‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 55 sur 87 · II. DES DIVERSES ESPECES DE CIRE DU COMMERCE · texte numérisé non relu

II. DES DIVERSES ESPECES DE CIRE DU COMMERCE

On trouve dans le commerce plusieurs espèces de cires , provenant de localités différentes , dont la valeur varie selon qu’elles peuvent se blanchir d'une manière plus ou moins parfaite.

La Cire de Bretagne est d’un jaune foncé ; son odeur est forte et analogue à celle du pain d’épice. Elle est due , diton , à ce que le miel qui accompagnait cette cire a été recueilli sur le sarrasin ( Polygonum fagopyrum ); elle est avec ou sans pied et se trouve dans le commerce sous forme de pains très variables de 5 à 50 kil., et quelquefois en balles aussi très variables de 75 à 100 kilog. Elle blanchit bien.

On sait qu’on nomme pied de cire, la partie inférieure du pain de cire qui est fort impure , après que celle-ci est solidifiée, et qu’ou l’a retirée des vases. La cire se débite avec ou sans pied , celui-ci étant retranché avec un couteau après le refroidissement.

La Cire de Bourgogne est d’un beau jaune , et ne sent pas le pain d’épice. Elle est en pains de 5 à 60 kilojyam. que l’on expédie dans des paniers ou dans dos barriques à CHANDELIER. 25

sucre. Elle ne peut se décolorer complètement et n’est guère employée qu’à frotter les appartements.

La Cire du Gatinah jouit des caractères de la cire de Bretagne, mais elle n’en a pas l’odeur et se blanchit mal.

On la trouve ordinairement dans le commerce en petits

{ tains sous forme de briques de savon du poids de 2 à 5 kiogrammes.

La Cire de Hambourg 9e trouve dans le commerce sous diverses couleurs qui varient du blanchâtre au verdâtre, et au jaune vif. Son odeùr est aromatique. On la reçoit en petits pains de 2 à 3 kilogrammes , renfermés dans des futailles pesant de 200 à 300 kilogrammes , ou dans des emballages bien conditionnés. Elle est susceptible de parvenir au deuxième blanc.

La Cire de Russie est d’un jaune pâle , lisse et presque toujours privée de pied. On nous l’expédie en balles de toile forte , recouvertes d’une natte de jonc et cordées , pesant de 100 à 200 kilogram. Elle donne rarement une cire aussi blanche que celle de Hambourg.

Ladre d'Amérique est très variable à cause de la grande étendue du continent dont ëlle provient , mais on peut dire qu’elle est généralement peu estimée. Cela tient à ce qu’elle est fort impure , et qu’elle ne se blanchit pas facilement.

On la trouve en petits pains de 2 kilogram., ou en menu renfermé dans des balles très variables par leur poids mais qui vont rarement à 400 kilogrammes.

La Cire du Sénégal est d’une couleur brun foncé et d’une odeur peu agréable. Elle est en plaques épaisses, alongées, ou en masses presque cylindriques pesant 25 kilogram. en- viron. On la reçoit à nu , en surons , en caisses. Elle peut rarement atteindre un deuxième blanc.

§ III. DES FALSIFICATIONS Qü’ûN FAIT EPROUVER A LA CIRE.

La cire jaune et la cire blanche sont souvent l’objet de

I dusieurs falsifications. On introduit dans la première de la leur de soufre , de la fécule ou de la colophane. et du suif. Dans la seconde du suif , de la poix de .Bourgogne , de la -fécule , ou de l’acide stéarique.

.Le soufre peut se reconnaître en brûlant la cire , à la

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couleur de la flamme , et à l'odeur d'acide sulfureux qu’elle donne. Le soufre et la fécule peuvent être séparés par la simple fusion et le repos; mais on les sépare encore mieux, en traitant la cire par l’essence de térébenthine bouillante , qui dissout la cire , très peu de soufre et pas de fécule.

