‹ Nouveau manuel complet du coloristeChapitre 28 sur 36 · M 2 TC · texte numérisé non relu

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sible; d’abord nous supposerons , afin de ne plus re venir sur des détails superflüs, que le papier sur lequel le coloriste est appelé à travailler a toutes les qualités requises pour bien recevoir la couleur, c’est-à-dire qu’il est sec, cassant, et d’une pâte serrée ; c’est l'affaire de l’imprimeur, qui le fournit ordinairement.

L’impression des planches qui doivent être colo-

. riées se fait en noir, en gris ou en couleur; cette dernière manière est la meilleure à tous égards, parce

que les tons, les demi-teintes et surtout les ombres se trouvent ainsi préparés dans le ton local, ce qui sou-

- tient les couleurs superposées par le coloriste, et peut

lui permettre de conserver tout l’éclat, toute la fraicheur et toute la vérité du modèle. Il n’en sera pas ainsi de l'impression en noir; cette préparation, tou-jours dure, tend à repousser ei à dominer les teintes dont on la couvre, ce qui oblige souvent à avoir recours , surtout dans les ombres, à des tons gouachés toujours lourds et plus sujets qu’aucuns autres à s’altérer.

L'impression en gris serait encore préférable, parce que la douceur de cette teinte s’harmonise bien avec la couleur, et n’a pasMles mêmes inconvénients que le noir; mais l’impression en couleur, pour les raisons que j'ai dites, me semble encore devoir l'emporter.

Coloris des Mammifères.

Dans les mammifères, les tons sont peu variés ; le

roux, le brun, le fauve, le blanc et le noir formem à peu près la nomenclature ; la totalité de chaque ins dividu se trouve assez ordinairement couverte par I gravure dont le travail a imité les fourrures du plus grand nombre, et le têt osseux ou écailleux de quel! ques autres. Le coloriste, après avoir donné aux omi brés la valeur qu’elles doivent avoir en les perdans insensiblement jusque dans la’demi-teinte, couchert un ton local qui s'arrêtera presqu’imperceptible à l’endroit où commence la plus vive lumière. Ainsi, s vous avez à colorier un lion imprimé dans la couleu: qui lui est propre (le roux gris tirant sur le jaune }

afin de diminuer l'éclat de la teinte générale, vou: commencerez par glacer dans les ombres des ton: roux, légèrement violacés, qui viendront se perdre dans la demi-teinte ; de cette manière, la figure don: vous vous occupez aura déjà du modelé, Vous éten+ drez alors la teinte générale qui, bien combinée, se: lon le ton de l’impression qu’on peut avoir besoin dé modifier, soit par du gris si le jaune et le roux domi: nent, soit par un moyen contraire si le fond est apprêté différemment, viendra harmoniser l’ensemble: Il ne restera plus pour termimer que des objets dd détail. Quelques coups de force dans la crinière donneront du plan aux masses qui la composent; les yeux recevront pour l'iris une teinte moitié jaunâtre, moitié verdâtre; la prunelle sera repiquée d’un noir bien intense, ainsi que le cercle orbiculaire ; la même couleur servira pour les ongles et les poils de l’extrémité

de la queue; enfin, avec un peu de blanc léger au bout d’un pinceau bien effilé, vous poserez sur l’orbite le point lumineux, sans le rendre ni trop largeni trop brillant. L'expression de la tête dépend de la pureté de ces détails, et on ne saurait y apporter trop de

| soins; ne cernez jamais sèchement les contours de . J'animal ; dans certains cas au contraire, lorsque vous

avez à retoucher une fourrure dont les poils sont

- épais, fins et déliés, il faut que votre couleur se

» fonde insensiblement et se perde avec eux dans le

papier ; de même, lorsque vous coloriez un animal rayé ou tacheté, ne revenez sur ces parties qu’en der-

… nierlieu, comme objets de détail, mais sans les dé

couper, parce que dans la nature tout s'approche ,

- se divise ou se confond sans durelé,

Coloris des Oiseaux.

Cette partie demande souvent des couleurs très— pures et très-brillantes, et l'artiste peut ici étaler son savoir et son adresse à fondre et à harmoniser plusieurs tons divers qui se perdent souvent les uns

dans les autres , et qui quelquefois se découpent et

deviennent tranchants. On posera d’abord les principales couleurs , plutôt trop brillantes que ternes ; on les adoucira par des touches légères, et on glacera ensuite sur la demi-teinte et sur les ombres, des tons qui terniront leur éclat sans les trop salir, et qui don-

