‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 15 sur 114 · DU RENARD · texte numérisé non relu

DU RENARD

Cet animal , 4e plus rusé de tous les mammifères de la

France, estconnn des natiiralistes sous le nom de Canis

^ vulpes. Comme le loup , il appartient Au ^«nre des chiens,

section des digitigrades , ordre des mammifères carnassiers;

* mais il s'en distingue, ainsi que des chi«ps^ par une queut

DBmiUCTEim, 1^* PARTri. ugmzeaDy^wwg'îw

78 HAMMIF^RIS KtllSULES , CARNASSIERS.

plus longue et plus touffue^ par un museau plus.pojniu, pat des pupilles à fente verticale et par des incisives supérieure mpins échancrées. \ ,

Le renard ordinaire est plus ou moins roux , avec le bout de la queue blanc. Cette espèce renferme plusieurs variétés, •armi lesquelles on compte surtout le renard charbonnier, différent du renard commun par le bout de la queue, qui est noir , Ainsi que par quelques poils de même couleur qui oiBUpent son dos , son poitrail , et le devant de ses pattes antérieures. Quelques naturalistes oiit fait de ce dernier une espèce à laquelle ils donnent le nom de Cahis alopex : mais nous pouvons affirmer avoir pris quelquefois dans le même terrier ces deux prétendues espèces , qui , selon nous , ne sont que de légères variétés accidentelles. Les renards exhalent une odeur fétide qui anime beaucoup les chiens à leur poursuite. Ils ont toute la légèreté du loup , ils sont presque aussi infatigables, mais ils sont beaucoup plus ingénieux dans Tàrt qu'ils mettent à pourvoir à leur nourriture et à se dérober au danger. Us habitent des terriers qu'iU«avent se creuser au bord des bois ou dans les taillis, sous des troncs d'arbres, dans les pierres, les rochers, ou enftn dans la terre , mais alors sur un sol en pente , afin d'éviter Thumidité ou les inondations. Quelquefois ils «'emparent des terriers de blaireaux , ou même cle ceux de lapms , qu'ils élargissent.

Le renard n'habite guère son terrier que pour y déposer sa jeune famille et l'y élever ; dans^ tout autre temps il ne s'y retire que pour échapper à un danger pressant. Il passe la journée à dormir dans im fourré à proximité de sa retraite , et il chasse pendant la nuit. Il ne se nourrit guère que de proie vivante , à moins qu'il ne. soit extrêmement pressé par la faim ; dans ce cas , a mange des fruits , particulièrement des raisins. Il faut qu'il éprouve une grande disette pour attaquer les charognes et autres Yoîries.

Vers la tombée de la nuit , le renard quitte sa retraite et se met en quête. Il parcourt les lieux un ptu couverts, les buissons , les haies , s'efibrçant de surprendre des oiseaux endormis, ou la perdrix sur ses œufs. Placé à l'affût dans un buisson épais, il s'élance et saisit au passage les lièvres ou 1m lapins. Quelquefois il parcourt U tord des étangs, et se

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hasarde mcm« dans lesjoncs et les marécages pour sAÎsir les jeunes poules d'eau ,*les canards qui ne peuyént pas encore voler , et autres oiseaux, aquatiques. A leur défaut, il ' mauge ipême des grenouilles , des sauterelles et des hannetons. *

Il est, dit Bufifon, très avide de miel. Il attaque lesabeiSks sauvages , les guêpes , }es frelons qui d'abojrd tâcheftt de le mettre en fuite, enr.le perçant de mille coups d'aiguillon. : il se retire^ en effet ^ mais c'est en se roulant pour les écntser , et il revient si souvent à la charge , qu'il les oblige à abandonner le guêpier : alors il les déterre et en mange et le miel et la cire, ».

Mais , si pendant ses recherches, le chant d'un coq vient ' frapper son oreille, il s'achemine avec précaution vers le hameau, en fait cent fois le tour, et malheur à la volaille qui ne serait pas rentrée le soir dans la basse-cour ! elle? serait saisie et étranglée avant même d'avoir eti le temps de crier.

