‹ Nouveau manuel complet du coloristeChapitre 11 sur 36 · TEST · texte numérisé non relu

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luminages faits avec ce violet n’ont rien perdu de leur vivacité durant l’espace de quatre ans. Ce violet, à Pétat liquide, ne peut se conserver au-delà de huit jours sans prendre une teinte grisâtre ; aussi convientil de conserver les deux liquides dans des vases bou— chés et de préparer la couleur au moment de s’en servir , et au lieu de peser , on peut prendre trois mesures de la première et une de la seconde.

Laque violette de Campêche.

Cette laque n’est pas employée dans l'enluminage 2 puisque l’on peut produire des tons violets par le mélange du carmin , de la laque de garance, du blanc ét du bleu. Nous décrirons cependant la manière de la préparer. On fait bouillir 30 grammes (À once } de campèche avec deux litres d’eau; la décoction est filtrée et mise à refroidir à la décoction froide on ajoute 30 grammes (1 once) de deuto-chlorure d’étain : il se forme un précipité violet très-foncé. On le mêle ensuite avec de l’alumine , dont la proportiôn est déterininée par la nuance que l’on veut obtenir, en suivant le procédé que nous avons décrit pour la préparation de la laque de Florence.

$ 5. — Couleurs bleues.

Les couleurs bleues, à l'exception de l’indigo et de quelques autres couleurs végétales non employées dans

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Part du coloriste , sont des combinaisons métallique parmi lesquelles nous classerons l’outremer nafuree Voutremer artificiel, le bleu de cobalt, les cendrs bleues, l'arsénite de cuivre, le phosphate de cuivrr le bleu de Prusse, le bleu d'Anvers et le bleu minérai

Outremer naturel.

C’est le bleu le plus solide et le plus brillant ;: est plus ou moins foncé : on l'extrait du lapis-lazus pierre ou marbre que l’on tire de la Perse, de; Chine et de la Sibérie.

Comme cette couleur est fort chère, elle a dom naissance à bien des fraudes : elles doivent être moi fréquentes aujourd’hui, qu'après de longues ex} riences , on est enfin parvenu à la produire dans ton sa pureté et dans tout son éclat, par des moyens & tificiels.

Dans le choix à faire de l’outremer en poudre, faut plutôt s’attacher à sa finesse qu’au foncé de: couleur ; l’outremer pâle, pourvu qu’il soit d’un bien net, prendra une teinte plus foncée en le gon mant.

Les opérations que l’on fait subir au lapis-lazu pour en extraire l’outremer, sont assez compliqué Nous nous bornerons à les indiquer d’une mani: succincte.

La pierre est réduite en poudre, et pour en facili la pulvérisation, ou la faire rougir, on la jette da

l'eau. Ï1 faut que la division soit pousséé à la plus grande limite. On incorpore la poudre dans un mélange gras fait avec neuf parties de poix de Bourgogne, six parties de résine blanche, six parties de térébenthine, deux parties de cire blanche et vingt parties d'huile de [in. On pétrit ce mélange dans de l’eau froide, soit par un moyen mécanique, soit avec les mains, afin de faciliter la séparation de l’outremer. Si l’outremer ne se sépare pas facilement, il faut avoir recours à l’eau tiède. On renouvelle l’eau lorsqu'elle est chargée de matière colorante, et l’on continue jusqu’à ce qu’elle cesse de se colorer. On doit fractionner les produits qui deviennent de plus en plus inférieurs, et les désigner par 1°r, 2e , etc. , lavages. L’outremer étant déposé, est lavé et séché ; puis on le traite par l'alcool chaud qui dissout les matières résineuses qui y sont adhérentes. Le prix élevé de l’outremer provient de la faible quantité que l’on obtient du traitement de la pierre, puisque cent parties n’en rendent que deux à dix. On ne compte ordinairement que 5 pour 400. La première qualité vaut aujourd” hui de 80 à100 fr. les 30 grammes (l’once ).

Outremer artificiel.

On est redevable de ia découverte de l’outremer artificiel à M. Guimet, ingénieur des ponts-et-chaussées; il la fit en 4827. Il a été employé par plusieurs peintres distingués; M. Ingrès s’en est servi dans la

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| peinture d’un des plafonds du musée, représentas l’apothéose d'Homère; la draperie d’une des prince pales figures est peinte avec. Il regarde l’outrem de M. Guimet , comme ne laissant rien à désirer. Ur preuve incontestable, c’est qu’en 1828, la Société d’e: couragement décerna à M. Guimet la médaille de s mille frans, qu’elle avait proposée pour la fabricatit de l’outremer. M, Guimet a tenu son procédé secre mais il a formé une fabrique qui peut suffire à top les besoins du commerce ; le dépôtest chez MM. Tarc el Blanchet, rue du Cimetière-Saint-Nicolas, n° ? à Paris; cet outremer ne se vend que 25 francs 1 30 grammes (l'once) , et cependant il est surpérien à celui du commerce, dont le prix yarie, comme non l’ayons dit plus haut, de 80 à 400 franes.

M. Gmelin de Tubingue a publié un procédé por la préparation de l’outremer artificiel, que nous allo» décrire d’après lui.

