DE L'ORGANISATION DE L'ATELIER
Le choix d’un local pour l'établissement d’un atelier de coloriste n’est pas indifférent; il doit être parfaitement éclairé, et celui qui présenterait plusieurs larges croisées sur une même ligne , devra être préféré. Une longue table en bois blanc, de 4 mètre environ (5 à 4 pieds )de largeur, montée sur des tréteaux mobiles, doit régner devant les croisées, de manière que les artistes ou les ouvriers , placés les uns à peu de distance des autres, puissent se passer facilement les feuilles à enluminer , ou bien, les disposer devant eux sans se nuire ni s’embarrasser.
Il doit y avoir une armoire, ou mieux un corps de tiroirs pour enfermer les bocaux, l’encollage , la gomme arabique dissoute et les godets dans lesquels se trouvent les teintes, qui, hors le temps du tra:
Coloristé. a
vail, ne doivent jamais rester exposés à l'air m à la poussière. Une boîte longue recevra les pin: ceaux, ét une autre les paquets de couleurs brutes et matières utiles, dont nous parlerons plus loin.
Une seconde armoire, large et profonde, servira ë contenir les estampes , cartes, lithographies à colo rier, et les feuilles qui sont terminées. Elle devré être assez vasie pour qu’on puisse les y placer sans confusion.
Il sera encore bon, afin de ne pas déranger les cos loristes , d’avoir dans une partie de l’atelier une seconde table libre où l’on puisse, au fur et à mesure, y ranger et compter les feuilles, encoller celles qui l’exigent, et faire enfin toutes les opérations qui demandent de la place et du mouvement.
L'atelier contiendra également une petite fontaine avec récipient, pour le lavage des pots et godets, et lé renouvellement de l’eau dans les verres à pinceaux.
Des tablettes assez larges, fixées le long des mure et à ‘hauteur d’appui, seraient aussi d’une bonne utilité. Enfin , tous ces objets seront arrangés de la manière la plus convenable à la disposition du local, et à la commodité des travailleurs: rien d’inutile ne doit y causer d’embarras, car le plus grand ordre et la plus grande propreté De toujours régner dans j'axetrer:
Après avoir parlé des objets nécessaires: à la fer— mation et à l’organisation de l’atelier, nous allons:
ee 48
maintenant nous occuper de ceux px pair au = coloriste.
Les Godets,
Ce sont de petits vases sans anses, de diverses formes et capacités, servant à recevoir les couleurs délayées , et tous les mélanges préparés pour obienir les tons dont on a besoin.
Les godets propres au coloris sont le plus ordinairement en porcelaine, en faïence ou en terre de pipe ; leur forme n’est pas indifférente ; ainsi, pour les petits ouvrages qui exigent peu de couleur, on seservira de godets fort plats, à large fond, afin qu’ils ne puissent pas être renversés, ce qui causerait des accidénts ficheux. Leurs bords doivent être minces, pour que l’on puisse y essuyer les pinceaux et les dégager du trop pléin de couleur. La figure 4, PI. I, offre la coupe d’un godet convenable au coloris, fait en pe— tites parties, au délaiement des couleurs qui doivent être employées un peu épaisses ef au depot de celles qui ne servent qu’à des retouches.
Pour le coloris fait largement en teintes plates et en grande quantité, on substituera aux godels plats de petits pots assez profonds, à bords minces, à base ‘large , et dont la capacité sera plus ou moins grande, selon la quantité de teintes dont on aura besoin.
Il est essentiel que le fond de ces pots soit arrondi, eomme l'indique la figure 2, PI. X, ce qui donne plus de facilité pour les laver et empêcher les teintes sales
de rester dans les angles que formerait un fond tout à-fait plat. Le nombre des godets et des pots à cous leurs est subordonné à la nature et à la multiplicif des travaux dont on s'occupe : un coloriste en aus au moins une douzaine. Il faut les choisir parfaitemer unis, sans gerçures, ni défauts. Lorsque leur fonde: graveleux , les couleurs s’y délaient mal; lorsqu’i ont des fentes d’émail, il est difficile de les bien net toyer et d’y obtenir des teintes pures sans mélange.
Le prix ordinaire des godets de faïence ou de terr de pipe varie de 15 à 20 centimes.
La Palette.
Pour les retouches de petites figures d’histoire natu relle, de fleurs, ou de sujets délicats, on peut substitus aux godets une palette de porcelaine ou de terre de pip{ dont une partie de la surface est divisée en compart! ments peu profonds, mais suffisants pour contenir ]! couleurs, sans risque de les mêler , et sur laquelle e réservée une plus large place destinée au mélange ainsi qu’à la production des différentes teintes.
