DEUXIÈME CLASSE
1° Bot» Ion» et itroui.
Les boulons et écrous sont les pièces indispensables d'as- ' semblage , a joints superpastis , lies faces planes.
Dans un boulon on distingue : la tète , le corps, le filet. La tète du boulon esltanlût quarrée, tantôt hexagonale, lantSt ronde, cylindrique, hémisphérique ou conique; dans tous les cas, sa hauteur est égale au diamètre du corps, et la surface de su base égale à quatre fois la section du corps, ce qui , pour les ronds , correspond à un diamètre double.
La tête quarrée s'emploie généralement dans les boulons communs, soit brntedo forge , soit ajustée. La lOtc hexagonale est la plus employée dans les machines à Tapeur de terre on de bateaux ; dans les locomotives , on lui préfère la lète hémisphérique tournée, pour les parties où elle est le plus en vue, La tclo conique peut s'employer dans le mémo cas, mais ne présente pas autant de solidité.
Le corps du boulon a pour diamètre le diamètre exact du trou qu'il doit remplir ; il est tantôt brut , lanlùt tourné , suivant Tes usages au xqnels on le destine.
Pour le filetage , nous avons déjà dit comment il s'opérait. Hous ajouterons que, quand apièi le lilel se trouve un prolongement du corps du r&të de i'érrou , il faut, ponr que ce
246 OECAMSATIuN DE L'ATELIER
dernier puisse passer , que ce prolonge m eut ail un diamètre égal à celui du rorps moins un pas do 1 is , comme il est représenté fig. 16 (planche IX). I! y a donc, pour un boulon tourné , 3 diamètre! que nous allons déterminer.
Le pas de vis est , en moyenne , égal aux '/s du diamètre du boulon, plus Tort pour les petits, plus faible pour les gros. Or, la série des boulons nécessaires pour confectionner toute espèce de machine se compose seulement de 13 différents dont les diamètres sont :
8 ,10, 12, 15, 18,21, 23, 50, 35,40, 43 et 50 millim.
Faisant varier le coefficient du pas de vis suivant une règle en rapport avec ce que nous venons d'indiquer , nous
a. su il. oa
Lorsquo l'on calcule le diamètre d'un boulon , on doit lou jours supposer que le résultat correspond au diamètre aprè le lilel, et augmenter dans la proportion indiquée ci-dessus Les écrous sont do plusieurs formes; on les divise en : Ecrous à chapeau à G pans , fig. 10, pl. IX.
Ecrous façonnes id. fig, 11.
Ecrous ordinaires id. lie. 12.
Ecrous Les écr les pièces <
dans les slulïing-bos et les supports de luse.
DË CONSTHCCTION. S47
les écrous façonnés, qui diffèrent seulement des écrous ordinaires en ce qu'ils ont eu leurs bases aplanies au tour , s'emploient dans les pièces en vue lorsqu'ils sont nombreux, comme dans les cylindres et boites à vapeur.
Les écrous ordinaires, taillât bruis de forge, tantôt ajustés , s'emploient dans toutes tes autres parties îles machines, sauf quelques parties toul-à-fait cachées où l'on met les écrous quatre».
Pour construire un boulon ou un écrou , on a une élainpe qui se place sur l'enclume dans un trou ménagé à cet effet; on a de plus , pour le boulon , une clouière , et pour l'écrou an mandrin dont le diamètre est celui au-dessous du n" du boulon auquel i' correspond ; ce mandrin est l'un de ceux do la collection pour les douilles , T , etc.; l'étampo sert a former soit les sii pans, soit le quarré; la clouière sert à frire la tète et consiste en une pièce de fer percée d'un trou égal à celui du corps du boulon ; quand la tète a été toudéa «près le corps, et frappée dans l'èiampe, on passe te boulon dans la clouière cl on l'aplatit à coups de marteau. Quelquefois la clouière est quarrée et communique sa forme a la partie du corps seulement qui est près du la lOte : cette dispositiou a pour but d'empêcher le boulon de tourner quand on serre l'écrou , mais alors ou a soin de faire Tenir l'un des trous quarrés aux pièces qu'on veut assembler.