On se procure de k hydrate de silice et d’alumine le premier , en fondant ensemble du quartz bien pui vérisé, avec quatre fois autant de carbonate de pe tasse, en dissolvant la masse fondue dans l’eau, et précipitant par l’acide d’hydro- -chlorique ; le seconc. en précipilant une solution d’alun par l’ammoniaqui Ces deux terres doivent être lavées soigneusement ave . de l’eau bouillante : après cela on détermine la quan: tité de terre sèche de ces deux hydrates, en faisan chauffer au rouge une certaine quantité des précipité humides. L'hydrate de silice dont l’auteur s’est ser"

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dans ses expériences, contenait sur cent parties, cinquante-six de silice sèche, et l’hydrate d’alumine sur 100, 3,24 de terre anhydre,

On dissout ensuite à chaud, dans une solution de soude caustique, autant de cet hydrate de silice qu’elle peut en prendre, eton détermine Ja quantité de terre dissoute, on prend alors sur soixante-douze parties de cette dernière, silice anhydre, une quantité d’hydrate d’alumine qui contient soixante-dix parties d’alumine sèche; on l’ajoute à la dissolution de la silice, et on évapore le tout ensemble en remuant constamment, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une poudre humide.

Cette combinaison de silice » d’alumine et de soude est la base de l’outremer, que l’on teint par du sulfure de sodium de la manière suivante : on introduit dans un creuset de Hesse, un mélange de deux parties de soufre et de une partie de carbonate de soude anhydre ; on chauffe peu à peu, jusqu’à ce que la masse soit bien fondue; on y projette alors Je mélange de silice d’alumine et de soude en très-petite quan tité à la fois ; dès que l’effervescence due à la vapeur d’eau a cessé, on projette une nouvelle portion de matière ; on opère ainsi jusqu’à ce que tout soit introduit. Le creuset est alors maintenu pendant une heure au rouge modéré; on le retire du feu, et on le laisse refroidir. Dans le creuset se trouve l’outremer mêlé à du soufre en excès, que l’on chasse par une chaleur modérée. Si toutes les parties de l’outremer ne sont pas colorées également, on peut facilement les gépa-

Coloriste. $

rer; on les réduit en poudre très-fine en opérani par le lavage avec de l’eau, afin d'obtenir une finesse

extrême.

Bleu de Cobalt.

Bleu de Thénard (bleu chimique ).

On est redevable de la découverte de cette combi: naison à M. Thénard. C’est une combinaison de phos phate ou d’arseniate de cobalt et d’alumine, combi! naison formée par l’aide de la chaleur. La couleur d' bleu de cobalt est très-brillante et très-solide. El tire un peu sur le violet, surtout à la lumière des flanm beaux ; elle peut remplacer dans bien des cas l’outre mer, et c’est mème dans ce but qu’elle avait été obter nue. Ce bleu est difficile à employer parce qu’il sèchi promptement; mais M. Colcomb, dont nous avor déjà parlé, apporte tant de soins dans sa préparatiôm qu’on peut s’en servir pour faire des teintes plates fon légères et fort unies.

Les procédés employés pour préparer cette coule sont assez coïnpliqués; mous les décrirons le plu exactement possible.

40 On commence par préparer du nitrate de cobäl! A cet effet, on introduit dans un matras une parti d’oxide de cobalt avec trois parties d’acide nitriqu étendu de deux parties d’eau ; on chauffe pour fave: riser la réaction, et lorsque l'acide n’exerce plus d’ae tion, on évapore à siccité pour en chasser l’excès

le résidu est ensuite dissous dans l’eau, puis filtré. C’est alors le nitrate de cobalt. 20 Avec le nitrate om prépare le phosphate de cobalt en versant dans la so- }ution du nitrate de sous-phosphate de soude , jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité , celui-ci est alors lavé et mis à sécher; il est d’une belle couleur rose, 3° Le phosphate de cobalt, chauffé au rouge avec de Valumine, produit alors le bleu de cobalt : on commence donc par préparer l’alamine en faisant dissoudro trois cent soixante-quinze parties d’alun dans mille parties d’eau, puis on décompose par cent quatre-— vingt-sept parties d’ammoniaque (aleali volatil) à 220. Le précipité gélatineux qui se forme est alors lavé avec de l’eau et mis à égoutter sur une toile. Celte pro— portion d’alumine , mélangée à des quantités variables de phosphate de cobalt, nous fournira les divers numéros de bleu. Pour obtenir le n° 4, on prend vingttrois parties et demie de phosphate de cobait que l’on broie à la molette avec de l’eau, puis on les mélange avec l’alumine précipité des trois cent soixante-quinze parties d’alun. Le mélange étant bien homogène, est mis à égoutter sur une toile et introduit encore humide dans un creuset dont la température est élevée gra duellement jusqu’au rouge-cerise; on maintient le creuset à cette température pendant une demi-heure; et, après qu'il est refroidi, on en retire la matière qui est d’une belle couleur bleue, qui, pulvérisée et broyée, est employée pour produire des tons foncés.

- Le n° 2 s'obtient en mêlant avec lalumine dix-sept parties et demie de phosphate de cobalt.

