‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 80 sur 87 · JATTES · texte numérisé non relu

JATTES

Poix de Bourgogne. C’est une poix jaune que l’on croit n’etre autre chose que du galipot fondu et mis eu contact avec le vinaigre*, on la prépare dans la Bourgogne.

Polissage. C’est l’opération par laquelle le fabricant de cire à cacheter polit la surface des bâtons, et la rend très brillante en les passant entre les deux réchauds à grilles , qu’il emploie pour cette manipulation.

Polissoire. ( Cirier. ) C’est une planchette de bois dur* de forme rectangulaire , bien unie et polie en dessous , et surmontée d’une ou deux poignées , selon qu’on travaille avec une ou deux mains. Elle sert à rouler les bougies , les cierges et les hâtons de cire à cacheter*, on la nomme aussi platine ou rouloir.

Presse. C’est un instrument assez connu , dont le chandelier et le cirier se servent pour extraire le suif et la cire des houlées ou marcs, et de tous les résidus de leur fabrication.

Puiselle. ( Chandelier .) Vase en ferblanc dont l’ouvrier se sert pour prendre le suif liquide dans la chaudière et le verser dans les poêles.

Hxbot. [ Cirier .) C’est une espèce de râteau sans dénis.

forme d’un chanteau de futaille , placé verticalement au bout d’un long manche ; on s’en sert pour rapprocher, des bords des tables de blanchissage, les cires blanchies sur les toiles , afin de les retirer avec plus de facilité.

Rateau. (Strier.) C’est un instrument en bois armé de dents , dont les ouvriers se servent pour remuer la cire rubanée sur les toiles des carrés pendant le blanchissage.

Ratis. ( Chandelier . ) C’est un mot dont les ouvriers se servent pour désigner la graisse que l'on retire des intestins, en les ratissant pour la séparer des boyaux; c'est une mauvaise graisse que les bons fabricants n’emploient pas.

Rats de cave. ( Ciricr. ) Ce sont des bougies filées qu’on désigne par ce nom depuis un temps immémorial, par l’emploi qu’en faisaient autrefois les employés aux aides* et que continuent à en faire ceux des contributions indirectes pour s’éclairer pendant leurs exercices dans les caves.

Ravaler. ( Chandelier . ) C’est un ternie consacré dans la fabrication des chandelles à la baguette. Il exprime une opération que l’ouvrier fait lorsqu’il s’aperçoit que le suif se ramasse en trop grande quantité vers le bas de la chandelle, et formerait là une grosseur désagréable ; alors il enfonce à plusieurs reprises la chandelle jusqu’au tiers -ou au quart de sa longueur dans le suif chaud contenu dans l 'abîme, et la rend à peu près cylindrique : c’est comme s’il disait qu’il fait avaler de nouveau le suif qui avait été fourni en trop grande quantité.

Réchauds a grilles. Ce sont des réchauds d’une forme particulière , dont le fabricant de cire à cacheter se sert pour polir et donner le brillant à toute la surface de ses bâtons.

Régaler. (Ciricr.) Les ouvriers disent régaler la cire, c’est-à-dire remuer avec de petites fourches de bois les rubans de cire, aün de leur faire présenter de nouvelles surlaces au soleil.

Regrèlage. ( Cirier . ) En termes d’ateliers on dit regrêler la cire, c’est-à-dire la refroidir et la rubaner une seconde fois pour lui faire prendre , sur les toiles , un plus beau blanc ; le regrèlage est par conséquent la seconde opération de blanchissage.

Relever. ( Ciricr .) C’est le mot dont on se sert dnn s chandelier . 52

les ateliers pour exprimer l’opération par laquelle on enlève de dessus les toiles la cire qui a reçu un blanc suffisant , pour la mettre en magasin, si elle n’a été grêlée qu’une fois, ou bien la mouler en petits pains si elle a été regrêlée.

Remise. ( Chandelier . ) C’est le nom que les ouvriers donnent à la troisième plongée , lorsqu’ils fabriquent des chandelles à la baguette, (voyez Plonjurb et Retournure).

