‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 19 sur 114 · DU JAGUAR ET DU COUGUAR · texte numérisé non relu

DU JAGUAR ET DU COUGUAR

Ces deux mammifères sont les seuls que lliorame ait à craindre en Amérique , et sous ce rapport , ils offrent beaucoup de différences dan^ leurs mœurs , suivant les contrées qu'ils habitent.

Après le tigre et le lion , le jaguar (felU onça de Linnée) est le plus grand du genre chat , auquel il appartient. Cet animal est répandu depuis le Mexique inclusivement jusque dans le sud des Pampas de Buenos- Ayres , et nulle part il n*est plus commun et plus dangereux que dans ce pays , malgré la nourriture abondante que lui fournit la grande quantité de bétail qui pait en liberté dans ses^ plaines. Il y attaque pi esque constamment Thomme, tandis que le jaguar duBrésu, de la Guyane et des parties les plus chaudes de TAmérique fuit devant lui , à moins qu'il ne soit pressé parla faim ou qu'il ne soit attaqué le premier. Cepeiadant, en plaine , cet animal fuit presque toujours, et ne fait volteface que lorsqu'il rencontre un Duiâson ou des herbes hautes dans lesquellesil puisse se cacher. C^ost dans ces retraites qu'il attend sa proie et se précipite sur elle à l'improviste , sans lui donner le temps de se reconnaître. Les bois marécageux du Parana , du Paraguay et des pays voisins sont peut-être les endroits oiî cette espèce s'est le plus multipliée et oii les accidents sont le plus fréquents. Il est également très commun dans Ja Guyane et le Brésif, et Ton entend ses cris, presque régulièrement le matin au lever du soleil, et le soir à l'entrée de la nuit. Ces cris sont flûtes , avec une forte aspiration pectorale , et retentissent à une grande distance. Il faut beaucoup d'habitude pour les distinguer de ceux des autres animaux dont ces forêts sont remplies. Le jaguar a un autre cri qu'il pousse quand il est irrité ou qu'il va fondre

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sur sa proie. Ce dernier ressemble à un ràlement profond , H{m se termine par un éclat de voix terrible.

Le jaguar ne rôde guère que pendant la nuit pour chercber sa proie , et dort pendant le jour, couché au pied d'un arbre ou dans le milieu d'un taillis épais. Si le hasard fait qu'on le rencontre dans cet état, il faut se garder de prendre la fuite , pousser des cris ou faire quelques mouvements extraordinaires-: ce serait s'exposer à une mQrt inévitable. Le parti le plus sur est de se retirer Lentement , en tenant les yeux fixés sur ceux dé l'animal , et de s'arrêter s'il marxke sur vous. Alors il s'arrête lui-même et ne recommence à vous suivre que lorsc^ue vous cherchez à vous éloî^gner. De halte en halte on parvient ainsi à gagner un endroit l^àbité , ^i toutefois il s'en trouve dans le voisinage. Quand on veut tirer le jaguar, il faut le tuer d'un seul coup, en visant à la tête ou au défaut âe l'épaule; car il se précipite sur le chasseur dès qu'il voit le feu de Tamoree, ou s'il u'est que

A Buénos-Ayres , les animaux savent se défendre eontre le jaguar, sans être aidés par l'homme. Les bœufs se mettent en rond , lui présentent leurs cornes , et parviennent assez souvent à le tuer, s'il se précipite sur eux avec trop d'in^ipétuosité. Les chevaut se défendent en lui lançant des ruades , et les mâles, loin de fuir devant lui, le poursuivent quelquefois lorsqu'ils l'aperçoivent , et le mettent en fuite; mais souvent aussi le bœuf et le cheval deviennent la proie du jaguar qui les emporte dans les bois^ pour les t dévorer plus à son aise. Il attaque aussi les ca^nans , et s'il est saisi par eux, il a , dit-on , l intelligence de leur crever les yeux, afin de leur faire lâcher prise.

Dans le même pays , on chasse le jaguar avec des meutes de chiens dé moyenne taille, dressés â cet effet. Leurs aboiements mettent l'animal hors de lui-même, et il fuit pendant quelque temps , jusqu'à ce qu'il entre en fureur et se prépare à se défendre. Alors , il s'arrête au pied d'un arbre et joue des pattes de devant contre les chiens qui l'entourent en aboyant. Tous ceux qui sont atteints sont ordinairement c ventres d'un seul coup. On profite de ce moment pour le tirer, en ayant soin de ne pas se montrer, car aussitôt qu'il Mpenjoit le chasseur, il s'élarice .sur lui. Le plus souvent il

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gt-impe sur un arbre , <n)r on Fabat d'un coup de fusil. Les Gahuehot les plus intrépide? ne craignent pas de lui lancer leur lacet et Tétranglent instantanément, en partant de toute la vitesse de leur cheval. Dans quelques endroits , or le prend an moyen de cages en bois , très fortes , qui sont munies d^une porte à bascule , eA dans lesquelles on met un animal vivant pour l'attirer. Au Brésil et daps laGruyane, on le chasse également au fusil et avec des chiens. Dans ce dernier pays, le gouvernement accorde' une prime de Sk) fr. par cnacun de ces animaux qu'on détruit.

Le couguar {felis conco/or,. Linnée ) estflépandu dans Jes mêmes lienx que le précédent , et connu dans les colonies espagnoles sous le nom de lionpumat et à Gayenne sons celui de tijgre roùge. Dans ce dernier pays, on le regarde comme plus dangereux que le jaguar, tandis que Topiniôn contraire règne 4 Buenos- Ayres , où il est très commun. Cette dernière est la plus raisonnable , car partout le couguar se borne à dévaster les^ basses-cours , à s'emparer des chiens , des moutons , des éochons et autres animaux de taille inférieure. S'il attaque le gros bétail et l'homme , ce ne sont que des exceptions extrêmement races à ses habitudes ordinaires. Il est même susceptible de s'apprivoiser, et on en voit quelquefois qui suivent leur maître et se laissent battre par lui , comme ferait un chieh.

On chasse le couguar de la même manière que le jaguar, et à Buenos- Ayres , rarement on se donne la peine de le poursuivre dans les règles.

Il existe en outre , en Amérique , plusieurs espèces de chats de taille plus petite que Jes deux précédents; ils ont les mêmes mœurs que notre chat sauvage d'Europe. Ils approchent rarement des habitations et se contentent de faire là chasse aux oiseaux et aux petits mammifères dans les i)ois.

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