A l'ajustage le travail des boulons et écrous consiste dans le tour, la machine k tarauder , cl une troisième marhine, employée seulement depuis quelque temps et donnant d'excellents résultats ; c'est la machine dite à écrous dont le but est de faire les faces à 4 ou C pans parfaitement réguliers. Le résultat da cette machine est d'économiser considérablement la main-d'œuvre pour les écrous ajustés, de les mettre en état de remplir exactement la clef de serrage , ce qui empêche l'usure de l'un et de l'autre , et d'offrir un aspect plus agréahle à l'ail qu'un ècrou ajusté d la main, qui, quoi qu'on Tasse, présente toujours quelque irrégularité.
Si nous résumons tous les outils différents qu'entraîne un n° de boulon., nous trouvons ï
1° A la frrge. . . 1" Clouière.
2" Kiampe.
3° Mandrin.
2° Â l'ajustage. . i" Peigne.
5° Mère de taraud.
6° Filière.
Total. ... 11 outils différents.
On voit, d'après cela, de quelle importance il esl d'avoir une fcrie de ces pièces bien déterminée, en ce que non-seulement on en fait beaucoup , mais encore il faut les livrer à un prix très-bas.
Pour les devis , il est important de pouvoir évaluer exactement les poids des boulons qu'où emploie; dans la but de faciliter cette évaluation, noua donnons ci-dessous on tableau représentant ces poids pour diverses longueurs.
Dans les machines, les longueurs des boulons sont assez généralement proportionnées à leurs diamètres, c'est-à-dire q,ue les boulons n°» 8, 10, 12, etc., sont plulôl employés pour longueurs au-dessous de 10 centimètres qu'au-dessus; de même, les n°a 45 , 50 , qui servent principalement comme boulons de fondations , ont des longueurs qui dépassent généralement im e t même 2*. Il su it de là que l'appréciation de la main-d'œuvre pourra se faire assez exactement, en n'ayant égard qu'an diamètre.
Un forgeron gagnant 5 fr. par jour et travaillant seul, peot faire , dans sa journée , un cent de boulons n° 8 avec écrous , et , avec un frappeur , 5 boulons n° 50 avec écrous, soit à tête, soit à clavette.
Supposant une longueur moyenne de 0 m .075 au boulon n° 8 , et 2"i au boulon n" 50 , nous aurons :
Poids do 1 boulon n° 8 = Ok.054 Poids do 100 id. id. = 5. 40 Poids do 1 boulon n u 50 = 42. 6 Poids de 5 id. id. = 215. 0 Soil le 1« 6 kilog. et le 2» 200 kilog.
Main-d'œuvre de. . . t> k. =■ 3 f.00
( Voit le Tableau ci-contre. )
450 , ORCANISAÏION DE I.' ATELIER
, A l'ajustage, tanlflt il n'y a qu'un simple laraudage, tantôt il y a du tcnr , de l'ajustage et du taraudage. Considérons d'abord le premier cas :
Pour fileter no boulon n° 50, il faul'/j de jour a 5 hommes , ce travail se faisant généralement à bras. Ces 5 Domines se composent de :
1 laraudeur, graissant et serrant & 3.00 fr.
4 manœuHes à 1.75 7.00
Total. . - - 10-00 fr.
»/ 3 x 10 fr. = Sfr. 33.
Admettant que le taraudage de l'écrou coûte 1 fr. 77 t., nous anrous en total 5 fr. pour 42 kilog. 6 ou 0 fr, 11 pour 1 kilog. *
Ponr des boulons et écrous n° 8 , un taraudeur travaillant k la machine en fera 1 cent par jour de chaque, ce qui met la main-d'œuvre égale à celle de la forge; on a donc : Main-d'ceniredukil.
Pour n° 8. . . forge. . . 0.50 laraudage 0.50 Total. . . . 1.00 Ponr n° 50. ; . forge. . . 0.024 tarandage 0.11 Total. . . . 0.154 il entre ces deux nombres 10 moyens géoroélriis ponr 1 kilog. de chaque
Diamètre.
Voleur
Main-d'ceuYr
). Total
du kil.
fr.
fr.
tt.
O.GO
SI
O.GO
O.GO
SB GOKSÎRUCtlOft.
Lorsque les bonlons sont tournés et ajustés, la maind'œuvre, quoique exécutée la plupart do temps par les élèves , coûte beaucoup , et on ne sera pas loin de la vérité en l'évaluant 1 fui; '/, ce qu'elle est pour les deux autres opérations , ce qui donne :
Pria: dot kilog. de boutont tourné» et ajuttii.
Mm
î.ao
compris les frais géné
ranx.