Résine. R existe un grand nombre d’espèces de résines; ce sont des substances solides , cassantes , inodores, insipides ou âcres, un peu plus pesantes que l’eau, demi-transparentes au moins , et d’une couleur tirant le plus ordinairement sur le jaune. Celle dont nous avons parlé dans cet ouvrage est la résine ordinaire composée d’une partie de galipot et de trois parties de lirai sec ; elle se met facilement en fusion lorsqu’on l’expose à l’action de la chaleur. On la trouve, dans le commerce , chez les droguistes.

Retourner. (Cirier .) On doit retourner de temps en temps la cire sur les toiles, afin que tous les rubans puissent recevoir directement l’impression des rayons solaires sur toutes leurs surfaces. Dans les ateliers on indique cette opération par les mots il faut retourner.

Retournure. ( Chandelier. ) C’est le nom que les ouvriers donnent , dans la fabrication des chandelles à la baguette , à la seconde plongée , qui est plus aisée à faire que la première , qu’ils nomment plonjure.

Rogne. ( Cirier. ) C’est une expression incorrecte dont se servent les ouvriers en remplacement du mot rognure \ ils disent, dans le même sens, couteau à rogne , pour dire à rogner.

Rogner. (Cirier.) Lorsqu’on coupe, d’un cierge ou d’une bougie, ce qu’il a de trop long, les ouvriers se servent de cette expression , rogner un cierge ou une bougie.

Rognoir ou Rogne-cul. ( Chandelier .) C’est un instrument qui sert à enlever le suif qui , par le bas de la chandelle plongée , dépasse souvent de beaucoup la longueur de la mèche. Une lame tranchante, quelque bien affilée qu’elle lut , ne couperait pas cet excédent assez proprement ; cet appareil opère parfaitement et avec facilité.

Romaine. (Cirier. ) C’est le nom qu’on donne, dans les •

ateliers , aux cerceaux , à la circonférence desquels sont suspendues les mèches des bougies et des cierges, pendant qu’on les fabrique à la cuiller. Ces cerceaux sont en fer pour les cierges, et en bois pour les bougies; il sont armés de crochets de fer sur toute leur circonférence.

Roulage. ( Cirier .) C’est le nom que donnent les ouvriers à l’opération par laquelle ils roulent un cierge ou une bougie ; c’est avec la polissoire, qu’ils nomment aussi rouloir, qu’ils unissent toute la longueur d’un cierge ou d’une bougie , afin d’en enlever toutes les inégalités qui se sont formées en jetant la cire.

Roulette. (Ctrter.) C’est une plaque de fer dont les ouvriers se servent pour élever la braisière sous les poêles à fabriquer la bougie jetée ou filée , et à l’introduire commodément dans la caque.

Rubaner. {Cirier.) L’action de rubaner la cire est la même que celle de grêler, (voyez ce mot.)

Sabot. ( Chandelier. ) C’est le nom que les ouvriers donnent au socle de Y abîme , qu’ils désignent communément sous le nom de moule à plonger. C’est sur le sabot que l’obime est placé, (voyez abîme. )

Sacs. {Cirier. ) Les ouvriers se servent de sacs de toile pour transporter la cire en rubans ou en petits pains de l’étendoir dans les magasins.

Saindoux. ( Cirier. ) C’est la graisse des intestins du cochon dont on se sert dans les ateliers, pour composer la cire à modeler des sculpteurs.

Seau. C’est un vase en fer, de forme ronde ou carrée , qui s’ouvre à charnières, dans sa hauteur, pour y recevoir le marc ou la boulée, c’est-à-dire les résidus de l’cpuratiou des suifs et des cires, et que l’on soumet à l’action de ta presse pour en obtenir le suif ou la cire qu’ils contiennent , en les séparant des saletés avec lesquelles ils étaient mêlés , et qui restent dans le seau.

Seau a la vapeur. C'est un vase semblable à celui que npus avons défini an mot Seau, et dont il ne diffère que

parce qu'il renferme dans son intérieur un tuyau de tôle qui reçoit continuellement de la vapeur d’eau bouillante. Cette vapeur entretient, pendant l’action de la presse, une température suflisante pour que la graisse ou la cire soient toujours dans un état iluide , et sortent de la boulée avec plus de facilité pendant la pression.