Le n° 5, en employant quinze parties et demie di phosphate. ; :

Le n° 4, en y mêlant onze parties trois quarts. . On obtient encore un bleu de cobalt, et d’une ma: nière beaucoup plus économique , en mêlant une dis: solution de nitrate de cobalt avec de l’alun à base d’ammoniaque ; on évapore à siccité, etle mélange es ensuite chauffé à une chaleur rouge pour volatilises l'ammoniaque et décomposer le sulfate d’alumine. Il reste dans le creuset une combinaison d’alumine e d’oxide de cobalt dont la nuance bleue est très- vive. M. Boullai Marillac a obtenu le bleu de cobalt er employant, à la place d’alumine, du phosphate de chauz (os calcinés à blanc), et en opérant comme nous l’a: vons indiqué d’après la méthode de M.Thénard. Ains: préparé par ce procédé, il est très-léger, velouté > & peut être employé avec avantage pour la miniatur! et le coloris.

Cendre bleue (blew de montagne).

Dans le commerce on distingue deux espèces dé cendres bleues, cendres bleues naturelles et cendres bleues artificielles ; les premières ne sont employées que dans la peinture en bâtiments, tandis que les secondes sont employées dans l’art que nous traitons:

Cette couleur n’a pas une grande transparence , et est assez difficile à étendre ; mais aucun bleu ne peut la remplacer pour donner de jolis verts frais, Mélée

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avec la gomme-gutte, elle offre des tons charmants, qui feraient douter de l’opacité qu’on lui reproche : mais il faut autant que possible éviter de revenir sur la teinte qu’on en aura posée; elle peut rendre de grands services dans nombre de circonstances, sur= tout dans les mélanges, parce qu’elle tend à prendre une teinte verdâtre , lorsqu'elle est employée isolé ment.

La cendre bleue est une combinaison de carbonate de chaux, de carbonate de cuivre et d’eau. Parmi les divers modes de préparation, nous distinguerons le suivant comme ayant fourni constamment les meilleurs résultats. On fait dissoudre du cuivre dans de Vacide nitrique faible, on ajoute ensuite à cette dissolution de la chaux éteinte dans de l’eau en quantité telle que le nitrate de cuivre soit en léger excès : on recueille le précipité sur une toile, et lorsqu'il est bien égoutté , on le broie dans un mortier avec sept à dix parties de chaux vive en poudre pour cent de précipité : celui-ci de vert qu’il était , passe successive— ment au bleu; il faut y ajouter assez d’eau pour amener le mélange en pâte, après quoi on fait sécher à l'ombre pour le réduire en poudre.

Bleu de Ciel.

Arseniote de cuivre.

Cette couleur minérale est d’un bleu léger et peut

convenir dans l’enluminage des ciels ou autres teintes: légères. On se la procure facilement en faisant dissoudre dans deux litres d’eau 505 grammes (10 onces) d’arseniate acide de potasse que l’on verse dans une solution de 214 grammes (7 onces) de sulfate de cui re dans la même proportion d’eau. Le précipité ess ensuite lavé par décantation, mis à égoutter, puis séché. Ce bleu, encore humide et légèrement gommé: s’élend très-bien sous le pinceau.

Autre Bleu de Ciel.

Phosphate de cuivre.

Le phosphate de cuivre n’a pas encore éié employs pour l'enluminage, quoique cependant il présent beaucoup de solidité et peut produire des teintes auss: avantageuses que celles obtenues par le bleu de cobalt. On peut le préparer de la manière suivante :

On fait dissoudre d'une part un kilog. (2 livres: de suifate de cuivre dans trois litres d’eau ; d’une au-

re part, on fait dissoudre dans quatre lives d’eau us kilog. (2 livres) de sous-phosphate de soude. On verse dans la solution de cuivre celle de phosphate, en ayant la précaution deremuer pour faciliter la coma binaison ; il est également essentiel de faire cette pré cipitation , les liqueurs étant chaudes, le produit acquiert plus de vivacité, Après avoir laissé reposer lé précipité, on décante le liquide qui le surnage , puis

um QU ES on Île fait sécher à l'ombre, ou bien on le conserve à l'état de pâte.

Bleu de Prusse.

Cyanure double de fer.

Le bleu de Prusse varie en intensité de nuance suivant qu'il a été préparé avee plus ou moins d’alumine, ou même sans alumine. On le distingue facilement de l’indigo, en ce que, mis sur des charbon; incandescents, il ne répand pas de vapeurs violettes , et qu’il laisse un résidu brun-rougeûtre, produit par l’oxide de fer qui entre dans sa composition. Lorsqu'on . veut l'obtenir à l’état de pureté et en pâte, on doit opérer de la manière suivante : on fait dissoudre cent parties de ferro-cyanate de potasse ( prussiate de potasse) dans mille parties d’eau. D’une autre part, on fait dissoudre quarante-une parties de sulfate de fer dans huit cents parties d’eau ; à cette dissolution, on mêle celle de cinquante-une parties de sulfate de fer que l’on à fait bouillir pendant une demi-heure avec deux cents parties d’eau et trente parties d’acide ni trique. On verse la solution de fer, après l’avoir filtrée, dans celle de prussiate de potasse et après avoir bien mélangé les matières; on laisse déposer le précipité que l’on lave par décantation jusqu’à ce que l’eau n'ait plus de saveur ; on fait ensuite égoutter sur un filtre pour le conserver à l’état de pâte ou le faire sécher,

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Si on veut obtenir du bleu de Prusse mélangé d’a-lumine , il faut faire dissoudre, dans les cent parties: de prussiate de potasse, cent cinquante parties des potasse du commerce, et ajouter à la dissolution des fer cinquante parties de sulfate d’alumine et de po—tasse (alun), puis opérer comme nous l’avons indi-qué. Enfin, pour obtenir des bleus plus vigoureux ouf plus pâles, il faut diminuer ou augmenter la potasse: et l’alun dans les mêmes rapports.

