‹ Nouveau manuel complet du ciseleur contenat la description des procédés de l'art de ciseler et repousser tous les métauxChapitre 19 sur 63 · DES RIVETS A PROPOS DU VERT ANTIQUE · texte numérisé non relu

DES RIVETS A PROPOS DU VERT ANTIQUE

À propos des rivets dans le bronze, et quand il s'agit de mettre au vert antique, on doit se servir du même cuivre {voyez du vert antique, page 63). Puis, lorsque les pièces à froid ou les rivets à froid sont posés, on doit, autant qu'on le peut, éviter de mettre au déroché les morceaux qui ont été traités dans cet article, parce que l'eau seconde entrant à l'intérieur de la pièce, s'infiltre dans les joints (qui sont moins imperméables pie les dessus qui ont été planés et sertis) et fait un suintement dans les joints, qui, à. la longue, montre où ils sont, en perçant en dessus par une oxydation différente.

I/huile déterminait aussi une oxydation sur la bronze, produit avec le temps un suintement d'une iouleur verdâtre différente. Si on veut graisser un rivet araudé pour qu'il entre mieux, on doit le faire ave* le la cire jaune.

Des bustes 9 statues et autres pièces minces qui , pour plusieurs raisons , ne peuvent être mises en ciment ni à Fétau. — Des moyens de les faire tenir et surtout porter, c'est-à-dire supporter le travail sans fléchir.

On est quelquefois bien embarrassé quand on a par exemple un buste en galvano à réparer, on ne peut le mettre à l'étau, car on Faplatirait. En ciment, il en faudrait quelquefois une masse si considérable, que pour en chauffer en si grande quantité, on n'a pas toujours tout ce qui est nécessaire. Puis après, pour nettoyer à l'intérieur, si besoin est, il faut mettre au feu. Pour une statue en zinc, la température à laquelle il faut s'élever, pour brûler le ciment, fondrait la figure; quant au galvano, plus il va au feu, plus mauvais il devient, et cependant ça ne porte pas, et on ne travaille qu'avec crainte.

Pour résoudre cette difficulté, vous prendrez dan? cette occasion du sable à fondeur, un peu humide (mais pas trop), vous en remplirez votre pièce en bourrant bien le sable avec un morceau de bois, vous tiendrez la tête de votre figure en bas et ajouterez le sable en le tassant. Puis une fois votre pièce bien

remplie, vous fermerez le trou par où le sable est entré, avec du bon plâtre gâché bien serré, auquel vous donnerez trois doigts d'épaisseur ; laissez bien prendre le plâtre avant de travailler. Vous poserez ensuite la pièce sur rétabli, et vous la calerez avec des coussins *de <juir remplis de sable, ou encore, si vous n'avez pas de coussins et que la pièce ne soit pas trop grande, en la mettant dans une caisse (pas trop haute des bords) contenant du même sable qu'à l'intérieur de la pièce. Mais les coussins sont préférables.

11 est inutile de dire qu'une fois la ciselure terminée, on casse le plâtre et qu'on sort le sable.

De l'habileté.

Il y a deux sortes d'habileté dans l'art du ciseleur, celle qui touche juste sans tâtonnement au premier coup ; c'est ce qu'on peut appeler du savoir.

Puis dans les travaux de commerce, il y a l'habileté des abatteurs qui, souvent aussi, sont des éreinteurs, ainsi qu'on les nomme dans le langage de l'atelier, nettoyant la forme plutôt qu'ils ne l'embellissent, mais la nettoyant vivement.

J'ai observé de près mes camarades et moi-même : les uns sont méthodistes et procèdent avec un parti pris logiquement. D'autres travaillent sans méthode et marchent rapidement sans se rendre toujours bien compte de la manière dont ils procèdent : ils y gagnent peut-être le temps qu'ils mettraient à réfléchir. Mais ces derniers ont généralement une facilité qui, en résumé, est toujours un acquit d'expérience, et savent, lorsqu'ils se sont écartés de leur route, y revenir sans effort par un petit chemin de traverse. Certains ciseleurs ne sont réellement habiles que dans une spécialité ; sortez-les de là, ils sont quelquefois au-dessous de l'ordinaire.

D'autres encore ne sont que par tempérament plus aptes à, tenir coup au travail que certains tempéraments lymphatiques à sang lourd et qui dorment dessus.

En résumé, l'habileté s'acquiert par le travail et l'étude, mais on ne peut pas nier que chez certains individus, elle ne soit une sorte de don naturel, une faculté plus grande, plus vive, de comprendre et d'exécuter.

Dans les travaux fort savants, ceux d'anatomie, par exemple, l'habileté est la science acquise qui prend vivement un parti là où celui qui manque d'étude est •bligé de procéder par la voie toujours si longue du tâtonnement.