Séchoir. ( Chandelier. ) C’est une chambre plus ou moins spacieuse , bien aérée , dans laquelle on fait sécher, dans le plus court espace de temps possible , le suif en branches.

Sel de tartre. C’est un sel qu’on obtient de la combustion du tartre qui se ramasse sur les parois intérieures des futailles qui ont renfermé des vins généreux. Le Cirier s’en sert pour certaines préparations : on le trouve abondamment, dans le commerce , chez les droguistes.

Soucues. ( Çirier. ) Ce sont de grands cierges postiches en bois ou en ferblanc qu’on recouvre de cire , et au bout desquels on place des bouts de cierges qu’on allume.

Soudoir. (Cirier.) C’est un instrument qui porte aussi le nom de fer à souder. Il est en fer; il se termine par une de scs extrémités en langue de serpent, ou en cône comme celui du plombier. Il sert à souder dans leur longueur plusieurs cierges ensemble , en portant la pointe entre les deux cierges.

Sous-carbonate de potasse. C*est la potasse du commerce» On la retire de la combustion de toutes les substances végétales. Le Cirier l’emploie dans certaines préparations. La potasse ou perlasse se trouve abondamment dans le commerce , chez les droguistes.

Spatule. (Cirier.) C’est le synonyme de Pàlon, (voyez ce dernier mot.)

Stéarine. Nouvelle substance découverte dans les graisses et dans les huiles , par M. Chevreul. Ce savant a prouvé que les graisses et les huiles sont formées de deux substances , dont l’une est toujours fluide , et qu’il a nommé oléine ; et l’autre toujours solide , qu’il a désignée sous le nom de stéarine. On fait avec cette dernière des chandelles ou bougies qui ont, à peu de chose près, tous les caractères de la cire : on n’y distingue pas l’oucur du suif.

Suif. (Chandelier .) Graisse fondue et épurée. On donner

V0GABULA1RE»

5Sî:

ïe nom de suif en branches à la graisse qu’on a relit ce die corps des animaux lorsqu’elle est encore renfermée dans ses. membranes, et qu’on l’a exposée à l'air pour en dessécher le sang et la lymphe qu’elle contient.

Soif de place. ( Chandelier .) C’est le nom qu'on donne h la graisse fondue et épurée, qu’on a réduite en pains dans les poêles ou moules, qu’on livre aux Chandeliers, et qu’ils, achètent sur la place.

Suif de tripes. ( Chandelier .) C’est le même que les ouvriers appellent petit-suif.

Tables a êculer. (Cirier. ) Ce sont des planches que l’on,

{ tlacc les unes à côté des autres sur un châssis porté par une orte table. Ces planches portent chacune deux rangs de moules coniques dans lesquels on verse de la cire blanchie et fluide pour en former de petits pains.

Table a moules. C’est une forte table dont le dessus est

Ï iercé de quatre rangs de trous pour recevoir autant de moues à chandelles ou à bougies; au-dessous est une auge pour recevoir et conserver les gouttes de cire ou de suif qui peuvent s’échapper.

Taille-mèche. (Cirier.) Voyez Coupoir.

Tambour. {Cirier.) C’est une partie du tour dont on se sert pour fabriquer la bougie filée. Cet appareil a deux tambours.

Tamis. (Cirier.) Les ouvriers emploient des tamis de deux, espèces, quant à la toile dont ils sont formés seulement; car la monture est toujours circulaire. Les uns ont une toile en crin ; ils servent à ramasser les petites portions de cire qui. restent dans la baignoire; les autres sont garnis d’un filet de ficelle : ils servent à ramasser les petits pains qui flottent sur l'eau de la baignoire.

Tavelé. (Chandelier.) C’est le mot que les ouvriers emploient pour désigner que la chandelle qu’ils plongent dans un suif trop chaud en sort tachée , par la raison que la couche de suif est trop mince. Ils disent cette chandelle est tavelcc.