Cette belle couleur a du velouté, elle fournit beau-coup et est très-solide à l’eau gommée ; elle tend quelquefois à verdir, ce qui arrive rarement lors-qu’elle est bien fabriquée. Le bleu de Prusse, dit anglais, est le meilleur ; mêlé avec la laque, des violets, des terres de Sienne et du jaune indien, il perd cette apparence dure qu’on lui connaît. |

Son usage le plus fréquent est pour les verts et les: draperies de cette couleur.

Bleu Minéral (bleu d'Anvers.)

C’est une couleur claire, assez dure et assez difficile à employer; elle a l’inconvénient de pälir quand elle est exposée à la lumière, et de foncer de ton dans: l'ombre. Le coloriste peut s’en passer à la rigueur; cependant ce bleu produit des verts si beaux et souvent! si indispensables pour le coloris des fleurs, qu’il ne: faut pas le rejeter entièrement,

On peut préparer le bleu minéral de la manières

suivante : on fait dissoudre une partie de sulfate de zinc avec une demi-partie de sulfate de fer, dans vingt parties d’eau; d’une autre part, on prépare une dissolution de deux parties de prussiate de potasse dans vingt parties d’eau. On verse ensuite peu à peu, et en remuant, cette dernière solution dans la première. Il se forme d’abord un précipité verdâtre qui, par des lavages réitérés, passe successivement à la nuance bleue,

La couleur sera d’autant plus foncée que le sulfate de fer dominera. L’inverse aura lieu si c’est le sulfate de zinc. Il sera donc très-facile d’obtenir les nuances que l’on désirera, en variant l’une ou l’autre de ces substances.

Indigo (bleu de Roi.)

L’indigo est une matière colorante qui nous vient des Indes Orientales et d'Amérique par la voie du commerce. Celui que le coloriste doit employer est désigné dans le commerce sous le nom d’indigo-flor guatimala; il est d’une couleur bleu foncé tirant sur le violet, très-léger ; sa cassure doit être nette, sans être parsemée de taches blanchâtres ou noirâtrés. Par le frottement de l’ongle ou d’un corps dur, il prend une teinte cuivrée. Bien que ce soit une des meilleures espèces, nous conseillerons de faire subir à l’indigo Pune des deux opérations suivantes, afin d'obtenir un produit d’une meilleure qualité, La première consiste à réduire en poudre l’indigo , à le meitre dans une

terrine avec deux fois son poids d’acide hydrochlorique (acide muriatique) étendu de quatre fois son poide d’eau; d’agiter le mélange de temps à autre pendant vingt-quatre heures ; on lave ensuite l’indigo avec dû l'eau jusqu’à ce qu’elle sorte sans saveur, on met |i tout sur un filtre et l’on fait sécher. Par cette opéras tion, on enlève une grande partie des terres qui sont mélangées à l’indigo, plus, une matière verte , une rouge et de l’oxide de fer. La seconde opération qut l’on peut employer, offre un peu plus de difficultés : elle consiste à exposer à l'action du feu l’indigo dans un creuset recouvert par un autre creuset; on chauffé le creuset inférieur , l’indigo se sublime et vient se condenser dans le creuset supérieur sous la forme dé belles aiguilles ; la sublimation étant terminée, on détache les aiguilles, et, après les avoir réduites em poudre, on fait bouillir cet indigo dans dix fois so» poids d’esprit-de-vin, opération qui a pour but de sé: parer une certaine quantité de matière huileuse qw s’est formée. On jette sur un filtre et on fait séchert L’indigo, ainsi préparé, est de la plus grande beauté:

C'est une couleur dont on fait un grand usage; elld a malheureusement le défaut de noircir, mais cet inconvénient n’est presque plus sensible lorsqu'on Îa mélange avec d’autres couleurs.

$ 6. — Couleurs vertes.

Les couleurs vertes peuvent s’obtenir directement

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et par le mélange du bleu ét du jaune, Dans le ehapitre consacré aux mélanges des couleurs, nous ferons connaître ces dernières.

Verts produits par le Cuivre.

Vert de montagne (malachite).

Le vert de montagne est un carbonate de cuivre que l’on rencontre dans les montagnes de la Hongrie et du Tyrol. Ce vert ayant peu de transparence doit être rejeté par le coloriste.

Vert de montagne artificiel.