-neront à la partie lumineuse la fraîcheur et la puis-

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sance d’où dépend l'effet. L’exemple suivant fera er core mieux sentir ce que nous avançons ; arrêtons-nou à la perruche à tête grise du Sénégal, dont les tre couleurs sont parfaitement tranchées. Le coloris: posera d’abord la teinte grise de la tête, qu’il ob tiendra aveé un mélange de cobalt, d'encre de Chim d’une parcelle de laque et de blanc léger : il atténues . doucement cette teinte vers l’endroit où commence: vert; il étendra ensuite sur le col et la poitrine un teinte de cendre verte, à laquelle il ajoutera tant soi peu de gomme-gutte, surtout à l’endroit qui da: marquer le passage du vert à la teinte orangée d ventre; puis, avec un vert composé de gomme-gutf et de bleu minéral, ou d’un beau bleu de Prusse, | couvrira le dos, les ailes et le dessus de la queue: ayant soin de réserver l’épaulette jaune clair qui re tombe sur la partie supérieure de l’aile , et de fondy imperceptiblement cette seconde teinte de vert ave celle du col. Le ventre se fera avec un mélange d gomme-gulte et de rouge de Saturne; les plumes dé cuisses et le dessous de la couverture de la queue: avec la gomme-gutte seulement ; la partie ombrée di la tête sera glacée avec une eau légère d'encre de Chins mêlée d’un peu de laque; celle du col, du dos et À partie supérieure de l’aile, avecun ton violacé ; le grandes pennes des ailes et le dessus de la queue se: ront repiqués avec la sépia ; l’ombre du ventre sera légèrement touchée avec du jaune indien et du jaune de mars, auxquels on pourra äjounter un peu de terre

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: de Sienne brûlée: le bec sera fait d’un beau noir et

; d’un gris bleuâtre sur les bords et dans les fuyants : - J’œil avec un ton légèrement orangé ; la prunelle avec

un beau noir; enfin, les pattes seront couvertes avec une teinte couleur de chair tirantsur le gris, extrè— mement légère. On terminera par le point lumineux de l’œil qu’on posera avec le soin et la précaution re commandés à l’article des mammifères, et par un rehaut de blanc sur le bec, Mais il faut que ce réhaut ,

* brillant d’abord , se perde sans trop s’élargir, de ma- … nière à ne jamais former un trait découpé, à moins

que ce ne soit pour rendre la vive saillie d’un angle.

Dans les oiseaux à plumage chatoyant , la manière de procéder est la même; seulement les teintes ne se découpent jamais; elles se perdent, se glissent les unes dans les autres d’une manière insensible, dans ceux dont jes reflets sont bleus, violets, verdâtres ou noirs, comme dans l’étourneau, par exemple; commencez par poser vos tons violets , les bleus et les verts en suite, jusqu'aux teintes les plus foncées ; ce moyen est

le plus sûr pour conserver l’éclat des couleurs, qu’on

risquerait de salir si on posait les verts les premiers.

En un mot, il vaut mieux finir par les ombres, parce

qu’il est toujours temps de lesternir pour faire valoir ses lumières; tandis qu’en les posant d’abord, on s’expose à salir les plus belles teintes sans pouvoir y remédier.

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Coloris des Poissons et des Reptiles.

‘Beaucoup de ces animaux sont lisses et brillant: chez un grand nombre, l'éclat des couleurs, la mu tiplicité des écailles; dans d’ autres, une infinité: taches variées de forme, sur une peau d’un fond ve ou roussôtre, également écailleuse ; toutes ces dif rences réclament plus que jamais l'impression en co leur, et surtout une impression légère et douce de to: des teintes pures et transparentes sont lesseules qu” doive employer. Poser le ton local, adoucir les dem teintes et les ombres, repiquer ces dernières, tel est la première opération du colorisiei la seconde « de détail; c’est la retouche des yeux, des nageoire! dés épines, des écailles, et en dernier lieu , des tach qui-assez souvent ornent la robe des reptiles; que: ques rehauts finement touchés dans les parties 1 plus lumineuses términeront l’ouvrage. Cependan: si on le juge nécessaire, on pourra encore passer st le tout une eau légèrement gommée; voici en qu: consiste cette dernière opération: on fait dissoudi de la gomme arabique dans un peu d’eau, de manièr à ce qu’elle ne soit pas trop épaisse, ce qui en ren drait l'emploi difficile; aussi, le meilleur moyen sere t-il de l’essayer d’abord sur un papier blanc; le lui sant qu’elle laissera en séchant, permettra de juge si elle est, ou non, assez détrempée; lorsqu’elle aur la fluidité convenable, on en imbibera un pinceai

noire qu’on passera légèrement sur l’objet colorié ,

ace, ce qui pourrait enlever le dessous et causer es -taches. y faut donc donner les coups de M en

à précaution que l’on prenne, on enlève toujours t un De de cu qui, à la longue, finirait par salir les » Ce procédé pourra s appliquer aussi à tous les obmets lisses et luisants qu’on sera appelé à imiter...

% Coloris des Coquilles.

