‹ Nouveau manuel complet du coloristeChapitre 23 sur 36 · COLORIS DES FIGURES ET PORTRAITS · texte numérisé non relu

COLORIS DES FIGURES ET PORTRAITS

Ce coloris exige un travail large, des teintes abon- | dantes, des pinceaux plutôt gros que petits; on ébauchera avec des glacis légers, qui indiqueront et prépareront les retouches et le fini.

On commencera par colorier les parties les plus ombrées du visage , comme le dessous des sourcils, l'ombre du nez, celle des lèvres, da ménton , etc. On fera ensuite l’ébauche des demi-teintes et celle des reflets. A dE

Le brun de mars bistre, la terre de Sienne brûlée, celle de Cologne et quelques autres tons chauds seront employés pour le premier travail.

Le jaune de Naples ou la gomme-gutte et le bleu de cobalt serviront pour les reflets.

La laque et le minium, plus une parcelle de gommegulte, formeront un ton de-chair convenable pour les femmes et les enfants. La même teinte à laquelle on ajoutera plus de gomme et quelquefois un peu de brun Mars, servira pour les carnations des hommes,

On aura Soin de poser d’abord les tentés d'ébauchi sur les parties les plus colorées , et on adoucira en: suite vers les demi-teintes et les autres tons clairs.

Les demi-teintes sont tellement variées, qu’il est impossible de donner des avis sur les couleurs qu doivent les composer; la connaissance des couleur, et l'étude des modèles doivent seules guider pou) cette partie du travail; elles seront adoucies comm: les précédentes , en les approchant des espaces réser! vés aux clairs et aux lumières pures, coime celles di front, du nez, des joues et du menton. Ces espace doivent être réservés plus grands , et on tes rétrécin en finissant. nc

Le fond du papier doit être réservé pour les clairs! Ja partie lumineuse du front est ordinairement le desi sus des sourcils ; il faut y ménager une lumière large brillante et d’un ton pur.

és cheveux portent & sur le front une ombre qui par ticipe dé là couleur dés cheveux ét de la chair.

Les Fes saison un soin particulier ; ; il faut évité dé lès trop iravailler. Les paupières seront teintée avec du verinillon fondu de laque ; celles inférieure

seront d’un ton plus grisatré.

Le blanc dé l'œil né doit pas être trop brillant e recevra une demi- teinte qui fora sentir sà sphéricit et son enfoncément sous lès souréils. Un ton de cobalt

mêlé légèrement de läque , et plus légèrement encor de jaune, suffira pour éblénir ce résultat.

“La prunelle doit êtré colorée bien purement, €

ménageant le blanc pur pour le brillant de la pupille, ce qui donne à l’œil de la vie et de Vénergie; le cobalt, le bleu de Prusse, la terre de Sienne brûlée, seront ordinairement les couleurs les plus convenables.

Le nez doit être modelé avec des retouches chaudes, bien ménagées , afin de ne pas le découper trop durement sur les joues. ;

L'ébauche de la bouche se fait avec de la laque orangée dans les clairs, avec le rouge mars et un peu de colbalt dans les demi-teintes. La lèvre inférieure exigeant un ton plus brillant, on la touchera avec du rouge de Saturne et quelques tons violacés dans les ombres. Les coins de la bouche pourront recevoir quelquefois une touche de carmin pur.

Les teintes du menton seront remontées en finissant, de manière à lui donner tout le relief et le tournant convenable, Le b'eu sera employé avec modération pour les fortes barbes.

Les oreilles, le col, les mains, seront traités comme des parties du visage dont on vient de parler, en ménageant les demi-teintes et les reflefs, et en imitant le ton naturel indiqué par le modèle. (

Il faut apporter beaucoup d’attention dans la manière de colorier les cheveux, ne pas dépasser les masses - préparées par le dessinateur ou le graveur, et conser- ver toute la légèreté et tout lebrillant possible. Le jaune de Naples modifié de laque et de sépia sera pour les cheveux blonds; on pourra substituer, si l’on veut, la gomme-gutte au jaune de Naples, mais ce dernier,

employé en teintes légères, offrirait un ton plus justé et mois éclatant. La terre d'ombre, la etre de Sientit brûlée , le bisire et la : Sépia, , dotinéront les tons conii vénablés à aux cheveux châtains, à léurs ombres et à leurk reflets.

Le noir de bougie, une pointe de cobalt, où d'in: digo, serviront pour les cheveux noirs, fésérvant lé fond du papier pour les parties très-lüisantes, ét le nüïi très- gommé pour les fortes ombres.

Les mêmes observations S’appliquent aux sourcils: aux moustaches et à là barbe.

Les 1 nuances peuvent êtré variées à l’infihi, selon les circonstances ei Suivant les modèles donnés.

Dans la partie que nous träitons , commne le colomis demande de la fraicheur et de la pureté, il faut éviter d’en éter ét à mêmé d’en diminuer l’éclät par un travai pénible, par des touches hésitées ei multipliéés « qui nuisent à l'effet, et auxquelles souvent on né peut remédier. Donnez donc d’abord une teinte générale , en ménageant les clairs ; gläcez vos demi-teintes et vos ombrès ; ranimez-les et récliauffez-les ensuité par quelques touches vigoureuses , et lerminez avéc quelques rehauts, posés avec esprit ét facilité, dans lés parties les plus brillantes et les plus res. Observez enfin que plus la masse eët grande, plus Votre faire doit être large &t avoir dé fermeté. Evitez avec soin dés hächures sëches et un pointillé pénible qui absor bérait iout votre temps, ét qui n’est bon tout au plus que pour les très-petits à ouvrages. ,

Souvent une couleur qui entre en petite quantité dans un mélange, disparait entièrement äprès la sicéité complète de la teinte sur le papier. À l'aide de glacis, où cétte couléur domineràa de nôuveaü , où bien ëncore avec une teinte légère de cette seule et même

couleur, on rétablira suffisamment l’harmoñie du ton, et on lui rendra la valeur désirée.

L'ocre pure, mais très-étendue d’eau , s’emploie souvent pour glacer les portraits d’homme lorsqu'ils sont terminés ; on échauffé cette couleur avec le rouge de Saturne, ou, ce qui vaut mieux, avec la laque.

Les corrections réussissent rarement dans les parties éclairées , aussi doit-on éviter autant que possible de Jes lavèr pour én se le trop de couleur qu on se ou d’une éponge, on court toujours risque de rendre le Papier spongienx ; jamais on né lui rédonniera $à Bläncheur primitive , et la retouche légère et lumineuse qu’ôn y plaécra serà louché et manquera dé fratcheur ét d'éclat. Evitez donc ce désagrêment, mais dans Je as 6ù cela deviendrait impossible, fmbibéz les éndroits enlevés d’une eau légèrement saturée d’alün , afin que te papier wabsôrbe pas la retouché, qui doit Mt abondante d’eau , et pochée plutot que lavée. i On pourra aussi, au besoin, ramener du brillant dans lés parties trop ombrées par la gravure, où irop eoléréés par lé crayon, avec des téintes de Bouache, c’ébt: à-dire avec du blanc, ou des Couleurs mélangées dé blanc. Le blanc, l’ocre jaune et lé jaune de Naples Sont

la base de ces mélanges, dont il faut être très-sobn et s’abstenir même toutes les fois que cela est possibi parce que ces couleurs ont un aspect mat et opaqy qu'on a peine à dissimuler par un glacis aqueux et b> transparent,

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