Lorsque le jour parait , il rentre dans le bois , et toujours dans le même halHer qui lui sert habituellement de retraite. Cependant, si la ferme où le chant du coq l'a attiré pendant la nuit, se trouvé écartée des autres habitations , il cherche un fourré dans le? environs, s'y embusque et y passe la journée. Si la volaille s'écarte dans les champs pour aller chercher sa pâture, if l*bbserve avec attention, et choisît des yeux sa, victin^e , ^ attendant patiemment l'occasion de s'en enaparer. Tanf que le chien de cour rode ou veille df ns les environs , le voleur reste immobile et tapi dans sa cachette ; niais le chien rentre-t-il un moment dans • la ferme , le renard se coule le long d'une haie , en rampant, .sur le ventre. Afin d'approcher sa proie sans en être aperçu, il se glisse derrière toutes les petites élévations qui peuvent * le masquer , dans un sillon , derrière tm tronc d'arbre , une borne : parvenu à proximité , d'un bond il s'élance sur sa victime » fuit au fond des bois avec autant de rapidité que^o^ précaution pour ne {ps être découvert , et là il se repaît* avec sécurité. Quand son vol lui a' réussi , oh p^t être sûr. «jull reviendra à la charge tous les trois ou quatre jours , et qu'au boiit de TaMnéc il ne restera pas une seul» pièce dt

SO UAMMltiBVS NffSIBLK» . CARNASSIERS.

Toloille dans la basse-cotir , si 1 on ne parvient pas à saisir le Tolenr.

Dans un pays giboyeux , les renards s'adonpent plus particulièrement à la chasse. Dfeux slortent ensemble de leur retraite et s'associent pour la qiiasse du lièvre t L'tfn s'cmboiqueaubord d'un cniemin, dans le bois, et reste immobile ; rairtve qaête ,, lance le gibier^ et le poursuit vivemetft, en donnanit huit ou dix coups 4e yoix par minutepo«r avertir' son camarade. C^est ordinairement j^dant la belle -saison , ej4i*e dix heures du soir et rainait > que Ton entend chasser ces ^iraaux dans les\ pays boisés. Le lièvre fuit et rose devant son ennefpl comme devant les chiens de.^ , chasse , mais tout est inutile , et le renard , collé sur sa voie , le déjoue sans cesse et se trouve toujours sur ses talons ; la fatalité^ lui fait prendre le chemin auprès duquel iautre chasseur s'^est emousqué pour Tattendre; il passe à proximité , le renard s'élance , le saisit : son camarade arrive

. ei ils dévorent ensemble une proie qu'ils ont chassée ensemble. .

Mais Tentreprise n'a pas toujou^ utte^n' aussi houreiRie. n arrive parfois que celui qui attend , trahi par son impatience ou par son adresse , s'élance et majique sa proie. Il reste im moment saisi de sa uàaladresse , Bt vegar^ fuir le lièvre sans se mettre à sa poursuite *, pws , comme se ravisant e1^ vqplant se rendre con^pte àé ce qui lui a fait manquer

* sôîi coup , il reteume à son poste et s*élancé dans le che- ]^in, y retourne encore et s'énmce'dc nouveau , et recommence plusieurs fois ce manège. Sur ces entrefaites , son

^ associé paraît et devine aussit& ee qui est arrivé. Dans sa. mauvaise humeur , il se jette sur. le maladroit , et on combat de dix mîntites est livré ; les deux champions se séparent ensuite ^ mais Tassociatî^n est rompue y. et chacun se ratet en quête pour son propre compte.

D*après ce que nous venons de dire , en voit qufe les renards sont un né^u pour les basses-cours, et pour le gibier iatfk les forêts et dans les parcs oiî iib peuvent pénétrer ; aussi , de tout temps les hommes ont-Ils mis toute leur industne à imaginer des moyens propres à détruire cette raco pernicieuse ; mais , no\is devons le dire , ces rusés an'unau\

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ne donnent que trè^ difficilenient dans les pièges qu'on leur tend.

La piège à renard est un instrument assez compliqué

i voyez PI. l, fig 5), que nous allons décrire dans tous ses étails. Ce piège se compose de deux branches a a; d'unressort en acier, d, destiné à faire fermer les branches en se resserrant ; d*nne détente , c, et d'un porie-^aMOrce , d. Le ressort &, tMfiMint ordinairement de douze à qiiinze livres, est -Hié dans ii% deux branches par ses extrémités qui les tra^ vers^ et y sont solidement maintenues par les écrous,*e, f. Il est facile de cohcevoir que si ces deux extrémités viennent à se rapprocher, il faut que le piège se ferme , ce qii^il fera avec d'autant plus de violence que le ressort sera plus fq^t.

