CHAPITRE XIE
COLORIS DES VÊTEMENTS, DRAPERIES, ÉTOFFE 4 FOURRURES, PIERRERIES, ORNEMENTS ET A
CESSOIRES, | 1
Les étoffes doivent être d’abord teintées uniment a le ton le plus clair qu’elles offrent à l’œil. On revie ensuite , avec la même couleur plus foncée, sur. ombres , le fond des plis et tous les endroits qui sc opposés au jour; ceci est général pour les draps: autres étoffes de laine ; il y a cependant quelqu teintes qui exigent des reflets blancs que l’on obtie: dra en ménageant le fond du papier,
Le drap noir offre plus de difficulté ; il faut d’abo: couvrir le fond avec da noir de bougie dans lequel mettra un peu d’indigo ; les ombres seront faites av. du noir pur qu’on emploiera aussi pour placer légè rement les demi-teintes.
Une des étoffes les plus difficiles à bien exprimer avec :
couleur estle velours, qui a de nombreux reflets et des démi-leintes changeantes.
Les velours n’ont pouf lumières apparentes que tous poñots; la partie des plis qui reçoit le jour dans les autres étolfes , resté maté dans cellé-ci ; oh produirait
d’autrés effets que ceux du velours , si Von éclairait ses plis du côté de la lumière.
Pour imiter un velours jaune, dont le fond serait de | $omme-gutte, en mettant soû à-plat, on ménagéra le blanc du papier sur les refléts que l’on (eirtera ensuite d’une éau jaunâtre. Le jaüne indien, le jauné ét le brun de mars serviront pour repiquer les demi- icintés et les ombres.
| Composée de éarmin et de minium ; on afétilelà du brüh Mars rouge pour les demi-teintes, et quélquefois : à cette dernière couleur du bistre ou de la terre de Cologne, pour les rétouches les plus vigoureuses des ombres ; le fond du papiér sera ménägé pouf leg grands élairs.
Le cobalt avec une pointe de laque servira à DU ÿäuche des velours bléus : les clairs seront. éncore mépagés, et lés ombres retouchèes avec de Vindigo.
Lé velours vert pourra se faire avéc du bleu de Prusse êt de la gommé-gutte. Le jaune indien entrera dans Îe ton dés ombrés. Il y à des réflels hômbreux qu'il Faudfä imiter d° après lé modèle; mais les plus brillants qu’on aura eu le Soin de réservér séfont glacés avec la céndré verte.
Ces données sont les seules quil soit possible de dé-
crire ici; l'habitude des couleurs et de bons modèll guideront mieux que ASE ce qu’on PREUTA dire 55 ce sujet.
Les étoffes de soie, qui ‘sont pour la plupart chan geantes et qui ont aussi.de nombreux reflets, doivez être traitées plus légèrement que les précédentes , avec des couleurs d’une grande transparence.
Les tulles , dentelles ,. mousselines ét autres tisst légers, participent du ton des objets qu'ils recou vrent ; lefond dupapier et des eaux légèrement teinté: suffiront pour les exprimer convenablement.
Le travail du lithographe ou du graveur prépan ordinairement dans les fourrures leurs poils, leu: ombres et leur brillant , de manière qu’il ne reste a coloriste qu’à les couvrir de teintes légères et trans) parentes,
Il faut encore plus de légèreté et de franchise pou teinter les plumes, surtout les blanches , qui ne doi vent recevoir que quelques touches.
Les pierreries seront faites avec hardiesse et san tätonnement, Les couleurs pures et brillantes aye lesquelles elles seront traitées, contrasteront forte mer. avec les clairs des angles dés facettes, qu’on réserver. en blanc, pour leur donner plus d’éclat et de saillie
La gomme- gutte et le jaune indien serviront au: broderies d’or ; on pourra les rehausser dans les om: bres avec du jaune mars, dela terre de Sienne brûlée et du brun mars rouge. ,
Pour les broderies d’argent, on pourra relever ll
blanc du papier avee une eau teintée de cobalt ou d'encre de Chine.
Nous pensons qu’il est inutile de nous éténdre davantage sur ces détails, le travail du coloriste rece-
vant des modifications infinies, suivant la nature des objets, et la manière dont ils sont PEÉRAS par l'impression.
Pour coucher de grandes parties, ou des teintes plates très-étendues, il est bon d’humecter d'avance le papier avec une petite éponge, ou mieux avec le pinceau ou brosse à encoller, seulement humide. Lorsque la surface du papier ne paraît plus que moite, on remplit abondamment un gros pinceau de martre de Ja teinte à coucher; on la pose et on l’étend de ma- \nière à former une goutte d’eau colorée que l” on fait reculer au fur et à mesure qu’on avance, et dont le globule, réduit à très-peu de chose, s’enlève à l’aide d’un pinceau humide, quand tout l’espace est couvert. +
On peut, quand la teinte plate de l’ébauche n’offre plus qu’une légère humidité, y déposer par place quelques demi-teintes, qu’on fond et que l’on passe les unes dans les autres avec un pinceau plus fin.
Ces demi-teintes, en s’incorporant dans la teinte primitive qui n’était pas encore sèche, produisent un effet harmonieux.
Le plus ou moins d’eau ou de partie colorante, dans les teintes , équivaut à l'introduction du blanc dans la peinture dite gouache.
On peut souvent commencer par poser généras ment la teinte la plus lumineuse ; on la remonte dé ou de plusieurs couches dans la demi- teinte, et ail de suite , jusqu'à ce qu on ait coloré suffisamment | ombres ; on sent bien que ces teintes superposées di vent être fondues avec soin , de manière que le p sage de l’une à l’autre soit imperceptible. :
On ne parvient donc ainsi à un travail parfait coloris et d'effet, qu’ après bien des superpositionss teintes, mais il faut une grande habitude et bee coup d'adresse, autrement le papier ne supporter: pas sans détérioration des lavis aussi multipliés ; S te pourquoi nous ne conseillons cette méthode qu'à ce qui ont une grande et longue expérience.
Nous avons déjà dit que les clairs des draperies des. accessoires se réservaient ; on commencera de par poser | la teinte qui est propre àla partie lumineus on la fondra dans la demi-teinte ; et ce derniet ton: fondra à son tour dans la partie des ombres ; de ce manière, on amenera une dégradation parfaite clair à l'ombre ; 3, car le moyen i infaillible d'obtenir V ha monie , consistera loujours dans l'heureuse fusion à teinies. |