Supports .
Les supports , fig. S (planche IX), sont spécialement destinés à maintenir dans une position déterminée , généralement horizontale , un axe doué d'un mouvement de rotation sur lui-même , soit continu , soit alternatif.
Il y a toujours 2 supports pour un même axe, et ils se trouvent toujours placés le plus près possible des exlrè-
On distingue deux parties principales dans un support :
Le corps du support serti porter l'axe, et l'embase i fixer ce support contre des pièces invariables de position. Le corps du support est toujours le même pour un même diamètre de tourillon; il se compose de deux coussinets en tout semblables à ceux des chapes de bielles, maintenus en place entre deux pièces do fonte, dont l'une s'enlèvo a volonté et porte le nom do chapeau. Ces pièces de fonte , qui s'emboîtent toujours l'une dans l'autre pour éviter tonte
232 onGAHlSAiinn de l'ateliek
espèce de mouvement , lonl assemblées par 2 boulons pour des diamètres au-dessus de ^0 millimètres , et 4 boulons a partir de ce diamètre. L'assemblage de ces boulons, arec la partie fine, eo fait comme sur le dessin quand les diamètres sont petits; à 60 millimètres on assemble les boulons a clavette, ce qui donne de la facilité pour les retirer quand ils se cassent. La grande analogie qui existe entre les fonctions des chapes de bielles et celles du support , fait que, dans certains cas, on les remplace l'un par l'autre. Quand le support est irès-èlové au-dessus de la plate-forme, par exemple, on le remplace par une chape de bielle. La réciproque, ou l'emploi du support au lieu de la chape, ne réussit pas aussi parfaitement et ne se fait que par économie , car c'est fort laid; il existe pourtant dos constructeurs qui prodiguent ce genre d'assemblage.
L'emhase du support, appelée aussi patin, est très-variable de forme et de dimension : lanld^ elle s'assemble avec une plale-formo horizontale , tantôt avec une verticale, tantôt avec une autre inclinée, affectant toute espèce de surface ; de plus, la distance du pied de l'embase à l'axe des supporls est aussi variable. Il suit de là que, quand on fait un modèle de support, on construit a parties corps et l'embase qu'on relie ensuite par des vis pour le moulage : on fait le corps le plus court possible du côté de l'embase , afin de le faire servir pour les cas où l'axe est très-près de la platel'orme fixe; il ne reste plus ainsi qu'il faire varier la hauteur «I la forme de l'embase , suivant les différents cas.
Tabttau. geitupporh.
Poidî pour hanteur minima.
Ili.unM,,.
des.
tiiiiiLlli.i m.
HhmMr;'
des boulons.
Fonte.
Fer.
Cuivre.
millim.
kll.
kit.
-tn
EO
ir-
is
La main-d'œuvre to compose du forgeage des boulons , du moulage du support et de ses coussinets, du laraudage des boulons , de l'alésage des coussinets et de l'ajustage du tout.
Pour le support n° 100, nons avons 6k. 70 fer u°50 , valant, d'après ce que nous avons dit plus haut, 6.7 X 0.30 = 2 fr.pour la main-d'œuvre seulement. Kousavons aussi pour lecuivreGk. 70, valant 6.7 X 5 fr. 90 pour la
main-d'œuvre seulement , en supposait qu'elle est ta même pour le cuivre que pour le fer dans les chapes de bielles , ce qui n'est pas loul-a-fait exact; mettons donc 5 fr. seulement.
La main-d'œuvre do la fonte se renfermera presque dans le travail de la fonderie : il v a un léger ajustage pour placer les coussinets et faire entrer le chapeau. Supposons le travail de la fonderie 0 f. OS le kïl., et celui de l'ajustage OT.025, nous aurons pour la fonte :
CTk.X Of, 073 = 5f.
Total de la main-d'œuvre, fer. ... 2 fr.
Pour un support n° 100 , on en fera 5 n°*21 , donc un sup port n° 21 coûtera en main-d'œuvre 2f. 40.
Insérant quinze moyens géométriques entre 2 f . 40 ell2 f. et admettant que le kilog. de fonte vaulOf. 25, nous aurons :
Machine» Loeomolivet, 22
OKGATIISATIOX î
)G L'aTÉITBR
Diamêl
Fer.
Main-
Somme,
des loiirill
OBB. ^
fr.
fr.
tt.
o.isa