Parmi le grand nombre de procédés indiqués pour préparer le vert de montagne artificiel, nous nous bornerons à indiquer le suivant : On prend cinq parties de sous-carbonate de cuivre humide (obtenu par la précipitation du sulfate de cuivre par la potasse }; on y mêle quatre parties de crême de tartre en poudre fine, après en avoir formé une pâte humide, que l’on et dans une chaudière en cuivre pour la chauffer presque au bouillon. Lorsque l’effervescence qui s6 forme est terminée , la couleur devient plus foncée, on rétire le vase du feu pour y mélañger trois parties de sulfate de cuivre en poudre et trois parties de soude blanche également en poudre. Il faut avoir le soin de remuer le mélange, pour éviter qu’il ne se prenne en

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masse solide, et qu’il ne devienne brun. La matières en refroidissant, acquiert de la solidité et est mise: sécher. Pour s’en servir, il faut le broyer à la molelté et le laver avec de l’eau pour séparer les substance étrangères ; par celte opératiomil prend une plus gran vivacité.

Vert de Schéèle.

Deut-Arsenile de cuivre.

Le vert de Schéèle est d’une belle couleur verte. humide, il s’altère promptement; aussi doit-on, dax sa préparation, en accélérer la dessiccation : pour l’ob tenir, on fait dissoudre dans cinq litres d’eau 2 kiloy (4 livres ) de sulfate de cuivre. On fait une secona dissolution de 2 kilog. ( 4 livres ) de potasse dans cir litres d’eau ; on porte cette solution à l’ébullition ; pu on y ajoute, par portion et en remuant, 875 grammi ( 4 livre 12 onces ) d’acide arsénieux ( arsenic blanc: On laisse ensuite reposer et l’on soutire à clair la 1 queur : on verse lentement la solution de sulfate c cuivre dans celle de potasse.et d’arsenic, en ayant précaution de remuer de lemps à autre le mélang: que l’on laisse en contact pendant cinq à six heure; Après cet espace de temps, le précipité est formé « déposé ; on décante le liquide , et le dépôt est alor lavé avec de l’eau bouillante ; le lavage est continu: jusqu’à ce que les eaux n’aient plus de saveur. El vert de Schéèle est alors mis à égoutter, puis à séche à l'ombre.

Le vert de Schéèle est un composé d’oxide de cuivre et d’acide arsénieux ( oxide blanc d’arsenic). À cause de ses propriétés vénéneuses, on ne saurait prendre trop de précautions dans son eniploi. Il a même l’inconvénient de trop couvrir.

Vert de Schveinfurt.

Cetie couleur n’est bien connue en France que depuis quelques années ; elle était avant apportée de PAIlemagne par la voie du commerce. M. Colcomb, quai de l'Ecole, au Spectre Solaire, en fabrique qui ne le cède en rien à celui d'Allemagne : l’oxide d’arsenic en est l& base. Rien n’égale la beauté de ce vert, quoiqu'il couvre un peu; le vert-de-gris seul peut lui être com-paré, mais il est préférable à ce dernier, parce qu'il est d’un emploi plus facile, et qu’on le trouve tout préparé dans le commerce. Il ne manque pas de solidité , et est incomparable pour les réhauts dans les planches d'histoire naturelle, où l’on a souvent besoin de reproduire des effets métalliques. Jen ai conseillé l'emploi à plusieurs coloristes assez habiles, qui s’en sont parfaitement trouvés; je ne me suis point aperçu qu’il ait altéré les couleurs avec lesquelles on le met en contact, comme pourrait le faire craindre sa composition, et je le recommande de nouveau à Vattention et à la pratique du coloriste.

Plusieurs procédés ont été employés pour obtenir le vert de Schveinfurt; nous ne décrirons que celui

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de M. Liébig comme étant le plus simple d’exécutiom On fait dissoudre une partie de vert-de-gris à l’aid de la chaleur dans du vinaigre pur, et on y ajout une dissolution aqueuse d’une partie d’arsenic blanc il se forme un précipité. On le met sur une toile, « lorsqu'il est égoutté, on le fait dissoudre dans du vi naigre que l’on fait bouillir ; par le refroidissement il se forme des petits cristaux d'un beau vert, qui! séparés, lavés et séchés, donnent le vert de Schveir far.

Aiosi obtenue, cette couleur a une nuance bleuâtres si on la veut plus intense en couleur et plus jaunâtre on la fait chauffer lentement avec une dissolution ci un kilog. (2 livres) de potasse pour 10 kilog. ( 2% livres) de précipité ; si la chaleur était trop pra longée , elle deviendrait semblable au vert de Schéèld mais elle aurait beaucoup plus d’éclat.

Vert-de-Gris,

Combinaison d'acide acétique et d’oxide de cuivres: celte couleur est d’une grande beauté pour imiter cer tains plumages d'oiseaux et certaines hélitres de cor léoptères, surtout lorsqu'on a ébauché les dessous ave des tons chauds qui la soutiennent et l’empêchent di tirer au bleu. On peut de cette menière obtenir de tons admirables ; c’est une erreur de croire que cett: couleur se ternisse et soit mauvaise; elle ne demand: que de la précaution dans son emploi, et doit toujour:

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être posée Ja dernière en glacis et bien gommée, Néanmoins, malgré les heureux résultats qu’elle peut procurer, nous la conseillerons plutôt aux peintres qu'aux coloristes.

