‹ Nouveau manuel complet du coloristeChapitre 17 sur 36 · TOPOGRAPHIE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE

Les planches de topographie se trouvant dans beaucoup d'ouvrages élémentaires , l’usage des plans devenant de plus en plus commun, et leur Javis étant encore peu pratiqué par les coloristes , nous croyons devoir entrer dans quelques détails sur cette partie , afin de mettre nos lecteurs à même de laver un plan sans le secours d’un modèle , ou de mieux comprendre ce modèle, s’il a été négligemment exécuté ; comme cela arrive souvent. Cetto instruction est d'autant plus indispensable ici, que la topographie a fait depuis quelque temps de notables progrès, et a été soumise à toutes les règles de l’art.

Terres labourables.

Toute la surface de la contrée que représente le plan, est couverte de terres labourées, ordinairement divisées en quadrilataires tracés en points allongés. On teinte ces parties avec des couleurs panachées, 16gères et fondues, de deux ou mieux de trois tons : l'un vert bleuâtre, composé de gomme-gutte et d’indigo, l’autre d'orangé, fait avec du carmin et de la gomme-gutte, et le troisième de brun, fait avec du

carmin, de la gomme-gutte et un peu d’encre de Chine, ou plus simplement avec de la sépia. Sur cet teinte générale panachée, on fait des sillons, ou di lignes parallèles et serrées qui sont iracées dans} sens dela longueur dechaque quadrilataire , sans êt trop tranchantes ni trop régulières, un peu inter rompues et tremblotées. Les couleurs les plus conye nables pour indiquer les sillons, sont : la sépia, jaune roussâtre , le vert, et plus rarement le rose ,, vert bleuâtre, etc.

Comme le plus souvent les pièces de terre sont $4 parées les unes des autres par un sillon plus profo» et plus large, qui forme une espèce de fossé, on da nera, avec la couleur employée, pour la pièce ql l’on sillonve, un coup de force sur les deux côtés q sont opposés au jour.

Friches.

Les fond des friches doit être couvert par une teir panachée, de vert pistache, faite avec de la gomm gutte et de l'indigo, et d’orangé , faite avec de: gomme- gnite et du carmin.

On reviendra sur cette teinte avec des retouches. vert plus foncé, qui serviront à détacher les parti entièrement incultes de celles qui produisent des he bages ; les arbres et arbrisseaux qui s’y trouyent & ront traités comme nous l’indiquerons plus loin, parlant des arbres isolés.

Bruyères.

Fond panaché de deux tons, l’un vert, l’autre rose , fait avec du carmin faible. On retouche ensuite ces deux couleurs avec les mêmes teintes, plus foncées et jetées largement et irrégulièrement ; elles indiquent les parties de verdure et celles de fleurs.

Prairies.

Les prairies seront d’abord couvertes d’une teinte plate de vert, composée de gomme-gutte et d’indigo, puis on yjetera irrégulièrement des touches de gommegutte faible. On pourra entremêler ces touches avec d’autres de çarmin très-pâle. |

Landes.

Fond panaché de vert et de couleur de sable. La première de ces teintes se fait avec du bleu d’indigo et de la gomme-gutte , la seconde avec du carmin et de la gomme-gutte, salie par une parcelle d'encre de la Chine.

Ces deux teintes, au lieu d’être fondues l’une avec

V’autre, comme dans les friches, seront seulement accostées, Les parties de végétation étant plus élevées que le sable qui , dans certain temps, se convertit en mares d’eau , on leur donnera le relief convenable, en

les retouchant avec du vert plus foncé sur les bore opposés au jour. 6

Les parties de sable seront aussi retouchées avs la même teinte que le fond, mais plus fortement; ces retouches seront placées dans le sens opposé & coté éclairé pour FE sentir les enfoncements.

: TE et Forêts.

La gravure détermine d'avance tous les groupe et toutes les masses d’arbres, ainsi que les arbre isolés et les broussailles qui remplissent leurs inter valles. Pour les laver, on couvrira d’abord toute ] surface avec une teinte panachée de vert bleuâtre « de jaune rougeâtre, ou de feuille morte ; ce veriser fait ‘d'indigo et de gomme- gutie, etle)j jaune rougeâtn de carmin et de gomme-gutte. Ces teintes doivent être fortement prononcées, afin que les masses d’arbre puissent se détacher en clair, étant plus rapprochée de l’œil et directement éclaircies.