La détente c, se compose de deuxplaquês de fer vissées Tune surTautre, et renfermant la gâchette, la bascule et Tappur. Nous levons «(igurée m C, avec la plaque supérieure enlevée ; g, rstra[^ui ; A, la bîi[||iile; t, la gâchette. L'appui porte sur la ptè£e k de la**;!^. 5, «la maintient en position ; car , comme on le verra , le piège se fermerait si elle se levait. La bascule h maintient Tappui en /, et empêche qu'il ne puisse être soulevé : elle est elle- Vaême maintenue en po^iti^a par le cran de la gâchette t, comme on le voit en m. Dans le trou de la gâchette est attachée une ficelle , qui passe dans le porte-appât ou cliquet d, et qaÎjlpHntient Tamorce n. La plaque supérieure de la détentc^H^xe au moyen de trois vis qui , en même temps, maintieiment les pièces ^, /i, f, en leur laissant ncanmoms leur jeu. La détente, comme, on le voit en c, fig. 5, est placée entre les branches du ressort, et fixée à la branche droite par son prolongement o, p, g, qui passe par un trou percé dans cette branche , et reçoit en z la douille du cliquet d.

La pièce k est fixée à la branche gauche du piège ; au moyen d'une vis, qui lui laisse sa mobilité. La pièce e est enfilée , parle trou {,.daos lejprolongement o de la détente.

Il s'agit maintenant de tendre le traquenard. On ouvre les deux branches, aa, ce qui fait écarter le ressort; on baisse la pièce A, et l'on fait entrer l'extrémité u de la pièce s dans le cran u de la pièce K. Comme ces deu\ pièces

fô MAMMIFÈRES NUISIBLES , CARNASSlEKb.

sont attachées , Tune à la branche ganche , et que Tautro! tient à la détente fixée à la branche droite , il en résulte^ que le ressort est maintenu dans son écartément tant que ces deux pièces sont placées comme nous Tenons de le dire. On pose rappui g sur la pièce k, comme on le voit en x; et les autres pièces de la détente , c'est-à-dire , U bascule hy et la gâchette t, sont dans la position figurée en G. Quand le piège est ainsi tendu , pour ne pas courir lei risque de se blesser , on passe une cnevillç de fer daii$ le trou y de la détente , ce qui maintient la gâchette en position.

Or , voici ce qui arrive quand Tànimal Saisit Tappàl n^ Il tire la ficelle js, et oar conséquent la gâchette t; la bascule^ h cède à l'appui flf; la pièce S fait soulever la pièce K, qui n'est plus maintenue par Tappui , le piège se fern^ avec violence, et Tanimal se trouve pris par le cou. Nous n'avons pas besoin de dire que , lorsque le traquenard est placé , il raut enlever la cheville de pureté que Vm a placée en y dans la détente. ^

Lorsqu'on *eut se servir de ce piège , il faut le nettoyer , comme nous l'avons dit pour le piège à loup , mi seulement avec de l'eau et de l éméri» sans huile..On frotte avec un morceau de bois demorellc. Quand on a enlevé toutes les taches de rouille , on essuie parfaitement le traquenard , avec, un linge propre de lessive *, on ne le touche plus qu'avec ce linge , pour éviter l'émanation des doigts, et l'on pousse même la précaution jusqu'à ne pas soufïler dessus.

On s'occupe alors de l'appât. Pour le confectionner , on fait fondre, dans une casserole neuve de terre cuite, une demi-livre de saindoux de cochon mâle , et quand cette graisse est assez chaude , on y jette de petits morceaux de pain blanc de la grosseur du poncé : on remue avec une spatule de bois de morelle. Lorsque le pain est frit , et que la graisse est sur le point de se coaguler , on y met quelques grammes de camphre en poudre ; on retire du feu le camphre pour qu'il ne s'évapore pas , et l'on remue avec la spatule jusqu'à ce que le tq,ut soit refroidi. L'appât ainsi préparé, est conservé , pour les besoins futurs , dans un pot neuf et bouché le plus iicrmétiquement possible.

La saison la plus favorable pour tendre le traquenard , est depyis la lin de l'automne jusqu'en février. Il ne taul

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ni le placer dansua bois ni dans aucutf lieu ^oureri-, irihis bien dans un pré, une terré, un pâturage. Enûn^ on doit enterrer le piège , et le courir à% graines de foin , conune nous Tavons dit pour i^ loup.

