PEINTURE CHANGEANTE
Ces sortes d’enluminages sont destinés à produire des effets plus ou moins surprenants, pour les per: sounes qui n’ont point la connaissance des procédé! dont on s’est servi pour les exécuter, et des bases su lesquelles ils reposent. Les paysages que l'on enlu+ mine représentent ordinairement l’hiver, et à l’aid: des dissolutions métalliques que nous décrirons bien: tôt, on applique sur les parties que l’on veut colore: des solutions bleues, vertes, jaunes ou roses. Ainsi supposons un arbre dépouilié de feuilles, on enluminera les feuilles avec la dissolution n° 1; les fruits: des fleurs, avec les autres dissolutions. On laisse en: suite sécher ces dessins qui sont alors invisibles et dont les couleurs paraîtront lorsqu'ils seront exposés à l’action modérée de la chaleur. On se rend compte de ce phénomène par la concentration que les dissolations salines éprouvent par l'application de la chaleur et la privation de l’eau; par le refroidissement, les matières salines absorbent de l’eau et deviennent
de nouveau invisibles. Ainsi, on voit facilement que par l'application de la chaleur et le refroidissement , on peut produire ces transformations ur nombre infini de fois. La seule condition à observer est de ne point exposer les gravures à une trop forte chaleur, les nuances ne pourraient plus disparaître par le refroidissement, Il peut arriver, si la chaleur est trop forte, que les couleurs noircissent et finissent par détruire le papier,
Préparation des Couleurs.
N90 4, Gouleur verte.
Cette couleur se prépare de la manière suivante : Après avoir mis dans un matras une partie de cobalt de Tunaberg préalablement réduit en poudre, on y verse quatre parties d’acide hydro-chloro-nitrique (eau régale) faites avec trois parties d’acide hydrochiorique et une partie d’acide nitrique. On fait digérer fe mélange à une douce chaleur, et lorsque l'acide n’exerce plus d’action, on retire le matras du feu, puis on y ajoute une partie d’hydro-chlorate de soude (sel blanc), et l’on étend la dissolution de seize parties d’eau, puis on filtre la liqueur. Pour l'employer, il faut la gommer légèrement.
N° 2. Couleur bleue.
Après avoir introduit dans un matras une partie
de cobalt de Tunaberg réduit en poudre, on y vert deux parties d’acide nitrique dont on favorise l’actici par la cheleur. Lorsque le cobalt est dissous, ci verse la solution dans un vase, et on y ajoute po portion une dissolution de potasse, jusqu’à ce qu’il se forme plus de précipité ; après l’avoir laissé se fos mer, on décante la liqueur surnageante, et on lave» dépôt avec de l’eau jusqu’à ce qu’elle sorte sans së veur. Le précipité étant égoutté , on le fait dissoud! à l’aide d’une douce chaleur dans de l'acide acétique en ajoutant l’acide par petites portions, de manière: obtenir une liqueur saturée, ce que l’on reconnaîtra: la portion non dissoute qui doit rester dans la liqueur Cette solution, Saren gommée, peut être em ployée.
N° 3. Couleur jaune.
On prépare cette couleur en dissolyant dans de l. cide hydro-chlorique de l’oxide brun de cuivre, en f! vorisant l’action à l’aide de la chaleur; la dissolutié est d’un vert olive foncé, et donne par l’évaporatie des cristaux de couleur vert gazon ; c’est l’hydro-chll rate de cuivre, Pour l’employer, on dissout une part de ces cristaux dans huit “ones d’eau, et l’on gomm légèrement.
N°0 4. Couleur pourpre.
On fait dissoudre une partie de safre ( oxide de ca balt) dans trois parties d’acide nitrique; ces substance
sont introduites dans un matras que l'on expose à l’action du feu, pour favoriser la réaction de l'acide. Lorsque la solution est terminée, on y ajoute du sous carbonate de potasse, tant qu'il se forme un précipité blanc sale, et cessant d’en ajouter lorsqu’au contraire il prend une teinte rosée, On étend ensuite la solution de six parties d’eau, puis on filtre et l'on gomme très-
peu.
No %. Couleur rose.
Dissoudre une partie de safre (oxide de cobalt) dans irois parties d'acide nitrique; lorsque la solution est terminée, on évapore presqu'à siccité , pour chasser l'excès d’acide; on ajoute ensuile une partie de nitrate de potasse, et l’on étend le tout de huit parties d’eau. La liqueur rose que l’on obtient est filtrée et légèrement gommée. Il est essentiel d'observer de ne point trop gommer ces couleurs , ce qui nuirait à V’effet que l'on veut produire; il conviendra même de les essayer
avant de les employer.