Ensuite on prend du jaune pur dans un pinceau € du vert pistache dans celui qui lui est accouplé; où posele jaune sur toutes les touffes de verdure exposée au rayon de la lumière, et on couvre Île reste avec 1] couleur verte. Cette première ébauche terminée , 1 faut , avec du vert plus foncé, appliquer des coups ‘di force, qui détachent et donnent du relief aux diffél rentes touches. Si l’échelle est grande, on reviens avec despoints très-foncés, qui détailleront encore plu:

Je feuillage, alors les masses éclairées recevront de

légères touches de ronge de Saturne, qui leur don-

neront de la légèreté et augmenteront l'effet et le relief, | (

Souvent la gravure a exprimé les ombres portées des masses d'arbres, et le coloriste n’a pas à s’en oc cuper ; mais dans le cas où ces ombres ne seraient pas gravées , elles doivent être faites an pinceau, avec ‘da la sépia ou de l’encre de la Chine pâle,

Les taillis, les jeunes plantations , les broussailles et les bois d’un plan à petite échelle, se traitent comme nous venons de le dire pour les forêts, en observant seulement une autre disposition et une autre forme pour les groupes d’arbres qui sont suffisamment éxprimés par la gravure.

Arbres isolés.

Dans les plans à grande échelle, ces arbres ressemblent beaycoup à des touffes ; dans ceux à petite échelle, la gravure les indique par de petits cercles, assez sem blables à des positions.

Dans le premier cas, on les coloriera en-deux teintes, une de jaune sur la partie éclairée, et une de vert sur la partie opposée. On y placera ensuite des touches de force, comme il vient d’être dit pour les forêts.

Dans le second cas, on remplira les netits ronds avec

une couleur verte, qui doit toujours trancher, dr force, sur celle du fond du terrain.

L'ombre de ces arbres , faite avec de l'encre de: Chine pâle , ou avec de la sépia, doit suivre la dire: tion d’une ligne formant un angle de 50 degrés avi la base du plan, elle indiquera la nature et la form de chaque arbre, Cette ombre doit être détachée de corps de l'arbre, ce qui en augmentera beaucoup relief, FA

Vergers.

Le fond doit être couvert par une teinte plate € vert bleuâtre, et les arbres traités comme nous venon de le dire dans l’article précédent, ils se détachero» par un vert plus jaune.

Vignes. .

C'est une convention de couvrir toutes les plante. tions de vignes d’une teinte pâle et faible , de couler de lie de vin, composée de carmin et de bleu d’ir digo, salie avec un peu de gomme-gutte et d’encre« Chine.

Les ceps qui sont gravés seront touchés avec d - vert, comme les arbres des vergers ; les ombres gré vées figurent l’échalas et le cep,

Houblons.

Ils se traitent comme les vignes , mais la teinte di

fond sera panachée avec du vert. Eci la seule différence des ceps c’est qu’ils sont plus volumineux.

2 Jardins.

Le coloris des jardins se fait de manière variable, suivant l'échelle du plan.

Si cette échelle est grande , on couvre les plans ou arterres avec une teinte panachée et des sillons semblables à ceux des terres labourées, mais en employant des couleurs plus brillantes. On peut quelquefois dis— tinguer entre elles les plates - bandes et les bordures.

Si au contraire J’échelle est RE on remplira les parterres avec des teintes plates variées et brillantes, de jaune, de rose, de bleu, de verts variés, de brun, etc.

Haies.

Les haies seront traitées pre le même genre que les bois, c ’est-à-dire que le côté frappé par la lumière sera d’un vert clair et brillant, et le côté opposé d’un vert foncé, avec des taches ou touches plus vigou— reuses encore. Les ombres portées, si elles ne sont pas gravées, seront faites comme celles des arbres, mais continuées en ligne.

Si l’échelle est petite, on se contentera de couyrir les haies par une seule teinte d’un vert foncé.

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Rochers...

La gravure indique les accidents et les brisures dû roches ; elle exprime aussi, le plus souvent , les om bres. Le coloriste leur donnera leurs couleurs natu relles , savoir : sur les parties éclairées, une couleu de rouille faite avec du carmin et de la grommes gutte, réchauffée si l’on veut par du rouge de Saturne et sur les parties ombrées, une teinte d’un viold bleuâtre et foncé ; si ces ombres n'étaient pas gravéé par des hachures, on poserait la même teinte, ma: foncée davantage avec de l’encre de Chine,

Les escarpements, les ravins, les vergers, ete., se ront traités de la même manière, mais plus légère: ment.

Terrains vagues, terres arides , pentes de montagne sans verdure ni culture, etc.

Toutes ces parties seront couvertes d’une teinte pa nachée , composée de tons bruns, terreux , d’un jaun: de Lab et d’un vert ‘rès-ob$cur, préparé comm il est dit plus haut.

Eaux.

Les eaux sont indiquées par la gravure au moyer de filets ou traits parallèles et concentriques qui sui:

vent les sinuosités des côtes on bords de rivières, ou

par des hachures qui sont horizontales et parallèles au

cadre du plan; dans ce cas, le coloriste doit se borner

à poser une teinte plate d’indigo pâle pour les eaux - douces, et une verdâtre pour celles de la mer. S'il n’y - a de gravé ni flels, ni hachures, on opérera de la ma- . nière suivante :

Fleuves et Rivières.