Terebenthine de Venise. C’est une sorte de résine don*

le fabricant de cire à cacheter fait un grand usage pour ses meilleurs produits.

Terra-mérita. ( Cirier. ) Cette racine , qui porte aussi le nom de curcuma , nous est apportée des Indes orientales. On la trouve abondamment dans le commerce, chez les droguistes , qui la vendent en poudre. Cette substance donne une couleur jaune très éclatante. Les fabricants s’ en servent pour colorer quelquefois les cires.

Tiers-point. (Cirier.) Les tringles qui servent à soutenir les toiles sur les carrés de l’étendoir ont une forme triangulaire , et sont placées sur les piquets qui forment ces carrés, de manière que, reposant sur eux par une de leurs bases , le sommet de l’angle opposé est en dessus, et la toile n’appuie que sur une ligne droite qui ne présente presque pas de surface : c’est ce qu’on appelle tringles en tierspoint.

Tige dü moule. Chaque moule pour les chandelles ou pour les bougies est formé de deux pièces, la tige et le culot. La lige est celle qui forme la chandelle; elle est légèrement conique; elle porte à son extrémité la plus petite , le moule du collet. Le culot s’ajuste à l’autre extrémité.

Tinette. (Chandelier.) Vase de bois cerclé en fer comme un cuvier, dans lequel on verse le suif très chaud , afin qu’en se refroidissant il laisse précipiter les saletés qu’il

£ eut contenir, et qu’il se dépure assez pour qu’il soit déarrassé de ses ordures , lorsqu’il est assez refroidi , pour qu’on puisse l’employer à la fabrication des chandelles.

Tirer un cierge. (Cirier.) Les ouvriers emploient cette expression pour faire entendre qu’il faut disposer de la cire écachée ou attendrie pour former un cierge à la main.

Toiles. (Cirier.) Les carrés de charpente construits dans l’étendoir de la blanchisserie sont couverts de toiles, sur lesquelles on place la cire rubanée, pour la soumettre à l’action directe des rayons du soleil.

Tour. (Cirier.) Les ouvriers appellent tour un gros cylindre, qu’on place sur la baignoire et sous le grêloir pour rubaner la cire, en faisant tourner le cylindre parla manivelle Tour a filer. (Cirier.) C'est l’appareil dont on se sert dans les ateliers pour filer la bougie.

Toubnettes. C'est le nom que les ouvriers donnent aux dévidoirs dont on se sert pour dévider les écheveaus de coton destinés à faire des mèches, et que les femmes , occupées à ce travail, mettent en pelotons.

Trempe. ( Chandelier .) Ce mot est employé dans les ateliers du fabricant de chandelles à la baguette , comme synonyme de plongée, (voyez le mot Plonger. )

Tremper. ( Cirier . ) C’est un mot dont les ouvriers se servent en parlant des mèches. Tremper les mèches, c’est-à-dire

Î pi’on doit les enduire d’un peu de cire , alin d’empêcher les ils de coton de se séparer, en les réunissant par ce moyen.

Truelle. ( Chandelier .) C’est un outil en cuivre, semblable à celui dont se servent les maçons, et il est assez connu. Il sert à nettoyer l’a&tme , et à enlever tout le suif qui s’est attaché contre ses parois. On met ce suif dans un vase à part pour le purifier dans une autre fonte.

Vermillon. (Cirier.) C’est le synonyme de cynarre. Vert-de-gris. C’est un oxide de cuivre formé par le vinaigre ou acide acétique. On le trouve abondamment dans le commerce , chez les épiciers-droguistes.

Vert-de-vessie. C’est une très belle couleur qu’on retire du suc des baies du nerprun , qu’on fait bouillir avec un peu d’alun jusqu’à consistance de miel. On la met alors dans des morceaux de vessie de cochon ; on les lie bien; on les suspend à la cheminée pour les faire sécher. Cette couleur s’étend avec un peu d eau pour en faire usage : on la mêle souvent avec la gomme-gutte, afin de changer les nuances.

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