Cette palette offre l'avantage de réunir les couleur: d'employer moins de place et de causer moins d’em barras que plusieurs godets ; elle est aussi plus por tative, et nous en recommandons l’usage, qi est er core peu répandu,
La figure 5, PI. I, offre une palette à compartiment, vue en dessus et en coupe. Le prix d’une semblabl|
en faïence, est de 2 fr. 50 c. Les amateurs qui ne fon que de petits ouvrages pourront se servir d’une palette plate, de la forme indiquée PI. E, fig. 14.
Vases pour l’eau pure.
Chaque coloriste doit avoir près de lui un ou deux vases contenant de l’eau pure, pour délayer les cou- . leurs, les étendre lorsqu'elles deviennent trop épaisses dans les godets, et aussi pour laver les pinceaux. Le meilleur de ces vases est un verre double dans le genre de ceux que représentent les figures 4, 5 et6, PI. I. C’est le seul moyen d’avoir toujours de l’eau propre à sa portée.
Il faut avoir soin que ce vase soit de verre blanc, car dans ceux de couleur, de porcelaine, de faïence ou de poterie, on ne pourrait s’apercevoir à temps quand Peau est salie , et l’on risquerait de ternir les couleurs; c’est pourquoi nous ne cesserons de recommander qu’on les tienne dans un état con$tant de grande pro-
preté.
Marbre ou glace à broyer les Couleurs.
On broiïe les couleurs sur une tablette de marbre blanc , ou mieux encore sur un morceau de glace dépolie et fort épaisse , de 52 centimètres (1 pied} de long sur 24 à 27 centimètres ( 8 à 10 pouces ) de large. Cette tablette, quelle que soit sa nature, doit être bien
lavée et ensuite bien essuyée; il faut la choisir parfai-.
tement unie, sans trous ni gerçures, et surtout san rugosilés, ce qui lui ôterait toute son utilité.
Mholette,
La molette qui doit écraser, broyer et diviser les couleurs sur la tablette, est un morceau de cristas plein, dont la forme extérieure approche de cellé d’une petite bouteille (fig. 7, PI, . }, sa base est dé polie et parfaitement plane.
Couteau à palette.
C'est une lame d'acier fort souple, arrondie par L bout , et montée sur un manche ordinaire de coutea: (PLI, fig. 8), ou quelquefois un simple couteau di corne (fig. 9, PI. T), mais ce dernier ramasse moim bien la couleur, et est moins solide que l’autre. Il sex à relever sur la tablette les couleurs qui ont été broyées et à les verser dans les pots ou dans les godets. Aprè s’en être servi, on essuiera le couteau à palette ave
soin , afia de préserver sa lame de l’aittaque de] rouille.
Pinceaux.
Les pinceaux propres au coloris sont faits avee dé
poils très-fins, tels que ceux tirés de la queue du peti) gris, de celle de la martre, du blaireau , du putois, ele
La qualité la plus essentielle d’un bon pinceau , c’est de bien faire la pointe , car l’extrémité des poils dont il se compose , étant la partie dont on fait usage, il est nécessaire que leur réunion forme un cône allongé et une pointe parfaitement déliée. Pour s'assurer qu’il remplit cette condition, il suffit de le passer dans la bouche pour l’humecter légèrement ; ensuite, pour l'essayer, vous l’imbiberez d’eau, et vous l’appuierez obliquement sur le bord d’un verre où sur un morceau de papier, demême que vous essayez un ton ou uneteinte sur un garde-main. S'il fait ressort, c’est-à-dire si, en lui imprimant cette courbure et en le relevant brus- quement, il reprend aussitôt la ligne droite, en faisant
la pointe, vous pourrez le considérer comme bon et bien ” confectionné ; si au contraire , il reste courbe, ou si, au lieu de former la pointe, il fait la fourche, il faut le rejeter.
La fabrication des pinceaux paraît fort difficile; on peut le supposer du moins, lorsqu’on pense à la peine qu’on éprouve au moment d’en faire un choix. Les marchands en général ne s'occupent pas assez de cet article, ce qui serait cependant bien essentiel. Je me guis vu souvent forcé de rebuter un grand nombre de ceux qu'ils m'offraient, et même quelquefois de les rejeter tous. Leur intérêt, bien entendu, exigeraif pourtant qu'ils les examinassent avec soin lorsqu'ils les achètent aux fabricants : il faut espérer qu’ils en viendront là. J'aurai soin d'indiquer plus bas une des maisons où l’on peut le mieux s’en approvisionner, -
Quoique l’on trouve des pinceaux tout faits chez les marchands et dans les fabriques mêmes, comme il sont, pour le coloriste, un instrument principal dont la perfection est surtout désirable > NOUS croyons devoir donner ici la manière de les fabriquer ; elle pourra: trouver son application dans plus d’un cas et exercer quelquefois la patience et l'adresse de l’amateur.