- Le renard a Podorat fin » aussi est-il nécessaire 4!âmployer toute l'adresse dont on est capable , pour hii dérober tes émanations du chasseur. On chaussera ^ooc des sabots neufs et préalablement frottés ayec la graisse de Tappât. On fera plusieurs tournées sur la lisière des bots- environ* jiants, et à mesure qu'on se rapprochera du piège , on jettera de distance en distance quelques poignées de graines de foin su^ lesquelles- on placera un petit morceau du jmn frit à% ISppât. Nous n'avons pas besoin de dire que ^te graine de foin , dont nous avons parlé à Tartiele du piège è loup et ici , n'est riçn autre chose que des balayures ramassées sur un grenier à. fourrage.

Si pendant trois ou:quatre nuits de suite le piège n'a pi*od|iii aucun effet , et que l'on ait cependant la certitude qu'il y a des renards dans le canton , il faut l'attribuer à ca que la préparation de l'appât a été manquée. Dans ce cas, on doit relever le piège , le nettoyer , préparer une aouvell^i composition , et enfin tout recommencer sur de noaveauxi frais sans se servir d'aucun ingrédient , vase ni outil qu'on. . aura enlployé dans la première opération. Si Von suit scrupuleusement et à la lettre ce que nous avons enseigné , on peut être certain de détruire clans un-seul hiver tous les renards d'un canton.

, Les auteurs qui écTiv|nt sur lapasse indiquent encore* plusieurs autres pièges pour prendre le loup et le renard ; par exemple , les iaes- counms , le hausse-pied, Vassommoir , la fosse à bascule y.hf assière ^ la bricole , etc^*^ mais il est reconnu que ces moyens sont de nul effet , et que ces animaux ne donnent jamais , ou du mojns très-rarement , dans des piègesiuii néciisûtent dix fois plus d'appareil qu'il n'en faut pour^veiller leur défianc^e. Nous ne prétendons pas faire ici la critiqué des ouvrages sur la chasse , qui tons, les uns après les autres , ont répété ce qu'avaiont dit leurs devanciers sur ces divers procédés, l^ous .croyons que ces hausse-pieds i ces a«o«M«otr», etc., pouvaient avoir leur utilité lorsque l'igaorance des awaes à feu. et les défensef

rtfféureiiMg sur la cnasse permettaient aux animaux nafôî^ hfe^ de beaucoup multiplier et^ vivre sans défiance. Mai:» aujourd'hui il n'en est plusse Jlme , et Ton peut dire que le danger continuel dans lequel ils vgf nt a singulièrement

Cfe^tionné leur instinct , du moins sous les rapports de la 6se et de la défiance ; <fmtre cela , le nomnre en est considérablement diminué. Autrefois ,' le simple hasard pouvait amener un jeune loup ou un jeune renard dans un lacet ou sur une bascule; aujourd'hui il faut que léchassent ait Tart de faire tomber dans le piège Thôte, le plus rusé de nos forêts. Nous affirmons que depuis plus de vibgt ans nous 2i^pns es^iyé de /c;es pièges décrits par les auteurs^, sans qu'aucun d'eux ait réussi.

Prenâre le renard au terrier est une méthode aussi facile qu'amusante ; mais avant d'indlcwer cette méthode , nous ^rons observer que le terrier se dîvise en trois parties qu'il faut connaître. La maire est la partie la plus irapprocbee de l'entrée ; c'est là que la femelle se tient quelques moipens en embuscade pour observer les environs avant d'amener ses petits au dehors pour qu'ils jouissent de l'itifluence de l'air et des rayons du soleil -, c'est aussi là que le renard en> famé s'arrête quelques minutes, pour attendre l'instant favorable d'échapper aux chasseurs. Après la maire vient la fQ$$e; e'estlàqne le gibier, la volaille, et ^uires fruits de U rapine sopt déposés , partagés par la famille et dévorés ; presque toujours la fos»e a deux issues, et quelquefois davantage. L'accMÎest tout-à-f(^itau fond du terrier ; c'est l'habitation de l'animal , l%ndroit où jl met bas et allaite ses petits.

Lorsque Von a découvert dés terriers dans un, bois, il liuit y présenter un basset , uirpetit courant noir anglais , ou tout simplement un roquet dressé à cette chasse. Nous ferons observer que le renard ayant une odeur très forte , tous les chiens, de quoique race qa*il9soieol||>euvent remplir le but qu'olk se;pro|K)se , pourvu qu'ils râlent assez pe^ tits pour pénétrer dans le terrier , et assez courageux pour «cculer le renard. Cependant ces petits chiens noirs , marqués de feu aux yeux et aux pattes, si à la mode dans nos salûns , et connus sous le nom ^e chiens anglais , sont cenr qufe l'on doit préférer. Le chien, préseutc au terrier, y

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Ïkétiètre aioc une ardeur remarquable, s'il est habité; dans . e cas contraire , il n'y entre qu'à deux ou trois pieds de profondeur . çt i^sort aussitôt pour aller flaireMÎ Tentrée d'un autre 'jÇ'ou.

