‹ Nouveau manuel complet du ciseleur contenat la description des procédés de l'art de ciseler et repousser tous les métauxChapitre 52 sur 63 · TREMPE DBS OUTILS COUPANTS · texte numérisé non relu

TREMPE DBS OUTILS COUPANTS

tes cette fois revenir jaune ou même orangé, et ainsi revenus, leur trempe se trouve modifiée à volonté.

Il ne faut jamais faire revenir jusqu'au bleu, c'est trop attendri pour des outils coupants.

Les outils qui s'émoussent sont de mauvais acier; ou s'ils sont de bon acier, ils n'ont pas été trempés assez chaud, en ce cas, retrempez-les.

L'affûtage des outils se fait sur la meule lorsqu'ils sont trop égrenés et usés, puis sur la pierre à l'huile, lorsqu'on veut seulement les raviver et les faire cou* por. On doit affûter fermement, bien donner à l'outil la forme qu'il doit avoir, la conserver, ne la pas changer, à moins de nécessité.

Les pierres à huile sur lesquelles on affûte, sont de plusieurs natures, et on fait même des pierres factices qui sont composées d'émeri et de ciment. Il y a en France les pierres dites de Lorraine, mais de toutes ees pierres, celle que je conseille d'adopter, est la pierre du Levant. Il y a en ce genre la pierre noire et la blonde, puis la grise pâle, qui toutes ressemblent à du marbre; les deux dernières sont les meilleures. La noire a des veines dures qui nuisent à l'affûtage; dans la grise et la blonde, il faut encore tomber sur un bon morceau, qui ne soit ni trop dur ni trop tendre : trop tendre, l'outil s'enterre dedans, y fait des sortes d'ornières.

Par le bon usage qu'elle fait, une bonne pierre coûte vingt fois moins cher au bout de l'année parla promptitude avec laquelle on affûte, qu'une pierre de mauvaise qualité, n'ayant que l'apparence du meilleur

marché , et sur laquelle on n'affûte qu'avec peine, je veux dire lentement.

Quand les pierres ont servi longtemps, qu'elles ne sont plus plates dessus, qu'elles ont des creux, des trous en tous sens, il devient difficile d'affûter. On les redresse alors, pour cela on prend du sable de grès, on en met sur une dalle avec de l'eau, et on l'use en la frottant, jusqu'à ce que la pierre soit redévenue bi^n plane et que les trous aient disparu. On m'a affirmé qu'avec du grès et de l'eau sur une planche de bois, au lieu de frotter sur une dalle, on atteignait plus rapidement le but.

J'ai oublié de dire que pour huiler les pierres à affûter, on se sert de préférence d'huile de pieds de bœuf, parce qu'elle encrasse moins que les autres.

Quand la pierre devient sale, poisseuse, que l'huile et l'acier usé dessus ont fait une sorte de peinture à l'huile, il devient difficile d'affûter ; on nettoie alors Ja pierre avec un peu d essence de térébenthine.

Des moyens d'adoucir, — Des poncés. — Des cardes. — Des grattes-bosses. — De l'émeri sur papier et en poudre.

i. DES ADOUCIS ET DES PONCÉS.

Quand un travail est terminé, pour lui donner plus de fini, plus d'apparence, plus d'œil, tuer les brillants, donner de l'unité de ton, on prend de la ponce en poudre, que l'on mouille d'un peu d'eau ; puis, avec un pinceau sans manche, de soies de sanglier, bien serré, lié d'assez court, on prend de cette bouillie que Ton frappe dessus la pièce. Le frotté ne vaut rien ou vaut moins ; il use sans donner la même fermeté. Pour le pinceau, on doit de préférence se servir du côté où la soie adhère à la peau de l'animal. Si l'on avait quelques traits un peu durs de rifloir, on doit les atteindre avec un rifloir doux ou un morceau de papier émeri. On se sert aussi avec avantage de petits morceaux de bois blanc taillés au couteau d'une façon favorable à la forme, et avec lesquels on adoucit également avec la même ponce en poudre.

Il m'est arrivé, dans ces deriiiers temps, d'employer

un autre moyen. On vend à Paris des pierres à l'huile du Levant, qui sont à peu près semblables, pour la grosseur, à des crayons d'ardoise ; j'en affûtai quelques bouts sur du grès, dans les formes propices au travail, puis je les mettais dans des porte-crayons de cuivre, les humectant d'un peu d'huile ou même d'un peu d'eau; je procédais avec ces pierres, exactement comme si c'eût été des rifloirs, et j'obtenais ainsi un adouci ferme et qui détruit moins la forme que ne le fait, dans certains cas, le papier émeri.

Avec un petit morceau de bois ferme, de la grandeur et de la grosseur d'un corps d'outil ordinaire, et en lui donnant la forme nécessaire, on prend de la poudre de ponce mouillée d'eau, et l'on tapotte avec le marteau. Ce dernier moyen engraisse les endroits secs; mais il ne faut rien pousser à l'extrême : vous êtes vous-même juge du moment où il convient d'arrêter, c'est-à-dire où vous avez obtenu ce que vous désirez.

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