MATRICES EN FONTE DE FER
vifs, autrement, à l'estampé tout viendrait coupé et à jour sur la plaque de métal.
La disposition du dessin, du modelé des matrices, est une affaire spéciale, dans laquelle on doit surtout tenir grand compte des conséquences ci-dessus, et Ton est souvent obligé, en modelure, de faire des concessions à la raison pratique de l'estampeur.
Réaumur s'est beaucoup occupé des moyens d'adoucir les fontes ; il a laissé des procédés qui consistent à la faire recuire jusqu'à la chaleur rouge au-dessous de son point de fusion avec la poussière de charbon, le graphite, l'argile, ou la craie ; les cendres d'os et l'oxyde de fer produisent également cet effet, mais ces deux dernières substances sont préférables.
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Des creux en cuivre et en fonte de fer pour la cristallerie.
Les creux à mouler les soufflés des verreries et des cristalleries, tels que verres, salières, bénitiers, flacons, etc. sont des moules de deux ou trois morceaux, selon la forme de la pièce; ces moules sont articulés à charnières, à goupilles, et permettent, en les ouvrant, de retirer de dedans les pièces de verre que Ton y a fait prendre empreinte.
Indépendamment de ce que je vais dire, je renvoie à l'article des matrices de fonte de fer, pour le travail qui est le même, avec cette difficulté déplus que les moules de verriers sont quelquefois profonds, et qu'en raison de cette profondeur, on doit bien surveiller les parties des joints, sans cela les défauts qu'ils pourraient présenter, se reproduiraient sur les pièces.
Quoique ces sortes de moules soient ordinairement dirigés par des gens compétents, sachant ce qu'il leur faut, il n'est pas mauvais de savoir que les pièces doivent, ainsi que pour tout moule, être bien de dépouille.
Lorsqu'on est obligé de faire des finesses par place
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seulement, les moules ont quelquefois, quand ils sont en fonte, des pièces de cuivre à coulisse. Comme j'ai fait autrefois ce genre de travail, je dirai que c'est ainsi qu'on procède pour les étiquettes qui viennent en relief sur les flacons de pharmacie, de parfumeurs, etc. Les lettres en relief sont champ-levées en creux, et, bien entendu, en sens inverse. Autant que possible on évite de décontourner le coulisseau de cuivre, afin qu'il puisse bien reprendre sa place dans le creux, où il reste fixé une fois le moule établi. Les lettres doivent être de dépouille, et le travail général a besoin, ici surtout, d'être tenu un peu sec dans des angles des fonds, le moulage 'étant presque toujours
SGEffON XK.
Le livre du moine Théophile.
Dy,a quelques aimées, en pleine Renaissance de l'art religieux du moyen-âge, alors que les vitraux, l'orfèvrerie d'église, la ciselure et l'émail cherchaient dans la voie du passé à reconstruire l'œuvre des xn* et xm e siècles, les savants et les bibliophiles retrouvèrent un livre qui lit une vive sensation, ce livre contenait, disait-on, la science des procédés perdus;, aussi la joie fut-elle grande.
Ecrit en latin par un moine italien ou allemand, qui vivait du ix° au xiv e siècle (1), cet ouvrage a été traduit par M. de L'Escalopier : pour mon compte je le remercie et beaucoup d'avoir mis le livre du moine à la "portée de ceux qui ne savent pas le latin ; et d'avoir recherché et rassemblé des traités, dont les manuscrits sont dispersés, les uns en Angleterre, en Allemagne et d'autres à Paris. En parlant de ce livre, j'ai pour but non de le critiquer, mais de dissuader de l'opinion où sont encore certaines personnes, qui croient que l'art du moyen-âge a, dans ce livre, été retrouvé de toute pièce.
(1) Bien n'a permis de préciser l'époque de la vie et le pays qu'habitait l'auteur.
Le livre de ce bon moine traite de la peinture sur verre, des émaux, de la peinture à Fhuile de lin, ce qui prouverait, ainsi qu'une note le fait observer, que Van-Eyck n'en serait pas l'inventeur ; puis de divers procédés de dorures, etc., de l'orfèvrerie et de la ciselure. Mais n'ayant à m'occuper ici que de ce qui a rapport à l'orfèvrerie et surtout à la ciselure, je dois dire, moi praticien, que le livre de Théophile, quant à la ciselure, ne contient rien de propre à nous éclairer (1). Il y est parlé de repoussé, de ciselure d'or et d'argent, de l'impression au marteau de certains poinçons, de la fabrication du ciment à, repousser, etc. J'ai lu le livre très-attentivement, et je crois pouvoir affirmer, en matière de ciselure et d'orfèvrerie, et tout en tenant un très-grand compte de l'époque où le moine Théophile écrivait, que c'est un homme qui n'a jamais mis la main à la pâte. Il a, par amour des arts religieux, rassemblé sous forme de recettes, une foule de prétendues solutions, dont plusieurs sont erronées . et qui ont dû lui être communiquées à la suite d'interrogations qu'il adressait aux artistes, mais sans être compétent pour distinguer le vrai d'avec les mys térieux mensonges dont s'enveloppaient la chimie et les arts du moyen - âge, qui, lorsqu'ils avaient une recette, un procédé, donnaient le change ; et lorsqu'ils n'en avaient pas, faisaient croire qu'ils en possédaient un, mais secret. Tel est entre autres le procédé relaté par le moine Théophile sur la manière de faixe
(4) J'ajoute même que dans ces derniers temps on n'a jamais été embarrassé pour ciseler le gothique: fa difficulté pour les ciseleurs jui s'en sont occupés, a été une question d'archéologie.