Observations sur les bronzes qui doivent être dorés isolément, pour meubles et montures de poroe-

Les bronzes dorés sont pour la plus grande partie des pièces visant à l'effet clinquant. Ce que je viens de dire s'applique Surtout aux pièces à parties bru- ' nies; celles-ci doivent être riflées doux, bien dressées dans les unis, et ces .derniers être passés au papier émeri, pour que le brunissoir, en mettant à vif, ne découvre pas désagréablement les traits durs de rifloir, ou d'autres défectuosités qu'il peut y avoir.

Comme le plus souvent le doré est de l'ornement du Louis XV, les feuilles par exemple, doivent être brettées avec des mats à grains du genre que Ton fait : on doit autant que possible les poser avec hardiesse et fermement. C'est un des caractères du style rocaille ; lo mat doit sur les feuilles être imprimé plus légèrement sur les bouts que dans le milieu.

On doit pour l'ornement Louis XV, viser à un effet d'opposition heurté, ce qu'on nomme faire du tapage.

Les figures et les ornements unis, qui sont dorés à l'or mat, doivent être d'un travail doux, fermes, et

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n'avoir pas de piqûres de fontes ; quand il y en a, on doit les planer, et si Ton juge ne pas pouvoir les atteindre, il faut mettre des rivets (Voyez rivets). Rien n'est plus laid que des piqûres, si petites qu'elles soient, qui font taches et deviennent par là très-visibles ; si la pièce a quelque importance ou doit être vue de près, on doit manœuvrer de façon à les faire disparaître.

Il faut avant de commencer à ciseler un morceau qui doit être doré, le passer à l'eau forte, cela découvrira davantage les défauts et aidera à s'en rendre un compte plus exact.

Les bronzes pour montures de porcelaine doivent être traités comme il vient d'être dit, à moins que ce ne soient des travaux trés^courants (peu payés), sur lesquels, ainsi qu'on dit, on lâche la main. Mais une chos© assez importante dans les bronzes pour montures de meubles et de porcelaine, c'est de ne pas les décontourner en les serrant trop à l'étau, ou en les faisant porter à faux sur les mâchoires. Le monteur, en les ajustant, est obligé de les frapper pour les ramener à épouser la forme, il les casse souvent, et alors il faut avoir recours aux soudures et ragréures.

En somme, faites des efforts pour faire tenir, sans changer leurs formes, les bronzes à contours trèsmouvementés.

Des passes à l'eau forte.

11 est d'usage dans certaines maisons de bronze pour le commerce, de passer les surmoulés à l'eau forte avant de les ciseler, afin de les livrer en jaune. Bien que cela ne soit pas absolument nécessaire, surtout quand les figures doivent être bronzées artificiellement, ce passage a une certaine importance pour les bronzes qui doivent être dorés; l'eau forte découvrant les gerçures et les piqûres de fonte, permet davantage, en les montrant mieux, de s'arranger pour les faire disparaître, soit en les planant ou les riflant, soit en posant des rivets ; puis, comme je l'ai dit, il est d'usage dans certaines maisons de rendre l'ouvrage ainsi préparé. Dans mon opinion, je dirai qu'il y a quantité de cas où ce travail est tout-à-fait inutile ; mais il y en a cependant d'autres où il vaut mieux avoir sa pièce d'un ton égal, parce qu'on juge mieuk de son unité et de son harmonie : ce que je dis là s'applique aux modèles.

Avant d'entrer dans le sujet, il est nécessaire que je

dise que l'acide azotique (eau forte) est un acide trèsfort, ainsi que l'indique son nom ancien, nom qu'il justifie bien, puisqu'il dissout le cuivre et l'argent. Il faut avoir soin de tenir cet acide dans des bouteilles de grès ou dans des bouteilles de verre assez fortes, pour ne pas se casser au premier choc accidentel; dans des flacons rôdés à Fémeri si l'on veut. Je préfère les vases en verre à ceux de grès, par la raison que le verre étant diaphane permet de reconnaître la quantité d'acide contenue '; ce qui est certainement un avantage' quand il s'agit de verser. Si vous n'avez pas un flacon à bouchon de verre rôdé à l'émeri, vous boucherez votre bouteille avec de la cire : un bouchon de liège est bien vite rongé, la cire résisté très-bien, et la preuve c'est que l'on fait des gravures à l'eau forte en faisant les épargnes avec de la cire, à défaut de vernis.

Puis, comme les malheurs arrivent presque toujours par des voies imprévues, ne laissez pas vos acides à la portée des enfants.

Que les bouteilles ou flacons contenant vos acides soient toujours étiquetés àpart, et remarquables d'une façon tranchée. Une méprise de bouteille, un jour à l'atelier, fut cause d'une scène atroce : un jeune camarade croyant boire de l'eau fut empoisonné avec de l'acide sulfurique, quatre hommes forts étaient impuissants à le contenir, c'était un spectacle affreux ! on parvint cependant, quoique un peu tard, à lui administrer un réactif, on \ui sauva la vie, mais il perdit l'intelligence, resta idiot. N'allez cependant pas audelà de ce que je veux dire de la précaution.

Avant de passer à l'eau forte, on doit se munir d'un

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