Ici encore, les teintes préparées en couleur par l'impression doivent être inférieures à celles de l’o- “riginal , parce que c’est au coloriste à leur donner leur valeur réelle, à les fondre et à les harmoniser. Ce

s'applique également à tous les objets d’histoire naturelle, car si le ton donné par l'impression se trouve eulement égal à celui qu’on doit imiter, l’artiste emj arrassé ne pourra éviter de dépasser les limites tracées par le modèle ; ou alors il lui faudrait avoir re

rés-doux et très-souple, de petit-gris ou demartre

que nous disons ici de l'impression des coquilles,

- cours à des tons gouachés , insupportables dans cette

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pârtie, qui demande la plus grande transparences les tons les plus fins,

Observez que dans vos coquilles les spires ne soie. jamais confondues en une seule masse; la ligne

Suture est toujours apparente, mais sans dureté ; qi

les stries soient finement retouchées au besoin, qu'elll se perdent insensiblement dans les ombres et da: les reflets ; que les arêtes , les épines et les tube cules saillissent à propos par le moyen d’une omb: heureusement repiquée et d’un rehaut bien posé; qu la laque, le cobalt, les verts légers, imitent en se for dant la nacre des bouches-des-troques, des éme raudes , et celle plus brillante encore des haliothid! et de certaines bivalves: de l'éclat, de la fraîicheu: beaucoup de transparence, surtout dans les ombres voilà la tâche du coloriste dans cette belle partie « l'histoire naturelle,

Coloris des Insectes.

Vouloir passer en revue tous les ordres d'insectes serait impossible et plus inutile encore, car ce sera: s’exposer à tomber dans des répétitions déjà bien fré, quentes , mais malheureusement inévitables dans ui livre de ce genre , où le premier mérite est de se fair comprendre. Parmi tant d’ objets divers, nous choisi: rons les deux parties que nous croyons les plus diffi ciles pour le coloriste, parce qu’à la variété des ton elles joignent une extrême minutie dans les détails, e

“demandent de la part de celui qui les exécute une grande précision, beaucoup d’adresse, et ce qu’en terme d’art on appelle de la main. Les deux ordres que nous adoptons pour exemples se forment des coléoptères ou insectes à étuis, tels que les scarabées, et des lépidoptères ou papillons : ce que nous allons dire sur la manière de les colorier, pourra trouver son application, lorsqu'il s’agira de lexécution des autres ordres. |

Des Coléoptères.

Comme dans tous les autres genres de coloris qui exigent une grande pureté dans les couleurs , il vaut

: mieux encore ici commencer par poser la teinte lo- “cale, eu réservant largement les lumières qui doivent * être vives et brillantes comme dans tous les corps lui-

- sanis, et à plus forte raison dans cette espèce d'insectes, dont un grand nombre offrent des reflets métalliques,

. que la peinture peut à peine imiter par la fraicheur de ses tons et le contraste de ses couleurs ; on glacera ensuite les demi-teintes, et, comme nous avons dit ail-

À e1 on finira par les ombres et les détails ; il peut

arriver qu’on ne puisse réserver suffisamment les parties les plus lumineuses dans les cuisses et dans les

; * pattes, sur la tête et le corselet, surtout si l’insecte est

* petit; il ne faut pas s’en inquièter ; il suflira de les couvrir le moins possible, et lorsque l’insecte sera ter-

. miné, on ranimera ses parties par des rehauts fins et éclatants. Imiter les teintes jaunes, brunes, noires, et

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plusieurs autres encore, n’arrêtera pas le colorist pourvu d’un bon modèle; ce qui pourrait l’embarras ser malgré ce secours , ce sont ces insectes à reflet rouges et violâtres, ceux qui portent sur leurs aild d’un vert brillant des teintes de l’or le plus pur, dé cramoisi le plus vif. Vouloir composer d'avance ce mélanges pour rendre tant de richesses serait peim perdue ; vous n’y parviendrez qu’en posant vos cow leurs l’une après l’autre, au fur et à mesure qu’elle seront sèches. Par exemple, voulez-vous représente ce beau scarabée d’un vert si frais et si chaud tout à 1 fois, qui paraît porter sur ses ailes, surtout sur cell où le jour frappe plus particulièrement, l’or le plu: pur? Posez sur ces parties de la gomme-gutte ja plu: belle possible ; étalez ensuite une teinte générale di cendre verte, que vous fondrez insensiblement ave votre {on doré, en réservant soigneusement l’espac qu’il contient; modelez vos demi-teintes et vos ombre ayec un vert Composé de gomme-gutte et de bleu di Prusse, et glacez ensuite ces dernières d’une eau légèr: de laque et de cobalt; cela fait, passez sur la teinte de: rée une touche de rouge de Saturne un peu gommé: ne réservant le jaune qu’à l’endroit de la plus vive lu: mière , et terminez en caressant de carmin léger le pas: sage du jaune au vert, ce qui produira ce joli cramois dont l'éclat est surprenant. Après tout, si dans sa parti éclairée votre leinte verle n’avait pas encore la valeui qu’elle réclame, voas la retoucheriez avec le vert d: Schweinfurt pur ou mêlé d’une parcelle de gomme: gutte,

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