DE L'OK ESPAGNOL
« Il y a aussi un or appelé espagnol, qui se compose de cuivre rouge, de poudre de basilic, do sang humain et de vinaigre. Les Gentils, dont l'habileté dans cet art est probable, se font des basilics de cette manière; II* ont sous terre une chambre dont le haut, le bas et toutes les parties sont en pierres, avec deux petites fenêtres si é troites qu'à peine on voit quelque chose à travers. Ils y mettent deux vieux coqs de douze ou quinze ans et leur donnent suffisamment à manger. Ceux-ci, quand ils sont engraissés par la chaleur de leur embonpoint, s'accouplent et pondent des œufs. Alors on ôte les coqs, et l'on met, pour couver les œufs, des crapauds, on leur donne du pain en nourriture. Les œufs Gouvés, il en sort des poulets mâles comme les poussins des poules, auxquels, au bout de sept jours, croissent des queues de serpents ; aussitôt, si la chambre Savait un pavé en pierre, ils entreraient dans la terre. Pour prévenir cela, ceux qui les élèvent ont des
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vases d'airain ronds, de grande capacité, perforés de tontes parts, dont les orifice^ sont resserrés, y placent ces poulets, bouchent les ouvertures avec des couvercles en cuivre, les enfouissent sous la terre ; et ils se nourrissent six mois de terre fine qui pénètre par les trous. Après cela, ils découvrent et allument auprès un grand feu jusqu'à ce que les animaux soient dedans entièrement brûlés. Lorsque c'est refroidi, ils retirent et broient soigneusement, y ajoutant un tiers de sang d'un: homme roux : ce sang désséché sera trituré. Ces deux choses réunies sont détrempées de vinaigre fort dans un vase propre. Ensuite on prend des lames très-minces de cuivre rouge très-pur, on y pose de chaque côté une couche de cette préparation et l'on met au feu. Quand elles ont chauffé, on retire, on éteint et on lave dans la même préparation ; on fait ainsi jusqu'à ce que la préparation ronge le cuivre de part en part, et prenne de là le poids et la couleur de l'or. Cet or est propre à tous les ouvrages. »
Je manquerais de loyauté d'examen, si je laissais supposer que le livre de Théophile est tout dans le genrede la citation que je viens de faire. Quand je dis que le livre ne contient rien de propre à éclairer la ciselure, j'entends qu'il est tellement distancé par les progrès qui ont eu lieu depuis, que ce qui est relaté, ne peut servir qu'à l'histoire de ces progrès. Tel est entre autre cet outil nommé organarium, dont on a tant parlé et sur lequel on a écrit des choses qui ne sont pas exactes ; on a dit : a qu'il était un emportepièce, » mais c'était autre chose ; c'était l'enfance de l'outil moderne à estamper, que nous nommons moxir