La méthode suivante nous a parfaitement réussi pour préparer le vert-de-cris pour le lavis: on fait dissoudre une partie de vert-de-gris dans quatre parties de vinaigre d'Orléans, on fait bouillir avec un quart de partie de crême de tartre, on laisse reposer pour tirer à clair, et l’on gomme ensuite.

Vert de Vienne (vert mitbis).

Ce vert, qui est très-brillant et très-vif, a beaucoup d’analogie avec le vert de Schveinfurt:; ce dernier le remplace avec plus d'avantages.

- Cendres vertes.

Deut-Arsenile de cuivre et sulfate de chaux.

Ce vert est assez vif et peut être employé pour produire des enluminages de feuillage, de gazons, etc. On l’obtient en faisant bouillir 423 grammes ( 4 onces) de chaux vive avec 217 grammes (7 onces) d’acide arsénieux ( arsenic blanc) dans quatre litres d’eau ; on laisse reposer la dissolution que l'on tire ensuite au clair; on fait une seconde dissolution de 500 grammes (1 livre) de sulfate de cuivre dans qua-

tre litres d'eau ; on verse par portion et en remuam Ja solution d’arsenie dans celle de cuivre; il se form un précipité que l’ondave par décantation, et aprè l'avoir mis sur une toile, on le fait sécher en l'expu sant à l'ombre. Pour l’employer, il faut le broyer le gommer.

C’est un joli vert tendre, qui peut être très-util dans le coloris des verts qui demandent de la fraîcheur Il est d’un emploi un peu difficile, mais on corrig! ce défaut en y ajoutant un peu de gomme-gutte él quelquefois tant soit peu d’outremer ou de bleu mi. néral, |

Vert chrôme.

Deutoxide de Chrôme.

Bien que cette couleur n’ait pas par elle-mèm beaucoup de vivacité, elle peut cependant être em ployée pour obtenir des verts foncès inclinant à l’oliv: Deux procédés peuvent être suivis pour préparer ci oxide. Le premier consiste à mettre dans un creus. le chrômate de mercure et à l’exposer à l'action d’un chaleur rouge jusqu’à ce que tout le mercure soit ve latilisé. L'oxide reste dans le creuset à l'état d’ux poudre verte. Le deuxième est un peu plus compl qué : on introduit dans un creuset un mélange de cer parties de chrômate neutre desséché , puis réduit « poudre, et de quarante parties de fleur de soufre. } mélange est soumis à l’action du feu jusqu'à ce qu

entre en fusion; parvenu à cet état,‘ on coule la ma— tière sur une table de pierre, puis après l'avoir grossièrement concassée, on la fait bouillir dans l’eau qui dissout les sels de potasse, le sulfure de potasse, et laisse l’oxide de chrôme en suspension dans le liquide : il suffira de le laver, de le recueillir sur un filtre et de le faire sécher. L’oxide obtenu par ce procédé est plus vif que celui préparé par le chrômate de mereure; il est en outre moins dispendieux.

On peut encore mélanger au chrômate de mercure une certaine quantité d’alumine en gelée, sécher le mélange et le chauffer pour enlever le mercure ; on obtient alors uue couleur verte qui a plus de fraîcheur et de transparence,

Vert de Prusse (vert minéral).

Ce produit est d’une belle couleur verte et d’une grande solidité. On l’obtient en précipitant une solution de cobalt par une solution de prussiate de potasse. Il se forme un dépôt qu'il suffit de laver et de recueillir sur un filtre. Comme les sels de cobalt coùtent fort cher, nous pensons devoir indiquer le moyen de préparer le nitrate dont on peut faire usage pour obtenir les couleurs vertes et bleues. Après avoir ré-

duit en poudre la mine de cobalt de Tunaberg, on la mêle avec la moitié de son poids de nitrate de potasse ‘également réduit en poudre. Le mélange est introduit dans un creuset que l’on expose pendant une heure à

une chaleur rouge. Le nitrate de potasse est décom= posé, l'acide nitrique acidifie l’arsenic et le soufre qui entrent dans la composition de la mine, il en résulte! de l'acide arsenique et sulfurique qui, se combinant! à la potasse du nitrate, forment de larseniate et! du sulfate de potasse. Après avoir laissé refroidir les creuset, on le brise pour en retirer la masse que om réduit en poudre. On fait bouillir cette matière danse l’eau qui dissout l'excès de potasse, le sulfate et l’ar— seniate de potasse. La matière insoluble contient l’oxide de cobalt et d’autres oxides que nous négligerons pour ne point trop compliquer cet article. Après lavoir convenablement lavé avec de l’eau, on le traites par trois fois son poids d’acide nitrique que l’on étendi d’eau ; ce traitement doit se faire dans une capsule des porcelaine; on fait bouillir jusqu’à ce que l'acide n’exerce plus d’action. On fait ensuite évaporer l'a-cide jusqu’à siccité , afin d’en chasser l'excès. Il faut! cependant avoir la précaution de ne point trop chauf.. fer lorsque la matière est à sec, pour ne pas décom-poser le nitrate. Après cela, on fait bouillir avee de: l’eau que l’on ajoute après avoir laissé refroidir laa capsule : la solution est ensuite filtrée et conservée: pour lusage; c’est alors le nitrate de cobalt, Nous: ferons observer que si l’on veut préparer cette disso-. lution, il faut avoir la précaution de faire toutes ces: opérations, soit en plein air, soit sous le manteau d’une : cheminée pour n’être point incommodé par les vapeurs: qui se dégagent et qui sont dangereuses à respirer.