La première opération est le dégraissage des poils: Pour ÿ parvenir, on choisit parmi les queues des ani maux que nous avons indiqués plus haut, celles dont on veut se servir; on les lave dans une dissolution: d’alun, jusqu’à ce que les poils soient bien dégraissés;, on les retire pour les jeter dans de l’eau tiède et bien: pure, où on les laisse dégorger pendant vingt-quatre: heures. Au bout de ce temps, on en exprime l’eau en: les pressant assez fortement dans la main que l’on: glisse de haut en bas, afin de ne pas rebrousser les: poils. Vous les faites sécher promptement sur uni linge , en les rangeant de manière que les poils soient | tous couchés dans la même direction, puis vous les | lissez ensuite avee un peigne très-fin, Cette première | opération terminée , on replace les queues avec précaution dans un linge et sans humidité, où elles achèvent de sécher. Ce résultat obtenu, on pince les poils, on les soulève , on les coupe près de la peau et on les sépare en tas, selon la différente longueur des poils,
Chaque tas se met séparément, et l’un après l’autre, dans un petit godet de fer-blanc à base plane, la pointe en haut. On frappe légèrement le godet sur la
table ; les poils s’y arrangent parallèlement l’un à Vaatre; les pointes s’élèvent plus ou moins, selon la Jongueur des poils, ce qui permet d’enlever les plus longs, dont on fait des tas particuliers , et ainsi de suite de tous les autres , relativement à leur longueur. La perfection du pinceau dépend de la régu- Jarité de cette opération ; qui demande beaucoup de soin. |
Ensuite, selon l’espèce et la grosseur du pinceau que l’on veut fabriquer, on choisit parmi les tas qu’on a préparés une pincée de ces poils d’une égale longueur, qu’on replace dans un godet semblable au premier, en mettant les pointes en bas; alors on secoue de nouveau , afin que les poils s’arrangent comme la première fois: cela fait, vous les liez avec du fil très-fin , ou mieux avec de la soie, et vous les retirez du godet pour les serrer davantage avec du gros fil et par deux
nœuds ; après avoir mouillé la base des poils pour bien
les réunir, on comprime alors fortement les nœuds avec du gros fil, à l’aide de deux petits bâtons, puis on fait les ligatures à une distance de la pointe déterminée par la longueur que l’on veut donner au pinceau , et l’on coupe avec des ciseaux les poils qui excèdent les plus courts du côté de la base.
Il ne s’agit plus que de monter les pinceaux selon la grosseur qu’on désire leur donner; on les enferme dans des tuyaux de plumes de cygnes, d’oies, de canards, de yanneaux, de pigeons, d’alouettes; on les coupe en bec de flüte par le haut, et horizontalement dans le
bas au-dessous de la naissance du rétrécissement , afin de laisser cette ouverture un peu plus étroite, et em leur donnant une longueur proportionnéé à chaque! genre de pinceau. | |
Ces montures, ainsi préparées, se mettent vingt= quatre heures dans de l’eau commune, pour les faire: gonfler, ramollir et empêcher par là qu’elles ne se fen« dent, lorsqu'on y fait entrer de force le paquet de poils! disposé à cet effet. #34 |
Ceite nouvelle opération consiste à l'introduire pan la pointe, dans le gros bout de la plume, après en avoir rassemblé les poils en les passant dans la bouche ; et pour le forcer d’y entrer, on le pousse avec un fer rond, de la même grosseur que l’intérieur du tuyau, . jusqu’à ce que le pinceau sorte par l’autre bout de la: plume à la longueur convenable.
Nous observerons aussi qu’il y a un choix à faire dane: les poils, et qu’ils doivent être plus ou moins fins, selon: la dimension des pinceaux , qui, lorsqu'ils excèdent| la grosseur des plumes ordinaires, se montent alors: dans des tubes de fer-blanc. Cette partie est délicate: et difficile, elle exige beaucoup de soin et d'habitude : : peu de fabricants y réussissent parfaitement.
Prix des Pinceaux.
