être d’un bon emploi dans beaucoup de travaux, à cause de sa chaleur et de la transparence des tons qu'elle fournit, soit seule et modifiée de force , soit par son mélange avec d’autres couleurs; mais elle demande à être bien préparée et par conséquent choisie avec soin,
Brun de Chieorée,
Pour préparer cette couleur, on prend un paquet de racines de chicorée brülée et réduite en poudre, que l’on fait bouillir dans de l’eau bien pure, pendant environ quatre heures ; on passe ensuite le tout dans un linge et on laisse évaporer la liqueur au bainmarie , le résidu séché à l’ombre dans un vase vernissé donnera la couleur prête à être employée.
$ 8 — Couleurs noires.
Encre de Chine.
C’est une excellente couleur pour les lavis, dans les teintes fondues et transparentes. Comme il s’en fait beaucoup de mauvaise qualité, nous indiquerons à quoi l’on reconnaît celle qui est bonne. Elle doit tirer sur le roux, avoir une cassure brillante, une pâte très-fine et homogène. Quand on la délaie, on ne doit pas sentir le plus petit grain. Quand elle est sèche, sa surface doit se couvrir d’une pellicule d’appärence métallique; et lorsqu'elle est une fois posée
sur le papier, on ne pourra plus l’effacer en passan: dessus un pinceau imprégné d’eau.
On ne connaît qu’imparfaitement la composition de cette encre, qui est le produit de plantes qu croissent en Chine, combinées avec le suc du gin+ gembre, de la colle de peau d’âne et du noir di fumée.
Un grand nombre de recettes ont été publiées pou préparer l’encre de Chine ; nous nous bornerons à | suivante : On fait bouillir six parties de colle à poisson dans douze parties d’eau; on y ajoute um partie de dissolution filtrée de suc de réglisse. Cett solution sert à broyer une partie de noir de fumée
On moule et on fait sécher. Cette encre, ainsi pré parée, n’incline pas au brun.
Teinte neutre.
Couleur composée, qui d’abord nous a été af] portée d'Angleterre, et qu'on trouve maintenant ff briquée en pains chez tous les marchands de couleur Sa nuance varie selon la quantité de bleu de Pruss d’encre de Chine et de laque qu’on fait entrer dans: composition. La teinte neutre de Newmann est prisé mais avec les trois couleurs que nous indiquons ec dessus ; le coloriste peut la composer ‘lui-même, varier ses tons comme il le jugera convenable. Ce: couleur est surtout bonne pour couvrir les ciels nur geux.
Noir d'ivoire.
Ce noir intense est très-foncé ; il se fait par la calcination en vase clos de petits morceaux ou copeaux d'ivoire, El faut le choisir d’un noir roussälre,
Noir d'os.
Ce noir est roussâtre ; il se prépare comme le précédent; il est moins intense.
Noir de charbon.
Il est fait avec du charbon végétal ; il a moins d’intensité et de transparence que les noirs dont nous venons de parler. On l’obtient en brûlant des noyaux de pêches ou d’abricots, des coquilles de noix et des bois tendres.
Noir de bouchons.
Ce noir est très-fin, très-léger et très-bleuâtre; il est moins irtense que plusieurs autres; mais il est parfait pour les mélanges en ce qu’ilproduicdes teintes d’une finesse remarquable,
Pour le préparer, vous prenez des bouchons neufs el très-fins, que vous couperez par bandes minces dans toute leur longueur. Liez-les ensuite très-fortement avec un hout de fil, faites-en ainsi plusieurs tas
que vous introduirez de force dans une boîte en fer, de manière à ce qu’il y restele moins de vide possible. : Il est essentiel que cette boîte ferme hermétiquement. Alors vous la ferez rougir à un feu très-vif, après! quoi vous l’ôterez du feu et la laisserez refroidir.
: Votre noir sera fait : vous n’aurez plus qu’à le vider: sur une assiette propre. Il est si léger, que pour les délayer et le broyer, il est bon de Paffaisser avec quel-: ques gouttes d’esprit-de-vin.
Noir de lampe.
