‹ Nouveau manuel complet du ciseleur contenat la description des procédés de l'art de ciseler et repousser tous les métauxChapitre 31 sur 63 · HAUTS ET BAS-RELIEFS · texte numérisé non relu

HAUTS ET BAS-RELIEFS

le marteau : on doit avoir soin de ne se servir que d'outils gras de forme, sans angles vifs, ne coupant pas la matière, sans cela on s'exposerait à avoir des crevés (des trous), et les soudures qu'on est obligé de faire pour fermer ceux-ci, renforcissent l'épaisseur de la plaque en cet endroit, et rendent la résistance inégale, chose qu'on doit avoir bien soin d'éviter. A ce propos, je dirai que les anciens se forgeaient des plaques d'une légère inégalité d'épaisseur, ce qui était certainement une ressource pour les endroits, où, ayant besoin de plus de matière, cet excédant la fournissait par son allongement.

Les métaux modernes ne sont certainement pas différents des anciens, mais la différence de les traiter doit compter pour beaucoup. Si le laminoir a apporté un grand progrès dans l'art de réduire en feuilles les métaux, l'or, l'argent, la tôle de fer, etc. On ne peut s'empêcher, quand on a travaillé intimement les métaux, de reconnaître que celui qui est martelé est supérieur à celui qui est laminé. Dans le laminé, les molécules sont écrasées entre deux puissants cylindres, et cette pression donne quelque chose, qu'on me pardonne le mot, de filandreux au métal ; son grain, si je puis dire ainsi, pressé toujours dans le môme sens, acquiert une différence légère à la vérité, mais réelle dans ses propriétés, suivant la longueur, sens dans lequel il a été tiré, et celles suivant sa largeur ; c'est sur la tôle surtout que j'ai constaté ce que je dis, le traçoir éprouve une résistance sur le travers d'une plaque qu'il n'a pas dans le sens où elle a été laminée.

Je n'ai pas bien pu me rendre compte de ce que

Ciseleur. 10

i 10 sÊCrîoïf xxn.

dit Benvenuto-Cellini, qui annonce qu'il préparait ses plaques plus épaisses au milieu que sur les bords,païce que un peu plus loin il y a contradiction. Potur mon: compte, je crois qu'il ne saurait y avoir d'autres règles que celle donnée par la nature de la pièce à repousser. Si Ton se forgeait des plaques, il y a certaines formés à reproduire où il faudrait que la plaque fût plus épaisse au milieu ; d'autres sur les bords, puis d'autres encore dans un endroit que la vue de la pièce peut seule faire prévoir et indiquer. En tout ceci, ce qu'il y a de certain, c'est que les crevés, lorsqu'ils ne sont pas produits par maladresse, ne sont pas autre chose le plus souvent qu'une insuffisance de la matière, à laquelle on a trop fait fournir. Regardez un morceau de caoutchouc, il ne peut s'allonger sans s'amincir ; le métal est de môme, seulement ce dernier s'amincit quelquefois jusqu'à laisser passer le jour.

SECTION XXUI.

«Mure d'orfèvrerie d'églîte et de table. — Repou**é et traoé. — Du travail à la corde. — De la ressîng. «*r Dessins des plateaux de table» ^ Abréviation, -rr Du fondu.

Page 1