Quand le chien a fait connaître au chasseur qu^in terrier est biblté , on Feu retire aussitôt et l'on prend les mesures nécessaires pour empêcher le renard de s*éc1iapper. On commence par examiner scrupuleusement la fosse : si elle a plusieurs issues,, on les bouche ayec de hi terre et des pierres par-dessn»; on fait ensuite entrer Iç 'chien , et Ton prête attentivement ToreiHe, afin de prendre une connaissance exacte de ce qui va se passer. Si Ton a affaire à vue femelle (fsà a des |p#its ou bien à im vieux oiàle , un premier combat û lieu daris-k maire; où Fanimal ne manque guère de se présenter pour défendre à codps de dents sa propriété et sa vie. C'est alors qu'il faut encourager le chien à bien faire son devoir en Texcitànt de la voix. Le renard effrayé se retire àstns la fosse , et là recommence une seconde lutta plus acharnée que la première , parce qu'il perd , avec la victoire , Tcspérance a%ue issue pour la fuite. La lutte dure ordinairement dans ce liqu peàdant dix minutes et quelquefois davantage; mais enfin, l'animal est forcé de ganier l'accul, et Toh s'en aperçoit à la voixdu chien qui esrMr- Tdhue tout-à-lut souterraine ; on prête une orcdle attentive et l'on recoftnt^t aisément la place où Ton doit creuser pour a[rriver au renard par la voie la plus oourte.

Pendant que deux hommes travaillent à la pelle et à la pioche , un autre reste à l'entrée du trou et continue à en*^ courager le chien ptfur le faire persister opiniâtrement dans son entreprise; ceci est surtout indispensable pour les jeunes chiens qni ne savent pas encore le métier.- Lorsque tei.aboiemens annoneent aux 4vavaiU£Birs qu'ils approchent de l'accul , ils doivent ménager les coups de pioche , afin de ne pas courir la chance de blesser le chien. On se tient sur ses gardes , et Ton saisit l'animal avec des pinces de fer ; on lui met une muselière ^ on l'attache par le cou avec une bonne corde , et seulement alors on le retire du trou. La oiselière consiste tout simplement en un morfeau de bâton qu'on lui enfonce en travers jusqu'au fond de la gueulu', de mainicre à là lui tenir ouverte ; on la ftxe

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en rattachant aux d^ux bouts a^ec une corde qui fait le tour du cou et se noue derrière les oreilles. Si Ton ne tient pas à emmener le renard vivant, on Fassorame dans le trou. Dans Fun et Tautre cas, il- faut le laisser houspiller et fouler par le chien autant de temps que celui-ci voudra , car c'est la seule manière de le rendre ardent à cette sorte de chasse.

Mais il arrive souvent que le renard a établi son terrier dans des cavités et des fissures de roches oii il est' impossible de creuser; dans ce cj^s, on «'y prend différemment. Voici commeat on procède :

. Une fois le terrier bien connu, on en cherche les embranchemens et on les bouche le mieux ]^sible avec de la terre bien piétinée , à Texception d'un seul, où Ton place une bourse en filet ,fait0 absolument comme celles à lapin, mais avec cette dîQ'érence que. les mailles ont deux pouces et demi de largeur , et qu'elles sont construites en corde-, lettes de la grosseur d'un tuyau de plume à écrire. Les choses ainsi préparées , on amasse dp bois sec à Feutrée du terrier , et Fou y met le feu. Avec un soufflet on dirige la fumée jusqu'à ce qu'on la voie sortir par Fouverture oii est la bourse ; alors on bouche cette aemière ouveHure avec une pierre plate ou autre chose , pour forcer la fumée à s'accumuler dans la fosse et dans l'accuK et l'on entretient le feu avec du bois vert , d^sfeuillc^ , du fpin humide , et autres combustibles qui peuvent augmenter l'épaisseur de la fumée.

On prête un» oreille atteUtive , et Fou ne tarde pas à entendre tousser le renard ; dès lérs le succès de l'entreprise est certain. On lève la pierre de Fouverture où est la bourse; on fend le bout d'un bâton de quatre à cinq pieds de long ; on y place un linge soufré que Fou enflamme , et on Fenfonce dans la maire ; puis on pousse le brasier dans le terrier et l'on bouche le trou. L'anipaal se sentant sur le point de suffoquer prend son parti , débuche et se jette dans la bourse où il faut le saisir ou Fassommer immédiatement, afin qu'il no coupe pas les cordelettes.