On obtient cette couleur en faisant noircir à la fu-mée d’une chandelle ordinaire un morceau de terres cuite ou de verre, et en recueillant ensuite la suier qui s’y est formée. On la mêle d’abord ayec de l’eau: gommée, puis avec le fiel de bœuf purifié. Ce noirt peut sepasser d’être broyé; il est beau et s’étend très-bien sur le papier, d’où il est impossible de l'enlever.
Noir de bougie (noir roussâtre).
El est le résultat de la combustion de la cire; c’est le plus beau et peut-être le plus solide que l’on puisses employer pour le coloris. Il s’unit bien avec les bruns: chauds , les verts et les autres teintes avec lesquelles: on le mélange. Il est d’un aspect velouté.
On peut l’obtenir en suspendant un vase de porce-: laine au-dessus de la flamme d’une bougie de cire pure..
Au bout d’un quart-d’heure, quand la fumée aura formé du noir en quantité suffisante, dans ce vase, que l’on baissera à mesure que la bougie se consumera , on éteindra la bougie, on laissera refroidir le vase; ensuite, avec un pinceau sec, on réunira tout le noir, et avec de l’eau de gomme arabique, mêlée d'un peu de sucre candi, on le délaiera en le remuant avec un mauvais pinceau. Plus la trituration sera complète, plus le noir sera foncé.
Il y a encore d’autres noirs, maïs qui ne sont pas indispensables aux coloristes; tels sont le noir de café que l’on fait avec le mare , le noir de vigne qui est très-difficile à broyer, etc.
$ 9. — Couleurs métalliques.
Or en coquille.
La couleur d’or est employée principalement dans l’enluminure des lepidoptères, des ornements et des broderies; on obtient plus de brillant en teintant d’abord avec une couleur jaune. Les marchands de couleurs le vendent ordinairement tout préparé et en coquille. Pour l’employer, il suffit d’en mettre un peu avec de l’eau légèrement gommée ou de l’eau de savon.
On prépare ordinairement cette couleur en broyant les déchets des batteurs d’or, avec de l’eau miellée, La pâte étant bien homogène , on la délaie dans l’eau,
on laisse reposer, le liquide qui surnage l'or est dé canté ; puis on fait sécher la poudre que l’on conserv ensuite pour l'usage.
Dans l’enluminage des estampes très-communes: on remplace l'or par des feuilles de cuivre que lo: trouve dans le commerce sous je nom d’or d’Allemagni Souvent l'or en coquille est mélangé avec l’or d'Al
lemagne.
On peut reconnaître cette fraude en mettant sur un lame de verre un peu d’or et y ajoutant une gout! d'acide nitrique (eau forte). Si l’or est pur, il ne: produira aucune action; dans le cas contraire, il: manifestera un léger bouillonnement, et l’acidenitriqu prendra une teinte verdàtre; la quantité d’or plact sur la lame de verre, disparaîtra plus où moiss sui vant la proportion d’or d’Allémagne qui s’y trour mélangée.
Argent en coquille.
Cette couleur a les mêmes usages que la précédent et s'emploie de la même manière. On l’obtient « broyant des feuilles d'argent, en suivant exacteme: la marche décrite ci-dessus. Il est plus diflicile « frauder cette couleur, en ce qu’il est peu de métar blancs capables de pouvoir être divisés autant que l’& l'argent. | * Nous pensons qu'on pourrait obtenir l'argent « poudre, en précipitant par une lame de cuivre, un solution de nitrate d'argent, à laquelle on ajoute 1
excès d’aeide nitrique ; il se forme une couche d’argent très-divisée sur les parois de la lame de cüivre, et qui s’en détache lorsqu’elle a acquis une certaine épaisseur.
L'opération dure environ de cinq à six heures; on retire alors la lame de cuivre, et le précipité est lavé avec de l’eau. On le fait ensuite bouillir avec de l’acide acétique afin d’en séparer le cuivre qui s’y trouve mélangé, et après l’avoir lavé convenablement, on le broie à la molette, comme nous l’avons indiqué plus haut.