Le prix des pinceaux propres au coloris est variable |
suivant leur grosseur ; ceux de 50 à 75 centimes , 4 fr, 25 c, sont le plus communément employés, Il y
Se de LE
en a qui montent jusqu’à 1 fr. 50 c., 2 et même fr., et l’une des meilleures fabriques est sans contredit celle de M. Vial-Lebault, successeur de Chérion, quai de l’Horloge-du-Palais, n° 64, près le Pont-Neuf.
Entretien et conservation des Pinceaux.
Dans les ateliers de coloris où il règne une grande activité, il faut avoir des pinceaux consacrés à chaque couleur; dans le cas où l’on se servirait des mêmes Pour plusieurs teintes, on devrait avoir le plus grand soin de les laver compiètement, chaque fois qu’on les tremperait dans une couleur différente, ce qui se fait en les agitant plus ou moins long-temps dans de l’eau et en les pressant à plusieurs reprises entre le bout du doigt et le bord du vase qui contient l’eau. Il faut éviter de les enfermer quand ils sont encore humides, et de les laisser trop long-temps dans une boîte, sans lés visiter et les laver, car les mites les mangent et les détruisent très-promptement; on peut remédier à cet inconvénient en plaçant quelques brins de vitivert dans l'endroit où on les tient enfermés. k
Il faut éviter de laisser sécher la couleur de les pinceaux : ceux qui ont été employés à étendre du noir ou des couleurs très-foncées, ne peuvent presque ja— mais être assez complètement nettoyés pour ne pas salir ou ternir les couleurs claires danslesquelles on les tremperait ensuite,
Montage et accouplement des Pinceaux.
Comme le tuyau de plume qui porte un pinceau es toujours trop court pour être facilement tenu dans les doigts sans s’échapper, on l’emmanche sur un petit bà ton, dont le diamètre est à peu près égal à celui de cettl plume, et qu’on appelle hampe (fig. 10, PI. I), sa lon: gueur ne doit pus dépasser 1 décimètre et demi (5 à: pouces ). Ce pinceau, ainsi monté, est employé pou les retouches, les traits dans les cartes géographiques: et tous les trayaux qui n’exigent l'emploi que d'um seule couleur à la fois; mais pour ceux qu’il faut adow cir ou composer de plusieurs teintes, on se sert de pin ceaux accouplés, c’est-à-dire qui sont placés à chacum des extrémités de la hampe, ou bien l’on fait entrer 1 plume de l’un dans celle de l’autre (fig. 11, PI. I } mais le premier de ces moyens est le meilleur et le plu commode, surtout si l’on évite de donner trop de lom gueur au petit manche qui les supporte, car alors ] coloriste aurait peine à retourner les pinceaux avec vi vacité , ce qui est indispensable dans les teintes gra: duées et les teintes panachées qui doivent se fondr l’une avec l’autre.
Brosses à encoller..
Les brosses ou pinceaux à encoller se nomment blaireaux , du nom de l’animal dont le poil sert à le:
confectionner ; ils sont larges de 5 centimètres (2 pouces) environ, plats, et portés par un manche de bois de 2 décimètres (8 à 9 pouces } de longueur.
Le blaireau se prépare de la même manière que les autres pinceaux à colorier ; seulement, on l’étend à plat, et on le colle entre deux feuilles de fer-blanc, ou autrement, dans une douille qui le retient fortement, et.sert à le lier au manche (is. 17, FLE.)
El faut le laver avec soin après s’en être servi, et le suspendre ensuite pour Le laisser sécher.
Le blaireau sert aussi à vernir les cartes et les es— tampes, comme nous l’expliquerons plus loin.
Le prix de cette brosse à encoller ow à vernir varie suivant sa grosseur , de 1 à 2 fr.
Grattoir.
: Il faut être muni d’un grattoir à lame allongée comme celui de la figure 143, PI.T, afin de faire dis— paraître et d’enlever complètement les taches ou éclaboussures de couleurs sur les marges des feuilles qu’on enlumine, car il est quelquefois difficile de les éviter, te qui cependant vaut infiniment mieux.
Dolage.
Ce sont des rognures de peau blanche, fort douces et onctueuses , ayéc lesquelles on frotte les parties qui ont été grattées. Le dolage fait disparaître les traces
Coloriste, 3
du grattoir: il unit, répare le papier, et l'empêche de: boire; on doit l’employer de préférence au caoutchouc ou gomme élastique.
Gomme élastique.
Elle est propre à enlever toutes les taches qui ne pénètrent pas dans la pâte du papier , et à faire disparaître les traces de poussière et celles du grattoir ; mais il faut s’en servir avec beaucoup de précaution. et le plus rarement possible, parce qu’elle fatigue: beaucoup le papier, et l’écorche même quelquefois: c’est pourquoi le dolage lui est préférable, comme nous l’avons dit ci-dessus.
