette émulsion évaporée à siccité et traitée par l’alcool à froid laisse une substance céreuse exempte d’alcali et qui, dissoute dans l’alcool, cristallise en flocons. Cette deuxième substance est la Céraïne qui, suivant MM. Boudet et Boissenot , fond à 70°. D’après M. Estling , elle ne se liquéfie point dans une lessive de potasse bouillante.

« Il est présumable que certaines variétés de cires ne renferment qu’un seul de ces principes. »

D'après des expériences dues à M. Lewy , il paraîtrait

ET DE LA FABlUCATtON DES BOUSIES. 291

que la myricine est saponifiée par une dissolution de potasse concentrée et bouillante.

« Lorsqu’on distille la cire d’abeilles blanchie , il passe d’abord une matière incolore , solide et dure , puis vient une hnile liquide tenant en suspension des feuillets cristallins , tandis qu’il reste un résidu noir , élastique , coriace et insoluble dans les alcalis qui , chauffé davantage , fournit de l’huile volatile en laissant du charbon.

« La matière incolore qui distille la première donne une émulsion brunâtre; lorsqu’on la chauffe avec une lessive de potasse étendue , il s’en sépare à chaud une huile limpide qui se prend par le refroidissement en une masse blanche et cristalline. L’alcali s’empare , dans cette réaction , d'un acide gras qui mis en liberté par l’acide chlorhydrique et cristallisé à plusieurs reprises dans l'alcool , constitue des mamelons blancs , gras au toucher, ayant peu d’éclat, fusibles à 54°, et se solidifiant à 52°2. On ne connaît pas la composition de cet acide. »

Lacérine avait été considérée , par MM. Lcwy etGerhardl, comme pouvant se convertir par Voxidation en acide stéarique et présentant une substance qui , par rapport à cet acide, était dans' le rapport remarquable d’un aldéhyde, mais cette opinion a été combattue depuis peu par M. 13. C. Brodie , qui a constaté que la substance qui compose en grande partie la cérine consiste non pas en un aldéhyde mais en un acide hydraté qui existe comme tel dans la cire d’abeilles et auquel il a donné le nom d’acide cérotique.

L’acidc cérotique se prépare en précipitant la solution alcoolique de la cérine par une solution alcoolique d’acétate de plomb et en séparant et précipitant l’acide par des moyens connus. Quand il est purifié cet acide est un corps blanc, friable, d’un aspect cristallin, fondant à 79° ou 80°. Le chlore le convertit en une substance ayant l’apparence d’une gomme-résine , et il en est de même de quelques autres substances. Le produit a aussi tous les caractères d’un acide. Lorsqu’il distille à l’état de pureté , l’acide cérotique est volatil , et quand on !c mélange à d’autres matières céreuses il se transforme entièrement par la distillalion en huiles volatiles. La quantité d’acide cérotique contenu dans la cire d’abeilles est d'environ 22 pour 100. Elle

varie probablement suivant les circonstances, mais , cliose “remarquable, de la cire d’abeilles de Ceylan n’en a pas présenté la moindre trace.

' « L’huile qui surnage l’émulsion cristalline d’une solu-

tion alcoolique saturée à chaud , et feuilles aciculaires , est d’un blanc éclatant. Ces cristaux prennent par la dessiccation un éclat satiné , à 52° ils fondent en une huile transparente qui se concrète à 45° , en une masse cristalline. La composition et les propriétés de ce corps l’ont fait reconnaître pour de la paraffine. »

On désigne sous le nom de cire beaucoup d’autres matières qu’ou rencontre fréquemment dans le règne végétal : •voici quelques détails sur ces divers produits.

Cire du chou. Lorsqu’on traite les feuilles de chou par l’alcool bouillant on obtient, suivant M. Chevreul, une substance fusible à 75°, et présentant des propriétés analogues à colles de la myricine.

Cire du Myrica. En faisant bouillir avec de l’eau les baies de plusieurs espèces de myrica et notamment celles du myrica cérifera ae l’Amérique septentrionale , on obtient une substance verte fusible à 49°, et d'une densité de 4,015. Traitée par l’alcool elle se sépare en cérine et myricinc dans le rapport de 87 à 13. La cire du myrica cérifera donne, lorsqu’on la saponifie, des acides stéarique, margari-

3 ue et oléique , ainsi que de la glycérine. Cette cérine est onc différente de celle de la cire des abeilles.

Cire de Ceroxylon. On retire de l’écorce du ceroxylon ou dicola une matière céreusc , jaune verdâtre , cassante , et facile à réduire en poudre. Elle est peu soluble dans l’alcool froid , très soluble au contraire dans l’alcool bouillant , et donnant par ce double traitement , des cristaux plumeux auxquels M. Bonastre a donné le nom de ceroxyline.

Cire de Rhtis. Les fruits du rhus succedanea donnent une espèce de cire qui ressemble extérieurement à la cire d’abeilles, et qui est connue dans le commerce sous le nom de cire du Japon A l’état de pureté elle est d’un blanc légèrement jaunâtre , demi transparente et facile à réduire en poudre ; elle est plus grasse au toucher que la cire , et possède une odeur et une saveur légèrement rances , sa densité est de •©,97. Elle Tond à 50°, et.se concrète à 34. Elle se dissout

complètement dans l’alcool et l’éther. Les alcalis la saponifient aisément. Elle renferme :

Carbone — 72. 88 Hydrogène — 12. 03 Oxigène — 15. 09

Cette substance brûle moins bien que le suif.

Il y a beaucoup d’autres plantes qui produisent des matières cireuses; on en extrait du croton sebiferum , du Celastrus cebiferus du pc-là des Chinois. La cera de Palma , provient d’un palmier de la nouvelle Grenade où elle se présente sous la forme d’une poudre blanc-grisâtre qui couvre l’épiderme de cet arbre. La cire des Andagines très commune sur les bords du Rio-Caqueto est fournie par un petit insecte ( Cavaja ) de la famille des mellipones.

La cire du Carnauba du Brésil , qu’on recueille en petites lamelles nacrées, tomeuteuses, et qui donne après la fusion une masse lisse, jaune- verdâtre , dure cohérente et fondant à 70°.

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