On posera, le long des rives opposées au jour, c’està-dire le long de celles qui, sé trouvant plus basses que les terres dont elles sont formées , en reçoivent

l'ombre , une teinte adoucie d’indigo sali avec un peu d’encre de la Chine, et fondue bien régulièrement vers

- Je centre de la rivière. On adoucira de même , du côté opposé, mais plus faiblement; ces adoucissages ter-

minés et séchés, on passera, sur toute la surface des eaux, une teinte d’indigo très-légère et bien transpa— rente. On pourra ensuite relever, par un trait d’indigo, les côtés ombrès, et par ce moyen faire sentir l’enfoncement de la rivière; mais lorsque l'échelle est assez grande pour pouvoir indiquer l’escarpementdes berges, ou la pente du bord, par le travail du pinceau, on peut alors se dispenser de forcer le trait du côté de l'ombre.

Elangs,

Îls se préparent comme les rivières, mais après avoir

adouci les côtés ombrés , et avoir couvert leur surfas d’une teinte légère, on y placera des touches ou hà chures horizontales jetées hardiment ; variées de los gueur, d’un tracé irrégulier et interrompu pour éviti la monotonie et la raideur.

Marais.

La gravure indique les parties couvertes de verdu: et celles qui sont submergées. Les premières se. fon avec une teinte plate verte, semblable à celle des pre ries, etrétouchées avec du vert foncé qui exprime ler relief; si-ces parties sont grandes, on peut les ré chauffer par des touches vagues et très-pâles de jaus et d’orangé. Les eaux seront préparées et finies comni celles des étangs ; on aura seulement l'attention de jet: çà ‘et là, Sur leur surface, quelques petites touches « vert, qui indiqueront les herbes qui s’y trouvent.

ê Terres humides.

Îl est rare que la gravure prépare la surface d! terres humides ; elle doit être layvée avec une tein! panachée de vert et de bleu pâle , posée. par touche horizontales, dans le genre de celles des marais, et rs prise ensuite ayec les mêmes couleurs. En général, lé terres humides , qui sont rarement exprimées sur lé plans, ressemblent beaucoup aux marais ; mais les pan ties de terres et d’eau sont séparées d’une manièr beaucoup moirs absolue, et les eaux y sont plus rares

Inondations.

La gravure ne peut exprimer les inondations que par un filet très-léger ; dans le lavis on traite toutes les “parties qui sont sous l’eau comme le reste du plan,

mais avec des teintes plus faibles et moins brillantes. On les couvre ensuite d’une teinte plâte d’indigo faible, et l’on relève par un adoucissage les côtés de l'ombre, comme nous l’avons indiqué pour les rivières,

Les Marais salants.

- Se traitent comme les autres marais, mais ils sont coupés par des chemins qu’il faut laver en couleur de sable, composée de gomme-gutte et de carmin.

Tourbières.

Ce sont des bassins réguliers, creusés dans un fond de prairies ; les eaux qui les remplissent seront traitées comme celles des étangs.

6 | Sables.

La gravure présentera les bancs de sable, soit par un périmètre de points, qui laisse blanche leur superficie , soit par un pointilié général et serré, plus prononcé sur les côtés d'ombre que dans le centre. Dans

Coloriste. 15

le premier cas, on fera un adoucissage de teinte rouss composée de carmin et de gomme-gutte, et qui, suivaë les contours opposés au jour, exprimera Îe relief qn les sables ont sur les eaux. Ensuite on couvrira le tos d’une teinte plate de la même couleur.

Si les bancs de sable sont pointillés, on se conter iera de les couvrir d’une faible teinte plate,

Les bancs que la mer couvre et découvre sont fai d’une manière beaucoup plus légère.

Les sables qui ne se découvrent jamais sont seul! ment circonscrits par un adoucissage.

Vases.

Les vases qui se déposent à l'embouchure de ces tains fleuves et rivières, seront faites absolume: comme les sables, mais avec une teinte d’un viol gris et sale, composée de carmin et d’indigo, étei avec un peu de gomme-gutte et de l'encre de Chin

Risières.

Les rizières seront couvertes par une teinte ver semblable à celle des prairies, mais un peu plus fon cée: on remplira d’indigo pâle les petits canaux qù les coupent ordinairement en tous sens,

Mers,

Les eaux de la mer seront faites comme celles dé

étangs ; on ajoutera seulement à la teinte un peu de gomme-gutte, pour lui donner un ton verdâtre:

Villes et Villages.

Les massifs de bâtiments seront remplis par une teinte faible de carmin, soit qu’on les ait hachés par . la gravure , soit que la gravure les ait laissés blancs ; on relevera les côtés de l’ombre par un trait de carmin foncé,

Les monuments et établissements publics peuvent être distinguës par une teinte beaucoup plus forte que celle du fond. ;

Les églises, casernes, etc., dont les toits sont gravés , seront teintées en indigo sali d’un peu d’encre de Chine.

Les rues, places, boulevards, eic., recevront une teinte de sable très-faible.

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