Dans ce moment désespéré le renard ne perd pas encore Fcspérance de se sauver par la ruse , et assez ordinairement ii contrefait le mort pour profiter d'un instant favorable.,

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«J'*aivu>un renard, \ieux charbonnier., dit Fauteur du » manuel du Chasseur , qui , après avoir mis plus d^one }) fois les chiens en dc£aut , s'étant fourvoyé dans ur trou » peu profond et très lar^e , où il fut 'pris par les chiens , » se laissa fouler par eux , tourner et retourner par les )) chasseurs pendant plus d*un quart d'heure , en faisant le )) mort , et qui, lorsque les chiens furent soûls de jouir , se D releva tout d'un coup sur ses pieds et décampa lestement » au moment où Ton y songeait le moins. »

Quandun terrier n'a pas de double issue , il faut essayer d'y en établir une à côté de l'autre , et c'est dans celle-là qu'on allumera le feu , avec la précaution de ne pas fafie arriver la fumée jusque dans, le passage ordinaire ,■ si Ton veut que le renard sorte ; pour ,1e reste , on agit comme précédemment. Enfin , dans le cas où cette méthode ne serait pas praticable à cause des rochers , il faudrait se contenter d'étôuiïer l'animal dans son terrier , sans avoir le plaisir de s'en emparer. Pour être sûr de la réussite , il faut pousser le feu pendant uiÉ' heure au moins après qu'on n'entend plus tousser le renard , et boucher très hermétiquement l'ouverture , après avoir enfoncé le brasiei^ dans l'intérieur, jeté dessus une bonne quantité de fleur de soufre et fait pénétrer le plus possible dans le trou le bâton ou le linge soufré.

Ces différentes chasses aux terriers se font en tout temp&: maià elles sont plus avantageuses de février en juin , parce^ qu'alors on détruit la mère et les petits.

Comme nous l'avons dit , ie renard n'habite guère son terrier que pour y élever sa famille , ou lorscfu'il est pressé par quelque dallger ; aussi peut-on toujours se donner le plaisir de le chasser aux chiens courants. Cette chasse se foit en tout temps. Elle est beaucoup moins dispendieuse que celle du. loup , et tout aussi amusante; il ne s'agit que d'avoir un couple ou deux de bons chiens bien dressés.

Chasse au tir. Tels chiens qui ont de la répugnance pour chasser le loup , et même delà tiédeur p«ur la chasse du lièvre , montrent toujours de l'aideur pour le renard. Aussi, pourchasser ce dernier, peut-on employer avec un égal avantage les limiers, courans, bassets, briquets, etc. li suffit qu'ils aient un nez passable. Avant de mettre les

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ctiens en qmête, il faut se rendre aux terriers , placer deval^, chaque ouverture un petit piquet surmonté a un morceau de papier blanc , ce qui est^suffisant pour empêcher ranimai d'y entrer ; enfin on doit poster âes tireui:s dans les environs et tout près des terriers. Le renard une fois débuché ruse une ou deux fois pour mettre les chiens en défaut y puis il se dirige vers son trou ; mais ^ffrayé par le pljpier , et plus encore par les coups de fusil , il re^gne l'épaisseur au bois, s'il n'est atteint. Après avoir fait. un grand tour , il revient une seconde fois à son terrier , et s'il est encoire manqué par les tireurs , il file de long pour ne plus revenir. Si par hasard il est parvenu à se terrer , ou peut employer les moyens enseignés plus haut pour se saisir de lui. Nous ferons (>bserver, avant de terminer cet article, que le renard , xlevant les cliiens , se fait toujours battre dans les fourrés les plus épais , et dalïs les lieux les plus bas. Â-t-il un chen^in à traverser , il s'arrête un instant sur le bord du bois, examine s'il découvre le chasseur , et rebrousse subitement s'il l'aiMBfçoit. Lors même qde rien ne l'inquiète, il n'en franchit pas moins le chemin d'un seul bond , ce qui le rend très difficile à tirer. Il f^ut donc se placer, pour l'attendre, dans l'épaisseur d'un bois, à portée d'une clairière naturelle , où l'on suppose qu'il devra passer. Le vieux renard ruse peu devant les chiens ; s'il manque son terrier du premier coup , il se jette en plaine et va très loin : il ne ranat jamais.

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