‹ Nouveau manuel complet du ciseleur contenat la description des procédés de l'art de ciseler et repousser tous les métauxChapitre 46 sur 63 · DES OUTILS · texte numérisé non relu

DES OUTILS

les parties qu'il me fallait, dans les grandeurs dont j'avais besoin, et èn y faisant les modifications ou additions que je jugeais convedable d'y apporter.

Mais Ton n'a pas quelquefois besoin de tout cela, on fait des outils qui marchent très-bien, et qui sont faits par la simple inspection de ce que Ton a à reproduire : de ce nombre sont les outils pour faire des nervures de feuilles, des fonds, ou bords de fleurs, etc., etc.

11 arrive, et pour mon compte il m'est arrivé plus d'une fois, d'être on ne peut mieux servi par le hasard. Dans la casse d'un acier il se trouvait une forme, un grain, ce je ne sais quoi des anciens qui faisait mon affaire mieux que je ne l'aurais su le faire moimôme. 1 *

Il ne faut pas se servir d'outils à formes trop sèches, le détail communiquerait bientôt à l'ensemble de votre travail une apparence de sécheresse toujours laide, parce qu'elle appauvrit la forme du modelé.

Quand vous ciselez, n'abusez pas non plus du même outil. La nature là où elle semble uniforme a toujours des variantes, sur le plus gros de tous les chênes on ne peut pas trouver deux feuilles en tout point pareilles. Ne perdez pas cela de vue, la nature en tout agit comme sur la face humaine, avec des différences pareilles. Le génie, dans la variation des nuances, doit être celui du ciseleur. J'ai vu un berger dans les hautes montagnes, qui m'a dit que sur les cinq cents moutons qui paissaient devant moi, il n'y en avait pas un seul qu'il ne connût à sa figure, à sa démarche, ainsi

qu'il reconnaissait les gens de son village. Je voys demande bien pardon de vous dire tout cela, mais craignez d'être monotone.

Si vos outils sont trop secs déforme, quand vous vous en serez bien assuré, mettez un peu de ponce écrasée sur du plomb, avec une goutte d'huile, et frappez au marteau votre outil dessus un instant, après quoi vous l'essaierez ; s'il est encore trop sec, avisez bien si cela ne tient pas à sa construction; s'il n'en est rien, use*- 1b encore un peu sur la ponce, (sur du grès, on fait quelquefois de bons outils.) Lorsque vous en serez content, trempez-le, ne faites pas la faute qui se commet souvent, de conserver un outil allant bien, nou trempé, pour le modifier indéfiniment, et tout-à-coup on s'aperçoit qu'il est émoussé, déformé, et que les résultats qu'il donne no sont plus les mêmes. Quand votre outil va bien, trempez-le.

Les outils à imprimer ne doivent pas être trempés trop sec, en ce cas on les fait revenir jaune-paille. (Voyez de la trempe, page 229.) * -

On fabrique quelquefois de bons outils avec des coups de gouge , d'agnette , de burins, voire même d'autres outils ou des aciers cassés frappés sur le bout, puis on les reprend sur la ponce, ainsi qu'il est dit plus haut. J'en ai quelquefois produit de bons en les faisant un peu ronger par l'eau forte étendue d'un peu d'eau. '

En un mot, l'outil dit de chic est libre de forme, d'allure et n'a pour unique loi que de bien faire l'affaire.

De quelques différences entre les outils à repousser et ceux à ciseler le fondu. — Des traçoîrs.

La longueur moyenne des ciselets est la même pour ciseler le fondu que le repoussé; elle varie de 12 à 13 centimètres, mais plutôt 12 : plus longs, les outils vibrent sous les coups de marteau ; plus courts, ils sont incommodes à tenir. Un outil devient court quand il descend au-dessous de 10 centimètres. Dans la partie de table et d'église, pour planer les unis, les platesbandes, les godrons, etc., on se sert d'outils larges prenant ordinairement d'un coup la largeur, soit de la plate-bande, du godron, etc., mais pour toute autre chose que les caneaux (godrons en creux) unis, godrons, les outils de ïnoyenne grosseur du bout font un meilleur travail; j'entends ici qu'ils permettent de mieux modeler.

Les planoirsunis, soit plats, ou légèrement bombés, ceux que, dans le langage de l'atelier, on nomme goutte de suif, et ceux qui sont creux comme pour planer les godrons, les baguettes, etc., les traçoirs et tous les outils faits à la lime sans addition de mate ou

de chie sur le bout, sont nommés outils clairs. Lea bouterolles et lesperloirs sont de ce nombre. On homme bouterolles, des outils faisant la demi -boule par le bout comme celui d'un pilon par exemple. On s'en sert pour faire des demi-perles en creux, etc.; ily adesbouterolles un peu méplates, il en a d'un peu pointues et des demiboules. Le perloir est la contre-partie de la bouterolle, il est en concave ce que cette dernière est en convexe; le perloir, ainsi que l'indique son nom, sert à planer, à arrondir les perles en ciselure. Il y a encore un outil clair qu'on nomme bouge, qui est un outil approchant de la bouterolle par la forme, mais ordinairement plus pointu. On l'enfonce le plus souvent dans les œils des feuilles d'acanthes et objets analogues, et on le modifie suivant la nécessité. Les traçoirs, qui sont des outils clairs, sont faits de plusieurs manières. Le traçoir droit est dans le genre d'un ciseau ne coupant pas, rendu moelleux sur le bout ; on en a de trèsgras (sans aigu) ; ceux à préparer le repoussé doivent être ainsi. Les traçoirs à faire le genre dit tracé maté sont plus minces, mais cependant ne doivent pas couper. Pour les traçoirs à faire le fondu, le principe une fois compris, les exigences de la forme en disent plus que je n'en saurais expliquer. Les traçoirs demironds sont pour les qualités du bout dans les mêmes conditions que les droits ; la différence est qu'ils servent à tracer des lignes courbes, de grandes et petites circonférences, et qu'en conséquence s'ils étaient droits, les angles ne permettraient pas de pouvoir tourner. Le traçoir demi-rond est dans la forme de l'ongle

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