Vert-de-Cobalt de Rinnmann.

Cette couleur, qui porte le nom de son inventeur, - est préparée et vendue sous le nom de vert-de-cobalt, par MM. J.-Colcomb et Bourgeois (4). Quelle que soit la méthode suivie par ces fabricants pour l’obte= nir , elle réunit toutes les conditions essentielles, viva- cité, solidité , et son emploi est très-facile. On peut en préparer de la manière suivante : on fait dissoudre du cobalt dans un mélange de une pariie d’acide nitrique et deux parties d’acide hydrochlorique, que l’on mêle avec une dissolution de zine dans l’acide nitrique. Ces deux dissolutions sont ensuite précipitées par la potasse. Le précipité rougeâtre étant rassemblé au fond du vase, est ensuite lavé, séché et chauffé dans un creuset couvert. Il prend alors une belle couleur verte.

Trois parties de zinc et deux de cobalt produisent un vert foncé; quatre parties de zinc et une de cobalt donneront un vert clair.

Terre verte, Terre de Véronne.

La terre verte est un produit naturel, que lon trouve en Italie, en Allemagne, en Pologne et en

France.

Celle de Véronne est la plus estimée, elle est d’une

(1) Au Spectre Solaire, quai de l'Ecole, no 18, à Paris.

couleur qui approche de celle du vert-de-gris et est as sez dure ; celle de Chypre est moins dure et d’une couleur moyenne entre le vert-pomme et le vert-de-gris; celle de Pologne est d’un vert poireau, elle est très-solide et peut être d’un grand secours dans le coloris; mais alors il faut qu’elle soit bien broyée.

Vert-de-Vessie.

Couleur végétale que l’on prépare avec les fruit mûrs du nerprun; la récolte a lieu dans le midi de Id France, en septembre et octobre; les fruits sont écras sés, mis dans une cuve et abandonnés à la fermenta: tion pendant huit jours. On en retire le jus en le soumettant à l’action d’une presse. On y verse alors une solution de parties égales d’alun et de potasse : ]| liqueur de brune qu’elle était devient d’un beau vert on la fait alors réduire lentement en consistance d’ex trait pour la renfermer dans des vessies où elle achèv: de se dessécher. On doit donner la préférence à celu: qui est dur, compact, d’une couleur vert-bouteille » mais qui, étant écrasé et réduit en poudre , deviem tout-à-fait vert; quelquefois on rencontre dans l’in4 térieur de la masse des cristaux octaédriques d’alum Cette couleur, en général, est peu employée dans 1} coloris.

Vert d’Iris.

Il se fait avec l’épiderme satiné qui revêt le dessu

de l'iris ou du lis blanc, infusé à froid dans de l’eau d’alun ou de l’eau légèrement gommée ; on broiïe le tout , et l’on passe le jus qui en résulte dans un linge épais ; on le fait sécher ensuite dans des godets ou des assiettes, à l’air libre et à l'abri du soleil. C’est ane couleur dont on ne fait plus guère usage, et qui n’a aucune solidité. |

$ 7. — Couleurs brunes.

Terre d'ombre (brun olivâtre }.

Terre naturelle venant de l’île de Chypre ; elle donne une couleur qui a beaucoup de corps; elle est solide, a de la vigueur, mais peu de transparence : elle demande à être parfaitement broyée.

Son nom lui vient de l’'Ombrie, province d'Italie,

d’où on la tirait originairement. On en distingue deux espèces : l’une est un bois fossile, léger, plus ou moins résineux, et renfermant de l’oxide de fer; l’autre contient en plus de la chaux. La terre d'ombre d’Italie est légère et non résineuse , ce qui provient d’une légère calcination qu’on lui a fait éprouver, ce qui la rebausse en couleur et la rend plus friable.

On peut préparer une terre d’ombre artificielle en précipitant une solution d’alun, de sulfate de fer et de monganèse, par une solution de potasse ; le précipité obtenu est lavé, séché et calciné légèrement. Si le fer domine , la teinte incline au rouge , le manganèse la fait virer au brun, et l’alumine éclaircit la nuance.

Terre de Cologne.

Terre bitumineuse, d’un brun foncé tirant sur lé violâtre , et paraissant provenir de bois enfouis ou de. lignites ; elle n’a pas beaucoup de transparence, et est souvent d’un ton louche, qu’il faut peut-être attribuer à sa fabrication ; elle n’est guère employée que pour la peinture à l’huile. On peut cependant en tirer parti dans quelques circonstances ; elle donne des tons d’um brun plus foncé que le bistre, couvre bien et se manie. facilement.

- Terre de Cassel,

Cette couleur est belle, d’un brun noirâtre, intenses et bien transparent. On s’en sert rarement à l’aqua-. relle.

Ocre brune.

Brun jaunâtre d’un assez difficile emploi, et dont le:

eoloriste peut aisément se passer.