Garde-Main.
Lorsque l’on colorie soit des gravures, soit des cartes, ou toute autre chose, on doit avoir sous sa main un carré de papier blanc et collé, pour prévenis les taches que l'on pourrait faire sur son ouvrage: L'on s’en sert encore pour essayer le ton et la force
des teintes, qui doivent être semblables à celles du modèle , et pour essayer son pinceau.
Encollage.
L’encollage sert à donner du corps au papier qui n’a: pas reçu de colle lors de la fabrication, comme celui
qu’on emploie ordinairement à l'impression des litho= graphies. Dans cet état, il ne peut être enluminé, c’est pourquoi l’encollage est une chose de première nécessité pour le coloriste ; en imbibant de cette mix— tion les parties destinées à recevoir la couleur , même celles froissées ou grattées, elles ne boiront plus.
Pour se procurer de l’encollage, on fera dissoudre dans un pot de terre vernissé, neuf ou réservé à ce seul usage , de la colle de Flandre bien transparente dans de l’eau pure, 50 grammes (1 once !/,) de colle, par exemple , dans 1 litre {/, d’eau , jusqu’à ce qu’elle soit bien ramollie et bien imbibée ; on y ajoutera 30 gram. (1 once) de savon blanc, coupé en très-petits morceaux ; puis on fera bouillir le tout sur un feu doux, en remuant souvent le liquide, afin que la fusion et le mélange se fassent parfaitement. On y mettra alors
mmes (1 once {/,) d’alun ; on remuera encore
et l’on ôtera le vase du feu. Quand cet encollage sera tiède , il faudra le passer dans un linge imbibé préa- Jablement dans de l’eau chaude, afin que le liquide, qui a une certaine épaisseur, coule plus facilement, On le recevra dans un autre vase d’une capacité double de celle du premier , et on y ajoutera de suite un autre litre et demi d’eau.
Si l’encollage était trop fort, on pourrait plus tard y remettre encore de l’eau , selon la nature du papier qui exige plus ou moins de colle.
Ceite composition peut se garder assez long-temps dans une bouteille de verre, qu’on tiendra dans un endroit frais.
Nous donnerons au Chapitre qui traite de la direce tion et de la division du travail, la manière de l’em« ployer,
Colle de Flandre.
Elle est faite avec la peau de toutes sortes d’animaur quadrupèdes, ou plutôt de leurs rognures. Sa coule est jaunâtre, mais la moins colorée est la meilleure: et il faut la choisir bien transparente. On l'emploi pour la composition de l’encollage, pour le papier € pour la fabrication des pains de colle à bouche. On 1!
vend ordinairement par petites feuilles minces € longues.
Alun ( sulfate d'alumine et de potasse).
C’est un composé d'acide sulfurique , d'ahati 0 terre argileuse pure , de potasse et d’eau qui sert à & cristallisation ; il ést en pierre de moyenne grosseur! clair et transparent, d’un goût acide et désagréable: avant de l’employer , on le réduit en poudre en le cas sant avec un marteau , après l'avoir mis dans un linge
Colle à bouche.
Elle sert à assembler plusieurs feuilles de papier des cartes géographiques et plusieurs parties d’un gravure tirée avec des planches différentes ; elle es
ms 09 me
encore fort utile pour réparer les déchirures faites par accident à quelques épreuves.
La colle à bouche se trouve dans le commerce , en tablettes qui se vendent quinze centimes , mais elle est souvent de mauvaise qualité ; pour en avoir de bonne, si on veut la faire soi-même, on prendra 30 grammes (1 once) de colle, la plus blanche et la plus claire possible; on la laissera tremper pendant dix à douze heures, et la tirant ensuite de cette eau , On la fera fondre sur de la cendre chaude , dans un vase de terre neuf, et on y ajoutera 50 grammes (4 once) de sucre blanc ordinaire; puis on versera le tout dans une assiette posée bien d’aplomb, afin qu’elle ait partout la même épaisseur. Lorsque cette colle sera refroidie ; ON la coupera en tablettes d'environ 27 millimètres (4 pouce) de large , sur un décimètre (3 à 4 pouces) de long. Ii faut que l'épaisseur dé ces tablettes soit de 5 millimètres environ (4 à 2 lignes.) Si lon veut donner un goût agréable à la colle à bouche , il faudra, pendant qu’elle est en fusion ,.y ajouter de l’eau de fleur d'orange ou du jus de citron.