MÉLANGE DES COULEURS
Par le mélange d’un petit nombre de couleurs , obtient toutes les teintes dont on peut avoir besoïii et cette opération prompte et facile vous épargne l’er ploi d’une grande quantité de matières colorantes q: nons avons énumérées dans l’un des chapitres préc dents, plutôt pour les faire connaître que pour engag, le coloriste à s’en servir indistinctement. I! y a des ca leurs qui ne peuvent être amalgamées sans inconve nient parce qu’elles se détruisent ou s’altèrent récipr quement, c’est pour cela que nous avons cherché indiquer autant que possible, par les données su:
vantes, les mélanges que l’on peut faire sans avoir à redouter un fàcheux résultat.
La gomme-gutte et le carmin , ou la laque, forment des tons orangés tirant sur le chamois et la couleur de certains sables, etc.
La gomme-gutte et le rouge de Saturne, des teintes orangées plus vives et plus chaudes, 2
Le jaune indien et le minium,, ou le rouge de Saturne, produisent des tons variés de soleil couchant, d’orangés, et des reflets dorés plus ou moins foncés , selon que le coloriste modifiera sa teinte.
Le carmin et le rouge de Saturne donnent une couleur très- vive de sang, qui perd un peu de cette vivacité lorsqu’au rouge de Saturne on substitue le mi- Dium.
Le carmin et le jaune indien forment la teinte du souci, de l’œillet d'Inde, etc.
Le carmin et le bleu de Prusse produisent le violet des pétales inférieurs de l'iris, les reflets yiolets de quelques oiseaux tels que le corbeau, l’étourneau et autres ; en ajoutant une plus grande dose do carmin on obtiendra le cramoisi et le pourpre.
Le carmin et l’indigo donnent les mêmes tons, mais ils sont moins brillants.
L’outremer et le carmin, ou la laque, font des violets tendres, des lilas, ete, ; à l’outremer, on pourra substituer le bleu de cobalt.
Le carmin et l’encre de la Chine forment des tons violacés says éclat.
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Le carmin ou la laque avec la terre de Sienne brûll produisent la couleur du grenat, du raisin de Cc rinthe et autres rouges plus ou moins roussâtres.
Le carmin et le brun-rouge , ou mieux le brun mar rouge, donnent des tons de bois d’acajou et de rouge foncés et sombres.
Le brun-rouge ou mars-brun-rouge et la somme gutte produisent une couleur de tuile ou de brique,
La gomme-gutte et la terre de Sienne calcinée, ui rouge-jaunâtre et chaud, tel que celui du bois d’a: cajou nouvellement travaillé.
L'’outremer et la gomme-gutte, des verts gris e froids. |
La cendre bleue et la gomme-gutte forment de: teintes d’un vert tendre, léger et brillant, qu’on n: pourrait obtenir avec aucun autre bleu. )
Le bleu minéral et la gomme-gutte donnent des vert: éclatants mais un peu crus ; ils le seront moins en 3
ajoutant une parcelle de laque rose, ou en remplaçan! Ja gomme-gutte par le jaune indien,
Le bleu de Prusse et la gomme-gutte formeront une infinité de verts, qu’on variera autant qu’on le voudra: en mettant plus ou moins de l’une des deux couleurs ; selon la teinte cherchée par le coloriste.
L’indigo et la gomme-gulte, des verts fon:ès moins! éclatants que ceux obtenus avec le bleu de Prusse; on: les rendra olivâtres en y ajoutant un peu de jaune in-dien , de carmin, de laque ou de violet, selon le degré: d'intensité qu’on veut obtenir,
Le bleu de Prusse ou l'indigo avec le jaune indien procurent des verts plus chauds, des tons de feuilles “jaunissantes, de mousses, etc. os
Le bleu de Prusse ou l'indigo et la terre de Sienne brûlée formeront des verts d’une grande vigueur, - propres à retoucher ou à repiquer les herbes du premier plan dans un paysage. | ay | La gomme-gutte et la sépia donnent encore des bruns jaunâtres, des teintes de feuilles mortes et des jaunes sales.
Le blanc et la gomme-gutte produisent un jaune
paille.
Le blanc et le jaune indien, un jaune d’or frais et
clair.
Le blanc et le carmin ou la laque, un ton rosé.
Le blanc et la laque orangée, une couleur de chair.
Le blanc et le bleu de Prusse, des bleus de ciel plus ou moins clairs, dont on diminuera la crudité en y joignant tant soit peu de laque rose. Dans les retou— ches précieuses, au lieu du bleu de Prusse, on se servira d’outremer ou de bleu de cobalt,
Enfin, avec la sépia de Rome, le bleu d’indigo et le carmin , on obtiendra un beau noir de velours d’une grande transparence,
Ces teintes, assurément, peuvent être modifiées et variées à l’infini; nous avons voulu prouver seulement que par les mélanges on peut, à la rigueur, obtenir tous les tons qui viennent à chaque instant frapper nos yeux; ceux que nous venons d'indiquer serviront de
base à ceux des coloristes que pourraient faire tâtons l’inexpérience et le peu d'habitude des couleurs, Nous ajouterons encore que pour le commencemes il est plus facile et plus expéditif d'employer des ce leurs naturelles , que cela même yaut mieux, dans 1 infinité de circonstances où le coloris ne peut q; gagner en éclat et en fraîcheur ; on en trouvera p} d’une fois des exemples dans Jen chapitres qui ye suivre.