Brun de Mars (brun-rouge), bistre.

Ces deux oxides de fer sont d’une grande solidité et! d’un ton riche et intense. Le premier remplace avec avantage l'ocre rouge, et le second, le bistre.

On peut préparer des bruns de mars en calcinant : des mélanges d’oxide de fer et de manganèse ; on précipite par une solution de potasse une solution de deux

parties de sulfate de fer et de trois parties de sulfate de manganèse, lavant le précipité, le séchant et le calcinant,

Bislre minéral (oæide de manganèse).

On verse une solulion de potasse caustique dans uné solution de sulfate de manganèse , il se forme un précipité d’un blanc sale légèrement rosé ; on le lave jusqu'à ce qu’il soit devenu d’un beau brun. On le met ensuite à égoutter, puis à sécher : on peut le gommer lorsqu'il est en pâte, et le conserver dans cet état pour l'usage. Ce bistre, ainsi préparé, peut être employé avec succès par le coloriste.

Marron, Prussiale de Cuivre.

Le prussiate de cuivre est d’une belle couleur rouge marron très-intense ; on peut l’employer avec avantage dans les enluminages. On l'obtient en versant dans une solution de sulfate de cuivre une solution de prussiate de potasse. Le précipité est lavé et mis à sécher ou employé à l’état de pâte.

Brun de Cuivre.

Oxide de Cuivre et d’Alumine , ow de Magnésie.

Couleur d’un brun très-foncé, solide, pouvant être

= 108 — émployéé avec avantage. On l’oblient en précipita: uné solution de deux parties de sulfate de cuivre: de une partie de magnésie ou d’alumine (alun), par ui solution de potasse. Le précipité qui se forme est d’w teinte verte ; on le lave, et après l’avoir fait sécher, le calcine pour le faire passer au brun.

Pour obtenir un brun-rouge , il faut ajouter ph ou moins de sulfate de fer, suivant Le ton que l’on ve avoir. à

Brun-Bistre.

Chrômaite de Cuivre.

Le chrômate de cuivre fournit une belle couleur bis qui peut trouver son emploi dans l’art du coloris: Pour le préparer, il suffit de précipiter une soluti de 453 grammes (5 onces) de chrômate de potass auxquels on ajoute 30 grammes (1 once) de pota: dans deux litres d’eau, par une solution de 195 gramx (4 onces) de sulfate de cuivre dans deux litres d’éë Il sé forme d’abord une couleur d’un brun jaunât mais qui, après avoir été bien lavée, prend, par! dessiccation, une couleur brune. Cette couleur, co venablement broyée et gommée, s'étend facilema sous le pinceau et produit des tons chauds -et nourr

Brun de Prusse.

Ce brun se fait avec le bleu de Prusse du commert

qu’on fait brûler à air libre. C’est une couleur fort belle, excellente et bien transparente : comme on ne Ja trouve pas dans le commerce , et qu’il faut la con fectionner soi-même, nous ne la conseillons pas au coloriste.

Siii-de-Grain brun (brun jaune )-

C’est une laque d’un jaune brun très-intense, peu solide, comme tous les stils-de-grain, et d’ailleurs inutile pour les travaux qui nous occupent ici.

Terre de Sienne brûlée (ürun rouge et chaud).

C’est une couleur qui foisonne beaucoup; lourde, Norsqu’ elle est employée épaisse , elle est transparente quand on s’en sert pour des glacis. Elle est solide et peut être utile au coloriste dans plusieurs cas.

Brun de Vandick,

Brun roussâtre et chaud , que le brun mars bistre remplace parfaitement. C’est néanmoins une bonne couleur dont se servent assez souvent les 7. en miniature.

Asphalle (ou bitume).

L’asphalle est d’un noir de poix, à cassure brillante, de nature résineuse, qui se recueille naturellement ; 02 en fait une bonne couleur , qui n’est le plus sou-

Coloriste. 10

en 4110 —

vent employée que pouf la peinture à l’huile; mail dont on se sert aujourd’hui avec avantage pour le colo: ris à l’aquarelle ; elle a une grande transparence : OD

doit la préférer au bistre.

Sépia ( brun roussâtre et chaud).

C'est le produit d’une liqueur noirâtre contenu dans la vessie d'un poisson nommé sèche ou sépla: commun dans la Méditerranée , l’Adriatique , l'Océan Atlartique et la Manche. On fait sécher au soleil vessio de ce poisson, remplie de sa liqueur, et avé un grand nombre de vessies on forme des espèces grappes qu’on vend aux fabricants de couleurs. Ceu: ci donnent alors à la sépia une grande variété de tom en la traitant de la manière suivante : On broie u: partie de sépia sèche avec de la lessive caustique, , l’on fait bouillir pendant une demi-heure; on filtre »

- liqueur, puis on sature la lessive par un acide ; apr avoir laissé reposer le précipité, on décante l'eau q le sarnage, pour le laver de nouveau et le faire séck] à une douce chaleur.

Cette couleur est d’une grande profondeur de ta

transparente, et R’a pas, comme l'encre de Chi l'inconvénient de sécher trop vite.

Bisire (brun roux).

Couleur faite avec de la suie détrempée; elle pl

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