I. NOUVEAUX PROCÉDÉS DE FABRICATION DE CIRE A CACHETER
Brevet de 5 ans, pris le 28 avril 1828 , par les sieurs Joël ( Elie ) et Conte ( Michel-Claude ), fabricants de crayons , à Paris.
La nouvelle cire à cacheter est formée des douze substances suivantes , savoir :
Gomme-laque en feuilles.
Vermillon ou noir de fumée.
Térébenthine de Venise.
Résine.
Blanc d’Espagne.
Vermillon de Chine.
Blanc oxide de bismuth.
Bleu pur minéral.
Orpin jaune.
Laque carminée.
Bronze d’Allemagne.
Carmin.
Les différentes combinaisons de ces substances offrent seules la possibilité de rendre les cires liquides, de les couler, et de leur donner, par un nouveau moyen, un poli dont rien n’égale la beauté.
Les moules que l’on voit, PI. 5, Fig. 17, sont en marbre •, pour en obtenir des bâtons ovales ou ronds , chacun de leurs côtés, qui est divisé en deux parties , doit avoir une incision , suivant la grosseur et la longueur que l’on désire.
Toutes nos recettes se manipulent de la même manière ; en voici une prise au hasard ; elle donnera une idée précise de notre manière d’opérer.
Lorsque le blanc d’Espagne est réduit en poudre , et la gomme-laque en feuilles triées, on procède.
Recette pour la cire à cacheter.
Térébenthine, 220 grammes.
Gomme-laque , 500
Résine , 90
Blanc d’Espagne, 90
Vermillon , 250
Essence , 50
Du feu étant allumé dans un réchaud quelconque , on. met la térébenthine dans un vase de terre, que l’on voit, fig. 18, et qu’on expose ensuite au feu ; on y fait dissoudre la gomme-laque petit à petit, puis on ajoute la résine ; lorsque le tout est bien dissous, on verse le blanc d’Espagne, le vermillon et l’essence, on remue fortement la pâte, qu’on laisse sur le feu jusqu’à ce qu’elle atteigne le degré nécessaire pour la rendre liquide. Il est facile de s’en apercevoir lorsqu’on remarque des yeux de perdrix à la surface. Alors ou la coule dans les moules , et l’on en coupe avec un couteau les bavures qui restent au haut des bâtons. L’opération se trouve alors terminée par le coulage.
Les bâtons ainsi formés, on les dépose sur une pièce de marbre en les plaçant les uns à côté des autres , de manière qu’ils ne puissent se toucher, et l’on procède à leur polissage.
Les fers dont on se sert à cet effet , et dont un se voit , fig. 19, doivent avoir un pied de long, six pouces de large et deux pouces d’épaisseur; ils doivent être coulés en fonte, ayant un crochet rivé au centre pour les prendre et les sortir du feu. Ce feu doit être fait avec du charbon de terre ; les fers y sont chauffés jusqu’au rouge. Alors on les place
sur un brancard que l’on voit en perspective , fig. 20 , au milieu duquel est réserve un carré pour recevoir les fers : chaque extrémité de ce brancard a des poignées en bois ; deux ouvriers promènent ainsi le fer rouge sur les cires disposées comme on l’a dit plus haut. Au moyen de ce procédé, qui est de la plus grande simplicité , la cire ne subissant pas toutes les autres préparations qu’elle doit supporter par les procédés ordinaires, conserve un lustre très éclatant.