La colophane se reconnaît à ce que la cire est plus lissedans sa cassure, plus tendre , et à ce que traitée par l’alcool pur et froid , elle lui abandonne la colophane , que l’on peut obtenir en évaporant la liqueur. On en peut dire autant de la poix de Bourgogne , qui- toutefois donne une odeur qui est reconnaissable.

Le suif se reconnaît à ce que le point de fusion de la cire est abaissé de quelques degrés et à ce que la distillation enobtient de l’acide séblacique, que l’on peut reconnaître enrecevant les produits volatils dans l’eau , les y agitant et y versant du sous-acétate de plomb , qui donne un précipité blanc qui ne se formerait pas si la cire était pure.

Quant ù la falsiiication de la cire par l’acide stéarique, voici ce que M. C. Regnard- a consigné à cet égard dans letome 5 e , page 497, du tecluxologiste.

« La fabrication de l’acide stéarique ayant pris en France un accroissement considérable le prix de cette substance ayant en même temps beaucoup diminué , il en est résulté qu'un grand nombre de fabricans de cire- ont imaginé de falsifier ce.deruier produit par le premier.

Les propriétés physiques de l’acide stéarique , assez semblables à celles de la cire , ont fait supposer qu’il n’y aurait pas là grand inconvénient; le fait est peut-être vrai , quand la cire est destinée à certains usages domestiques , mais en est-il de même quand elle doit être employée par le pharmacien ? non sans doute , d’ailleurs tout le monde attache de l’intérêt à ne pas être trompé sur la qualité des denrées , et c’est pour cela que j’ai cru devoir publier les résultats de quelques expériences entreprises pour reconnaître la falsification en question.

« Toutes mes expériences ont été faites comparativement, sur de la cire dont nous pouvions garantir la pureté et sur cette même cire mélangée d’une petite quantité d’acide stéarique.

« Nous ne relaterons pas ici les essais qui n'ont amené

aucun résultat satisfaisant, nous aimons mieux citer tir suite ceux que nous croyoas pouvoir conseiller à ceux qui voudront bien nous lire.

« Si , après avoir fait bouillir dans l’eau distillée une petite quantité de cire mêlée d’acide stéarique , on laisse refroidir , la cire mêlée d’acide se prend en masse et vient nager à la surface du liquide ; celui-ci jouit alors de la propriété de rougir le papier de tournesol , la cire pure ne donne pas le même résultat.

« Nous citons ce fait sans y attacher une grande importance , car nous croyons savoir que dans certains pays l’acide sulfurique est employé au blanchiment des cires , et avec de pareilles cires on pourrait être singulièrement induit en erreur si l’on n’employait le moyen que je viens d’indiquer.

« Le meilleur réactif pour reconnaître la présence de l’acide stéarique dans la cire est l’eau de chaux : on opère de la manière suivante :

« On prend un petit ballon en verre dont le col porte un bouchon en liège fermant bien et surmonté d’un tubeeffilé à la partie supérieure ; on met dans le ballon l’eau de chaux et la matière à examiner après l’avoir préalablement partagée en lanières aussi minces que possible ; on chauffe rapidement.

« Si la cire est pure l'eau de chaux reste transparente ; dans le cas contraire elle perd bientôt de sa transparence et sa propriété de ramener au bleu le papier de tournesol louçi; il se forme un louche très sensible et un dépôt de matière blanche qui est du stéarate de chaux insoluble.

« Pour plus de certitude , on peut encore recueillir ce sel et le reconnaître aux propriétés qui le caractérisent.

Nous pourrons encore indiquer un réactif, c’est l’ammoniaque. Si l’on broie dans un mortier de la cire avec de l’ammoniaque, ce liquide se trouble , et si la cire contient de l’acide stéarique il a dû se former du stéarate d’ammoniaque; mais comme le sel est insoluble, il arrive qu’eu agissant sur les liqueurs étendues le louche ne paraît pas; aussi accordons-nous la préférence à l’eau de chaux.

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